Inde 2019 : le monastère de Lamayuru au Ladakh

Pour ceux qyi ont du courage : lire tout ce que vous avez rêvé de savoir sur Lamayuru….

Yung Drung Tharpa Ling, appelé aujourd’hui Lamayuru, est le plus ancien monastère tibétain du Ladakh appartenant aujourd’hui à la lignée Drikung de l’ordre Kagyupa. Il est situé à 127 km à l’ouest de Leh, la capitale du Ladakh, dans le district de Kargil sur la route de Srinagar – Kargil – Leh, à une altitude de 3 510 m.

Le monastère de Yundrung Tharpaling (g.yung drung thar pa gling, གཡུང་དྲུང་ཐར་པ་གླིང་), connu sous le nom de Lamayuru, est un des monastères plus ancien du Ladakh. La légende raconte qu’à l’époque du Bouddha Shakyamuni, la région où se situe actuellement Yungdrung Tharpaling – à approximativement 127 km à l’ouest de Leh, capitale du Ladakh – se trouvait sous un grand lac abritant des Nagas. À l’est du lac se dressait une petite colline aride, localement appelée Skambur. L’on dit que lorsque l’arhat Madhyantika, accompagné de son entourage, se rendit au lac de Lamayuru et fit des offrandes d’eau au Nagas, il fit se fissurer le sol du lac et s’échapper l’eau. Il prononça également la prophétie selon laquelle les enseignements du Sutra et du Tantra unifiés s’y épanouiraient dans le futur.

Par la suite, Mahasiddha Naropa (1016-1100), arrivant du Zanskar, visita ce lieu et y resta un long moment, en retraite stricte, dans une grotte, faisant de ce site une terre sacrée. Pour rappeler ce passage, une petite grotte constitue une partie du temple principal du monastère de Lamayuru. On attribue souvent la construction de cinq temples autour de 1038 par le grand traducteur Rinchen Zangpo (958-1055), dont un est encore en parfait état, le Senge Lhakhang (སེང་གེ་ལྷ་ཁང་). Ils firent partie des 108 temples et stupas qu’il aurait érigé au Spiti et au Ladakh.

Durant le xvie siècle, lorsque Denma Kunga Drakpa vint au Ladakh sur invitation du roi Tashi Namgyal, il se vit offrir un petit palais à Lamayuru que possédait le roi ainsi que toutes les terres environnantes. Quand Denma Kunga Drakpa visita Lamayuru pour la première fois, il vit la grotte de Naropa et les grains d’orge de l’offrande d’eau de Madhyantika avaient poussé en forme de svastika (g.yung drung). Considérant toutes les bénédictions reçues par cette terre, il établit un monastère et le nomma Yungdrung. Le roi du Ladakh ainsi que le souverain de Balti rédigèrent une loi prévoyant que même le plus cruel des criminels échapperait à l’exécution s’il visitait en personne Yungdrung Tharpaling ou y envoyait son chapeau avant le jour du jugement. Ainsi, le monastère fut également nommé Tharpaling « la terre de la libération », d’où le nom de Yungdrung Tharpaling, communément appelé Lamayuru. Cette décision relative aux criminels fut respectée non seulement des rois du Ladakh et de Balti mais aussi du Cachemire. Celle-ci fut gravée, en alphabet Ourdou et farsi, sur un miroir conservé au royaume du Cachemire. Rapidement, un grand nombre de moines affluèrent et la lignée Drikung Kagyu commença à prospérer dans tout le Ladakh.

Même lorsque le cachemiri, Tambi Malik, envahit le Ladakh avec ses 300 soldats, il déclara que Lamayuru serait exempté d’impôt et qu’aucun bruit de balle ne serait autorisé sur cette terre sacrée. Par voie de conséquence, Lamayuru devint un lieu saint pour les bouddhistes et musulmans du Ladakh ainsi que pour les Baltis mais également pour les musulmans du Cachemire.

