Thaïlande : L’aventure continue chez les Lahu !!!

Toujours à Mae Hong Son …je continue mon périple avec Dam !!!

l’histoire des Lahu, tiraillés entre la nécessité de s’adapter et le désir ardent de préserver un mode de vie traditionnel, parfois anachronique. Animistes ou chrétiens, semi-nomades ou sédentaires, habillés d’une cape tressée à la main ou d’un t-shirt de marque, la tribu Lahu est indubitablement l’une des minorités ethniques les plus hétérogènes au monde.

Les Lahu se divisent en plusieurs sous-groupes, dont les plus emblématiques sont les Lahu noirs, les Lahu jaunes et les Lahu Shehleh, en référence à la couleur de leur habit traditionnel. Ces sous-groupes ne sont aucunement hiérarchisés, et n’obéissent à aucune logique tribale ou clanique. Le linguiste américain David Bradley a d’ailleurs dressé une liste supposée exhaustive des sous-groupes du peuple Lahu dans son ouvrage « Lahu dialects » paru en 1979.

Ceux qui m’intéressent aujourd’hui sont les Lahu Sheleh dans un village très traditionnel appelé Look Kaowlam…

Originaires du plateau tibétain, les Lahus ont migré un peu partout en Asie du sud-est, puis aux Etats-Unis en tant que réfugiés en 1975. La population totale est aujourd’hui estimée à un peu moins d’un million de personnes, dont 720 000 dans la province chinoise de Yunnan, où ils sont appelés « chasseurs de tigres ». Cette appellation est fièrement revendiquée par les Lahus eux-mêmes, qui y voient une référence bienvenue à leur habilité cynégétique.

D’ailleurs, la syllabe « la » de « Lahu » signifie « tigre ». Cet animal tient une place particulière dans la mythologie Lahu.

Selon les contes traditionnels, la toute première éclipse solaire de l’Histoire fut causée par un tigre, qui aurait englouti le soleil ! En Thaïlande, les Lahus sont connus sous le nom de « Mussur », littéralement « chasseur », en thaï.

Si les Lahus sont si fiers de leurs aptitudes distinguées dans la chasse de survie, c’est qu’ils évoluent dans un environnement particulièrement hostile, marqué par l’omniprésence d’une forêt semi-tropicale dense et imprévisible. On y croise des tigres, des sangliers, des cerfs et surtout des une grande variété de serpents venimeux.

Nous sommes accueillis par un mannequin qui porte le costume traditionnel des Lahu Sheleh.

On nous offre des boulettes de farine de riz gluant qui sont un peu terreuses …je fait l’impasse sur la façon dont elles ont été préparées …toujours l’aventure !!!

Mon modèle a un peu passé l’âge pour présenter un costume de mariée mais elle est tellement fière de nous montrer ses impressionnants colliers en argent que je n’ose pas la dissuader…

A l’image des autres autochtones de la région, les Lahus pratiquent une langue qui appartient au sous-groupe lolo-birman de la famille tibéto-birmane. Le Lahu est une langue fortement isolante, dans la mesure où tous les mots utilisés restent invariables quelle que soit leur fonction syntaxique. En Thaïlande, le Lahu constitue une lingua franca pour les autres composantes du peuple des collines. Le Lahu écrit repose sur les alphabets latins et intègre, depuis l’arrivée des missionnaires au milieu du 19e siècle, de multiples emprunts lexicaux à l’anglais, au latin et au grec via la traduction de la Bible.

Avant l’introduction du bouddhisme en Thaïlande et dans le Yunnan chinois à la fin du 7e siècle, les Lahus pratiquait une religion traditionnelle polythéiste. Aujourd’hui, les Lahus chinois et thaïlandais sont majoritairement bouddhistes, alors que ceux qui ont élu domicile dans les hauteurs birmanes sont, pour la plupart, d’obédience chrétienne.

Comme pour la grande majorité des autochtones, la maladie est perçue par les Lahus comme la résultante de causes surnaturelles. Les traitements s’articulent donc autour de rituels propitiatoires, d’exorcisme et de shamanisme. Les esprits tiennent une place particulière dans la tradition Lahu. La perception des fantômes et des âmes perdues constitue un prolongement naturel de l’occultisme thaï. Le Dieu des Lahu s’appelle « Aue Za », et est globalement assimilé au Dieu des chrétiens. Le Nouvel An est l’occasion de lui faire des offrandes animales, mais aussi de lui présenter un bol de la moisson en guise de reconnaissance.

A travers leurs prières, leurs rituels, leurs cérémonies religieuses, leurs contes mythologiques et leur folklore, les Lahus ont de tout temps érigé la bénédiction en dessein suprême. Pour ce faire, les Lahus multiplient les occasions d’offrande au Dieu de la création, « G’ui sha ». L’abondance du gibier et de la moisson seraient d’ailleurs les signaux divins de cette bénédiction.

Les Lahus disposent de leur propre perception de la création de l’Univers. Poétique, lyrique et ponctuée par des réflexions existentielles, cette perception a été couchée sur papier en 1995 par A. Walker, dans son ouvrage « Création de la Terre : un mythe épique du peuple Lahu à Yunnan ».

Aujourd’hui encore, il n’est pas rare de voir de jeunes adolescents se marier et vivre leurs premières années au sein de leurs familles respectives. Toutefois, la société Lahu n’est pas hermétique à son environnement immédiat, et l’âge moyen du mariage a considérablement augmenté depuis quelques années. Selon de nombreux observateurs, les Lahus posséderaient l’un des systèmes sociaux les plus égalitaires de la région. Cela se matérialise entre autres par le statut de la femme qui n’est aucunement reléguée à des tâches secondaires. En effet, les hommes sont également amenés à réaliser des tâches ménagères, à participer à l’éducation des enfants et à cuisiner.

Le seul critère de hiérarchisation des individus est l’âge. Ainsi, le genre, la fertilité et la richesse importent peu. Alors que l’écrasante majorité des sociétés humaines reposent sur un système familial patrilinéaire, et que d’autres, plus discrètes, perpétuent le nom de famille selon une configuration matrilinéaire, les Lahus s’écartent de cette dualité. Les enfants reçoivent un prénom composé de deux syllabes :

La première fait référence au sexe de l’enfant : « Ca » pour un garçon, « Na » pour une fille ;
La seconde indique l’ordre fraternel ou le signe astrologique lié au calendrier chinois.
Par exemple, un petit garçon né sous le signe du buffle s’appellera Canu. De ce fait, les prénoms Lahu sont inévitablement répétitifs. Selon la tradition, si un bébé est trop souvent malade, ou s’il pleure plus que de raison, c’est que le prénom choisi n’est pas approprié. Les parents devront alors organiser une nouvelle cérémonie solennelle pour le rebaptiser.

Comme j’exprime le souhait d’avoir une « mariée » un peu plus jeune nous parcourons le village et rencontrons un groupe de femmes pas très occupées qui nous proposent leurs filles …

Du coup celles ci me paraissent un peu trop jeunes mais on me répond que chez les Lahu beaucoup de jeunes filles sont mariées à 15 ans !!!

Les Lahus sont encore aujourd’hui essentiellement des fermiers de subsistance, qui pratiquent un genre d’agriculture sur brûlis soucieuse de l’environnement. Ils cultivent du riz sec, qui reste la denrée essentielle, mais aussi des grains pour les cochons.

Le piment est également un élément central de la cuisine de la tribu Lahu ; aucun plat n’est considéré comme étant comestible s’il ne contient pas une certaine quantité de piment.

Les principales activités de subsistance sont agricoles, et incluent la plantation de légumes à feuilles et des légumes tuberculeux, de melons, de citrouilles et de gourdes. Le thé, le coton et l’opium tiennent également une place importante dans le commerce local.

Outre l’activité fermière, les Lahu s’adonnent également à la pratique de la forge, et confectionnent principalement des couteaux, des binettes, des têtes de hache et des lames de plantoir. Dans leur temps libre, les femmes tissent des vêtements traditionnels et des sacs à bandoulière typiques, très prisés par les touristes.

A la sortie du village je constate qu’il y a une « porte comme dans les villages Akha …peut être un peu moins décorée mais très similaire …

Il y a également des cerceaux en rotin qui sont utilisés par le chaman pour guérir les villageois : le malade doit traverser plusieurs fois l’anneau et faire un sacrifice d’oeufs pour obtenir la guérison. En cas de maladie plus grave il faudra sacrifier un poulet voire un cochon.

Je cherche désespérément les coquilles d’oeufs pour compléter mes photos mais il ne reste absolument rien …les chiens ont du passer par là …

En tout cas c’était une journée vraiment réussie !!!

Publié le 27 mars 2022, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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