Indonésie 2022 : Premier passage sous la pluie en Pays Ngada

Nous avons profité de notre passage à Ende pour acheter des sweat shirts un peu plus chauds et c’était une bonne intuition car c’est une météo épouvantable qui nous attend en pays Ngada.

On effectue un premier arrêt dans un petit village qui comporte déjà des autels d’offrandes masculins (les chapeaux pointus) et féminins (ceux qui ressemblent à des petites maisons).

Mais notre première visite sera pour Bena …un des villages les plus beaux et les plus intéressants de la région…malheureusement un peu trop touristique …

Au centre de cette place, on retrouve « les symboles les plus visibles de la tradition ngada : les paires ngadhu / bhaga. Le nagdhu est une structure en parasol d’environ 3 mètres de haut au montant de bois sculpté et à l’ombrelle de chaume; le bhaga est une maison miniature au toit de chaume.

Le ngadhu est « mâle » et le bhaga « femelle », et chaque paire est associée à une famille particulière du village. Certaines ont été érigées il y a plus de 100 ans pour commémorer des ancêtres morts lors de très anciennes batailles.

Une paire de sanctuaires ngadhu et bhaga est mis en évidence au centre du village de Bena.

Le ngadhu, qui incarne l’ancêtre mâle d’un clan, est en forme de parapluie. Son tronc est sculpté et est surmonté d’une figure guerrière car il symbolise la férocité et la virilité.
Le bhaga, qui incarne l’ancêtre du clan féminin, est en fait une petite cabane avec un toit de chaume là encore et qui ressemble à une miniature d’une maison traditionnelle. Il symbolise ainsi le sanctuaire de la maison mais aussi le corps de la femme.

Outre le culte des ancêtres associés aux nagdhu et aux bhaga, sont toujours célébrés les rites de fertilité – parfois avec de sanglants sacrifices de buffles, ainsi que les cérémonies marquant naissances, mariages, décès et construction de maisons (…)

La plupart des maisons s’ornent de figurines humaines sur leur toit,, et leurs porches sont décorées de cornes et de mâchoires de buffle, signes de prospérité. »

Les figures humaines signifie maison du père c’est à dire régie par un système de patriarcat…

Lorsqu »il s’agit d’une petite maison il s’agit d’une famille régie par un régime de matriarcat.

Lors de la visite du village de Bena, on voit aussi un peu partout des formations mégalithiques qui permettent en fait aux locaux de se connecter avec le monde surnaturel et de communiquer avec les ancêtres, souvent par des sacrifices d’animaux. Il y a aussi un autel de pierre pour chaque clan du village.

Les Ngada , également appelée Rokka , ou Rokanese , sont une tribu habitant la côte sud de Flores, l’une des petites îles de la Sonde , en Indonésie. Ils vivent autour du volcan Inerie et à l’intérieur des terres sur le Plateau de Badjawa. Principalement de souche proto-malaise, ils parlent une langue malayo-polynésienne du groupe Ambon-Timor et étaient au nombre de 35 000 à 40 000 en 1954. Prétendant avoir émigré de Java, les Ngada étaient autrefois des chasseurs. Aujourd’hui, ils pratiquent à la fois la culture humide (appris des hollandais) et la culture sèche du riz et cultivent également du maïs (maïs), du millet et des légumes. Les villages Ngada sont composés de maisons sur pilotis en bois, organisées selon les territoires claniques ; la terre est répartie entre les membres du clan. Le régime matrimonial est patrilinéaire et matrilinéaire ; l’aîné reçoit l’héritage familial. Le mariage est strictement endogame clanique, et bien que le mariage entre frères et sœurs soit interdit, le mariage entre cousins ​​est encouragé. Après le mariage, le mari appartient au clan de sa femme jusqu’au paiement intégral de la dot. Identifiés par un ancêtre commun et une situation géographique, les clans agissaient traditionnellement aussi comme des unités politiques jusqu’à ce que les Néerlandais instituent le bureau du Radja. À l’origine, les Ngada reconnaissaient un dieu supérieur (Déva) et sa composante féminine (Nitu), mais depuis 1920, des missionnaires ont travaillé parmi les Ngada, et aujourd’hui de nombreux Ngada sont catholiques romains.

L’origine des Ngada (aujourd’hui environ 60 000 individus) reste assez obscure, mais l’usage des pierres levées rattacherait ce peuple à la culture vietnamienne Dông-Sôn. En dépit de leur conversion au catholiscisme, introduit dans les années 20 par nos chers amis les colonisateurs, les Ngada sont restés profondément attachés à leurs croyances et leurs rites animistes, fondés sur un culte complexe des ancêtres. Dans leur culture, le village symbolique « l’intérieur », par opposition à la forêt, monde « extérieur » chargé de mystères et de dangers.
Les villages Ngada rspectent tous le même plan : une large place en terre battue, bordée par deux rangées de maisons sur petits pilotis, en bois et bambou, couvertes d’un toit de chaume. Au milieu du terre-plein central s’alignent diverses structures -une pour chaque clan-, demeure des esprits mâle ou femelle des ancêtres fondateurs et protecteurs.

