Thaïlande 2019 : Les jolies filles Padaung et Kayah à Mae Hong Son

Déjà arrivée à Mae Hong Son j’ai l’impression d’avoir mis un pied au Myanmar ….le style des temples est identique de l’autre coté de la frontière…

Nous prenons un petit bateau pour nous mener au village de réfugiés Padaung et Kayah de l’autre coté de la rivière …

La fin des années 1980 marquera un tournant de la répression qu’exerçait la junte militaire birmane sur les minorités ethniques. Bien qu’ils se soient probablement établis à Demawso, dans l’Etat birman de Kayah, dès 739 avant Jésus-Christ, les Kayans n’ont pas été épargnés et se sont vus contraints de fuir vers la province de Mae Hong Son en Thaïlande voisine, où ils deviendront progressivement une communauté autosuffisante grâce aux revenus du tourisme, « ethnique » pour certains, « culturel » pour d’autres…

Les Padaung Kayan, aussi connus sous le nom de Kayan Lahwi, sont un sous-groupe des Karen rouges, une minorité ethnique tibéto-birmane qui réside principalement en Birmanie. « Padaung » est un terme de la langue shan, dont les locuteurs se trouvent dans l’Etat éponyme en Birmanie, dans quelques régions de l’Etat de Kachin, mais aussi dans le nord de la Thaïlande du fait des différents mouvements migratoires.

Il désigne le sous-groupe des Kayan Lahwi, aujourd’hui célèbre pour ses femmes girafes. Si la littérature a largement adopté ce terme, les Kayan qui résident dans la province de Mae Hong Son le contestent et revendiquent l’appellation « Kayan », bien qu’elle prête à confusion avec le groupe générique. Les ethnologues estiment la population totale des Kayan à 130 000, dont 600 en Thaïlande, principalement de la tribu Padaung.

Femme Girafe: Une pratique courante… non dénuée de dangers

Un soir de pleine lune, en présence de sa famille et des notables de la tribu, une fillette de 5 ans reçoit sa première spirale dorée, sous l’autorité du shaman du village, après avoir enduit son cou d’une pommade préparée à base de graisse de chien, de lait de coco et de gelée royale: la modification corporelle menant a son statut de femme au long cou commence alors.

Cette scène profondément intrigante pour les occidentaux est pourtant confondante de banalité dans les villages Padaung.

Tous les 2 ou 3 ans, la spirale métallique est substituée par une autre, plus longue, plus large mais aussi plus lourde, jusqu’à atteindre une dimension maximale de 40 centimètres et un poids de 10 kg. Cette « prouesse » est rendue possible par la disposition particulière des anneaux, qui reposent non pas sur les os du cou, mais sur les vertèbres et les côtes de la femme girafe.

Si la position des vertèbres reste le plus souvent intacte, les côtes sont quasi-inévitablement atteintes, et peuvent parfois pencher vers le bas d’un angle de 45°. Notons toutefois que ces conséquences sont toujours sujettes à débat.

Contrairement à la croyance populaire, véhiculée par des agences touristiques locales pour appuyer le capital dépaysement de la région, les femmes girafes peuvent parfaitement retirer leur collier sans craindre de mourir. Les anneaux entraînent pas la dislocation du cou ou la suffocation, mais leur port continu, outre ses effets supposés sur les vertèbres, causerait un affaiblissement des muscles de cette partie du corps.

Les Kayah sont également un groupe appartenant aux Karen.

Un peu d’histoire….

Le changement de régime au Myanmar en 2011 a permis la signature d’accords de cessez-le-feu entre le gouvernement birman et les responsables de la KNU (armée Karen)le 12 janvier 2012 à Hpa An Toutefois, les Karens se montrent très sceptiques vis-à-vis du nouveau gouvernement ainsi que de l’opposition. Les préjugés raciaux des Birmans, les propos d’Aung San Suu Kyi sur les minorités, qu’ils considèrent comme trop vagues, les incitent à la vigilance tant qu’ils ne pourront pas compter sur une autonomie pleine et entière. Dans les zones libérées le long de la frontière thaï, de jeunes combattants continuent à s’entraîner.

Les Karens connaissent aujourd’hui des conditions de vie très différentes selon leurs lieux de résidence : zones occupées par l’armée birmane, villages montagnards, côté thaï ou birman, camps de réfugiés, diaspora.

À partir de 1984, des camps de réfugiés ont été installés en Thaïlande le long de la frontière pour une dizaine de milliers de personnes. En juillet 2007, il y avait, selon le Comité des réfugiés Karens, quelque 140 000 personnes réparties dans sept camps principaux qui vivent du soutien financier de l’Union Européenne, des États-Unis, d’une aide de base du Thailand Burma Frontier Consortium et de services organisés par diverses O.N.G en matière d’hygiène, de santé et d’éducation. La qualité des équipements et des services, les contraintes varient d’un camp à l’autre, en particulier le droit ou l’interdiction de sortir, et donc de trouver un travail en Thaïlande. Le camp de Mae La, à environ soixante kilomètres de Mae Sot est le mieux équipé. Les années passant, le risque est grand de faire de ces réfugiés des personnes prisonnières de leur condition d’assistés ; cependant, ayant souffert les mêmes épreuves infligées par le même ennemi, elles développent des sentiments de solidarité qui renforcent leur identité nationale, d’autant que les enfants peuvent y apprendre le Sgaw Karen et que drapeau et hymnes nationaux y sont célébrés, du fait de la présence de la K.N.U.

C’est pour cela que même si il peut être critiquable d’aller visiter ces villages …c’est pour eux un moyen de subsistance indispensable …notamment lorsque l’on achète leur tissages et leurs objets artisanaux. En effet le gouvernement Thai ne leur permet pas de posséder la terre …ils doivent donc la louer pour assurer leur subsistance.

Ces jeunes filles éduquées qui parlent parfaitement l’anglais auront j’espère la chance de pouvoir retourner dans leur pays dans des conditions de liberté, sécurité et économiques correctes ..

Une jolie fille Kayan ou Padaung…qui nettoie le collier traditionnel que je viens d’acheter avec des fruits de Tamarin …très acide !!!

Les femmes Padaung améliorent les revenus du ménage en tissant des foulards colorés et en vendant de petits objets artisanaux…

Les femmes Kayah ont des activités similaires et sont aussi souriantes …malgré les difficultés quotidiennes. J’ai acheté quelques bracelets traditionnels à une jeune fille qu’il a fallu forcer avec 2 haches pour pouvoir lui enlever …je me suis sentie vraiment coupable …

Malgré une vie très dure …que des sourires !!!

Publié le 14 février 2019, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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