Indonésie 2025 : 1ère étape du voyage de Kupang à Kisar …
Ca y est je suis dans les starting blocks pour rejoindre Kisar …le seul problème est que le seul moyen pour rejoindre cette ile qui est une crotte de mouche perdue dans l’océan …et cela pose pas mal de problèmes : on sait lorsque l’on part mais il existe pas mal d’incertitudes sur la date d’arrivée et encore plus sur la date à laquelle on pourra retrouver un bateau pour continuer notre route …
En tenant compte de ces incertitudes, j’ai pris un visa indonésien de 2 mois en espérant que cele sera suffisant !!!
Nous commençons notre périple à Kupang sur l’ile deTimor …1ère escale à Alor c’est à dire à Kalabahi …cela semple proche sur la carte mais vu que notre bateau était très ancien avec des moteurs en mauvais état (tellement mauvais état qu’un des moteurs ne fonctionnait pas …).
Les voyages en bateau en Indonésie sont l’école de la patience : le 17 mai on est censés partir à 19 heures mais l’équipage nous contacte pour nous demander d’être là avant 17h …on arrive à 16h mais on ne part qu’après 20h …les Indonésiens sont tellement mal organisés que les documents du bateau ne sont pas prêts et cela se reproduira tout le long du voyage…
Notre cabine est riquiqui …elle est prévue pour 4 mais nous avons négocié de l’occuper qu’à deux …la salle de bain est vraiment pourrie mais je m’apercevrai par la suite que c’est la meilleure que nous aurons jusqu’à Ambon.











Mauvaise surprise le matin nous devions arriver à Alor à 8h …mais compte tenu de l’état de notre moteur …notre arrivée est prévue à 13h puis 15 heures et en fait on arrivera à 17h …comme il est prévu d’y rester un certain temps pour essayer de réparer le 2ème moteur ce qui nous laisse 3 heures de battement avant le départ !!!
On se précipite à terre pour commander du poisson grillé …je suis déjà lassée des nouilles lyophilisées.
Selon l’histoire circulant dans la communauté d’Alor, le plus vieux royaume de la Régence d’Alor était le royaume des Abui à l’intérieur des montagnes d’Alor et le royaume des Munaseli à la pointe est de l’île de Pantar. Autrefois, ces deux royaumes étaient impliqués dans une guerre magique. Ils utilisaient des pouvoirs surnaturels pour se détruire mutuellement. Munaseli a envoyé des abeilles à Abui, tandis qu’Abui a envoyé des ouragans et du feu à Munaseli. Cette guerre a finalement été gagnée par Munaseli. On dit que le crâne du roi Abui qui a mené la guerre est encore stocké dans une grotte à Mataru.
Le royaume suivant qui a été établi était le royaume de Pandai situé près du royaume de Munaseli et le royaume de Bunga Bali centré à Alor Besar. Munaseli et Pandai, qui étaient voisins, ont finalement également été impliqués dans une guerre qui a amené Munaseli à demander de l’aide au roi du royaume de Majapahit, considérant qu’il avait précédemment perdu la guerre contre Abui.
Vers le début des années 1300, un détachement de troupes d’aide du royaume de Majapahit est arrivé à Munaseli mais tout ce qu’ils ont trouvé étaient des ruines du royaume de Munaseli, tandis que les habitants avaient fui vers divers endroits à Alor et ses environs. Beaucoup de ces soldats majapahit ont finalement décidé de s’installer à Munaseli, donc il n’est pas surprenant qu’aujourd’hui, beaucoup de gens de Munaseli aient l’air javanais.
L’événement d’envoi de troupes Majapahit à Munaseli est le contexte de la mention de Galiau (Pantar) dans le livre Negarakartagama de Mpu Prapanca qu’il a écrit pendant l’apogée de Majapahit (1367). Le même livre mentionne également Galiau Watang Lema ou les zones côtières des îles. Galiau qui se compose de 5 royaumes, à savoir Kui et Bunga Bali en Alor et Blagar, Pandai et Baranua en Pantar. L’alliance de 5 royaumes sur la côte est considérée comme ayant des relations étroites entre eux, même leurs rois prétendent avoir les mêmes ancêtres.







Très mauvaise nuit dans le bateau car outre Ridwan qui ronfle, il faisait une chaleur caniculaIre dans la cabine : le bateau est resté en plein soleil toute la journée et nous n’avions qu’un petit ventilateur pour nous rafraichir !!!
Le lendemain on arrive à Lirang une petite ile au large de Wetar où on reste plus de 3 heures le temps nécessaire pour décharger le riz destiné à cette ile qui n’en cultive pas…
Un deuxième arrêt est prévu à Wetar à Arwala et là impossible de repartir car on est cantonné au port pendant 3 jours car il y a une alerte de grosses vagues et compte tenu de l’état du bateau …il vaut mieux rester au port…
Du coup comme on peut un peu se promener à terre on essaie de louer une mobylette mais pas question : les villages autour sont réputés dangereux et les villageois ont trop peur que l’on se fasse attaquer et que l’on nous vole la mobylette …
On passe notre temps à faire des aller et retour à pied afin de visiter tous les restaurants (il y en a 2…)du village







Enfin une bonne nouvelle : on appareille le 21 mai et on devrait arriver à Kisar …qui est pour moi le graal du tissage le 23 mai …
Mais pour l’instant on ne bouge pas d’un poil…
Il existe plusieurs langues malayo-polynésiennes endémiques au Wetar et aux îles voisines de Liran et d’Atauro . Appelées wetarese , elles sont l’aputai , l’ili’uun , le perai et le tugun . Il existe également le talur , un dialecte du galoli du Timor oriental. Ces langues sont parlées par de petits groupes d’environ 1 000 personnes chacun. L’ indonésien, langue nationale, et le malais ambonais régional sont couramment utilisés.
La principale activité économique du Wetar est l’agriculture de subsistance , principalement basée sur le sagou . Les carapaces de tortue sont également récoltées et exportées vers des pays où leur commerce n’est pas interdit.










Toujours à Wetar avant le grand départ on trouve dans un des restaurants, un exemple de tissage dit « traditionnel » mais qui ne l’est pas vraiment …le coton est du marché et les couleurs sont synthétiques.









Dans le fond du paysage, sur la 5 ème photo…On voit des éboulis Il s’agit d’une énorme mine de nickel qui emploie beaucoup d’ouvriers des iles environnantes …
On arrive enfin à Kisar à 6 heures du matin dans un homestay qui n’a rien de terrible …Les nouvelles sont mauvaises le prochain bateau arrive cette nuit et sinon il faut attendre plus de 5 jours ce qui risque d’être très long dans cette ile microscopique !!!
On loue une mobylette et on fonce au petit aéroport local qui assure une liaison une fois par semaine avec Saumlaki …mais là c’est encore pire …tout est complet jusqu’au 4 juillet …
Nous avons donc 12 heures pour visiter l’ile et il va falloir faire avec !!! Mais vu la taille de l’ile …c’est très vite fait !!!
On parle à Kisar deux langues qui appartiennent à deux familles différentes : le kisar, qui est une langue austronésienne, et l’oirata, qui est une langue papoue.









On commence la visite par le village de Yahura qui nous montre des tissages en coton classique du marché tels que l’on peut s’en procurer à Kupang …donc rien d’exceptionnel !!!
Dans le village suivant de Lebelau , on fait une belle découverte : un sarong kapas …photo è (coton filé à la main, couleurs naturel, tissage main ) La tisserande en veut 10 millions que je n’ai pas …on se contentera des photos !!!

















Avant dernière photo ci dessus : maison traditionnelle de Kisar
Les motifs du sarong kapas, ci dessous représente des danseuses sur un bateau.












Enfin dans le dernier village à Oirata on tombe sur 3 merveilles qui sont kapas et qui sont vraiment des pièces de musée. La femme ne veut pas les vendre car elle les réserve pour ses enfants et je la comprend …
Les motifs du premier sarong représente des fleurs…





















Le 3ème représente des danseuses avec des fleurs …il s’agit du motif le plus traditionnel de Kisar
Au début du XIXe siècle, la petite île de Kisar était devenue l’île la plus riche de l’archipel du sud-ouest, grâce à sa population industrieuse, son agriculture fertile et sa tradition de commerce interinsulaire. Les meilleurs textiles des îles du Sud-Ouest ont été produits sur Kisar, Leti et Luang ,mais ceux de Kisar étaient les plus fins et n’étaient apparemment concurrencés que par ceux de la petite ville de Luang dans l’archipel de Sermata, à 165 km à l’est de Kisar. La communauté minoritaire de Kisar, parlant oirata, qui vit dans les deux villages d’Oirata Barat et d’Oirata Timur, a produit les meilleurs textiles de tous.
Les textiles Kisar étaient très appréciés et ont été exportés vers de nombreuses îles voisines. Selon Kolff, en 1825, ils étaient exportés vers Leti, Moa, Wetar, Romang et Damar et même plus loin à Tanimbar (Kolff 1840, 257). Presque un siècle plus tard, Jasper et Pirngadie ont identifié les principaux territoires d’exportation comme étant Alor, Wetar, Timor, Moa, Babar, Tanimbar et Aru (Jasper & Pirngadie 1912, 276). Riedel, d’autre part, a constaté que les insulaires commerçaient avec les marchands de Bugis et de Makassar, troquant leurs sarongs, pagaies, ceintures de taille, moutons et chèvres en échange de sarongs de Makassar, lin coloré, et même des patolas (Riedel 1886, 426).
Les tissages de Kisar sont principalement un produit du monde austronésien – les influences étrangères ont été légères. Les premiers dessins ikat ont peut-être été apportés à Kisar, au Timor oriental et peut-être dans d’autres parties des îles de la Sonde par une vague tardive d’immigrants austronésiens du sud de Sulawesi. Ils ne semblent être arrivés qu’il y a environ mille ans, avant cela les habitants de cette région parlaient seulement des dialectes du papuan (Hull 1998,149-53). Ils ont introduit un nouveau style de tubeskirt à deux panneaux, avec un centre étroit rayé en chaîne entouré d’une paire de larges bandes ikat en chaîne composées de motifs carrés, terminés à chaque extrémité par de larges bandes noires unies.
Les premiers dessins ikat ont peut-être été apportés à Kisar, au Timor oriental et peut-être dans d’autres parties des îles de la Sonde par une vague tardive d’immigrants austronésiens du sud de Sulawesi. Ils ne semblent être arrivés qu’il y a environ un millier d’années, avant cela les habitants de cette région parlaient seulement des dialectes du papuan (Hull 1998,149-53). Ils ont introduit un nouveau style de tubeskirt à deux panneaux, avec un centre étroit rayé en chaîne entouré d’une paire de larges bandes ikat en chaîne composées de motifs carrés, terminées à chaque extrémité par de larges bandes noires unies.
Au cours des siècles suivants, il y a eu des échanges réguliers entre Kisar, le Timor oriental, Luang et les autres îles voisines, ce qui a encore influencé les conceptions textiles locales. L’arrivée de quelque 500 immigrants parlant fataluku du Timor oriental en 1721 a probablement injecté de nouveaux motifs dans un répertoire local déjà bien établi. De nombreux motifs trouvés sur les textiles Kisar fabriqués au cours des derniers siècles et demi présentent des similitudes étroites avec ceux trouvés dans la partie extrême-orientale du Timor-Leste. Certains motifs classés comme rou sont des dessins restreints qui, dans le passé, étaient confinés à des familles aristocratiques spécifiques et même aujourd’hui ne peuvent être fabriqués et portés que par un clan ou un domaine spécifique .
Les contributions non asiatiques aux textiles Kisar semblent être minimes, limitées à quelques motifs – l’un provenant de l’Inde et l’autre de l’Espagne des Habsbourg.
Notre courte visite est malheureusement terminée …




Notre nouveau bateau qui est encore un Sabuk est plus petit que le premier et arrive seulement à 3 heures du matin …encore une journée sans dormir !!!
Heureusement on est pistonnés par le chef de la police du port qui nous accompagne jusqu’au bateau pour réquisitionner une cabine …celle du mécano …gros problème il dort au dessus des moteurs qui sont très bruyants …comme cela impossible de dormir et on peut contrôler le ronronnement ou plutôt le rugissement des moteurs !!!
Publié le 27 février 2026, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.










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