Indonésie 2020 : Pasola à Sumba !!! ….Le début !


Le pasola est un rituel originaire de l’ouest de Sumba, dans les petites îles de la Sonde. Longtemps délaissé par les empires balinais et javanais, Sumba a su conserver ses traditions et sa culture atypique. L’île est ainsi réputée pour ses habitations pointues, ses élevages de chevaux, ses somptueux ikats et ses tombeaux mégalithiques. De nombreux visiteurs viennent notamment y apprécier les célébrations annuelles liées au pasola. Si vous aimez découvrir de nouvelles cultures, vous ne serez pas déçu(e) par cet événement !

Le pasola est un rituel qui tire ses origines du passé guerrier de Sumba. Il s’agit d’une compétition de lances entre deux équipes montées à cheval. Le mot « pasola » en langue locale signifie « lance » et vient du sanskrit « sula ». Les équipes sont vêtues de couleurs chatoyantes et montent à cru sur leurs chevaux.
Ce festival a lieu juste après la saison des pluies pour célébrer le début des plantations de riz dans la région. Le but originel restait de verser le sang sur le sol pour apaiser les esprits, honorer les ancêtres et s’assurer des bonnes récoltes pour l’année à venir.
Autrefois, trouver la mort lors du pasola était considéré comme un honneur. Mais de nos jours, les morts accidentelles sont très rares ! D’autant plus que les lances ne sont plus conçues pour blesser l’adversaire. On remplace aussi le sang des hommes et des chevaux par celui de cochons ou de poulets.

Selon la légende, le pasola viendrait de l’histoire d’une femme originaire du Waiwuang qui épousa un chef local. Celui-ci dû s’absenter pendant une longue période et, le croyant mort, elle tomba amoureuse d’un autre villageois. Quand son mari revint, elle décida tout de même de rester avec son amant et de se marier avec lui. Pour redonner de la joie à leur chef, les gens de Waiwuang décidèrent alors d’organiser des jeux équestres mêlant agilité et combat. C’est ainsi que fut inventé le pasola.

Une autre version de cette légende est que le mari et l’amant ont du négocier pour savoir qui allait rester avec la femme et le Pasola correspondait à la fête organisée pour fêter le succès de cette négociation

Enfin une autre version serait que la femme en question , désespérée d’être la source de conflits au sein du village s’est noyée en mer…son corps s’est transformée en une multitude de vers de mers ..; Le pasola est donc une célébration de ce sacrifice …car la date correspond à l’apparition des vers marins Nyale

Cela fait dix ans que je rêve d’assister à cette cérémonie et à chaque fois que je reviens en Indonésie …ce n’est jamais la bonne période …mais cette année je bouscule mon planning pour me rendre à Sumba malgré les menaces de suppression de ce festival du fait de l’épidémie de Coronavirus…

Jusqu’à la fin compte tenu du fait que je suis occidentale et ai du mal à le cacher du fait de la couleur de mes cheveux…je n’étais pas sure d’être autorisée à y assister..

J’étais prête à acheter un voile local utilisé par les femmes musulmanes pour faire plus locale …

Mais j’ai beaucoup de chance ..pas de soucis même si je suis la seule touriste !!!

On commence par aller visiter le village de Wainyapu où se déroule le Pasola …

Ici il n’y a pas de vans pour transporter les chevaux …donc le transport se fait en mobylette pour les cavaliers …pas pour les chevaux !!! Ou carrément à pied!!!

Les maisons des Sumbanais sont de deux types : celles qui sont basses qui sont les maisons dans lesquelles les gens vivent habituellement et les maisons dites principales avec ce toit très haut qui sont les maisons dites principales où la famille entière se réunit notamment pour les cérémonies dédiées au culte Marapu…

La religion Marapu (également connue sous le nom de Marafu à Sumba) est une forme de religion ancestrale qui est pratiquée principalement dans l’île de Sumba en Indonésie . Le marapu est également pratiqué dans de nombreuses régions éloignées de Sumba et de Flores . Les chrétiens et les musulmans de ces îles ont tendance à combiner leurs croyances avec Marapu. Puisque Marapu, comme Kaharingan des Dayaks, n’est pas une religion officielle de l’Indonésie, et que tous les citoyens indonésiens sont tenus de s’identifier comme membre d’une des religions sanctionnées par la loi, les membres ont choisi le christianisme ou l’ islam pour s’identifier mais continuent à pratiquer régulièrement leur religion ancestrale.

Ils croient à la vie temporaire dans le monde et à la vie éternelle dans le Doomsday, le monde des esprits situé dans le ciel de Marapu – Prai Marapu.

Le mot Marapu signifie:

Premièrement, les occupants du ciel éternel, qui mènent une existence similaire aux hommes. Ils vivent en couple et l’un de ces couples est l’ancêtre des Sumbanais.

Deuxièmement, les esprits des ancêtres sumbanais à Prai Marupu.

Troisièmement, les esprits de leurs proches.

Quatrièmement, tous les esprits habitant l’univers.

Marapu a une autorité mystérieuse et magique sur la vie humaine. Selon les croyances de Marapu, tout esprit se compose de deux éléments: Ndewa et Hamanangu . Les enseignements du Marapu concernent l’équilibre de la vie universelle grâce auquel le bonheur peut être acquis. Cet équilibre est symbolisé par la Grande Mère ( Ina Kalada ) et le Grand Père ( Ama Kalada ) qui vivent dans l’univers et prennent les formes de la lune et du soleil . Dans la mythologie, ils sont mari et femme qui ont donné naissance aux ancêtres des Sumbanais.

Pour honorer Marapu, les Sumbanais ont mis des effigies, appelées statues Marapu, sur des autels de pierre où ils ont déposé leurs offrandes sous la forme de Sirih Pinang (un plat contenant des feuilles de bétel , des noix et du citron vert ) et du bétail sacrificiel. Les statues de Marapu sont en bois en forme de visages humains. Ces images sont généralement placées dans la cour de leurs maisons ou à l’intérieur des maisons traditionnelles.

Une autre manifestation de dévotion à Merapu et aux ancêtres se reflète dans la construction continue dans certaines parties de l’est de la Sumba d’impressionnants monuments funéraires en pierre, vestiges de l’une des dernières cultures mégalithiques survivantes de la planète. Dans de nombreux cas, les individus mettront leurs familles dans des dettes s’étendant aux générations futures afin de construire ces pierres tombales de manière traditionnelle.

Le villageest organisé autour des tombes mégalithiques des ancêtres …la raison d’être de ces toits si hauts est d’être plus près du ciel et des esprits des ancêtres pour prier le Marapu.

Pour la cérémonie du Pasola toutes les familles se sont rassemblées dans ces maisons. C’est pourquoi les femmes font cuire d’immenses marmites de viande de porc pour nourrir tout le monde !!!

Avant le démarrage du Pasola, on enlève le harnachement du cheval et on va assister à la cérémonie familiale menée par le Kota (chamane familial) qui sacrifiera un poulet et lira les auspices du tournoi …ensuite on harnachera à nouveau le cheval et on se rendra sur la pelouse du tournoi …

Il va être temps de se rendre sur le lieu du tournoi …on quitte donc le village. Sur le chemin je rencontre un Sumbanais qui porte une coiffe de guerrier et de chef avec un turban rouge …du même type que celle de mon copain de la tribu Abui. C’est un notable mais il pose très gentiment pour mes photos…

A fur à mesure que l’on se rapproche de la pelouse …on croise de plus en plus de chevaux et de cavaliers très excités. Le cheval sur la deuxième photo…a carrément failli me renverser …également j’ai échappé de justesse aux lances qui dépassaient de chaque coté !!

Les chevaux sont sur la pelouse mais le tournoi n’a pas encore commencé …les cavaliers paradent et échauffent les chevaux avant le début de la partie qui oppose 2 villages.

Les cavaliers montent leurs chevaux à cru ..ou avec une couverture qui n’est pas sanglée sur le cheval …glissade garantie !!

De nos jours, la Pasola n’est plus l’occasion de régler les contentieux entre villages, mais un rituel pour marquer le commencement de la plantation du riz, et célébrer la paix entre les communautés. Les pointes métalliques des lances ont disparu et l’ambiance est généralement bon enfant. Quelques litiges de voisinage sont cependant réglés ce jour-là !

Au cours des combats, le but reste de blesser ou faire tomber son adversaire. Le sang répandu sur le sol ayant des vertus fertilisantes, le récolte n’en sera que meilleure l’année suivante ! Ces valeureux guerriers donnent donc de leur sang pour nourrir leur famille et honorer l’esprit de leurs ancêtres.

Maintenant il n’y a plus de sang de versé à part celui des poulets et des porcs sacrifiés pour l’occasion.

Maintenant on ne cherche plus à blesser l’adversaire …les points sont obtenus en touchant l’adversaire ou en heurtant sa lance lors du lancer… Toucher le cheval ne rapporte aucun point !!!

Comme les cavaliers montent à cru ou sur une couverture non fixée …les chutes sont possibles mais pas si nombreuses car les Sumbanais sont de super cavaliers …parfois très jeunes !!

Maintenant le tournoi peut vraiment commencer !!!


Publié le 24 juin 2020, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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