Chine 2025 : 1ère étape Shangri La !!!!
Me voilà à nouveau en Chine …à Shangri La…
Au moins là tout le monde nous sourit et on ne mourra pas de faim vu l’étalage de viande et de légumes qui nous est proposé dans le marché local !!
Ici ce sont les femmes qui tiennent le rôle de bouchère et elles sont vraiment énergiques!!!










Quelques femmes en costume traditionnel tibétain de la région …se promènent dans le marché …Il s’agit bien du même costume que j’avais vu avec Chen lorsque je suis passée à Shangri La, il y a 10 ans …époque où l’obtention du visa était une vraie galère !!!
Les costumes traditionnels portés à Shangri-La, en Chine, sont les vêtements tibétains classiques, dont le plus connu est le chuba. Pour les femmes, il s’agit souvent d’une veste brodée, complétée par un tablier bleu et parfois un foulard fuchsia. Ces tenues sont faites de matériaux comme la laine, la fourrure de mouton ou le pulu, une laine particulière, et sont conçues pour être pratiques face aux conditions climatiques rigoureuses des montagnes.








Quelques objets typiques dans le marché :
Photo 5 : cette planchette en bois sert à imprimer des drapeaux à prières…
Photo 6 et 7 : une méthode radicale pour plumer les poulets
Photo 8 : les oeufs verts (oeufs préservés…) Sont des oeufs de canne avec un petit poussin à l’intérieur qui sont cuits à la vapeur …sans moi !!!
Pour en en revenir aux costumes traditionnels féminins
Le chuba :
C’est la robe traditionnelle tibétaine, une pièce de vêtement essentielle pour les habitants, particulièrement adaptée au climat froid.
Vêtements féminins :
Les femmes tibétaines de la région portent une veste souvent ornée de broderies, un tablier bleu distinctif, et parfois un foulard fuchsia sur la tête.
Matériaux :
Les chubas peuvent être faits de différentes matières, incluant des peaux d’agneau, des robes en laine avec des couches internes de fourrure de mouton, ou des robes en pulu, une étoffe particulière obtenue par un processus de manipulation de la laine.
Symbolisme :
Bien que non spécifique à Shangri-La, les couleurs utilisées dans les vêtements traditionnels tibétains peuvent porter des significations symboliques. Par exemple, le bleu représente l’espace ou le ciel, le blanc l’air ou le vent, le rouge le feu, le vert l’eau, et le jaune ou orange la terre.
D’autres objets magnifiques vendus au marché de Shangri La…
3ème photo : des queues de Yacks …Les « queues de yacks tibétains traditionnels » ne désignent pas une partie spécifique de l’animal, mais sont plutôt une mauvaise interprétation de l’utilisation de la queue des yaks dans la culture tibétaine. La queue des yacks est en fait utilisée de manière symbolique ou utilitaire, notamment comme ornement, pour fabriquer des cordes, ou des fanions pour les tentes.
Utilisations de la queue de yak dans la culture tibétaine :
Ornements et symboles :
La queue de yak, comme la crinière et la toison, est une ressource précieuse.
Fabrication de cordes :
Les fibres de la queue de yak, plus longues et plus grossières, sont utilisées pour fabriquer des cordes robustes et des fils.
Tentes et sacs :
Ces cordes sont ensuite tissées pour fabriquer des tentes nomades traditionnelles, qui sont naturellement imperméables.
Fanions et autres ornements :
Les queues sont également utilisées comme ornements.
Origine et signification :
Les yaks sont originaires des hauts plateaux du Tibet.
Leurs queues sont une partie de l’animal utilisée pour le transport, la nourriture, et surtout pour le travail des fibres.
Il est important de noter que l’expression « queues de yacks » est une manière quelque peu erronée de désigner les utilisations symboliques et pratiques de cet animal. Il est probable qu’une queue de yak serve de fanion ou un autre ornement.
