Indonésie 2020 : découverte de l’ile de Nusa Penida

J’ai pris les billets la veille pour prendre les fast boats pour aller àl’ile Nusa Penida …en fait je fais tout …c’est moi le guide !!!

On arrive de bonne heure et les hors bords sont déjà prêts …départ pieds dans l’eau …pas de quai …c’est vraiment l’organisation à l’indonésienne !!!

Il y a pas mal de touristes …certaines personnes qui viennent de Sumatra nous ont expliqué qu’elles ont traversé Java en bus pour éviter de faire les tests PCR obligatoires dans les aéroports et qui coutent environ 2 millions de roupies (pas d’affolement environ 120 euros …) mais pour une famille …à plusieurs cela représente une fortune …

Cela ne me dit rien de bon car on doit aller à Java la semaine suivante …

La traversée est vite expédiée …1 heure environ

Arrivés sur place on se dégage de la foule pour aller boire un café dans une cabane locale …

Cela nous permet de rencontrer un type sympa qui s’appelle Suar : il nous explique que ce genre de textile est tissé dans son village qui s’appelle Tanglad.

Il nous propose de le suivre car il entre chez lui en mobylette …cela tombe bien, la dame de la gargotte a une mobylette à louer …nous partons à sa suite !!!

Marlon n’a toujours pas fait de progrès de conduite …des qu’il y a une descente …c’est panique à bord et je suis généralement obligée de la faire à pied …

Il faut faire à peu près un demi tour de l’ile pour arriver à Tanglad qui est un tout petit village. On fait ouvrir le show room de l’atelier de tissage et là on découvre des trésors…

`Il y a un magnifique Ikat dans les tons rouille dont le motif s’appelle Cepu …il est porté par les hommes par dessus le sarong Rangrang qui est celui qui présente des motifs géométriques et utilise la technique de tissage type Naisa.

La dernière photo qui représente un ikat noir et blanc utililse le motif suda mala.

Notre hôtesse nous fait une démonstration de tissage sur un ikat Cepu. La navette n’est pas contenu dans un petit wagonnet …mais le fil est enroulé autour d’un petit baton…

Quelques photos représentent les plantes utilisées pour obtenir les teintures naturelles : l’écorce de Mengkudu pour obtenir la couleur rouille …et les feuilles d’indigo (qui n’a rien à voir avec la plante utilisée par les Vietnamiens ou les Chinois ) pour le bleu foncé…

Notre copain Suar décide de nous faire une démonstration du costume masculin clasiique pour se rendre à une cérémonie Hindouiste …car ici tout le monde est Hindu comme à Bali…

Il commence à mette un sarong rangrang de 3 couleurs appelé Tridatu, puis le sur sarong ikat motif cepu maintenu par une ceinture…

Là dessus le petit couvre chef typiquement balinais et le tour est joué même si le masque n’est pas des plus esthétique …mais à Bali les gens sont nettement plus respectueux des règles qu’à Timor ou à Flores…

On profite de l’occasion pour admirer les produits …Magnifique foulard rang rang avec des couleurs naturelles, sarong tridatu, foulards aux motifs géométriques et enfin un foulard avec des fines rayures verticales dit motif Saudan.

Ces tissages sont magnifiques et bien sur je ne repars pas les mains vides …

Suar nous invite chez lui pour boire un thé avec des gateaux de riz ayant une couleur bien chimique …et je l’invite à déjeuner dans un petit restaurant avec une belle vue sur la mer …

Jolis paysages avec une vue sur le mont Agung situé à Bali …

Sur cette ile on pratique toujours la cérémonie balinaise du limage des dents …

Le limage des dents, une pratique importante
Il est difficile de réduire le rituel du limage des dents à quelques lignes tant cette pratique a de l’importance à Bali. Le limage des dents est un passage obligatoire dans la vie d’un balinais ou d’une balinaise. Il donne lieu à de fastes cérémonies. Cette cérémonie est appelée metatah, du mot natah qui signifie tailler, sculpter en balinais. On peut également l’appeler masangih, de sangih (limer). En bahasa indonesia on parlera de potong gigi(couper les dents).