La régence Ngada est l’une des plus anciennes régences ( kabupaten ) de l’est de Nusa Tenggara, ayant été formée en 1958. La régence a été divisée en deux en 2007, la partie orientale étant formée en une nouvelle régence Nagekeo . Avec la séparation des Nagekeo, les Ngada résiduels ne comptent plus que deux ethnies principales, les Bajawa au sud et les Riung au nord.

Comme c’est le cas avec d’autres régences à travers l’Indonésie, les événements locaux font parfois la une des journaux. Par exemple, en décembre 2013, une dispute a éclaté lorsque le chef de la régence de Ngada ( bupati ), Marianus Sae, s’est apparemment mis en colère à la suite d’une altercation au sujet des préparatifs de voyage locaux. Le samedi 21 décembre 2013, Marianus Sae n’a apparemment pas pu obtenir de siège sur un vol local à East Nusa Tenggara. Irrité par la situation, Sae aurait ordonné à ses subordonnés de bloquer la piste de l’aéroport de Turelelo dans le district de Soa ( kecamatan ). L’incident a attiré l’attention nationale, ce qui a conduit à une enquête officielle sur les actions de Sae. [3]

La langue principale à Ngada est le Ngadha , mais il existe plusieurs langues indigènes à Ngada en fonction de leur appartenance ethnique. Les gens d’Aimere, Bajawa, Golewa, Jerebu’u peuvent parler la même langue avec des différences mineures, tandis que les gens de Soa parlent une langue légèrement différente, et les gens de Riung parlent une langue totalement différente. Incapables de communiquer entre eux, ils utilisent l’indonésien.

Voilà un petit singe qui me fait beaucoup de peine surtout lorsque l’on voit la longueur de la chaine qui le relie au poteau.

On quitte provisoirement Bena car il est question d’y revenir : un marriage important doit s’y tenir l’après midi …nous allons dans le café chic local nous abriter de la pluie et grignoter quelques frites avant de continuer notre périple !!!

Outre la décoration du café très colorée avec un petit esprit sud américain, nous avons une superbe vue sur le volcan Inerie …enfin lorsqu’il est dégagé!!!

L’Inierie est un stratovolcan d’Indonésie situé sur l’île de Florès. Culminant à 2 245 mètres d’altitude1, il est situé à proximité du village de Bajawa.

Comme on un peu de temps on décide d »aller au village de Gurusina …la dernière fois que je m’y étais rendue …il n’y avait plus que 2 maisons …le village entier ayant brulé à cause d’un court circuit électrique… Je suis contente de voir que le village a été complètement reconstruit et compte tenu de la météo désastreuse …il ne risque rien aujourd’hui !!!

On se s’attarde pas car il pleut vraiment de trop…les villageois nous déconseillent fortement d’aller jusqu’à Tololela qui était en principe notre prochaine étape car la route est considérée comme très mauvaise même par temps sec… un rituel est prévu dans 2 semaines …nous visiterons ce village à ce moment là en espérant que la météo sera plus clémente !!!

A noter quand même à Gurusina les motifs de bas de porte avec des magnifiques dessins de chevaux. Le cheval est des animaux fétiches des Ngada : il fait partie des motifs favoris que l’on retouve sur les ikats.

On retourne donc à Bena pour le mariage …juste au moment du sacrifice des porcs.

Après que la mère de la mariée ait accepté l’animal …on lui fracasse le crane à la machette …âmes sensibles s’abstenir !!!

Ridwan et moi n’aimons pas voir souffrir les animaux et encore il ne faut pas se plaindre car on a raté l’abattage des buffles qui sont déjà découpés en petit morceaux.

Le sang du porc est recueillis pour être cuit avec du riz…et partagé entre les convives

On nous invite à participer aux agapes mais on refuse poliment …Ridwan parce qu’il est musulman et moi je suis plutôt dégoutée par le carnage …

Pour justifier mes dires sur la cruauté et le manque d’hygiène de l’opération…

Pour terminer la journée sur une note plus gaie on va voir des amis du patron de la guest house qui ont soit disant des sarongs Lawo Butu…

Portées par les femmes uniquement lors des cérémonies les plus sacrées, les jupes somptueusement perlées appelées Lawo Butu du peuple Bajawa de Flores sont des héritages de clan précieux. Une femme aînée portera un Lawo Butu lors d’une cérémonie pour la construction de maisons claniques traditionnelles ou la construction d’un sanctuaire…

Voilà ce sont des sarongs sacrés donc on ne peut pas les montrer à n’importe qui dans n’importe quelle conditions…donc ce que l’on nous montre ce sont les sarongs avant qu’ils soient brodés de perles …donc nettement moins sacrés et nettement moins intéressants…

Ce n’est pas grave car je ne le sais pas encore mais j’aurais l’occasion de me rattraper lorsque nous passerons à Tololela.

Publié le 4 novembre 2022, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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