Indonésie 2021 : un peu déçue par les Iban Dayaks Kalimantan

Voilà j’ai fait une scène à mon équipe pour aller voir les Iban Dayaks et maintenant nous devons faire 10h de route pour atteindre le village où nous avons une introduction grace à ma copine du restaurant …

Karim conduit comme un dingue et je dois me retenir pour ne pas freiner virtuellement toutes les 2 minutes car il colle non seulement les voitures avant de doubler mais aussi les mobylettes … épuisant nerveusement !!!

A l’arrivée je constate que la maison longue est nettement plus moderne que celle que nous avons visitée à Sintang …mais pas question de s’en approcher nous devons aller voir le chef du village au bureau où il tient un genre de conseil municipal avec ses collègues !!!

On a pas le choix …on se présente et tout le monde est vêtu de superbes chemises rouge, jaune et noires qui sont très loin de l’idée que je me fait du costume Dayak…

Les Dayaks se réfèrent aux peuples indigènes de l’île de Bornéo (Kalimantan) et ils sont la majorité des groupes ethniques. Malheureusement, étant la majorité, ils ont un petit rôle dans l’île. Pendant le régime du Nouvel Ordre en Indonésie sous le Président Soeharto, ils n’ont pas eu l’occasion de devenir les dirigeants politiques, les chefs de département du gouvernement, le gouverneur local ou d’autres dirigeants officiels dans les institutions/agences gouvernementales. Cela ne voulait pas dire qu’il n’y avait pas de leaders Dayak ou d’intellectuels qualifiés. Cela pourrait probablement être dû au système qui les empêchait d’obtenir une position politique. Ainsi, ils étaient isolés dans leur propre terre ou « chez eux ».

Historiquement, le natif de Bornéo est le Dayak. Ils étaient situés plus loin dans l’arrière-pays de Bornéo.

Certains ont rapporté qu’ils ont été trouvés vivant dans les zones côtières des principales rivières, telles que la rivière Pawan à Ketapang, la rivière Kapuas (l’une des plus longues rivières d’Indonésie) et ainsi de suite mais après que certains d’entre eux ont été convertis à l’islam ou sont devenus musulmans, les non-musulmans se déplacent ensuite vers le cours supérieur de la rivière et établissent un nouveau peuplement. Ceci explique que la plupart des musulmans dans Kalimantan sont d’origine Dayak.

Au début les Dayak étaient nomades. Ils se sont installés dans une zone qui était habituellement à coté de la rivière et ils ont changé leur nom de tribu en ajoutant le nom de la rivière. Par exemple, ils étaient originaires d’un endroit, puis ils ont déménagé dans un nouvel endroit avec un nom de Kapuas, Kalis, donc ils se sont baptisés comme « Iban Kapuas ou Dayak Kapuas », « Iban Kanyau ou Dayak Kanyau » « Kantuk dans Kantuk Kalis ou Dayak Kalis ». Le nouveau terme dérive du nom de la rivière « rivière Kapuas » « kanyau le nom de l’endroit » et « kalis le nom de la rivière ». Pour cette raison, certaines sous-ethnies de Dayak ont des traditions, une langue et des pratiques rituelles similaires.

Les Dayak, depuis des générations, vivent dans une maison longue au sein d’un groupe. La maison longue est un type de maison qui a de nombreux compartiments ou chambres ou bilik qui sont séparés par des murs. Chaque bilik appartient à une famille, qui peut être composée de parents, d’enfants et de grands-parents. Le compartiment ou la chambre d’une famille peut avoir 20 mètres de long et 5 ou 7 mètres de large. Les divisions des chambres seront séparées en fonction de ses fonctions, par exemple : salon séparé de la cuisine.