Bref cela ne sert pas de plumeau comme on aurait pu le penser …








La photo 6 montre des fromage de lait de femelles yacks qui sont offerts traditionnellement aux invités avec du thé au beurre de Yack…
Le fromage au lait de yack ou fromage de yack est produit dans les régions d’altitude d’Asie Centrale. Le yack est un animal laitier particulièrement adapté à l’altitude et domestiqué pour sa production de lait. La femelle du Yack (dri) produit du lait dont une partie est transformé en fromage. Le fromage est produit en altitude, loin des axes routiers, et ces contraintes géographiques expliquent que la production du fromage de yack reste encore manuelle. La production est limitée mais le fromage de yack présente un grand intérêt nutritionnel.
Un animal laitier est un mammifère dont l’homme extrait le lait pour ses propres besoins nutritionnels[1]. Ces mammifères sont des espèces domestiquées et la production de lait représente d’ailleurs une des raisons premières de leur domestication. La vache et le zébu en sont les représentants dominants (83 %), alors que le yack ne représente que 1 % des animaux laitiers avec la jument, l’ânesse, le lama et le renne. Son lait présente cependant un grand intérêt nutritionnel.
Intérêt nutritionnel du lait de yack
Le Yack est une espèce très adaptée aux climats rigoureux des montagnes et hauts plateaux d’Asie Centrale. On compte 15 millions de yacks dans le monde dont 90 % de la population vit en Chine.
Même si la production de lait de la femelle du yack (dri) dépasse rarement les 300 litres pour une lactation de 200 jours environ, cet animal fournit un lait riche en protéines (4 à 6 %) et très énergétique (6 à 10 % de matières grasses).
Transformation du lait de yack
Du beurre est produit à partir du lait de yack mais le lait est aussi largement utilisé dans la transformation fromagère traditionnelle, notamment au Tibet et en Mongolie où il existe une grande variété de produits tels que l’öröm, l’eezgii, le byaslag, le tarag et l’aarul.
Une transformation manuelle des produits laitiers
La fabrication du beurre et du fromage à partir du lait (90 % du volume trait, les 10 % restants étant consommés sous forme de thé au lait sucré) est manuelle. Le lait n’est pas transformé immédiatement après la traite : il est stocké jusqu’à ce qu’une quantité suffisante soit atteinte et permette de procéder à la transformation. Ce report permet une maturation du lait qui favorise sa transformation. Le fromage est fabriqué à partir du babeurre. Le babeurre est chauffé à feu doux. Du babeurre fermenté est souvent ajouté pour accélérer le processus de coagulation. Après caillage, le fromage est extrait et égoutté quelques heures, le plus souvent par pressage entre deux pierres. Selon les régions, le fromage issu du babeurre est soit consommé ou commercialisé en frais ou demi-sec, soit, pour une plus grande part, transformé en fromage fermenté (à l’est du pays) ou en fromage séché (Haa, Ouest, centre).
La présentation des fromages produits
La fabrication de fromage sec et demi-sec à partir du babeurre est également pratiquée sur le plateau tibétain mais la production de fromage fermenté semble une spécificité du système d’élevage de l’est du Bhoutan. Ce fromage après égouttage est fourré dans un sac de peau. La maturation peut durer un an.
Le processus de fabrication du fromage séché diffère. Pour la production de fromage séché blanc, les petits cubes de fromage sont bouillis une deuxième fois dans du lactosérum ou dans du lait, ce qui leur donne un goût sucré prisé des consommateurs. Ils sont ensuite séchés au soleil ou, lorsque le temps ne le permet pas, à l’intérieur, au coin d’un feu de bois. La combustion de bouse de yaks noircit en effet les fromages. Le noircissement est recherché pour les fromages séchés de grande taille mais réduit fortement la valeur marchande des fromages séchés de petite taille.
Le fromage destiné à la production de fromage séché est découpé, après égouttage, en morceaux de taille variable selon le type de fromage séché.
Ces morceaux sont ensuite enfilés sur un fil en poils de yack ou plus récemment en nylon.
Dans le cas du fromage séché blanc de petite taille (churghu), les morceaux ont pour dimension 1x1x4cm ou 1x3x3cm
Dans le cas du fromage séché noir de grande taille (hapi ruto), les morceaux mesurent 1x8x8 cm.
Le fromage de yak reste une production marginale. La productivité limitée s’explique en partie par l’éloignement des axes routiers, l’élevage de yaks et la transformation des produits issus du yack sont donc restés des activités manuelles, intensives en travail mais extensives en capital.
Ces systèmes d’élevage sont donc en situation de grande fragilité.
Le yack, un animal peu productif
Yack tibétain.
En comparaison avec les autres bovins, le yack est un animal peu productif. La femelle (dri) met bas son premier veau à 4 ans et les vêlages suivants se feront généralement au rythme de deux veaux tous les trois, voire quatre ans. En Chine, la femelle du yack produit entre 100 et 325 litres de lait par an. Cette production ne permet des excédents, au-delà des besoins du veau, que deux à trois mois par an, pendant l’été, durant lesquels les éleveurs peuvent produire du beurre, du fromage et du yaourt. La traite et la transformation des produits laitiers sont des activités très contraignantes exclusivement réservées aux femmes. La force de travail féminine disponible est donc un facteur limitant la taille des élevages et la fabrication du fromage qui reste un produit de très haute qualité nutritionnelle (matière grasse, protéines, acides aminés, micro-nutriments, etc).
Le yack, un animal emblématique de l’Asie
Le yack reste cependant un animal clé des systèmes de production des régions d’altitude d’Asie Centrale et de la survie des populations rurales du fait de son adaptation aux conditions agro-écologiques les plus extrêmes et de l’importance qualitative de ses produits dans l’alimentation.
Mais en continuant notre ballade dans les rues de Shangri La , une autre surprise nous attend : je repère d’assez loin une femme black YI : la noblesse de ce groupe ethnique
Le peuple Yi ou Nuosu ( Nuosu : Yi : ꆈꌠ , [nɔ̄sū] ; est un groupe ethnique du sud de la Chine . Comptant neuf millions de personnes, ils sont le sixième plus grand des 55 groupes ethniques minoritaires reconnus par le gouvernement chinois . Ils vivent principalement dans les zones rurales du Sichuan , du Yunnan , du Guizhou et du Guangxi , généralement dans les régions montagneuses. La préfecture autonome Yi de Liangshan abrite la plus grande population de Yi en Chine, avec deux millions de Yi dans la région. Au Vietnam voisin , en 2019 , il y avait 4 827 Lô Lô (un sous-groupe des Yi) vivant dans les provinces de Hà Giang , Cao Bằng et Lào Cai , dans le nord du pays.
Les Yi parlent plusieurs langues loloish , étroitement liées au birman . La variété la plus prestigieuse est le nuosu , qui s’écrit en écriture yi .
La femme et son mari appartiennent au groupe Nuosu…J’ai déjà rencontré cette ethnie il y a 10 ans dans une des rues de Shangri La …nous avions fait l’effort d’aller les rencontrer dans leur pauvre village où nous avions été super bien accueillis …cette fois pas question d’aller se perdre dans les villages isolés …Le copain avec qui je voyage n’a aucun intérêt pour les rencontres ethniques : je ronge mon frein et me promet que ce sera la première et dernière fois que l’on voyage ensemble !!!











Le peuple Yi ou Nuosu ( Nuosu : Yi : ꆈꌠ , [nɔ̄sū] ;)est un groupe ethnique du sud de la Chine . Comptant neuf millions de personnes, ils sont le sixième plus grand des 55 groupes ethniques minoritaires reconnus par le gouvernement chinois . Ils vivent principalement dans les zones rurales du Sichuan , du Yunnan , du Guizhou et du Guangxi , généralement dans les régions montagneuses.
La préfecture autonome Yi de Liangshan abrite la plus grande population de Yi en Chine, avec deux millions de Yi dans la région. Au Vietnam voisin , en 2019 , il y avait 4 827 Lô Lô (un sous-groupe des Yi) vivant dans les provinces de Hà Giang , Cao Bằng et Lào Cai , dans le nord du pays.