Un rituel à respecter
Le limage des dents, au même titre que les rites prénatals, les cérémonies à la naissance, les cérémonies pour jeunes bébés et le mariage, est un des rituels connus sous le nom de Manusa Yadnya. Le Manusa Yadnya est lui-même un des éléments du Panca Yadnya (les cinq rituels) que tout balinais hindouiste doit avoir effectué pour assurer la transition de son esprit de la naissance jusqu’à la mort et plus tard la réincarnation. (voir tableau plus bas).

Une pratique qui se fait avant le mariage
La plupart des balinais pratiquent le limage des dents entre 6 et 18 ans, avant le mariage. La cérémonie est organisée à une date propice du calendrier balinais. Aucune économie n’est épargnée pour rendre cette cérémonie aussi belle que festive. Aussi, étant donné son coût, il n’est pas rare qu’elle soit collective, réunissant jeunes hommes et jeunes filles d’une même famille, frères et sœurs, cousins et cousines. La famille accueille alors de nombreux invités, loge les lointains visiteurs, engage des musiciens. La maison est soigneusement décorée. La journée est rythmée au son du gamelan qui accompagne le théâtre d’ombre. La famille et tous les convives sont habillés de leurs plus beaux habits traditionnels. Les offrandes sont partout. La fête est colorée, animée et joyeuse. Le rituel peut commencer.

Le limage exercé par un sangging
La personne qui lime les dents est appelée sangging, qui désigne également un peintre et un artiste. Selon la tradition le sangging doit appartenir à la caste des Brahmanes.

Aujourd’hui, les Sudras (4e caste) font appel le plus souvent à des balians (les shamans de la 4e caste) pour présider la cérémonie. Le sangging commence par citer chaque candidat au limage des dents et les bénie avec un mantra ainsi que de l’eau bénite. Puis il « tue » les dents, où se nichent les six ennemis de l’homme. Il tape sur les dents supérieures avec une petite baguette en métal, appelée peet et récite un mantra à forte puissance magique. Le candidat se tient au bout du lit, reçoit une prière et s’asperge lui-même de l’essence des offrandes. Il enlève ses sandales, monte sur le lit et reçoit encore de l’eau bénite et un mantra. Puis il s’allonge sur le lit et est couvert d’habits décorés. Parents et proches se tiennent près de lui pour chasser les démons. Toutes ces précautions sont prises car le limage des dents est un moment de faiblesse où les ennemis peuvent attaquer. Celui qui se fait limer les dents a besoin d’aide et de protection. Il doit recevoir le soutien de tous ses proches. Une fois le candidat allongé, le sangging procède au limage. Il place un morceau de canne à sucre dans la bouche du patient pour maintenir ses mâchoires ouvertes. Puis il prend sa petite lime, kikir, et commence le travail. Seules les deux canines de la mâchoire supérieure et les quatre incisives situées entre elles sont limées, soit six dents, une pour chaque ripu, les ennemis, comme nous le verrons par la suite.

Des dents limées à souhait
La proportion des dents limées dépend du souhait de chacun. Le geste est avant tout symbolique et peut consister à de rapides coups de lime. Une fois terminé, le garçon ou la fille crache la salive contenant les limailles dans une noix de coco. Enfin le sangging redonne vie aux dents par un nouveau mantra. La poudre de dents est ensuite enterrée près du plus important lieu saint du temple familial pour s’assurer que son pouvoir sera toujours proche de l’individu.

Pourquoi le Metatah est-il si important à Bali ?
Les balinais ont un profond dégoût pour les comportements, l’apparence et les sentiments grossiers. Ils utilisent un mot pour désigner cette grossièreté : kasar, synonyme de « mauvais ». L’adjectif opposé est alus, « raffiné », qui caractérise un comportement noble. Il suffit de jeter un coup d’œil aux anciennes sculptures et peintures pour s’imaginer ce que sont une bonne et une mauvaise personne dans l’esprit d’un balinais. Le mauvais apparaît grossier, a de longs crocs, des yeux exorbités et un gros ventre. Le bon a une apparence légère, efféminée, ses traits sont fins.

