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Indonésie 2022 : A la recherche de l’orchidée noire…et premiers contacts avec les Dayak !!

Me voilà repartie à Kalimantan mais cette fois ci du coté est c’est à dire en bahasa : Timur

La partie est de Kalimantan est très industrielle car riche en matières premières …

Le Kalimantan-Oriental est un important producteur pétrolier, et le premier producteur gazier d’Indonésie. L’usine de liquéfaction de gaz naturel de Bontang est la plus grande du monde, avec une capacité de production de 22 millions de tonnes par an de gaz naturel liquéfié (GNL).

La province est aussi un important producteur de charbon, avec la mine de Sangatta, qui produit quelque 17 millions de tonnes par an.

Le problème est que la protection de la nature est inexistante en Indonésie surtout au Kalimantan oriental.

Je m’en aperçois dès le départ : la couleur de la rivière Mahakam est chocolat …de nombreux tankers remplis de charbon sont remorqués lentement sur son cours…de nombreux abattages d’arbres subsiste sur les rives …bref le choc après mon séjour de rêve dans le village traditionnel de Tenganan à Bali.

La rivière Mahakam est la plus grande rivière du Kalimantan oriental, en Indonésie, avec un bassin versant d’environ 77 100 km2

La rivière prend sa source à Cemaru d’où elle coule vers le sud-est, rencontrant la rivière Kedang Pahu dans la ville de Muara Pahu . De là, la rivière coule vers l’est à travers la région des lacs Mahakam, qui est une zone de plaine tropicale plate entourée de tourbières. Trente lacs peu profonds sont situés dans cette zone, qui sont reliés au Mahakam par de petits canaux .

En aval de la connexion avec les lacs Semayang et Melintang, le Mahakam rencontre trois autres affluents principaux – les rivières Belayan, Kedang Kepala et Kedang Rantau – et coule vers le sud-est à travers les affluents du delta de Mahakam, jusqu’au détroit de Makassar.

Pour les conditions de voyage …ce n’est pas la joie non plus !!!

On part de Samarinda et on voyage dans un bateau pourri bien que le moteur soit repeint à neuf : il ne faut pas s’y fier et l’avenir me le confirmera …

C’est soit disant un ferry boat mais il ne prend en charge que les mobylettes…

En attendant …ambiance exodus … la cuisine salle à manger est le petit espace sur la 3ème photo …il faut manger à tour de rôle …essentiellement du riz ou des pates avec des miettes de poulet…

Il est impossible de circuler car tout le monde est vautré n’importe où du moment qu’il y a une place de disponible !!!

Il faut 36 heures pour atteindre notre destination ; Melak…

Burdan mon guide a réussi à me réserver un matelas pas super propre mais vu l’ambiance générale je ne vais pas faire ma chochotte…Pas question de dormir non plus car outre le bruit du moteur il y a des ronfleurs de compétition.

Heureusement je lie connaissance avec un groupe de femmes …elles me font rire car elles me demandent si je n’ai pas peur de voyager seule dans un pays musulman…on se raconte nos vies …la leur n’a rien d’enthousiasmant…

J’arrive à remettre la main sur Burdan et obtient de passer la nuit à terre …

On atterri dans un petit village qu’il faut traverser à pied à une heure du matin mais la perspective de quitter ce bateau est vraiment réjouissante.

Malheureusement notre homestay est entouré de maisons d’élevage d’hirondelles enfin plus particulièrement pour obtenir des nids d’hirondelles qui se vendent à prix d’or à Singapour …il y en a absolument partout. Les propriétaires passent des enregistrements de pépiements d’hirondelles pour attirer leurs congénères …Evidemment ils ne les arrêtent pas la nuit, car ils ne les entendent même plus …nous si !!!

Mais à la fin du voyage je ne les entendrais plus non plus !!!

Le matin nous partons vers Melak dans une petite barque : nettement plus rapide et plus sympa!!.

On navigue dans le brouillard mais comme le paysage n’a rien de très intéressant ( installations minières, péniches remplies de charbon… villages flottants ou sur pilotis …cela n’a aucune importance …

On arrive à Melak et je déguste un soto ayam (soupe de poulet) qui sera le meilleur du voyage …Immédiatement après on pars en voiture jusqu’à un parc national de Kersik Luway où on est censés découvrir la fameuse orchidée noire …

En fait ce n’est pas la saison de sa floraison …j’admire de de magnifiques specimens de plantes carnivores et quelques feuilles de la fameuse orchidée .

La deuxième photo est celle d’une orchidée noire prête à fleurir mais seulement dans une semaine … Heureusement Burdan me passe quelques photos de la chose qu’il avait fait lors d’un précédent voyage !!!

Les orchidées noires ou Coelogyne Pandurata fleurissent approximativement entre Mars et Août. Le temps de floraison est court, mais les fleurs sont vraiment impressionnantes en pleine floraison. Il peut y avoir jusqu’à 15 fleurs sur un terminal, et vous ne pouvez pas confondre cette fleur avec une autre en raison de sa coloration spécifique. Les pétales vert clair sont attachés à une colonne noire et verte, rappelant un mystérieux papillon exotique.

On peut trouver des orchidées noires dans plusieurs parcs du Kalimantan, mais la plus grande densité se trouve dans la réserve naturelle de Kersik Luway.

Je me prépare ensuite à visiter le village Dayak de Eheng qui est un village Benuaq Dayak.

Les Dayak (ou Daya) sont un peuple indigène de l’île de Bornéo, partagée entre l’Indonésie et la Malaisie, ainsi que de l’île de Sumatra et de l’île des Célèbes.

Cette population est divisée en environ 450 groupes ethniques. Parmi les groupements Dayak les plus importants, on peut citer les Kayan et les Kenyah, du centre et de l’est de Bornéo, les Ngadju du sud de Bornéo, les Dayak du sud-ouest de l’île, les Iban ou Dayak, de la mer à Sarawak. Au début du xxie siècle, le nombre des Dayak de Bornéo serait de plus de 4 millions.

Dans l’ethnologie de l’époque coloniale, les Dayak étaient classés comme « proto-malais » (aux côtés des Batak et des Toraja) censés appartenir à une première vague de peuplement qui aurait précédé les peuples du littoral, parmi lesquels les Malais et les Javanais, qualifiés alors de « deutéro-malais ». Aujourd’hui, cette interprétation est caduque. En fait, les Dayaks ne se distinguent de leurs cousins du littoral (souvent eux-mêmes d’anciens Dayaks, alors même que bien des groupes Dayak descendent à leur tour d’anciens marins s’étant établis tardivement à l’intérieur des terres) que par une moindre acculturation étrangère, en particulier par rapport à l’islam.

Beaucoup de changements ont été effectués en 20 ans, ils ne vivent plus en autarcie. Attirés par la modernité, les jeunes Dayaks se désintéressent de plus en plus de leur culture, tandis que les anciens sont nostalgiques. Les religions chrétiennes et musulmanes ont détruit la culture des ethnies ce qui entraîne un bouleversement économique, alors que des ethnologues travaillent encore pour conserver vie et souvenirs et pour protéger l’artisanat local moyen d’intégration, sans dévaster les forêts.

Dans le folklore touristique, les Dayak passaient volontiers pour de redoutables « chasseurs de têtes », en raison d’anciennes coutumes de décapitation des ennemis vaincus. Ils avaient également la réputation de faire des coupes à boire dans des crânes merveilleusement ciselés.

Mais de nos jours, les peuples « Dayak » regroupent en partie des minorités ethniques fortement christianisées, souvent de confession protestante. Une minorité d’entre eux préféra cependant se convertir à l’islam, sans pour autant renier leur identité Dayak. Certains croient encore en des esprits (croyances animistes) et ont remplacé les lourds anneaux aux bras, aux jambes et aux oreilles des coutumes sociales du xixe siècle par d’autres ornements comme des bigoudis.

Cependant en occident nous avons peu entendu parler d’un évènement relativement récent et sanglant impliquant la communauté Dayak.

Le conflit de Sampit a été une flambée de violence inter ethnique en Indonésie , commençant en février 2001 et durant toute l’année. Le conflit a commencé dans la ville de Sampit , dans le Kalimantan central , et s’est propagé dans toute la province, y compris la capitale Palangkaraya . Le conflit a eu lieu entre le peuple indigène Dayak et le peuple migrant Madurais de l’île de Madura au large de Java .

La violence a éclaté pour la première fois le 18 février 2001, lorsque deux Madurais ont été attaqués par un certain nombre de Dayak à Sampit. Le conflit a fait plus de 500 morts, avec plus de 100 000 Madurais déplacés de leurs foyers. Des centaines de Madurese ont également été décapités par les Dayak.

Le conflit de Sampit en 2001 n’était pas un incident isolé, car il y avait déjà eu des incidents de violence entre les Dayak et les Madurais. Le dernier conflit majeur s’est produit entre décembre 1996 et janvier 1997 et a fait plus de 600 morts.

Les Madurais sont arrivés pour la première fois à Bornéo en 1930 dans le cadre du programme de transmigration lancé par l’administration coloniale néerlandaise et poursuivi par le gouvernement indonésien. En 1999, les Malais et les Dayak du Kalimantan ont uni leurs forces pour persécuter et massacrer les Madurais pendant le conflit des Sambas. Les Madurais ont été mutilés et violés, et 3 000 ont été tués dans les massacres, le gouvernement indonésien faisant peu pour arrêter la violence.

En 2000, les transmigrants représentaient 21 % de la population du Kalimantan central. Les Dayak sont entrés en concurrence avec les Madurais très visibles et industrieux, et dans des endroits comme Sampit, les Madurais ont rapidement dominé les secteurs de bas niveau de l’économie, ce qui a affecté négativement les perspectives d’emploi des Dayak. De plus, de nouvelles lois avaient permis aux Madurais d’assumer le contrôle de nombreuses industries commerciales dans la province, telles que l’exploitation forestière, l’exploitation minière et les plantations.

Il existe un certain nombre d’histoires décrivant prétendument l’incident qui a déclenché la violence en 2001. Une version prétend qu’il a été causé par un incendie criminel contre une maison Dayak. Des rumeurs se sont répandues selon lesquelles l’incendie avait été causé par les Madurais, et plus tard, un groupe de Dayak a commencé à incendier des maisons dans un quartier de Madurais.

Le professeur Usop de l’Association du peuple Dayak affirme que les massacres par les Dayak étaient en état de légitime défense, après que les Dayak aient été attaqués. Il a été affirmé qu’un Dayak avait été torturé et tué par un gang de Madurais à la suite d’une dispute de jeu dans le village voisin de Kerengpangi le 17 décembre 2000.

Une autre version affirme que le conflit a commencé par une bagarre entre élèves de races différentes dans la même école.

Au moins 300 Madurais ont été décapités par les Dayak pendant le conflit. Les Dayak ont ​​une longue histoire dans la pratique rituelle de la chasse aux têtes , bien que l’on pense que cette pratique s’est progressivement éteinte au début du XXe siècle, car elle a été découragée par les dirigeants coloniaux néerlandais .

L’ampleur du massacre et l’intensité de l’agression ont rendu difficile pour l’ armée et la police le contrôle de la situation dans le Kalimantan central. Des renforts ont été envoyés pour aider le personnel militaire existant dans la province. Le 18 février, les Dayak ont ​​pris le contrôle de Sampit.

La police a arrêté un responsable local soupçonné d’avoir été l’un des cerveaux derrière les attaques. Les cerveaux sont soupçonnés d’avoir payé six hommes pour provoquer l’émeute à Sampit. La police a également arrêté un certain nombre d’émeutiers Dayak après la première série de meurtres.

Quelques jours plus tard, le 21 février, des milliers de Dayak ont ​​encerclé un poste de police à Palangkaraya pour exiger la libération des détenus Dayak. La police indonésienne a succombé à cette demande étant donné qu’elle était largement dépassée en nombre par les Dayak agressifs. Le 28 février, l’armée indonésienne avait réussi à dégager les Dayak des rues et à rétablir l’ordre, mais des violences sporadiques se sont poursuivies tout au long de l’année.

Tout cela pour dire qu’il faut se méfier de l’eau qui dort…

En tout cas pas de problèmes de ce type dans le village de Eheng où les habitants vivent toujours dans une maison longue.

Une maison longue Dayak n’est pas seulement le point focal d’un village : c’est le village. Ces structures imposantes, parfois plus de 200 mètres de long, peuvent contenir des dizaines d’appartements familiaux séparés, et des espaces publics pour la cuisine, la forge, les cérémonies et la vie sociale.

Dans la galerie communautaire des femmes discutent mais pas de tissages traditionnels alors que c’est une des spécialité des Benuaq. Elles fabriquent des paniers qui n’ont rien de sensationnel. Heureusement nous sommes invités par un charmant monsieur à visiter son appartement dans la maison longue…

Il s’agit d’une longue enfilade de pièces en commençant par les chambres à coucher et en terminant par la cuisine et une arrière cour où on trouve quelques poulets. C’est étonnamment bien rangé.

Le foyer est installé sur un bas flanc en pierre.

Dans la maison d’à coté on est en train de mener une cérémonie de guérison avec 2 chamans femmes . On ne voit pas grand chose et on ne souhaite pads perturber la cérémonie donc notre nouvel ami nous invite à visiter le cimetière.

Les tombes des chefs ont plus de 100 ans et sont fabriquées en bois de fer imputrescible. Elles sont construites sur pilotis comme toutes les constructions car les inondations sont fréquentes. Ces cercueils sont richement décorés avec des motifs qui évoquent la nature et des animaux mythiques symboles de pouvoir !!!

Tous les 2 ans en janvier on ouvre les cercueils pour laver les ossements, ce qui rappelle ce qui est effectué chez les Toraja …au mois d’aout on sort les momies des cercueils, on change leurs vêtements, on fait des selfies ce qui n’est pas très respectueux …je rejoint l’avis des Dayak.

Je reste un peu dubitative lorsque je vois l’état des échelles pour monter ou descendre des la maison longue …les statues sont des hommages à des personnes décédées …photos sympas avec les enfants Dayak habitant dans la maison longue .

Ensuite c’est la catastrophe car on est censés aller admirer une cascade mais rien n’a été entretenu pendant la période du Covid et tout est dans un état déplorable.

On finit par abandonner pour ne pas prendre le risque d’avoir un accident …d’autres aventures nous attendent !!!

Indonésie 2022 : incroyable combat avec les pandanus

le Perang pandan (lit. bataille de pandan) est une tradition balinaise de combat rituel avec des massues en pandan ( Pandanus amaryllifolius ). Il est connu dans la langue balinaise sous le nom de mageret pandan ou makare-kare .

Le perang pandan est pratiqué par la population Bali Aga du village de Tenganan dans la régence de Karangasem , en Indonésie . Les habitants de Tenganan sont des dévots de la divinité Indra . Pour honorer Indra en tant que dieu guerrier, de nombreuses grandes fêtes religieuses à Tenganan impliquent une bataille rituelle.

Les Bali Aga , Baliaga ou Bali Mula sont le peuple indigène de Bali , principalement situé dans la partie orientale de l’île, à Karangasem . Ils peuvent également être trouvés dans les régions du nord-ouest et du centre. Les Bali Aga, appelés Bali Pergunungan (montagne balinaise), sont ceux qui se trouvent dans le village de Trunyan . Pour le peuple Trunyan Bali Aga, le terme Bali Aga (balinais des montagnes) est considéré comme une insulte avec une signification supplémentaire de «les montagnards qui sont des imbéciles»; par conséquent, ils préfèrent le terme Bali Mula ( allumébalinais d’origine) à la place.

Les scènes de lutte prêtent parfois à confusion et ressemblent parfois à des scènes d’effusion !!!

Les premiers habitants de Bali seraient venus du village de Bedulu bien avant la vague d’immigration hindoue-javanaise. La légende veut qu’y ait vécu le dernier roi du Pejeng (un ancien royaume balinais), Sri Aji Asura Bumibanten , qui avait des pouvoirs surnaturels. Il pouvait se couper la tête sans ressentir de douleur et la remettre en place.

Un jour, cependant, sa tête est tombée accidentellement dans une rivière et a été emportée. Un de ses serviteurs pris de panique décida de décapiter rapidement un cochon et de remplacer la tête du roi par la tête de l’animal. Embarrassé, le roi se cacha dans une haute tour, refusant tout visiteur. Un petit enfant a découvert le secret et depuis lors, le roi est devenu connu sous le nom de Dalem Bedulu, ou Celui-qui-a-changé-de-tête. Une autre explication est que le nom vient du nom Badahulu ou « le village en amont ». Après le royaume de Pejeng, l’empire de Majapahit est monté au pouvoir.

Les Bali Aga vivent dans des zones isolées dans les montagnes. Leur isolement relatif par rapport aux balinais des basses terres avait préservé une partie de l’élément austronésien d’origine, apparent dans l’ architecture Bali Aga .

La tradition du mageret pandan proviendrait de la mythologie hindoue sur le roi Maya Denawa et Indra . Le roi Maya Denawa s’est affirmé comme un dieu supérieur à tout le panthéon hindou. Il a interdit au peuple d’accomplir leurs cérémonies religieuses, ce qui a provoqué la colère des dieux. Indra lui-même a combattu et vaincu Maya Denawa pour son blasphème, et leur bataille a été commémorée par le rituel du mageret pandan.

Comme tout le monde frotte le dos de son adversaire avec les cactus …la peau devient très irritée, voire saigne …mais il s’agit d’une offrande pour les dieux !!!

Indra (devanagari: इन्द्र) est le roi des dieux, et Seigneur du Ciel dans la mythologie védique de l’Inde ancienne. Il est originellement issu du dieu indo-européen de la guerre et de l’orage.

Indra apparaît comme l’une des principales divinités dans le Rig-veda. Il est en particulier célébré comme le meurtrier de Vṛtrá et tient une place centrale dans le sacrifice du Soma. Il est qualifié de nombreuses épithètes, notamment vṛṣan le taureau, et Vṛtrahan, meurtrier de Vritra, le rétenteur des eaux célestes. Dans la religion zoroastrienne de l’Iran ancien, Indra est présenté comme faisant partie des « archidémons ».

Au sein du védisme ancien, en tant que dieu guerrier, sa puissance se manifeste dans la fonction guerrière des kshatriyas. Son pouvoir illimité de vainqueur invaincu lui permet d’être un des Ādityas. Un compagnonnage guerrier, les Maruts, comparable à celui qui entoure le dieu nordique Odin, l’accompagne. Divinité guerrière et seigneur de ses hommes, sa puissance est celle d’un général d’armée, d’un taureau géniteur, d’un ami généreux.

L’avènement de l’hindouisme transforme ce dieu tutélaire des Aryas en roi des devas, puis en roitelet supplanté par Vishnou et Shiva. L’iconographie le réduit à un personnage anthropomorphe qui chevauche l’éléphant Airāvata.

Les combats font rage que les jeunes filles regardent en souriant …

Chez les Tenganan, le mageret pandan fait partie d’une cérémonie d’un mois appelée  » Usabha Sambah « , un rituel pour honorer les dieux, en particulier Indra, et aussi pour honorer les ancêtres, qui a lieu chaque sasih Kalima – le cinquième mois du calendrier balinais autour de Juin. [ citation nécessaire ] L’arme utilisée est une massue de 15 cm faite en attachant 10 à 15 feuilles de pandan ensemble. Chacune des feuilles est bordée de petites épines acérées. Le bouclier est un bouclier en rotin . Les techniques sont principalement des frappes oscillantes, mais les concurrents ont recours à se gratter lors des combats. Les participants s’affrontent torse nu, vêtus seulement d’un sarong ( kamen ) et d’une coiffe traditionnelle ( udeng). Selon la tradition, le perang pandan est obligatoire pour les hommes Tenganan. Pour les jeunes, il sert de rite de passage à la virilité ; des enfants aussi jeunes que sept ans ont participé.

Le sang versé lors de ce rituel était censé être une offrande pour apaiser les dieux. Les blessures subies par les participants ont été cicatrisées à l’aide d’ onguents traditionnels , fabriqués à partir d’un mélange d’ arak , de curcuma , de galanga et d’autres épices. Un homme vêtu de noir circule entre les combattants et leur applique généreusement une pommade de couleur jaune …

Il y a même des combattants très jeunes qui participent au combat …

Le temps passant, les choses deviennent de plus en plus confuses : plusieurs combats se déroulent simultanément !!!

Le sol est couvert de tronçons de feuilles de pandanus dont les épines ne doivent pas être super agréables pour les pieds !!!

A la fin, mon ami Nyoman qui est le chef du village combat également …l’issue du combat n’est pas très claire mais les 2 combattants se quittent bons amis !!

Toujours au coeur de l’action …le combat comme si vous y étiez

C’est la fin de la cérémonie de cette incroyable journée …Les jeunes filles se prêtent gentiment aux photos

L’année prochaine j’essaierai d’assister au cycle complet des rites de la cérémonie Usaba Sambah car c’est vraiment magnifique !!!

Indonésie 2022 : Danse des garçons avant le combat !!!

Nous sommes le 15 juillet qui est la journée culminante de cette série de cérémonies…

La journée commence par une danse des garçons qui pour cette occasion sont vêtus de tissus gerinsing qui ont des vertus magiques. Ils portent à la main des offrandes tissées en feuilles de palmes pour honorer les dieux et s’attirer leurs bonnes graces…

La danse des garçons …

La danse finie …un moment de calme permet aux astrologues de faire un peu de business et aux prêtres d’organiser une bénédiction supplémentaire…

Mais le moment le plus intéressant est la préparation des filles : maquillées, habillées et surtout coiffées avec cette composition extraordinaire de fleurs naturelles et fleurs en métal doré !!!

Des spécialistes du maquillage embauchées spécialement pour cette occasion, sont à l’oeuvre pour rendre ces jeunes femmes encore plus belles !!!

Sinon par ailleurs tout le monde est occupé : on se restaure, on prépare les massues de pandanus, on prie, on joue à des jeux de hasard….

Les jeunes filles commencent à faire leur apparition pour se faire admirer …les femmes continuent d’apporter des offrandes jusqu’aux temples …

Mais pendant ce temps là… les nouveaux « hommes » se sont rhabillés et ont revêtu leurs costumes très compliqués pour se rendre dans l’autel central de Tenganan.

C’est maintenant au tour de ces splendides jeunes filles de se rendre également dans le temple principal !!!

Hé bien maintenant tout est presque prêt pour le combat…Les jeunes filles sont à l’intérieur du temple …les nouveaux « hommes font 3 fois le tour du temple , suivis par le club des hommes actuels !!!

Une dernière bénédiction avant l’action…celle du terrain, celle des arbitres !!!

Les boucliers en rotin tressé sont disposés sur le terrain…

Quelques « nouveaux hommes » défilent avec une feuille de pandanus complète pour annoncer le début du combat …

Le terrain est nickel et de part et d’autre les combattants piaffent et s’interpellent avant le début du combat !!!

Le combat va commencer …voir le prochain post !!!

Indonésie 2022 : les filles sur la balançoire …

Les filles sont pratiquement prêtes pour la balançoire et franchement je ne les envie pas… Elles portes un bustier fait avec un gerinsing reproduisant un motif de Patola..

Le gerinsing est un tissu magique censé protéger son propriétaire et à mon avis c’est loin d’être inutile …

Les femmes apportent des plateaux d’offrandes impressionnant …les plus chargés sont ceux qui comportent un pied et sont garnis de fruits. Les jolies boites décorées sont plutôt remplies de gateaux très sucrés …

Les jeunes princes sont de retour …en grande tenue !!!

Beaux tatouages chez certains hommes …dommage qu’ils soient un peu enrobés mais ici on se nourrit beaucoup avec du cochon roti (délicieux) et surtout pas avec de la vache qui est sacrée pour les hindous.

On s’arrête pour une n ième bénédiction avant l’utilisation des balançoires mais celle ci n’est peut être pas de trop !!!

Ca y est le moment tant attendu est arrivé !!!

Cette balançoire par sa rotation évoque le cycle de la vie …la rotation des astres : soleil, lune, étoiles…en complète harmonie.

Nos « nouveaux hommes » grimpent comme ils peuvent sur les piliers de la balançoire : entre leur traine et leur imposant couvre chef ce n’est vraiment pas facile…

Les jeunes filles s’installent comme elles peuvent sur des sièges qui ne sont en fait que d’étroites barres latérales qui n’ont rien de comfortable…les jeunes hommes font tourner la balançoire jusqu’à ce que toutes les jeunes filles soient installées …et ensuite accélèrent la vitesse de rotation.

Les grincements de la balançoire et les cris de la foule sont éprouvants pour les oreilles !!!

Les filles rient aux éclats …moi je ne voudrais pas être à leur place…

Les hommes qui constituent le service de sécurité du village portent de magnifiques kris.

Un kris est une dague traditionnelle balinaise, parfois de forme ondulée, souvent droite. Aujourd’hui les kris ne sont portés que lors d’une danse ou lors des cérémonies de grande importance. Lorsque les hollandais ont envahis l’Indonésie avec leurs fusils et armes modernes, le kris a démontré son inutilité en tant qu’arme. Mais le kris n’a jamais été considéré comme une simple arme. C’était un objet rempli du pouvoir mystérieux de l’acier et des secrets de sa fabrication.

Tout l’art, la magie, consistait à transformer du fer forgé en acier résistant. Un kris fait de fer forgé n’aurait pas été meilleur qu’une arme de l’Age de Bronze. Fabriquer de l’acier avant l’âge technologique relevait d’une haute habileté qui n’était pas donnée à tout le monde. C’est pourquoi les forgerons capables de fabriquer un kris ont toujours été considérés comme des personnes très importantes.

La société balinaise est hautement influencée par la numérologie et le symbole des nombres. Le kris ne fait pas exception. Les pouvoirs magiques d’un kris résultent de la relation numérique qui existe entre les proportions de la lame et celle de la main de l’utilisateur. Posséder un kris aux mauvaises dimensions peut apporter beaucoup d’ennuis.

Il existe plusieurs façons de mesurer un kris pour déterminer ses caractéristiques. La façon la plus courante est tout simplement le rapport entre la longueur de la lame et sa largeur. Les balinais utilisent généralement un morceau de busung, feuille de jeune noix de coco, pour mesurer la lame et la largeur d’un kris. Le busung est d’abord coupé à la même longueur que la lame, puis plié en deux. Ceci détermine le point central de la longueur de la lame. Le busung est ensuite plié comme un accordéon, chaque pli correspondant à la largeur de la lame à son point central. Cette unité de mesure est appelée lumbang rai. Les caractéristiques d’un kris sont déterminées à partir du nombre de ces lumbang rai. Seuls les kris d’une longueur de 13, 14 ou 15 rai apportent bonheur, paix et chance à leur propriétaire. Les kris plus longs ou plus courts apportent malheur ou peuvent être dangereux pour ceux qui les possèdent, bien que certains peuvent être bénéfiques seulement si ils sont conservés au domicile et jamais utilisés à l’extérieur.

Une autre façon consiste à mesurer le kris avec la largeur du pouce du propriétaire. Celui-ci place son pouce droit en travers de la lame à partir de la poignée. Il place ensuite son pouce gauche à côté, puis à nouveau son pouce droit et son gauche, ainsi de suite jusqu’à arriver au bout de la lame. Le nombre de pouces nécessaires déterminera qui peut porter la lame : un marchand, un soldat, un subordonné du roi…

Les fabricants de kris étaient considérés comme des personnes vraiment importantes, pas seulement parce qu’ils fournissaient des armes de guerre mais aussi parce qu’ils possédaient les savoirs et pouvoirs magiques nécessaires pour produire ces puissants objets. Ainsi ils formaient un clan à part, le clan des pandes. Traditionnellement les pandes n’accepteront jamais de l’eau bénite de la part d’un pedanda, prêtre balinais. Ils ont leurs propres temples, leurs propres prêtres et ils considèrent Brahma, le dieu associé au feu (leur principal outil), comme le dieu supérieur.

Le forgeron pande doit pratiquer une série de rituels élaborés et d’interdictions si il veut fabriquer un kris puissant. Il doit travailler seulement les jours propices. Il doit faire des offrandes au kris tous les jours. Lui ou un autre prêtre doit donner symboliquement vie au kris une fois celui-ci achevé. Le kris doit être traité avec grand respect. Les kris particulièrement puissants sont gardés dans des sanctuaires spéciaux du temple familial et ne sont portés que lors des cérémonies. Certains propriétaires n’accepteront jamais que leur kris soit touché par quelqu’un d’autre. Et il est mal élevé de demander à quelqu’un de voir le kris qu’il porte.

Une offrande spéciale doit être faite au kris chaque année du calendrier balinais, le jour appelé Tumpek Landep. Les visiteurs de passage à Bali verront sans aucun doute automobiles, camions, bus et motos décorés d’offrandes le jour de Tumpek Landep car lors de cette journée une offrande doit être faite à chaque arme faite d’acier et la voiture est considérée ici (avec réalisme) comme une arme.

Une balançoire pour l’événement de la tradition Usaba Sambah a été préparée 15 jours avant sa tenue. Les femmes qui montent sur des balançoires doivent porter des vêtements Gringsing. Le tissu est un symbole de sécurité. Tandis que Gringsing vient d’un mot qui signifie « pas malade ». Une fois que la balançoire est nettoyée et que chaque citoyen qui suit la procession porte des vêtements de cérémonie traditionnels, la tradition est prête à avoir lieu.

La balançoire effectue six fois la rotation, trois fois vers le nord et vice versa, également 3 fois vers le sud . Il y a 2 balançoires installées à 2 endroits dans le village. Chaque balançoire comporte 8 sièges, y compris en haut, en bas, à l’avant et à l’arrière. Chacune de ces sections dispose de 2 sièges. La balançoire est faite de bois spécial. Cela signifie que les installations utilisées ont été transmises de génération en génération. Le bois utilisé est du bois de cempaka qui a été purifié. Ce qui ne me rassure pas complètement sur leur solidité !!

Une balançoire pour l’événement de la tradition Usaba Sambah a été préparée 15 jours avant sa tenue. Les femmes qui montent sur des balançoires doivent porter des vêtements Geringsing. Le tissu est un symbole de sécurité. Tandis que Geringsing vient d’un mot qui signifie « pas malade ». Une fois que la balançoire est nettoyée et que chaque citoyen qui suit la procession porte des vêtements de cérémonie traditionnels, la tradition est prête à avoir lieu.

Le moyen de purifier la balançoire a également été déterminé, à savoir damar sentir . Le processus de lavage de la balançoire dure environ trente minutes. Les lanternes ou le mastic sont placés sur une balançoire puis tournés. La purification de la balançoire est effectuée la nuit. À la fin de l’événement, il y a une procession de lancer de la nourriture faites de Krama Duluan et Krama Teben.

Des questions symboliques entourent cette procession. Une balançoire à plusieurs places illustre le symbole de la vie. La balançoire tourne comme la roue de la vie. La roue de la vie roule au-delà des positions au-dessus et au-dessous. Parce qu’il passe par une variété d’expériences, le symbole décrit reflète diverses positions dans la vie. Quand c’est en haut, il faut réfléchir quand c’est en bas il faut agir, et vice versa.

Après cette « épreuve » et une nouvelle bénédiction, les jeunes filles sont invitées à nous présenter quelques danses extrêmement gracieuses. Les toutes petites filles essaient de les imiter : la relève est assurée.

Les danses …

Un tatouage particulièrement impressionnant : Ganesh du coté face et une scène du Ramayana du cpté pile …

Quelle journée et à priori demain sera encore plus fort !!!

Indonésie 2022 : Le début des festivités à Tenganan

J’ai la chance d’être invitée par mon ami Nyoman Puri chef du village de Tenganan pour les cérémonies relatives au passage des adolescents à l’âge adulte !!!

Usaba Sambah est un rituel suivi par les jeunes hommes et femmes qui sont entrés dans l’âge adulte. Cette tradition se déroule pendant un mois entier avec une série d’événements.

Pendant la cérémonie Usaba Sambah, la communauté Tenganan Pegringsingan a organisé une guerre avec des feuilles de Pandanus.

Tenganan est un îlot d’authenticité à Bali qui est malheureusement une île beaucoup trop touristique !!

Réputé pour son art du tissage et ses cérémonies traditionnelles , Tenganan est l’un des villages les plus anciens et conservateurs de Bali.

Pour cette occasion, les jeunes hommes sont habillés, décorés et maquillés comme des princes et seront célébrés comme tels par tout le village !!!

Situé dans le district de Karangasem , Tenganan fait partie des rares villages où l’on peut encore rencontrer les Bali Aga. Descendants des premiers habitants de l’île, ils perpétuent encore des traditions ancestrales et sauvées de l’oubli. Ce peuple était là bien avant l’arrivée des habitants du royaume Majapahit de Java.

On mentionne pour la première fois le nom du village en 1926, lorsque l’ administrateur hollandais V. Korn eut pour mission de répertorier l’ensemble des traditions balinaises existantes. Le but restait de convaincre les habitants du bien fondé des lois coloniales néerlandaises , qui selon lui, n’étaient pas en contradiction avec leurs coutumes. Cette entreprise de recherche avait également pour objectif de démontrer aux Balinais que leur culture n’était pas seulement issue d’ influences hindoues ou sanskrites mais qu’elle comportait aussi des traits organisationnels propres aux premiers habitants de l’île.

Les jeunes hommes pour cette occasion sont habillés avec des gerinsing tissus réalisés en double ikat qui ont la propriété d’être magiques et de protéger son possesseur et sa maisonnée…

Ces jeunes « princes » sont appelés terunas et doivent prier avant la suite de la cérémonie.

Une célèbre légende raconte ainsi de quelle manière les habitants de Tenganan obtinrent leurs terres. Dans le centre de Bali vivait un puissant roi qui adorait les chevaux. Un jour, son cheval préféré réussit à s’échapper et, très affecté par cette perte, le roi envoya des hommes de chaque village pour le retrouver. Ce furent ceux de Tenganan qui finirent par le découvrir. Hélas, le cheval était déjà mort. Toutefois, afin d’exprimer sa reconnaissance, le roi offrit à ces hommes la récompense de leur choix. Le chef du village demanda simplement d’obtenir la surface de terrain imprégnée de l’odeur du cheval mort. Le roi accepta la requête, et ordonna à un messager, doté d’un odorat très fin, de délimiter cette propriété. Ils parcoururent de longues distances, mais où qu’ils aillent, l’odeur semblait les poursuivre. Au final, le messager, ne pouvant aller plus loin, déclara que la terre parcourue était suffisamment vaste pour contenter les habitants de Tenganan. Quand le messager fut parti, le chef sortit un morceau de carcasse du cheval mort de ses vêtements. Voilà de quelle façon ce peuple gagna son village.

C’est un lieu unique en son genre disposant de sa propre tradition architecturale, son propre système de parenté et d’administration, sa propre religion, sa propre danse et sa propre musique. Tenganan est aussi réputé pour son art du tissage, connu sous le nom de geringsing. Selon une croyance locale, le tissus qui résulte de leur technique possède une force magique et protège celle ou celui qui le porte.

Geringsing est un textile Tenun créé par la méthode du double ikat dans le village Bali Aga de Tenganan Pegeringsingan à Bali . Cette technique exigeante n’est pratiquée que dans certaines parties de l’Inde, du Japon et de l’Indonésie. En Indonésie, il est confiné au village de Tenganan.
Selon l’expert textile John Guy, « l’ascendance du geringsing balinais est loin d’être claire, bien que certaines étoffes affichent l’influence indubitable de la patola « , les doubles ikats en soie produits au Gujarat au plus fort du commerce des épices (16-17 s. ).

Beaucoup de ces tissus importés sont devenus l’inspiration pour les textiles fabriqués localement plus tard, mais une théorie veut que les tissus fabriqués à la balinaise ont été exportés vers l’Inde et copiés là-bas pour être produits sur les marchés asiatiques. Beaucoup ont des motifs hindous uniques tels qu’une vue à vol d’oiseau d’un mandala avec un centre sacré à partir duquel tout rayonne. D’autres présentent des dessins clairement inspirés de la patola , par exemple un dessin connu sous le nom de fleur de frangipanier (Jepun ). La palette de geringsing est généralement rouge, neutre et noire. Les geringsing sont considérés comme des tissus sacrés, « aux propriétés surnaturelles attribuées, en particulier pour aider à des formes de guérison, y compris l’exorcisme ». Gering signifie maladie et sing signifie non.

L’après midi comporte l’utilisation de la balançoire traditionnelle que les villageois viennent de finir de monter. Les « nouveaux » hommes devront la manoeuvrer pour « balancer » les jeunes filles …

J’émet quelques réserves sur la sécurité de l’opération … Mon ami Nyoman grimpe prestement en haut de la balançoire pour me prouver que tout fonctionne !!!

Je n’ai qu’à m’incliner …

En début d’après midi les jeunes hommes s’habillent de leur plus belle tenue qui comprend bien sur une partie geringsing, un costume blanc avec une longue traine (ce sont des princes…) mais surtout un couvre chef doré comportant de nombreuses fleurs et ornements sophistiqués.

Quelques portraits des princes …

Tout le monde est réuni dans l’un des principaux temples du village pour une nouvelle bénédiction…avant de partir en procession en compagnie des jeunes filles du village qui vont bénéficier de la balançoire !!!

Le défilé des garçons …come si vous y étiez…pardon pour la qualité pas terrible !!

Les offrandes préparées par les femmes sont impressionnantes …et il faudra les déguster à la maison ce soir en famille …

Mais la journée est encore loin d’être finie …suite dans le prochain post !!!

Indonésie 2022 : Une crémation spectaculaire à Bali

Hier en passant à Sanur pour saluer mon amie Made, j’ai appris qu’une importante crémation aurait lieu le lendemain !!!

À Bali, les funérailles sont des événements importants et coûteux dont la taille et les dépenses dépendent de la caste, de la richesse et du prestige du défunt. Ce sont des occasions festives – qui célèbrent la libération de l’âme à Dieu – avec d’immenses processions de personnes et de chars fleuris. Les funérailles peuvent coûter très cher. Il existe de nombreuses histoires de personnes poursuivies par des agents de recouvrement et qui se sont fait retirer leur moto parce qu’elles ont contracté de gros emprunts pour des funérailles et n’ont pas pu les rembourser.

Il y a une qualité mystique dans la façon dont la mort est perçue à Bali. Les frères Blair se sont liés d’amitié avec un artiste balinais de 116 ans nommé Gusti Nyoman Lempad. Il est mort le jour où le soleil s’est levé le plus près du volcan Gunung Agung. « Il a appelé sa grande famille autour de lui, et quand ils ont été patiemment réunis, il s’est assis, a dit quelques mots, a souri et est mort. » [Source : « Ring of Fire » de Lawrence et Lorne Blair, Bantam Books, New York]

Le Ngaben – crémation funéraire balinaise – vise à purifier l’âme du défunt afin qu’elle soit unifiée avec Dieu. Ngaben est une cérémonie très importante, préparée pendant un mois. À Bali, chaque crémation amène tous les membres du village à travailler ensemble pour aider la famille à administrer l’ensemble des processus de la cérémonie, et donc une telle cérémonie se transforme souvent en un très grand événement. Le corps est placé dans un grand coffre et transporté par 15 à 50 hommes en bonne santé de la maison jusqu’au cimetière. Les coffres prennent plusieurs formes comme Lembu (bœuf balinais), Gajah Mina (un gros poisson à tête d’éléphant), ou Singa Mangaraja (un lion à deux ailes). Ces animaux imités sont considérés comme les animaux saints de Dieu. Au cimetière, le cadavre et le coffre sont incendiés. Ce processus symbolise le retour des âmes à l’état saint auprès du Dieu. La procession de Ngaben se termine par les cendres du cadavre jetées dans les eaux de mer voisines.

Les balinais croient que le corps humain n’est qu’une coquille temporaire, qui est impure et n’a aucune signification. Ce n’est qu’un vaisseau ou un contenant de l’âme constitué des cinq éléments de la cosmologie : la terre, l’air, le feu, l’eau et l’espace. Après la mort du corps, l’âme trouvera un nouveau foyer sous une autre forme (basée sur les principes du Samsara – la réincarnation). Pourtant, avant cela, l’âme doit passer par quelques phases supplémentaires qui sont déterminées par leur karma lorsqu’elles ont été vécues. Ils peuvent aller en enfer « Neraka » , au paradis « Suarga » ou même devenir un avec Dieu « Moksa » . Il y a de nombreuses étapes qu’une âme doit franchir pour atteindre Moksa, et les rites de crémation en font partie.

La personne décédée est une femme prêtre donc de la caste des brahmanes ce qui explique l’importance de la cérémonie …

Contrairement au rituel de la mort dans de nombreux pays et cultures, les Balinais célèbrent le jour de la crémation avec fierté et joie car ils croient que leur famille ou leur ami est enfin capable de retourner à Dieu.

Les rites de mort et les rites de crémation sont deux choses différentes à Bali. Une cérémonie de décès peut se faire très simplement avec des offrandes plus simples et sans trop de tracas et de préparation. Certaines familles devront enterrer temporairement leur membre décédé dans un cimetière jusqu’à ce qu’elles aient la possibilité d’incinérer le corps du défunt.

La cérémonie de crémation est considérée comme l’un des rites les plus chers de Bali ; même la cérémonie moyenne-grande nécessitera une centaine de millions de roupies et des mois de préparation avant le grand jour. Cependant, il est assez courant à Bali que lorsqu’une personne décède d’une famille moyenne / à faible revenu, elle demande à la famille la plus riche qui a un calendrier pour une crémation d’être incluse ou de se joindre à la cérémonie.

Et lorsqu’un membre de la famille royale, d’une caste élevée ou d’une personne sainte décède, la crémation sera une célébration qui attirera de nombreuses personnes à se joindre au rite, ainsi que des milliers d’autres personnes de toute l’île. Ce qui est le cas pour la cérémonie d’aujourd’hui !!!

Maintenant les crémations ne se font plus au bois mais au gaz …plus rapide et plus propre …

Lorsque le bon jour pour faire la crémation a été soigneusement choisi par le chef spirituel ou le conseiller (tous les jours ne conviennent pas à la crémation), toute la série des préparatifs est fixée. Ce qui est surprenant, c’est qu’il n’y a pas de liste de tâches exacte, qui indique qui doit faire les choses ou qui est chargé de faire un travail spécifique. Tout se fera dans un style coopératif balinais, même si ce sera un événement massif avec des milliers de personnes qui viendront y participer. La cérémonie commencera par la construction d’un abri temporaire pour que tous les invités fassent tout le travail. Les hommes sont chargés de faire de gros travaux pendant que les femmes font des offrandes.