Les Yi parlent plusieurs langues loloish , étroitement liées au birman . La variété la plus prestigieuse est le nuosu , qui s’écrit en écriture yi .
Certains historiens pensent que la majorité du royaume de Nanzhao était composée de Bai , mais que l’élite parlait une variante du Nuosu (également appelé Yi ), une langue tibéto-birmane étroitement liée au birman . Le peuple Cuanman est arrivé au pouvoir au Yunnan pendant la campagne du Sud de Zhuge Liang en 225. Au quatrième siècle, ils avaient pris le contrôle de la région, mais ils se sont rebellés contre la dynastie Sui en 593 et ont été détruits par une expédition de représailles en 602.
Les Cuan se sont divisés en deux groupes connus sous le nom de Mywa noirs et blancs. Les tribus Mywa blancs (Baiman), qui sont considérées comme les prédécesseurs du peuple Bai, se sont installées sur les terres fertiles de l’ouest du Yunnan autour du lac de faille alpine Erhai . Les Mywa noirs (Wuman), considérés comme les prédécesseurs du peuple Yi, se sont installés dans les régions montagneuses de l’est du Yunnan. Ces tribus étaient appelées Mengshe (蒙舍), Mengxi (蒙嶲), Langqiong (浪穹), Tengtan (邆賧), Shilang (施浪) et Yuexi (越析). Chaque tribu était connue sous le nom de zhao . Dans le monde universitaire, la composition ethnique de la population du royaume de Nanzhao est débattue depuis un siècle. Les érudits chinois tendent à privilégier la théorie selon laquelle les dirigeants provenaient des groupes Bai ou Yi susmentionnés, tandis que certains érudits non chinois souscrivaient à la théorie selon laquelle le groupe ethnique Tai était une composante majeure, qui s’est ensuite déplacé vers le sud jusqu’à la Thaïlande et au Laos actuels .
En 649, le chef de la tribu Mengshe, Xinuluo (細奴邏), fonda le Grand Meng (大蒙) et prit le titre de Qijia Wang (奇嘉王 ; « Roi Exceptionnel »). Il reconnut la suzeraineté des Tang. En 652, Xinuluo absorba le royaume des Mywa Blancs de Zhang Lejinqiu, qui régnait sur le lac Erhai et le mont Cang . Cet événement se déroula pacifiquement, Zhang cédant la place à Xinuluo de son propre chef. L’accord fut consacré sous un pilier de fer à Dali . Par la suite, les Mywa Noirs et Blancs agissaient respectivement comme guerriers et ministres.
En 704, l’ Empire tibétain fit des tribus Mywa blanches des vassaux ou des tributaires.
En 737 apr. J.-C., avec le soutien de la dynastie Tang , l’arrière-petit-fils de Xinuluo, Piluoge (皮羅閣), unifia successivement les six zhao , établissant un nouveau royaume appelé Nanzhao (mandarin, « Zhao du Sud »). La capitale fut établie en 738 à Taihe (emplacement de l’actuel village de Taihe, à quelques kilomètres au sud de Dali ). Situé au cœur de la vallée de l’Erhai, le site était idéal : il était facile à défendre et se trouvait au cœur de riches terres agricoles. Sous le règne de Piluoge, les Mywa blancs furent chassés de l’est du Yunnan et réinstallés à l’ouest. Les Mywa noirs et blancs furent séparés afin de créer un système de castes plus solide, composé de ministres et de guerriers.
Nanzhao a existé pendant 165 ans, jusqu’en 902. Après 35 ans de guerres acharnées, Duan Siping (段思平), d’origine Bai, a fondé le royaume de Dali , succédant au territoire de Nanzhao. La plupart des Yi de l’époque étaient sous la domination de Dali. Le règne souverain de Dali a duré 316 ans, jusqu’à sa conquête par Kubilai Khan . À l’époque de Dali, les Yi vivaient sur le territoire de Dali, mais entretenaient peu de relations avec la royauté de Dali.
