Cambodge : Baphuon et les autres …sans personne !!!

Un passage rapide devant le superbe temple du Bayon et nous arrivons au temple de Baphuon qui a été restauré par les Français qui ont terminé ce travail récemment …

Le Baphûon fut construit vers 1060, sous le règne de Udayādityavarman II, qui régna de 1050 à 1066, à la gloire de Shiva. Il fut un temple d’État, connu comme la « montagne d’or » (svarnādrī).

Il se dressait au sommet d’une colline artificielle, mais avait pratiquement disparu avant d’être dégagé et consolidé en plusieurs étapes de 1908 à 1918, par l’École française d’Extrême-Orient, sous la direction de Jean Commaille (1868-1916) premier conservateur d’Angkor. Ce dernier, assassiné le 29 avril 1916 par des bandits pour lui dérober la paie des ouvriers qu’il transportait, est remplacé par Henri Marchal (1878-1970).

D’importants éboulements, notamment en 1943, ont obligé à reprendre la consolidation en 1950. À la fin des années 1960, il est décidé de démonter le temple bloc par bloc en les numérotant : cette opération d’anastylose a duré dix ans. Cette technique avait déjà été introduite par Henri Marchal après avoir observé sa première application sur le temple de Borodurur à Java. La guerre civile cambodgienne (1967-1975) interrompt les travaux en 1971, et les différents relevés et archives sont détruits. Le conflit indochinois (1978-1999) qui suit provoque la fin du projet, et les ruines du Baphûon sont laissées à l’abandon.

Envahi par la végétation, la restauration a repris de 1995 à 2011, soit 16 années de travaux acharnés pour un budget de dix millions d’euros apportés par le gouvernement français, travaux réalisés par l’EFEO, sous l’égide des architectes Jacques Dumarçay et Pascal Royère (1965-2014), dirigeant une équipe de 300 ouvriers cambodgiens. Il a été nécessaire de remettre en place 300 000 blocs de grès, auparavant déposés tout autour du temple pendant des dizaines d’années.

Le raffermissement des structures autour du noyau de matériaux anciens s’est opéré en réalisant de grands murs en béton armé qui sont contre-butés et masqués par l’édification des formes architecturales avec du grès neuf, extrait dans une carrière de l’époque, redécouverte dans les monts Kulen. La restauration des parties manquantes, dues à leur usage dans la grand Bouddha couché reste limitée, et ne peut aller jusqu’à la création, sans connaissance puisque tout a disparu, du sanctuaire, au sommet du temple, qui reste donc ruiné.

L’inauguration du Baphûon restauré a eu lieu le 3 juillet 2011, en la présence du roi Norodom Sihamoni et du premier ministre français François Fillon.

Le Baphûon est une pyramide à trois terrasses bordées de galeries, de 145 mètres sur 150. L’entrée monumentale à la première terrasse se fait par trois gopura et sur une chaussée surélevée, de 200 m de long. La pyramide centrale s’élève sur cinq gradins.

C’est le premier grand monument khmer construit entièrement en grès et le premier monument sur lequel on généralise l’utilisation de la galerie. Enfin, c’est aussi le premier grand monument khmer sur lequel sont généralisés, sur les faces externes, les bas-reliefs narratifs : des petites scènes, sous forme de tableautins qui sont des illustrations des grands poèmes indiens, le Ramayana et le Mahabharata.

Belle rencontre avec un jeune homme et un petit singe qui avait très soif et savait parfaitement comment boire au goulot d’une bouteille d’eau minérale …l’usage du pied pour soutenir la bouteille est vraiment une super idée !!!

Sur ce temple on peut également grimper au sommet ou presque car le temple au sommet est plus que ruiné… Il est intéressant de parcourir les galeries où on constate qu’à l’époque, les kmers ne connaissaient pas la clef de voute …

Il est temps de redescendre pour contempler le Bouddha couché ou ce qu’il en reste !!!

Le temple a la particularité d’avoir subi un profond remaniement (très postérieur à sa construction, peut-être au xvie siècle) dans sa structure pour constituer un gigantesque Bouddha couché, au deuxième étage de la face arrière (ouest).

En effet, les pierres qui le constituent ont été retravaillées avec des ciseaux plats qui étaient en usage au xvie siècle alors que le temple originel a été sculpté avec des ciseaux pointus, quelque cinq cents ans auparavant. D’autre part, une grande partie de ces pierres proviennent du sommet du temple, le sanctuaire dédié à Shiva, qui ne pourra donc être reconstitué. Ce sommet de la pyramide, le sanctuaire initial a donc été volontairement démonté. Il est probable que ce passage d’un temple shivaïte à un temple bouddhiste ait eu lieu en raison de la ruine en cours du temple dédié à Shiva. Et cela dans un contexte politique de très grand affaiblissement du royaume, avec de faibles moyens.

Je repars par un sentier désert au milieu de la forêt pour rejoindre le temple de Phimeanakas !!

Le Phiméanakas (« char céleste » en khmer, d’origine sanskrite) est le temple royal hindouiste dans l’enceinte du palais royal de l’ancienne ville d’Angkor Thom sur le site d’Angkor.

