Indonésie 2021 : apprivoiser les morts à Lemo Sulawesi

Nous reprenons la route vers le nord pour nous rapprocher de Rantepao. Sur la route, nous arrêtons pour admirer les greniers à riz Toraja. La légende veut que les Toraja soient venus de la Chine du sud en bateaux. A leur arrivée ils ont utilisé leurs bateaux comme abris … Ils perpétuent ce souvenir avec la forme particulière de leurs greniers à riz et également de leurs maisons…richement décorés avec de nombreux motifs gravés et peints de 4 couleurs : noir, blanc, rouge et jaune …

Chaque motif a une signification spécifique !!!

Nous arrivons bientôt à Makale qui est la capitale du sud du pays Toraja.

Lorsque les Néerlandais sont entrés dans le territoire Toraja, cette petite ville est devenue un centre commercial où les commerçants de Sudu et d’Enrekang se réunissaient souvent pour faire du commerce dans la région de Toraja.

Sur la base des données du dernier recensement du district de Makale en 2017, on constate que la majorité de la population adhère au christianisme protestant jusqu’à 62,22%, puis à l’ islam 20,30%, catholique 13,67%, l’ hindouisme 3,77% et 0,04% au bouddhisme .

Cette ville comporte de nombreuses boutiques d’artisanat où je peux découvrir les richesses locales …de quoi me faire une tenue …très années folles !!!

Les ikats tissés par les Toraja sont particulièrement beaux et colorés …on les appelle Sekomandi.

Sur la route on rencontre un jeune homme avec une belle prise : une anguille presque aussi grande que lui !!!

Alors que les occidentaux s’empressent d’enterrer leurs défunts, par respect, sur l’île indonésienne de Sulawesi, à Toraja, les morts font partie intégrante de la vie quotidienne.

Pour de nombreuses personnes, le simple fait de parler ou d’évoquer la mort met dans l’inconfort. À Toraja, en Indonésie, il faut parfois compter des semaines, des mois, voire des années pour que des funérailles aient finalement lieu. Là-bas, les morts sont plus que jamais considérés comme vivants…

Retirés dans les montagnes de l’île de Sulawesi, les Torajas, un groupe ethnique indigène à majorité chrétienne, pratique un étonnant rite funéraire. La mort ne les effraie pas. Et en attendant que des funérailles soient organisées, les familles gardent le corps de leur défunt chez eux et s’occupent de lui comme s’il était un simple malade.

C’est pourquoi le défunt est impliqué dans un véritable séjour funéraire durant lequel il reçoit, plusieurs fois par jour, des prières et des offrandes sous forme de nourriture, de boissons ou d’autres présents.

Le défunt est lavé puis habillé par sa famille qui entretient avec lui des conversations, comme s’il était encore en vie. Chez les Torajas, la mort n’est qu’un sommeil prolongé. Pour eux, cette coexistence n’a d’ailleurs rien de morbide. L’une des personnes interrogées explique : « Nous n’avons pas peur du corps mort parce que notre amour pour nos ancêtres est beaucoup plus grand que notre peur. »

Autrefois, des feuilles et des herbes traditionnelles étaient frottées sur le corps du mort pour le conserver. Aujourd’hui, c’est une solution à base de formol qui est injectée dans le corps, stoppant ainsi la putréfaction. Le corps se momifie et se change en statue figée dans le temps.

Situé au nord de la ville de Makale, le village de Lemo figure parmi les sites les plus impressionnants du pays Toraja. En plus de la beauté de son paysage et l’atmosphère sereine qui y règne, il est réputé pour ses tombes encastrées dans la falaise avec un statuaire d’effigies des personnes décédées et ses tongkonan ou maisons traditionnelles de la tribu toraja avec des architectures hors du commun.

AU XIIe siècle, Lemo n’était qu’un simple lieu de sépulture de la tribu Torajas . Quant au nom du village, lors de l’invasion des Néerlandais, les torajas se sont réfugiés dans une grotte. Lorsqu’ils s’en sont sorti, ils ont nommé le village « Lemo », terme désignant « grotte » pour les Torajas, pour se souvenir de ce rocher qui leur a servi d’abri.

En plus d’être un lieu de sépulture, le village de Lemo est aussi réputé pour ses tongkonan ou les maisons traditionnelles des Torajas avec leur architecture un peu particulières. Tongkonan vient du mot « tongkon » qui veut dire s’asseoir ou prendre place. En effet, les tongkonan étaient un lieu de rassemblement pour les nobles pour discuter des questions relatives à la vie de la tribu.

On raconte que le premier tongkonan a été construit par Puang Matua. Pour rappel, autrefois, seuls les nobles pouvaient construire des tongkonan et ces derniers se transmettaient de génération en génération, tandis que les roturiers vivaient dans des demeures plus petites et moins décorées, appelées « banua ».

Aujourd’hui, le village de Lemo fascine les visiteurs pour deux choses. La première, pour son site funéraire hors du commun, et la seconde, pour ses tongkonan ou maisons traditionnelles. En effet, contrairement aux autres sites funéraires des torajas, le site de Lemo diffère par son emplacement (encastrée dans une falaise) et par la présence des tau-tau, des statues en bois représentant les personnes décédées.

À propos de ces tombes, il est intéressant de savoir que l’emplacement des chambres funéraires se faisait en fonction du rang de la personne. Ainsi, ceux qui appartiennent à une caste supérieure occupent la partie haute de la falaise, tandis que les roturiers se trouvent un peu plus bas.

Dans cette communauté, la relation physique entre les morts et les vivants se poursuit longtemps après, à travers un rituel appelé Ma’nene (« faire quelque chose pour les grands-parents »), symbolisé par des secondes funérailles.

Tous les deux ans environ, les familles ouvrent les cercueils de leurs défunts pour une grande réunion avec les morts. Ils les retirent de leur tombeau, les nettoient et les revêtissent de nouveaux vêtements. Cette pratique témoigne du respect et de l’amour qu’ont les vivants pour leurs morts.

Selon la croyance des Torajas, les funérailles marquent le moment où l’âme quitte définitivement la Terre et commence son long et difficile voyage jusqu’à Pooya, la dernière étape de l’au-delà, là où l’âme se réincarne.

Et parce qu’ils pensent que les buffles sont les porteurs de l’âme dans l’au-delà, les familles en sacrifient un grand nombre pour faciliter le voyage du défunt.

Chez les Torajas, les morts sont souvent enterrés plusieurs années après leur trépas, le temps pour la famille de réunir suffisamment d’argent pour organiser des funérailles à leur hauteur. Elles durent parfois plusieurs jours et peuvent coûter bien plus cher qu’un mariage, soit plus de 68 000 euros. Une tradition ancestrale, mais qui tend à être de moins en moins pratiquée par les Torajas avec le développement du christianisme dans la région.

Le village de Lemo est particulièrement intéressant car il comporte des Tongkonan anciens avec un toit complètement réalisé en bambou contrairement aux nouvelles toitures souvent métalliques pour des raisons d’économie et de résistance !!!

On traverse de beaux paysages de rizières : 2 récoltes par an dans la réguion …

Immanuel me présente la Ferrari des buffles…non qu’il se déplace particulièrement vite mais un buffle de ce type avec les yeux bleus…peut atteindre un billion de roupies indonésiennes soit environ 60 000 euros …de quoi se payer une belle voiture quand même !!!

Encore une journée sublime au pays Toraja !!!

Publié le 30 juin 2021, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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