Kubilai Khan incluait Dali dans son domaine. Les empereurs Yuan conservèrent un contrôle ferme sur le peuple Yi et la région qu’il habitait, faisant partie du Yunnan Xingsheng (云南行省) de Kubilai Khan, qui englobe aujourd’hui le Yunnan, le Guizhou et une partie du Sichuan. Afin d’asseoir sa souveraineté sur la région, la dynastie Yuan établit un domaine pour les Yi, le Luoluo Xuanweisi (罗罗宣慰司), dont le nom signifie « gouvernement local d’apaisement pour les Lolos ». Bien que techniquement sous la domination de l’ empereur Yuan , les Yi conservèrent leur autonomie sous la dynastie Yuan. Le fossé entre les aristocrates et le peuple se creusa à cette époque.
À partir de la dynastie Ming , l’empire chinois a accéléré sa politique d’assimilation culturelle dans le sud-ouest de la Chine, en diffusant la politique de gaitu guiliu (改土歸流, « remplacer les tusi (chefs locaux) par des fonctionnaires « normaux »). Le pouvoir de gouvernement de nombreux seigneurs féodaux Yi avait auparavant été exproprié par les successeurs des fonctionnaires nommés par le gouvernement central. Avec la progression du gaitu guiliu , la région Yi a été démembrée en de nombreuses communautés, grandes et petites, et il était difficile pour les communautés de communiquer entre elles car il y avait souvent des zones sous domination Han entre elles.
L’ empereur Kangxi de la dynastie Qing vainquit Wu Sangui , s’empara du Yunnan et y établit un gouvernement provincial. Lorsqu’Ortai devint vice-roi du Yunnan et du Guizhou sous l’ empereur Yongzheng , la politique de gaitu guiliu et d’assimilation culturelle contre les Yi fut renforcée. Sous cette politique, les Yi vivant près de Kunming furent contraints d’abandonner leur tradition de crémation et d’adopter l’inhumation, une pratique qui déclencha des rébellions parmi les Yi. La dynastie Qing réprima ces rébellions.
Après la Seconde Guerre de l’Opium (1856-1860), de nombreux missionnaires chrétiens venus de France et de Grande-Bretagne visitèrent la région où vivaient les Yi. Bien que certains missionnaires estimaient que les Yi de certaines régions, comme Liangshan , n’étaient pas sous la domination de la dynastie Qing et devaient être indépendants, la plupart des aristocrates insistèrent sur le fait que les Yi faisaient partie de la Chine, malgré leur ressentiment envers le régime Qing.
Ère moderne
Carte de 1891 montrant une enclave « Lolo » dans l’actuelle Liangshan, au Sichuan
Long Yun , un Yi, était le gouverneur militaire du Yunnan , pendant le règne de la République de Chine sur la Chine continentale.
L’Armée du Quatrième Front du PCC a rencontré le peuple Yi pendant la Longue Marche et de nombreux Yi ont rejoint les forces communistes.
Après la création de la RPC, plusieurs districts administratifs autonomes Yi de niveau préfectoral ou provincial ont été créés au Sichuan, au Yunnan et au Guizhou. Avec le développement du trafic automobile et des télécommunications, les communications entre les différentes régions Yi ont connu une forte croissance.
Les Yi sont confrontés à une discrimination et à des abus systématiques en tant que travailleurs migrants dans la Chine contemporaine.
L’ écriture yi était à l’origine logosyllabique, comme le chinois , et remonte au moins au XIIIe siècle, mais semble totalement indépendante de toute autre écriture connue. Jusqu’au début du XXe siècle, son usage était principalement réservé aux prêtres bimo , qui transmettaient les textes rituels de génération en génération. Ce n’est qu’au milieu du XXe siècle que les familles aisées de Liangshan ont commencé à l’utiliser à des fins non religieuses, comme la correspondance.
On comptait peut-être 10 000 caractères, dont beaucoup étaient régionaux, l’écriture n’ayant jamais été standardisée chez les Yi. Plusieurs ouvrages d’histoire, de littérature et de médecine, ainsi que des généalogies des familles régnantes, rédigés en écriture yi ancienne, sont toujours utilisés, et l’on trouve des tablettes et des stèles de pierre yi ancienne dans la région.