À chaque fois que les rois du Ladakh et de Balti avaient des divergences d’opinion, ils venaient à Lamayuru pour négocier et se réconcilier et les moines devaient en être témoin. Les deux rois délivrèrent Lamayuru de toutes sortes d’impôts. Ainsi, Lamayuru put jouir d’une autonomie spéciale qu’aucun autre état ne fut en mesure de le faire.

À ses débuts, le monastère de Lamayuru compta plus de 500 moines résidents. Ils étudiaient, contemplaient et pratiquaient les enseignements du Bouddha de manière générale ainsi que les enseignements de la lignée secrète des Mahasiddhas Tilopa et Naropa, en particulier. Il y eut des érudits exceptionnels du sublime texte Gongchig (dgongs gcig, la Même Intention) rédigé par le seigneur Jigten Sumgon et d’autres commentaires indiens et tibétains. À travers eux, les enseignements de la lignée Kagyu se diffusèrent largement.

En 1834, le Ladakh fut envahi par Zorawar Singh qui était le général de l’armée du roi Gulab Singh de Jammu. Lors de l’invasion, beaucoup parmi les moines du monastère de Lamayuru furent massacrés et seuls quelques-uns d’entre eux parvinrent à fuir dans les montagnes. Le monastère fut complètement détruit et le temple principal fut converti en abri pour les chevaux. Les portes et les fenêtres étaient utilisées comme bois de chauffage et les textes, déchirés en morceaux. Tous les objets de valeur furent dérobés à l’exception d’une statue du 4e Chetsang Tenzin Peme Gyaltsen (1770-1826) et d’une paire de cymbales. Cette destruction violente avait pour fin de venger la dévastation du temple hindou de la ville de Leh. Lorsque Zorawar Singh quitta Lamayuru, les moines qui étaient cachés dans les montagnes revinrent. Il n’en restait plus que six. Ils furent complètement bouleversés de ne trouver rien d’autre sur l’emplacement du monastère que des carcasses et des ruines. Ils firent beaucoup d’efforts pour reprendre les activités spirituelles du monastère mais cela fut quasi impossible. N’ayant plus rien, ils durent utiliser un service de tasses en argile comme bols d’offrande. Ils achetèrent une cloche sans anse à un habitant du village qu’ils faisaient retentir durant les rituels.

Ces jours-là, Kyabje Bakula Rangdol Nyima Rinpoché était au monastère de Rangjung, dans le village de Dhomkhar, au Ladakh occidental. La population de Lamayuru envoya une délégation afin de l’informer de ce qu’il s’était passé. Ils le supplièrent de les guider dans la reconstruction du monastère. Rinpoché fut très attristé d’entendre les tragiques nouvelles mais fut étonné de trouver les laïcs si concernés et si courageux, dans l’intérêt du dharma du Bouddha. Il offrit généreusement sa fortune personnelle pour le projet et parcourut tout le Ladakh en quête de contribution. En deux ans, le monastère fut reconstruit. Statues et textes furent apportés et le monastère reprit ses activités traditionnelles du dharma.

Par la suite, une succession de Chöje (maîtres du dharma) prirent en charge le monastère de Lamayuru, durant plusieurs générations et, en 1904, le 31e Choje Togden Konchok Tenzin Damcho Gyurme édifia l’actuel monastère à cinq étages. À présent, le monastère de Lamayuru et une trentaine de monastères, établis au sein et en dehors du Ladakh, qui lui sont rattachés, accueillent 350 moines, tous sous la direction spirituelle de son Eminence Choje Togden Rinpoché.

La plupart des moines de haut rang avaient étudié et s’étaient formés aux activités spirituelles aux monastères de Drikung Thil et de Yangrigar, au Tibet, avant l’invasion chinoise de 1959.

Pour les autres les photos en sachant que l’on a pas le droit de prendre des photos à l’intérieur…

Par contre derrière les temples principaux il y a un temple très ancien un peu abandonné où les peintures sont très anciennes (11ème siècle ???) et très belles quoique très abimées

Publié le 28 octobre 2019, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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