La population de Kalimantan est aujourd’hui de près de 5 millions d’habitants, et il y a près de 2 millions de Dayaks (Dukcapil, 2015). Il n’y a pas de données exactes sur le nombre de Dayak musulmans les Dayaks sont principalement chrétiens (catholiques et protestants). La plupart des Dayak musulmans sont installés le long de la rivière parties côtières des rivières. Il y a quelques Dayak qui gardent encore les croyances de leurs ancêtres. Les cérémonies sont pratiquées à certaines fins, comme un rituel pour l’agriculture, la guérison des patients, lefestival (gawai) est une sorte de cérémonie pour remercier Dieu.

Du point de vue de la composition raciale, les données actuelles (Dukcapil, 2015) il y a trois populations dominantes à Bornéo, telles que : Dayak (43,5%), Malais (ici signifie musulman) 41,5%, Chinois (11%), et d’autres groupes raciaux (Madurese, Javanais, Batak, Minang, Arabes) environ 4%. Cependant, les données de la population enregistrée pourraient être différentes de la réalité en raison de a migration des personnes qui est très rapide. L’une des causes est la présence de sociétés de plantation et d’exploitation minière.

Différences culturelles et linguistiques entre les Dayaks

La culture renvoie aux divers aspects et modes de vie qui comprennent nécessairement leurs coutumes et traditions, leur éthique et leurs codes de conduite ainsi que leurs attitudes et leurs valeurs (Banks, 1988). Les cultures comprennent également les manifestations physiques de l’identité des tribus, comme leurs costumes traditionnels, leur musique et leurs danses,

les Dayak perçoivent leur culture comme un mode de vie. Étant donné qu’il existe des groupes de Dayak et que chacun ont leurs propres cultures , il est assez difficile de distinguer l’un de l’autre.

Par exemple, ils diffèrent dans les costumes, les cérémonies rituelles, la langue, et même les lois coutumières. Leurs cultures sont ancrées dans leurs valeurs et leurs attitudes, de même que leurs coutumes, leurs traditions et leurs perceptions de la vie qui ont un impact direct sur les habitudes et les comportements socio-économiques.

En termes de langues, il y a une variété de langues parmi les communautés Dayak. Certains des groupes sous-ethniques ont des similitudes comme Iban, Kantuk, Mualang, Seberuang, Desa (groupe ibanique) et Bekatik, Selakau, Ahe, Behe (groupe kanayatn). Cependant, il y a une distinction entre le groupe iban et le groupe kanayatn, par conséquent, le moyen de communication est la langue indonésienne. Dans d’autres circonstances, la communication entre Dayaks peut exister dans sa propre langue. Par exemple, le Bidayuh parle la langue « bidayuh » tandis que le Iban parle la langue « iban » . En d’autres termes, la langue des Dayaks n’est pas un obstacle crucial à la communication et à l’interaction.

La communauté Dayak est divisée en plusieurs sous-tribus, telles que Kanayatn, Iban, Kayan, Taman, Kantuk, Embaloh, Mualang, Bidayuh, et ainsi de suite.

Comme on est venu pour les textiles … »conseiller municipal » va chercher ce qu’il faut auprès des tisserandes : pas question que l’on s’approche de la maison longue …

Il nous rapporte des jupes traditionnelles assez chouettes non tissées en coton mais avec une herbe qui est collectée dans la jungle …ce qui explique son prix élevée …

Les motifs sont superbes mais les garçons sont bien incapables de m’en expliquer la signification !!!

Les Iban Dayaks sont également très célèbres pour leur tatouages que l’on commence à leur faire dès l’âge de 8 ans …

Cette pratique culturelle a perduré jusqu’au 20ème siècle. Cependant la croyance est toujours ancrée dans les moeurs de certains villages. On y distingue d’ailleurs encore un grand nombre de crânes accrochés aux habitations.
On compte plusieurs ethnies : les Busang, les Penishing, les Iban, les Mentawaï, etc. Les tatouages que portent les guerriers Dayak racontent leurs origines, leur rang, leur courage, leurs conquêtes‚ etc.