Les animaux sont considérés comme grossiers de part leur aspect, leur comportement et leur position au sol. Les animaux à Bali, exceptée la vache, ne sont pas aimés et gâtés. Tout ce qui ressemble à un comportement animal est mal vu, même un bébé se déplaçant à quatre pattes. L’hindouisme balinais est parfois hautement symbolique et ce qui personnifie le côté animal chez l’homme, ce sont les canines qui dépassent. Pour se débarrasser de son comportement grossier, il faut effacer toute trace d’animalité, toute trace de kasar, et donc se limer les dents.

Plus qu’une question d’apparence, de comportement, le plus important dans un limage de dents est sa signification religieuse : débarrasser l’esprit d’un individu de ses traits négatifs, les sad ripu, littéralement les six ennemis. Les hindouistes pensent que la manière d’être d’un individu est contrôlée par trois gunas qui forment le Triguna Sakti : le Guna Satwam, le Guna Rajas et le Guna Tamas. Le Guna Satwam donne à l’individu une attitude calme, réfléchie, dictée par l’honnêteté, la sagesse, la vertu et la noblesse. Le Guna Rajas entraîne l’individu dans la luxure, la vanité, la violence, perturbant le comportement. Le Guna Tamas rend quelqu’un passif et paresseux, profitant du bénéfice apporté par le travail des autres. Ce sont de ces deux derniers gunas que viennent les six ennemis qui vont mener une personne à la misère, au chagrin et à la souffrance, aussi bien dans ce monde que dans le prochain. Rappelant d’une certaine manière les sept péchés capitaux, les six ennemis sont les suivants: kama (désir), loba (avidité), krodha (colère), mada (saoulerie), moha (confusion) et matsarya (jalousie). En réduisant l’influence de ces six ennemis, le limage des dents aide l’individu à vivre en bonne santé et à avoir une vie sociale et familiale saine.

Le matatah a des implications au-delà de la doctrine hindouiste. Les balinais, aussi bien hommes que femmes, ne trouvent tout simplement pas esthétique les longues canines. Le limage des dents est également un rite d’embellissement. Comme pour toute chose à Bali, il existe un dieu de la beauté, Dewa Kama. Ce dieu est connu pour apporter le succès, soigner les maladies, chasser les démons et donner leur beauté aux fleurs. Pour honorer ce dieu, le rituel a lieu dans un bale gading, littéralement pavillon d’ivoire. Gading signifie « ivoire » mais aussi « canine ». Le dieu du limage des dents, Arda Nare Swari, à la fois homme et femme, est à l’image de Dewa Kama. Lorsque le sangging tue les dents, il inscrit à l’aide d’une bague le symbole « ang » sur la canine supérieure droite et « ah » sur la gauche, symbolisant l’homme et la femme, la mère et le père. Au début du rituel, en attendant de se faire limer les dents, les jeunes gens sont allongés sur une natte tressée sur laquelle est inscrit une figure représentant également l’homme et la femme. Une offrande spéciale, plus importante que d’habitude, est faite à l’ange widiadara-widiadari. Celui-ci représente en quelque sorte les esprits des hommes et des femmes. En honorant ces dieux et ange, le matatah permet d’assurer certains attraits physiques à l’individu.

Le Metatah a donc deux buts : atténuer l’influence des sad ripu et plus symboliquement (et physiquement), permettre à l’individu d’attirer quelqu’un du sexe opposé.

Les motifs d’étoiles sur l’ikat Cepu que nous avons vu dans l’atelier symbolise ceux qui ont subi cette opération et sont passés à l’âge adulte ..

Une cérémonie dans un petit village sur la route pour revenir à l’embarcadère …

Dernière étape avant le retour : la baie de crystal …très chouette …avec peu de volontaires pour la baignade !!!

Publié le 8 février 2021, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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