Il a été bâti par Yasovarman Ier ou sous le règne de Rājendravarman II (entre 941-968). Lors de l’édification de son palais royal (vers 1040) Sūryavarman Ier fit édifier la tour centrale, en grès, qui lui servait probablement de temple particulier. Il fut appelé la « Tour d’or » par Zhou Daguan (Tchéou Ta-Kouan).

De ce temple d’environ 35 m sur 28 m à la base restent les trois premiers étages massifs, construits en blocs de latérite, sobrement décorés de lions et d’éléphants à chaque coin. Des escaliers extrêmement raides mènent à une terrasse supérieure de 30 m par 23 m d’où la vue est superbe sur le Baphûon voisin.

Les niveaux supérieurs, élevés sur un plan cruciforme, sont en grande partie effondrés. Il faut y noter les restes d’une galerie couverte qui courait sur tout le périmètre, une première à Angkor.

Il est actuellement en mauvais état.

Le temple était la demeure du roi où, dit-on, il s’unissait avec une déesse protectrice qui abandonnait la nuit son corps de serpent pour celui d’une belle jeune femme.

Au Nord du temple, à quelques dizaines de mètres, se trouve le Sras Srei, un bassin rectangulaire vraisemblablement utilisé par les rois pour des ablutions rituelles et peut-être des spectacles nautiques. Une inscription suggère qu’il était réservé aux hommes, un autre bassin plus petit situé à l’Est du Sras Srei, étant destiné aux épouses, concubines et personnages féminins de la cour royale.

Le passage par une porte décorée en relativement bon état permet d’atteindre la terrasse du roi lépreux.

La terrasse du Roi lépreux est située au nord de la terrasse des Éléphants, dans l’ancienne ville d’Angkor Thom, sur le site d’Angkor, au Cambodge. Cet ensemble appartient au groupe architectural du palais royal avec le temple personnel des rois, le Phimeanakas, qui s’élève à proximité avec le Baphuon, le temple funéraire. Elle date du xiie siècle, mais a eu une histoire complexe.

Les deux terrasses font face à la grande place royale et aux petites tours des Prasat Suor Prat puis, au-delà, les Kleang, Nord et Sud.

Les deux terrasses ont été établies à la fin du xiie siècle par Jayavarman VII et bordent, à l’Est, l’ancien Palais royal permettant de dominer la grande place centrale d’Angkor Thom.

Le mur présente un parement de grès sur environ 25 m et 6 m de haut formant grossièrement un « U ». Il est entièrement orné de reliefs très ouvragés représentant, sur sept registres (sept niveaux), le panthéon hindouiste. Les dieux sont représentés dans leurs palais, avec leurs conjoints et serviteurs. Parmi les autres figures certains sont aisément identifiables : nāga à cinq, sept et neuf têtes, créatures marines, garuda et kumbhandá.

Les restaurations menées par l’EFEO (École française d’Extrême-Orient, initialement par Bernard-Philippe Groslier en 1972 et avec Jacques Dumarçay et Christophe Pottier) sur la terrasse du Roi lépreux et inaugurées en mars 1996 ont employé la , avec la technique de l’anastylose. Ce qui nécessitait la déconstruction bloc par bloc du mur et sa reconstruction après de nombreuses rectifications des erreurs de remontage anciens. Ce travail rigoureux a mis au jour un autre mur orné qui se trouvait sous le premier. Ce second mur est présenté, depuis, deux mètres en retrait, derrière le premier. Les travaux ont permis de dégager un corridor entre les deux murs, permettant d’apprécier la décoration du second mur, tout aussi abondante que la première.
Les travaux de restauration, menés ensuite sous la direction de Christophe Pottier ont repris en 1992 sur l’élément voisin, le perron nord de la terrasse des Éléphants, en utilisant aussi l’anastylose. Ce qui offre une vision juste et considérablement enrichie sur ce que sont et ce qu’ont été ces deux terrasses.

Les structures réalisées à cette terrasse comprennent, pour chaque mur, une dalle et un mur rideau en béton armé destinés à reprendre les poussées du remblai, haut de six mètres. Bernard-Philippe Groslier avait aménagé l’évacuation des eaux de drainage vers un bassin. Les faces des pierres en contact avec le ciment ont été enduites d’un imperméabilisant.

Tout indique que cet espace ait été un lieu de justice royale. Une autre hypothèse en fait un men, lieu d’incinération des rois ceci en raison de la présence du Roi lépreux qui s’avère être Yama, « l’inspecteur des qualités et des fautes » qui préside au jugement des morts.

Les fouilles effectuées dans le remblai de cette terrasse ont mis au jour la base d’énormes poteaux de bois (1,10 m de diamètre à la base). Ce qui a permis de restituer virtuellement un pavillon (un bâtiment disposant de grandes ouvertures mais placé trop près du mur initial qu’il aurait fait écrouler) qui a existé à cet endroit. La terrasse a donc été élargie.