Ces tatouages ont bien sûr une signification …

Entre les épaules : un scorpion (kala) ou une fleur de concombre (bunga terung) en guise de porte-bonheur pour un voyage.
Sur la gorge (tangap asi), il préserve du manque de nourriture.
Sur les mains, il assure le passage dans le royaume des ancêtres au moment du décès.
Certains autres motifs sont purement décoratifs

Les motifs sont inspirés de la faune et de la flore et varient selon les “tatoueuses”. Certains motifs leur seraient apparus en rêve. La coutume doit être transmise de génération en génération par les plus âgées.

A Bornéo, une tige de bois est utilisée avec, à son extrémité, trois petites aiguilles en métal (patiti). Avant l’arrivée des Anglais sur cette île, les pointes étaient faites d’os, de bambou ou de bois de cerf.
Une fois les pointes trempées dans l’encre, elles sont disposées sur la peau, et martelées avec de petits coups rapides à l’aide d’une baguette en bois.
L’encre est à base de noir de fumée, d’eau, de sucre de canne et de fruits pilés. Une fois le mélange effectué, le tout est chauffé jusqu’a l’obtention d’une pâte. D’autres mélanges existent comme par exemple la suie avec laquelle on ajoute de la graisse de porc….

Il me faudra toute ma force de persuasion pour trouver un volontaire qui accepte d’enlever sa superbe chemise pour me montrer ses tatouages !!!

Mon guerrier est moins impressionnant que ce que j’ai pu voir à Alor …mais on ne va pas se plaindre !!! Ses tatouages évoquent des animaux sauvages !!!

Comme tout le monde est de bonne humeur j’en profite pour demander que l’on me fasse une démonstration de la manière de porter la jupe traditionnelle qui sert à la fois aux hommes et aux femmes …

On peut l’utiliser comme couverture pour les soirées fraiches que j’ai un peu de mal à imaginer à Bornéo …

Ou comme un sarong …voir la vidéo !!!

nnnn

Mais par rapport à ce que j’attendais …je suis déçue. Mais avec l’épidémie de covid …difficile de faire mieux !!!

Je décide de m’arrêter (de nuit) sur la route de retour vers Sintang pour revoir la jeune fille sympathique qui est également Dayak mais Desa Dayak afin de lui demander de porter le costume traditionnel de son ethnie afin que je fasse quelques photos !!!

Dans le tissage Dayak Desa, il y a beaucoup de significations. La plupart des motifs représentent la vie quotidienne. Les Dayak Desa pensent qu’en termes de couleur, ils pensent qu’il existe trois couleurs de base, à savoir le rouge, le blanc et le noir.

La couleur rouge représente le méga ou l’univers, le blanc représente les nuages ​​ou le nirvana qui s’étend à travers le ciel de l’univers, et le noir reflète l’obscurité ou une partie de la circulation naturelle. Les éléments naturels sont également considérés par la communauté Dayak Desa comme un symbole tissé et doté de pouvoirs magiques.

Le métier à tisser utilisé n’est pas une machine. Le processus de fabrication du tissage par la tribu Desa Dayak se fait en réalisant des décorations de base sur le tissu tissé, puis en nouant les plans de dessin pour plusieurs couleurs après son tissage. Avant le tissage, les brins sont enveloppés (noués) avec une corde en plastique selon le motif ou le motif décoratif souhaité.

Le processus de tissage dans la culture Dayak Desa ne doit pas être effectué par n’importe qui, quelqu’un qui tisse doit passer par une série de conditions et de cérémonies traditionnelles. En particulier, si on doit tisser des motifs « sacrés » tels que des motifs humains, des crocodiles et des serpents, les tisserands doivent effectuer des rituels. Ce motif sacré ne peut être tissé que par des mères veuves ou laissées par leur mari. Pour les tisserands novices, après avoir fini de tisser un morceau de tissu, le tisserand doit faire des offrandes aux esprits des ancêtres en symbole de respect et de supplication afin qu’ils ne dérangent pas les humains vivants.

Hé bien malgré les difficultés j’ai rencontré des tas de gens sympathiques …il me reste donc à revenir pour compléter et approfondir mes connaissances avec le sud et l’est de Bornéo …mais sans le covid !!!

Publié le 23 septembre 2021, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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