Une tentative de romanisation de l’écriture a été faite dans les années 1950, mais elle n’a pas réussi à s’imposer. Dans les années 1970 et 1980, l’écriture traditionnelle a été standardisée en syllabaire . Le yi syllabique est largement utilisé dans les livres, les journaux, les panneaux de signalisation et l’éducation, bien qu’il subisse une influence croissante du chinois.
Voilà un exemple d’écriture Yi moderne …pas plus claire que le Chinois

Dans la société Yi, la descendance et l’héritage étaient traditionnellement patrilinéaires et les hommes étaient généralement considérés comme supérieurs aux femmes. Les hommes pratiquaient la polygamie et le lévirat . Les femmes étaient exclues des généalogies orales. Dans certaines régions, les femmes Yi sont encore en retard sur les hommes en matière d’éducation primaire et très peu d’entre elles deviennent instructrices ou dirigeantes politiques. Les femmes Yi buvaient et fumaient nettement plus que les femmes chinoises Han.
Les Yi utilisent ce que l’on appelle un système patronymique père-fils . Selon la conception populaire du système patronymique yi, le dernier caractère du nom du père devient le premier caractère du nom du fils. Le dernier caractère du nom du fils est ensuite utilisé comme premier caractère du nom du petit-fils.
Cependant, il ne s’agit pas d’un nom à proprement parler, mais plutôt d’une abréviation du système généalogique qui relie le père et le fils à travers les générations. Un nom yi complet est composé du nom du clan, du nom de la branche du clan, du nom du père et du nom de la personne (par exemple, Aho Bbujji Jjiha Lomusse). Aho est le nom d’une tribu, Bbuji est le nom d’un clan, Jjiha est le nom du père et Lomusse est un nom personnel. Le nom signifie donc Lomusse, le fils de Jjiha du clan Bbujji de la tribu Aho.
Au sein du clan, on l’appelait simplement Lomusse et au sein de la tribu, Jjiha Lomusse. Les noms Yi utilisent les suffixes -sse et -mo pour exprimer respectivement la masculinité et la féminité. Lors de la récitation de la généalogie d’une personne, seul le lien père-fils est utilisé pour faciliter la tâche : Aho Ddezze — Ddezze Zuluo — Zuluo Jjiha — Jjiha Lomusse — Lomu Shuogge.
Ceci a laissé supposer que les Yi pratiquaient un système de lien père-fils, alors qu’il s’agissait en réalité d’un modèle de récitation généalogique traditionnel.
La société traditionnelle Yi était divisée en quatre castes : les Yi noirs aristocratiques nuohuo / nzymo , les Yi blancs roturiers qunuo / quho , les ajia / mgajie et les xiaxi / gaxy . Les Yi noirs représentaient environ 7 % de la population, tandis que les Yi blancs en représentaient 50 %. Les deux castes ne se mariaient pas entre elles et les Yi noirs étaient toujours considérés comme ayant un statut supérieur à celui des Yi blancs, même si ces derniers étaient plus riches ou possédaient davantage d’esclaves.
Les Yi blancs et les Yi noirs vivaient également dans des villages séparés. Les Yi noirs ne pratiquaient pas l’agriculture, traditionnellement pratiquée par les Yi blancs et les esclaves. Les Yi noirs n’étaient responsables que de l’administration et des activités militaires. Les Yi blancs n’étaient pas techniquement des esclaves, mais vivaient comme serviteurs sous contrat des Yi noirs. Les Ajia représentaient 33 % de la population. Ils appartenaient à la fois aux Yi noirs et aux Yi blancs et travaillaient comme ouvriers sous contrat, à un niveau inférieur à celui des Yi blancs.
Les Xiaxi étaient la caste la plus basse. C’étaient des esclaves qui vivaient avec le bétail de leurs propriétaires et n’avaient aucun droit. Ils pouvaient être battus, vendus et tués pour le sport. L’appartenance aux quatre castes se faisait par filiation patrilinéaire. La prévalence de la culture esclavagiste était telle que les enfants étaient parfois prénommés en fonction du nombre d’esclaves qu’ils possédaient. Par exemple : Lurbbu (nombreux esclaves), Lurda (esclaves forts), Lurshy (commandant des esclaves), Lurnji (origine des esclaves), Lurpo (seigneur des esclaves), Lurha (cent esclaves), Jjinu (nombreux esclaves).
Des cas d’influence du système d’esclavage des castes ont pu être observés jusque dans les années 1980 et au début des années 1990, lorsque les clans nuohuo empêchaient les mariages avec les qunuo ou punissaient les membres qui le faisaient.
Il est important de souligner, cependant, que la stratification des castes à Liangshan n’a jamais, à ma connaissance, inclus les notions de souillure ou de déférence automatique, pourtant si importantes dans le système de castes indien. Dans les régions où cohabitent nuoho et quho , ils se fréquentent librement, mangent chez l’un ou l’autre et deviennent souvent des amis proches. Rien de tout cela, cependant, ne fait tomber la barrière du mariage ; ce n’est que parmi les citadins très instruits que le mariage mixte est envisagé, et il est alors généralement rejeté ; la plupart des nuoho préfèrent que leurs filles épousent un Hxiemga (Chinois Han) plutôt qu’un quho .
Le héros le plus célèbre de la mythologie Yi est Zhyge Alu. Fils d’un dragon et d’un aigle, il possédait une force surnaturelle, ainsi que des pouvoirs anti-magie et anti-fantômes. Il chevauchait un cheval volant à neuf ailes appelé « longues ailes célestes ». Il était également aidé par un paon et un python magiques. Le paon magique, appelé Shuotnyie Voplie, pouvait assourdir ceux qui entendaient son cri, mais s’il était invité dans une maison, il consumait le mal et chassait la lèpre. Le python, appelé Bbahxa Ayuosse, fut vaincu par Zhyge Alu, qui lutta contre lui dans l’océan après s’être transformé en dragon. On disait qu’il pouvait détecter la lèpre, guérir la tuberculose et éradiquer les épidémies. Tel l’archer de la mythologie chinoise Hou Yi , Zhyge Alu abattait les soleils pour sauver le peuple. Dans la religion Yi Bimoism , Zhyge Alu aide les prêtres bimo à guérir la lèpre et à combattre les fantômes.
Jiegujienuo était un fantôme qui provoquait des étourdissements, une lenteur d’action, des troubles cognitifs et de l’anxiété. On le tenait responsable de ses maux et on pratiquait des rituels d’exorcisme pour le combattre. Le bimo dressait des petits bâtons considérés comme sacrés, les kiemobbur, sur le site du rituel en préparation.

Et pour finir une spécialité culinaire tibétaine étrange …
Moitié végétal, moitié animal, le yartsa est une sorte de champignon-chenille qui pousse sur les pentes de l’Himalaya. Très prisé par les Chinois pour ses vertus médicinales, il est désormais en voie de disparition.
Curieuse destinée que celle du yartsa gunbu. Ce ver de terre qui vit dans les sols tibétains est rongé de l’intérieur par un champignon qui grossit, grossit. Lorsqu’il arrive à maturité, il «tue» le ver et lui transperce la tête.
C’est à cet instant qu’il faut tomber sur lui en creusant! C’est le champignon (Ophiocordyceps sinensis) qui intéresse les consommateurs et la médecine chinoise. Car on lui prête des pouvoirs quasi miraculeux. Il guérirait de l’asthme au cancer et même le sida, prétendent certains. Ajoutez à cela des vertus aphrodisiaques et vous comprendrez pourquoi ce curieux spécimen de champignon est si apprécié des Chinois,
Pour le cueillir, les paysans raclent les pentes de l’Himalaya, à 4500 mètres d’altitude. Un travail fastidieux. Le ver tibétain se consomme principalement en soupe.
Revers de la médaille, le succès de cet animal-plante pourrait bien causer sa perte. Comme toutes les espèces prisées notamment pour leur pouvoir aphrodisiaque (corne de rhinocéros, aileron de requin, concombre de mer,…), le yartsa est en voie de disparition sur les pentes himalayennes.
Publié le 22 avril 2026, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.










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