Indonésie 2022 : Un festival de folie à Tololela !!!

Nous sommes de retour dans la région de Bajawa mais avec une météo nettement plus favorable …

Nous voilà repartis pour les villages traditionnels, en particulier Tololela pour la cérémonie d’inauguration de la maison cérémonielle …

L’unité administrative appelée Ngada Regency, dans la partie orientale de l’ouest de Flores (à l’est de Manggarai), couvre ces jours-ci deux zones culturellement et historiquement distinctes, Ngada propre et Nage-Keo .

À l’époque coloniale, ces deux régions étaient gouvernées par des rajas séparés, avec leurs sièges respectifs à Bajawa et Boawae. La région abrite deux grands volcans, Ebulobo et Inerie, qui dominent le paysage et façonnent le climat. La zone est marquée par de grandes différences d’altitude : les tassements vont du niveau de la mer à près de 2000m , avec des différences concomitantes de température et de végétation. Il est également marqué par une extrême diversité ethnique, causée par des invasions à petite échelle dans les temps préhistoriques des gens venant de loin, et par le « jungly, » terrain montagneux qui, dans le passé, le de fait couvrir plus de quelques milles, une entreprise pénible et dangereux.

En conséquence, il y a tellement de petites entités ethniques, marquées par des coutumes, des dialectes et des produits culturels distincts, qu’elles n’ont même pas été entièrement cartographiées. Le fait que voyager sur Flores peut encore être un défi aide cette situation à persister.
Les caractéristiques du terrain ont également conduit à un isolement assez prononcé de la région, et l’a laissée économiquement en arrière.

La production de tissus à Ngada a été favorisée par le fait que dans les zones basses le coton peut être cultivé, alors que l’indigo pousse bien dans les zones tempérées à des altitudes moyennes. Apparemment le Morinda citrifolia, la source commune de colorant rouge dans l’archipel, ne pousse pas bien ici. Il est certainement rarement utilisé. Dans le temps, l’usage quotidien dans la région du Ngada était un sarong indigo simple et austère – que très peu de gens considèrent comme collectable. Cependant, la région abrite également un type de tissu ikat qui est décoré.

Les textiles ikats traditionnels de la région du Ngada, souvent appelés Bajawa d’après sa capitale, sont connus pour – et recherchés pour – leur apparence étonnamment ‘primitive’. Les décorations sont faites exclusivement avec indigo, les motifs apparaissant en blanc où des liens ont été appliqués à la chaîne. Les motifs les plus typiques et les plus attrayants sont les chevaux, signe de noblesse. Ce qui est remarquable est qu’ils sont exécutés comme des figures de bâton, contrairement à certains dessins de caverne préhistorique.

Les lignes blanches des figures ont tendance à être d’un bleu très pâle, en raison de la pratique Ngada de tremper le tissu dans l’indigo à plusieurs reprises, et pendant si longtemps que certains pigments saignent dans le fil au-delà des liens. Cette teinture concentrée produit un bleu très intense, vu nulle part ailleurs dans l’archipel. L’effet global peut être envoûtant.

La plupart des villages producteurs d’ikat sont situés dans les zones tempérées d’altitude moyenne où la culture indigo est possible. Les plus connus sont Jerebuu et Langa, situés dans une vallée sous le flanc est du volcan Inerie, et Lopijo et Toni, cachés derrière le bord des montagnes qui entourent Bajawa. Ces derniers sont encore très isolés et conservateurs, utilisant toujours le coton indigène et l’indigo uniquement. Les toiles de ces localités sont admirées dans toute la région du Ngada – et de nos jours à New York et à Singapour aussi. Une tradition intéressante dans la région du Ngada veut que dans la jeunesse, on se limite à des tissus simples ou presque, et à mesure que l’on avance en âge, après divers niveaux d’initiation accompagnés de grandes fêtes, on peut commencer à porter des tissus plus complexes et plus prestigieux. Comme l’affirme Roy Hamilton dans Gift of the Cotton Maiden : « Les fêtes les plus coûteuses [comme celles qui exigent l’abattage de buffles] n’étaient accessibles qu’aux couches supérieures de la société, de sorte que les vêtements associés à ces événements étaient essentiellement des marqueurs du statut aristocratique. Aujourd’hui, les informateurs sont réticents à parler de telles distinctions de classes, qui n’ont plus le poids du droit traditionnel, mais il y a toujours un sentiment dans certaines communautés, que les vêtements les plus prestigieux ne conviennent qu’aux personnes de haut rang social. » Après avoir fait un festin impliquant l’abattage de buffless, un homme était en droit de porter des toiles décorées avec des bandes étroites de jara, motifs de chevaux,

La route est effectivement très mauvaise mais lorsque nous arrivons de nombreux villageois sont déjà là avec de multiples paquets en cadeaux…

On nous demande de rester sur la terrasse d’une maison …a priori l’accès au plateau central où a lieu la cérémonie nous est interdit.

Je prend quelques photos et vidéos au téléobjectif mais je piaffe d’impatience de ne pas être au coeur de l’action…

La cérémonie d’ouverture …mais prise au téléobjectif avec mon petit Sony donc une stabilité un peu difficile …désolée

La famille avec qui je partage la terrasse est super sympa …

Un copain Ngada qui sait que j’aime bien être au coeur de l’action vient me trouver et m’explique que le chef du village est d’accord pour que j’aille sur le plateau cérémoniel à condition que je porte les vêtements traditionnels …pas de problèmes !!!

Et en plus mes nouvelles amies sont ravies de m’habiller avec leurs vêtements …

Maintenant que me voilà presque Ngada …on me demande de poser avec les chefs de villages pour la photo officielle …je me croirais au quai d’Orsay …je suis sur un petit nuage !!!

Mais en regardant mieux, je m’aperçois que la femme du chef qui est juste derrière moi porte un Lawo Butu …je suis aux anges !!!

Pour ceux qui ne comprennent pas mon enthousiasme …je dois préciser que le Lawo Butu est le Graal du sarong. Il est sacré et ne peut être porté qu’en certaines circonstances rituelles après souvent un sacrifice d’animaux et une cérémonie spécifique !!!

Portées par les femmes lors des cérémonies les plus sacrées, les jupes richement perlées appelées Lawo Butu du peuple Bajawa de Flores sont des héritages précieux du clan. Une aînée portera un Lawo Butu lors d’une cérémonie pour la construction de maisons de clan traditionnelles ou la construction d’un sanctuaire ancestral .

Après cette première partie de la cérémonie …il est temps de se sustenter …Au choix riz gluant ou pas dans des tubes de bambou …et porc bouilli …enfin plutôt gras de porc bouilli…

Non seulement par solidarité avec Ridwan qui ne mange pas de porc, je m’abstiens car le gras n’a jamais été mon plat préféré ..

On mangera mieux ce soir, c’est tout !!

Finalement cette pause est la bienvenue pour prendre quelques photos …car pendant les danses …je suis obligée de danser aussi ce qui n’est pas cohérent avec ma vocation de photographe …heureusement que les pas ne sont pas trop compliqués …voir les vidéos

La 10eme photo est le tas de viande de porc qui est généreusement distribué aux invités. En fait au fur et à mesure que le temps passe des villageois des villages extérieurs arrive et tout le monde danse y compris les nouveaux arrivants en signe de bienvenue..

l’orchestre recommence à jouer …les hommes dansent avec des gestes virils et guerriers …les femmes sont beaucoup plus gracieuses et portent à la main des guirlandes avec des plumes blanches de poulet…

Certains hommes portent coincé dans leur turban , un bristol blanc dont je n’ai pas réussi à obtenir la signification …

J’arrive à me rapprocher de ma nouvelle copine …celle qui porte le Lawo Butu et je constate que les décorations sont réalisées à l’aide de petites perles de plastique. Il y a en haut un bateau pour rappeler l’origine des ancêtres des Ngada…des formes qui représentent des humains = les ancêtres et de nombreuses étoiles …

Dernière petite visite dans les coulisses avec la cuisine et d’énormes gamelles pour cuire le riz…Il y a de plus en plus de villageois car tous les villages des alentours ont fait le déplacement pour assister à la cérémonie et bénéficier des agapes…

C’est le moment que l’on choisit pour partir avant que la route soit impraticable …

Sur la sortie du village il y a un parking à cochons qui attendent ligotés d’être sacrifiés…Vu comme cela s’est passé à Bena …je suis très contente de partir avant la boucherie!!!

Mais cette journée restera un des temps forts de mon voyage !!!

Publié le 16 novembre 2022, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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