Au début du xive siècle, l’édification d’un monastère bouddhique a complètement transformé l’environnement : la construction de l’enceinte du monastère a entrainé la destruction presque totale du perron Nord. On y avait élevé un stupa et qui a été, lui aussi, quasiment détruit. Cette autre destruction pourrait correspondre au sac d’Angkor par les thaïs en 1330. Une nouvelle construction a été aussi détruite au cours du sac de 1430, suivi d’un abandon.

Pour finir la légende du roi lépreux en 2 versions :

« Henri Mouhot relate l’histoire du roi bâtisseur d’Angkor Vat, nommé Bua-Sivisithiwong. Celui-ci, lépreux, souhaitait obtenir la guérison des dieux et fit construire le temple d’Angkor Vat à leur intention. L’œuvre achevée mais le roi n’étant toujours pas guéri, celui-ci fit appel à un fakir qui lui proposa de se baigner dans un bain d’eau-forte. Le roi qui hésitait devant un tel traitement, lui demanda de l’essayer sur lui-même. Le fakir accepta en lui faisant promettre de jeter sur lui une poudre particulière, ce que le roi promit mais ne fit pas; selon la tradition locale, c’est cette trahison qui amena sur la ville la décadence et la ruine ».

« Autrefois le roi du Cambodge était violent et emporté. Un de ses ministres lui ayant manqué de respect, il le frappa avec l’épée sacrée du royaume, mais une goutte de sang rejaillit sur le corps du roi où apparurent rapidement les symptômes de la lèpre. Un vieux sage, par compassion, envoya un de ses jeunes disciples soigner le souverain : le traitement prescrit comportait un bain dans une cuve d’eau bouillante dans laquelle il fallait introduire successivement différentes substances médicinales, le résultat annoncé étant une guérison complète et un rajeunissement. Le roi, méfiant cependant, demanda une démonstration préalable au jeune disciple qui se plongea dans la cuve, mais la précipitation du roi ayant empêché de suivre au pied de la lettre les prescriptions, le corps du disciple se transforma en blocs de pierre qu’il fallut disperser. Outragé, le vieux sage lança une malédiction contre le roi, et la lèpre devint incurable. »

Pour terminer cette journée sensationnelle …

Prasat Suor Prat est un ensemble de douze petites tours situé à Angkor Thom, près de la ville de Siem Reap, au Cambodge.

Le démontage d’une de ces tours qui penchait dangereusement a permis de comprendre que des blocs de latérite avaient glissé sur le sol des fondations, en raison de l’humidité qui gorge le sol pendant la saison des pluies et ne permet pas à cette latérite de rester en place sous le poids de la tour.

Les douze tours connues sous le nom de « Prasat Suor Prat » sont situées juste à l’est des Terrasses Royales à proximité du Palais Royal. Bien que le nom moderne signifie « Tours des danseurs de corde » – en référence à la légende selon laquelle ils étaient utilisés pour des divertissements royaux impliquant des funambules – il n’y a aucune preuve définitive de cela. En fait, la fonction des tours reste un mystère. Curieusement, Zhou Daguan, le diplomate chinois du XIIIe siècle qui a visité Angkor, a rapporté qu’ils étaient utilisés pour régler les différends. Il a écrit :

« Si deux familles ont un différend à régler et ne peuvent s’entendre sur le bien et le mal, il y a douze petites tours de pierre sur un talus en face de la place, et les deux personnes concernées sont envoyées s’asseoir dans deux d’entre elles. A l’extérieur, les membres de chaque famille gardent celui de l’autre. Ils peuvent rester dans les tours pendant un jour ou deux, ou pendant trois ou quatre jours. Alors, à coup sûr, celui qui a tort devient visiblement malade, et s’en va.  »

Ce récit est accueilli avec suspicion par les érudits modernes, en partie parce que les tours semblent être des sanctuaires en quelque sorte. Si tel est le cas, leur conception est assez inhabituelle, car chacune a trois fenêtres au rez-de-chaussée orientées au nord, à l’est et au sud. À aucun autre endroit, nous ne trouvons de sanctuaires khmers avec des fenêtres dans le sanctuaire principal. Pour cette raison, certains chercheurs pensent que les tours ont peut-être été utilisées comme salles de réception pour les visiteurs étrangers (ce qui explique peut-être pourquoi Zhou Daguan a pu y accéder). Toutes les tours sauf deux font face au terrain de parade et chacune est élevée sur une terrasse, ce qui les rendrait utiles pour voir les nombreuses grandes cérémonies organisées à l’est du palais royal. Un problème avec cette théorie est que le propre palais du roi était en bois (et a disparu depuis longtemps),

Dans tous les cas, les tours sont en relativement bon état, la majorité conservant une grande partie de l’aspect d’origine. Chacune est espacée d’environ 25 mètres l’une de l’autre et orientée vers l’ouest, à l’exception des deux tours centrales qui se font face en travers du chemin menant à la Porte de la Victoire. L’intérieur de chaque tour mesure 4 x 6 mètres, avec trois grandes fenêtres offrant beaucoup de lumière et d’air. Ils ont probablement été construits au début du XIIIe siècle par Indravarman II ou son successeur.

Et toujours aussi peu de monde …

Publié le 23 mai 2022, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :