Cambodge : Baphuon et les autres …sans personne !!!

Un passage rapide devant le superbe temple du Bayon et nous arrivons au temple de Baphuon qui a été restauré par les Français qui ont terminé ce travail récemment …

Le Baphûon fut construit vers 1060, sous le règne de Udayādityavarman II, qui régna de 1050 à 1066, à la gloire de Shiva. Il fut un temple d’État, connu comme la « montagne d’or » (svarnādrī).

Il se dressait au sommet d’une colline artificielle, mais avait pratiquement disparu avant d’être dégagé et consolidé en plusieurs étapes de 1908 à 1918, par l’École française d’Extrême-Orient, sous la direction de Jean Commaille (1868-1916) premier conservateur d’Angkor. Ce dernier, assassiné le 29 avril 1916 par des bandits pour lui dérober la paie des ouvriers qu’il transportait, est remplacé par Henri Marchal (1878-1970).

D’importants éboulements, notamment en 1943, ont obligé à reprendre la consolidation en 1950. À la fin des années 1960, il est décidé de démonter le temple bloc par bloc en les numérotant : cette opération d’anastylose a duré dix ans. Cette technique avait déjà été introduite par Henri Marchal après avoir observé sa première application sur le temple de Borodurur à Java. La guerre civile cambodgienne (1967-1975) interrompt les travaux en 1971, et les différents relevés et archives sont détruits. Le conflit indochinois (1978-1999) qui suit provoque la fin du projet, et les ruines du Baphûon sont laissées à l’abandon.

Envahi par la végétation, la restauration a repris de 1995 à 2011, soit 16 années de travaux acharnés pour un budget de dix millions d’euros apportés par le gouvernement français, travaux réalisés par l’EFEO, sous l’égide des architectes Jacques Dumarçay et Pascal Royère (1965-2014), dirigeant une équipe de 300 ouvriers cambodgiens. Il a été nécessaire de remettre en place 300 000 blocs de grès, auparavant déposés tout autour du temple pendant des dizaines d’années.

Le raffermissement des structures autour du noyau de matériaux anciens s’est opéré en réalisant de grands murs en béton armé qui sont contre-butés et masqués par l’édification des formes architecturales avec du grès neuf, extrait dans une carrière de l’époque, redécouverte dans les monts Kulen. La restauration des parties manquantes, dues à leur usage dans la grand Bouddha couché reste limitée, et ne peut aller jusqu’à la création, sans connaissance puisque tout a disparu, du sanctuaire, au sommet du temple, qui reste donc ruiné.

L’inauguration du Baphûon restauré a eu lieu le 3 juillet 2011, en la présence du roi Norodom Sihamoni et du premier ministre français François Fillon.

Le Baphûon est une pyramide à trois terrasses bordées de galeries, de 145 mètres sur 150. L’entrée monumentale à la première terrasse se fait par trois gopura et sur une chaussée surélevée, de 200 m de long. La pyramide centrale s’élève sur cinq gradins.

C’est le premier grand monument khmer construit entièrement en grès et le premier monument sur lequel on généralise l’utilisation de la galerie. Enfin, c’est aussi le premier grand monument khmer sur lequel sont généralisés, sur les faces externes, les bas-reliefs narratifs : des petites scènes, sous forme de tableautins qui sont des illustrations des grands poèmes indiens, le Ramayana et le Mahabharata.

Belle rencontre avec un jeune homme et un petit singe qui avait très soif et savait parfaitement comment boire au goulot d’une bouteille d’eau minérale …l’usage du pied pour soutenir la bouteille est vraiment une super idée !!!

Sur ce temple on peut également grimper au sommet ou presque car le temple au sommet est plus que ruiné… Il est intéressant de parcourir les galeries où on constate qu’à l’époque, les kmers ne connaissaient pas la clef de voute …

Il est temps de redescendre pour contempler le Bouddha couché ou ce qu’il en reste !!!

Le temple a la particularité d’avoir subi un profond remaniement (très postérieur à sa construction, peut-être au xvie siècle) dans sa structure pour constituer un gigantesque Bouddha couché, au deuxième étage de la face arrière (ouest).

En effet, les pierres qui le constituent ont été retravaillées avec des ciseaux plats qui étaient en usage au xvie siècle alors que le temple originel a été sculpté avec des ciseaux pointus, quelque cinq cents ans auparavant. D’autre part, une grande partie de ces pierres proviennent du sommet du temple, le sanctuaire dédié à Shiva, qui ne pourra donc être reconstitué. Ce sommet de la pyramide, le sanctuaire initial a donc été volontairement démonté. Il est probable que ce passage d’un temple shivaïte à un temple bouddhiste ait eu lieu en raison de la ruine en cours du temple dédié à Shiva. Et cela dans un contexte politique de très grand affaiblissement du royaume, avec de faibles moyens.

Je repars par un sentier désert au milieu de la forêt pour rejoindre le temple de Phimeanakas !!

Le Phiméanakas (« char céleste » en khmer, d’origine sanskrite) est le temple royal hindouiste dans l’enceinte du palais royal de l’ancienne ville d’Angkor Thom sur le site d’Angkor.

Il a été bâti par Yasovarman Ier ou sous le règne de Rājendravarman II (entre 941-968). Lors de l’édification de son palais royal (vers 1040) Sūryavarman Ier fit édifier la tour centrale, en grès, qui lui servait probablement de temple particulier. Il fut appelé la « Tour d’or » par Zhou Daguan (Tchéou Ta-Kouan).

De ce temple d’environ 35 m sur 28 m à la base restent les trois premiers étages massifs, construits en blocs de latérite, sobrement décorés de lions et d’éléphants à chaque coin. Des escaliers extrêmement raides mènent à une terrasse supérieure de 30 m par 23 m d’où la vue est superbe sur le Baphûon voisin.

Les niveaux supérieurs, élevés sur un plan cruciforme, sont en grande partie effondrés. Il faut y noter les restes d’une galerie couverte qui courait sur tout le périmètre, une première à Angkor.

Il est actuellement en mauvais état.

Le temple était la demeure du roi où, dit-on, il s’unissait avec une déesse protectrice qui abandonnait la nuit son corps de serpent pour celui d’une belle jeune femme.

Au Nord du temple, à quelques dizaines de mètres, se trouve le Sras Srei, un bassin rectangulaire vraisemblablement utilisé par les rois pour des ablutions rituelles et peut-être des spectacles nautiques. Une inscription suggère qu’il était réservé aux hommes, un autre bassin plus petit situé à l’Est du Sras Srei, étant destiné aux épouses, concubines et personnages féminins de la cour royale.

Le passage par une porte décorée en relativement bon état permet d’atteindre la terrasse du roi lépreux.

La terrasse du Roi lépreux est située au nord de la terrasse des Éléphants, dans l’ancienne ville d’Angkor Thom, sur le site d’Angkor, au Cambodge. Cet ensemble appartient au groupe architectural du palais royal avec le temple personnel des rois, le Phimeanakas, qui s’élève à proximité avec le Baphuon, le temple funéraire. Elle date du xiie siècle, mais a eu une histoire complexe.

Les deux terrasses font face à la grande place royale et aux petites tours des Prasat Suor Prat puis, au-delà, les Kleang, Nord et Sud.

Les deux terrasses ont été établies à la fin du xiie siècle par Jayavarman VII et bordent, à l’Est, l’ancien Palais royal permettant de dominer la grande place centrale d’Angkor Thom.

Le mur présente un parement de grès sur environ 25 m et 6 m de haut formant grossièrement un « U ». Il est entièrement orné de reliefs très ouvragés représentant, sur sept registres (sept niveaux), le panthéon hindouiste. Les dieux sont représentés dans leurs palais, avec leurs conjoints et serviteurs. Parmi les autres figures certains sont aisément identifiables : nāga à cinq, sept et neuf têtes, créatures marines, garuda et kumbhandá.

Les restaurations menées par l’EFEO (École française d’Extrême-Orient, initialement par Bernard-Philippe Groslier en 1972 et avec Jacques Dumarçay et Christophe Pottier) sur la terrasse du Roi lépreux et inaugurées en mars 1996 ont employé la , avec la technique de l’anastylose. Ce qui nécessitait la déconstruction bloc par bloc du mur et sa reconstruction après de nombreuses rectifications des erreurs de remontage anciens. Ce travail rigoureux a mis au jour un autre mur orné qui se trouvait sous le premier. Ce second mur est présenté, depuis, deux mètres en retrait, derrière le premier. Les travaux ont permis de dégager un corridor entre les deux murs, permettant d’apprécier la décoration du second mur, tout aussi abondante que la première.
Les travaux de restauration, menés ensuite sous la direction de Christophe Pottier ont repris en 1992 sur l’élément voisin, le perron nord de la terrasse des Éléphants, en utilisant aussi l’anastylose. Ce qui offre une vision juste et considérablement enrichie sur ce que sont et ce qu’ont été ces deux terrasses.

Les structures réalisées à cette terrasse comprennent, pour chaque mur, une dalle et un mur rideau en béton armé destinés à reprendre les poussées du remblai, haut de six mètres. Bernard-Philippe Groslier avait aménagé l’évacuation des eaux de drainage vers un bassin. Les faces des pierres en contact avec le ciment ont été enduites d’un imperméabilisant.

Tout indique que cet espace ait été un lieu de justice royale. Une autre hypothèse en fait un men, lieu d’incinération des rois ceci en raison de la présence du Roi lépreux qui s’avère être Yama, « l’inspecteur des qualités et des fautes » qui préside au jugement des morts.

Les fouilles effectuées dans le remblai de cette terrasse ont mis au jour la base d’énormes poteaux de bois (1,10 m de diamètre à la base). Ce qui a permis de restituer virtuellement un pavillon (un bâtiment disposant de grandes ouvertures mais placé trop près du mur initial qu’il aurait fait écrouler) qui a existé à cet endroit. La terrasse a donc été élargie.

Au début du xive siècle, l’édification d’un monastère bouddhique a complètement transformé l’environnement : la construction de l’enceinte du monastère a entrainé la destruction presque totale du perron Nord. On y avait élevé un stupa et qui a été, lui aussi, quasiment détruit. Cette autre destruction pourrait correspondre au sac d’Angkor par les thaïs en 1330. Une nouvelle construction a été aussi détruite au cours du sac de 1430, suivi d’un abandon.

Pour finir la légende du roi lépreux en 2 versions :

« Henri Mouhot relate l’histoire du roi bâtisseur d’Angkor Vat, nommé Bua-Sivisithiwong. Celui-ci, lépreux, souhaitait obtenir la guérison des dieux et fit construire le temple d’Angkor Vat à leur intention. L’œuvre achevée mais le roi n’étant toujours pas guéri, celui-ci fit appel à un fakir qui lui proposa de se baigner dans un bain d’eau-forte. Le roi qui hésitait devant un tel traitement, lui demanda de l’essayer sur lui-même. Le fakir accepta en lui faisant promettre de jeter sur lui une poudre particulière, ce que le roi promit mais ne fit pas; selon la tradition locale, c’est cette trahison qui amena sur la ville la décadence et la ruine ».

« Autrefois le roi du Cambodge était violent et emporté. Un de ses ministres lui ayant manqué de respect, il le frappa avec l’épée sacrée du royaume, mais une goutte de sang rejaillit sur le corps du roi où apparurent rapidement les symptômes de la lèpre. Un vieux sage, par compassion, envoya un de ses jeunes disciples soigner le souverain : le traitement prescrit comportait un bain dans une cuve d’eau bouillante dans laquelle il fallait introduire successivement différentes substances médicinales, le résultat annoncé étant une guérison complète et un rajeunissement. Le roi, méfiant cependant, demanda une démonstration préalable au jeune disciple qui se plongea dans la cuve, mais la précipitation du roi ayant empêché de suivre au pied de la lettre les prescriptions, le corps du disciple se transforma en blocs de pierre qu’il fallut disperser. Outragé, le vieux sage lança une malédiction contre le roi, et la lèpre devint incurable. »

Pour terminer cette journée sensationnelle …

Prasat Suor Prat est un ensemble de douze petites tours situé à Angkor Thom, près de la ville de Siem Reap, au Cambodge.

Le démontage d’une de ces tours qui penchait dangereusement a permis de comprendre que des blocs de latérite avaient glissé sur le sol des fondations, en raison de l’humidité qui gorge le sol pendant la saison des pluies et ne permet pas à cette latérite de rester en place sous le poids de la tour.

Les douze tours connues sous le nom de « Prasat Suor Prat » sont situées juste à l’est des Terrasses Royales à proximité du Palais Royal. Bien que le nom moderne signifie « Tours des danseurs de corde » – en référence à la légende selon laquelle ils étaient utilisés pour des divertissements royaux impliquant des funambules – il n’y a aucune preuve définitive de cela. En fait, la fonction des tours reste un mystère. Curieusement, Zhou Daguan, le diplomate chinois du XIIIe siècle qui a visité Angkor, a rapporté qu’ils étaient utilisés pour régler les différends. Il a écrit :

« Si deux familles ont un différend à régler et ne peuvent s’entendre sur le bien et le mal, il y a douze petites tours de pierre sur un talus en face de la place, et les deux personnes concernées sont envoyées s’asseoir dans deux d’entre elles. A l’extérieur, les membres de chaque famille gardent celui de l’autre. Ils peuvent rester dans les tours pendant un jour ou deux, ou pendant trois ou quatre jours. Alors, à coup sûr, celui qui a tort devient visiblement malade, et s’en va.  »

Ce récit est accueilli avec suspicion par les érudits modernes, en partie parce que les tours semblent être des sanctuaires en quelque sorte. Si tel est le cas, leur conception est assez inhabituelle, car chacune a trois fenêtres au rez-de-chaussée orientées au nord, à l’est et au sud. À aucun autre endroit, nous ne trouvons de sanctuaires khmers avec des fenêtres dans le sanctuaire principal. Pour cette raison, certains chercheurs pensent que les tours ont peut-être été utilisées comme salles de réception pour les visiteurs étrangers (ce qui explique peut-être pourquoi Zhou Daguan a pu y accéder). Toutes les tours sauf deux font face au terrain de parade et chacune est élevée sur une terrasse, ce qui les rendrait utiles pour voir les nombreuses grandes cérémonies organisées à l’est du palais royal. Un problème avec cette théorie est que le propre palais du roi était en bois (et a disparu depuis longtemps),

Dans tous les cas, les tours sont en relativement bon état, la majorité conservant une grande partie de l’aspect d’origine. Chacune est espacée d’environ 25 mètres l’une de l’autre et orientée vers l’ouest, à l’exception des deux tours centrales qui se font face en travers du chemin menant à la Porte de la Victoire. L’intérieur de chaque tour mesure 4 x 6 mètres, avec trois grandes fenêtres offrant beaucoup de lumière et d’air. Ils ont probablement été construits au début du XIIIe siècle par Indravarman II ou son successeur.

Et toujours aussi peu de monde …

Cambodge : Angkor vat à Siem Reap sans presque personne …un Miracle !!!

En principe pas de touristes Chinois ni Russes …donc cela devrait être plus que calme …

Je prends un tuk tuk …histoire de participer à l’économie locale !!!

Au bureau des tickets …surprise si j’achète 2 jours de visite …on m’offre 3 jours gratuits supplémentaires donc 5 jours au prix de deux : sur les promotions, les Cambodgiens y vont fort !!!

On arrive dans un calme apparent …à part les vendeurs et surtout les photographe qui veulent vous immortaliser devant une des merveilles du monde …il n’y a pas grand monde !!!

Le pont traditionnel est en travaux comme beaucoup de temples à Siem Reap …on marche sur un pont flottant …j’ai l’impression de me balader sur un trampoline…on est loin du 12ème siècle !!!

Angkor Vat ou Angkor Wat (en khmer : ប្រាសាទអង្គរវត្ត, Prasat Angkor Vat) est le plus grand des temples et le plus grand monument religieux du monde. Il fait partie du complexe monumental d’Angkor au Cambodge réparti sur un site de 162,6 hectares . Il fut construit par le roi khmer Suryavarman II au début du xiie siècle à Yaśodharapura (Angkor actuel) capitale de l’empire khmer en tant que « temple d’État » et éventuel mausolée. Temple le mieux préservé d’Angkor, l’une des plus grandes villes médiévales du monde, il est le seul à être resté un important centre religieux depuis sa fondation, initialement hindou et dédié au dieu Vishnou pour l’empire khmer rompant avec la tradition Shaiva des rois précédents. Il a progressivement été transformé en temple bouddhiste vers la fin du xiie siècle.

Le temple est l’archétype du style classique de l’architecture khmère. Il est devenu le symbole du Cambodge et figure sur son drapeau national. Il est le principal lieu touristique du pays.

Angkor Vat combine deux bases de l’architecture khmère pour les temples : le côté temple-montagne et le côté temple à galeries. Il est conçu pour représenter le mont Meru, la maison des dieux dans la mythologie hindoue.

A l’entrée un accueil sympathique …lui aussi est souriant !!!!

Un arrosage intensif des pelouses est à l’oeuvre …c’est vrai que le temple se détache mieux sur du vert !!!

À l’intérieur d’une douve de plus de 5 kilomètres de long et d’un mur externe de 3,6 km de longueur se trouvent trois galeries rectangulaires, chacune construite l’une à l’intérieur de l’autre. Au centre du temple se dressent des tours en quinconce. Contrairement à la plupart des temples d’Angkor, Angkor Vat est orienté vers l’ouest, probablement parce qu’il est orienté vers Vishnou, mais les spécialistes restent tout de même partagés quant à la signification de cette orientation.

Le temple est admiré pour la grandeur et l’harmonie de son architecture et les nombreux bas-reliefs qui ornent ses murs. Sa beauté et sa taille sont telles que beaucoup le considèrent comme la huitième merveille du monde. Il donne également des indices sur l’important système hydraulique d’Angkor. Il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Quelques couples sont venus faire les photos officielles du marriage qu’ici on fait avant comme dans toute l’Asie.


Une mention spéciale pour mes préférées les Asparas qui ornent tous les murs et toutes les colonnes …

Dans le Sanātana Dharma (सनातन धर्म), c’est-à-dire l’hindouisme, les Apsaras (अप्सरस्) sont des nymphes célestes d’une grande beauté, nées selon les légendes ou de la fantaisie du dieu Brahma ou du Rishi Daksha ou de Kashyapa1. Elles sont apparues dans la littérature védique plus précisément le Rig-Véda, mais aussi le Mahabharata.

On dit des Apsaras qu’elles sont capables de changer leur forme à volonté, et de régner sur les fortunes du jeu et des paris. Urvashi, Menaka, Rambha, Tilottama et Anjanâ sont les plus célèbres d’entre elles. Les Apsaras sont parfois comparées aux muses de la Grèce antique, chacune des 26 Apsaras de la cour d’Indra représentant un aspect distinct des arts de la scène. Elles sont associées à des rites de fertilité.

Il existe deux types d’apsaras; laukika (terrestres), dont trente-quatre sont spécifiées, et daivika (célestes), dont on en connait dix. En bouddhisme, ce sont surtout des esprits des nuages et des eaux.

Les divinités représentées en bas-relief sur les murs des temples khmers par le nom d’apsara sont plutôt des Devata, divinités secondaires sous forme de danseuses.

Vers le iie siècle de notre ère, alors qu’au Cambodge le roi Devunagshar (« protecteur de la lignée divine ») ne semblait pas pouvoir obtenir d’héritier, Indra, le roi des dieux, décida de descendre sur terre donner un fils à la reine principale Vong. Le garçon, qui prendra le nom de Preah Kêt Meala (« lumière fleurie »), sera élevé à la cour des souverains khmers jusqu’à ce que, devenu adolescent, Indra l’invite à venir passer une semaine en son royaume des cieux. À la fin de son séjour, et alors que le jeune homme lui avait fait part de son admiration pour les richesses qu’il avait pu observer, Indra propose de lui envoyer son architecte personnel – issu de l’union d’un simple mortel et d’une devi – pour construire sur terre une reproduction de son choix d’un des bâtiments qu’il a pu apprécier. Soucieux de ne pas susciter la jalousie du roi des dieux par une demande trop luxueuse, Preah Kêt Meala se contente de demander une copie des écuries d’Indra. L’architecte s’exécute et Angkor Vat sort de terre. Selon le voyageur chinois du xiiie siècle Zhou Daguan, certains croyaient que le temple avait été construit en une seule nuit.

Angkor Vat fut construit dans la première moitié du xiie siècle par le roi Suryavarman II (règne 1113 – 1150). Comme ni la stèle des fondations ni aucune inscription contemporaine faisant référence au temple n’ont été retrouvées, son nom d’origine est inconnu, mais il était dédié à Vishnou et pourrait avoir été connu sous le nom de « Varah Vishnu-lok » d’après la divinité qui la présidait. Le terme Vrah Viṣṇuloka ou Parama Viṣṇuloka signifie littéralement « Le roi qui s’est rendu dans le monde suprême de Vishnu », ce qui fait référence à Suryavarman II à titre posthume et vise à vénérer sa gloire et sa mémoire. Comme le Baphûon était dédié à Shiva et que Suryavarman II honorait Vishnou, il décida la construction d’un nouveau temple au sud de la ville. Ceci pourrait expliquer que l’entrée d’Angkor Vat est orientée vers l’ouest — vers Vishnou —, contrairement aux autres temples khmers. De nombreux spécialistes universitaires et archéologues pensent que ce fut aussi le mausolée, le temple funéraire du roi.

Cette orientation est parfaite, de sorte que deux fois par an, entre les équinoxes et le solstice d’été, lorsque le soleil passe au zénith du lieu, il se lève et se couche exactement dans l’axe du bâtiment qui coïncide avec les points cardinaux est et ouest. De plus à ces occasions la lumière zénithale éclaire une salle située à 30 mètres sous l’orifice de la pierre sommitale de la tour centrale, salle qui était prévue selon certains pour accueillir le tombeau de Suryavarman II.

Le travail de construction semble avoir pris fin à la mort du roi, laissant inachevés quelques-uns des bas-reliefs décoratifs12. En 1177, Angkor fut pillé par les Chams, les ennemis traditionnels des Khmers. Par la suite, l’empire fut restauré par Jayavarman VII, qui mit en place une nouvelle capitale, Angkor Thom et un temple d’État, le Bayon, quelques kilomètres plus au nord.

Comme j’ai décidé de tout visiter à fond …je me paye la grimpette jusqu’au somme du temple où je n’avais jamais mis les pieds …pour moi qui suis vraiment néophyte je retrouve de fortes similarités avec le premier étage …mais au moins on a une vue magnifique sur les environs du temple !!!

Vers la fin du xiie siècle, Angkor Vat s’est progressivement transformé d’un centre de culte hindoue en un centre de culte bouddhiste, qui se perpétue encore aujourd’hui. Parmi les temples d’Angkor, Angkor Vat est le plus inhabituel, il fut l’un des temples les mieux conservés car, même s’il fut quelque peu négligé après le xvie siècle, il n’a jamais été complètement abandonné. Sa préservation étant due en partie au fait que ses douves fournirent une protection contre le développement de la jungle sur le site. Dans la région d’Angkor, 14 inscriptions du xviie siècle ont été découvertes, elles témoignent de pèlerins bouddhistes japonais qui avaient établi de petites colonies aux côtés des Kmers locaux. À cette époque, le temple était considéré par les visiteurs japonais comme le célèbre jardin Jetavana du Bouddha, qui se trouvait à l’origine dans le royaume de Magadha, en Inde. L’inscription la plus connue parle de Ukondayu Kazufusa, qui a célébré le nouvel an khmer à Angkor Vat en 1632.

L’un des premiers visiteurs occidentaux du temple fut António da Madalena, un moine portugais qui s’est rendu sur le site en 1586 et a déclaré que le temple « est d’une telle construction extraordinaire qu’il n’est pas possible de le décrire sur papier, d’autant plus qu’il n’est pas comme les autres bâtiments dans le monde. Il a des tours, des décorations et tous les raffinements que le génie humain peut concevoir ».

Toutefois, le temple n’a été popularisé en Occident que dans le milieu du xixe siècle grâce à la publication des notes de voyage du naturaliste français Henri Mouhot. Celui-ci écrivit d’ailleurs : « Qui nous dira le nom de ce Michel-Ange de l’Orient qui a conçu une pareille œuvre, en a coordonné toutes les parties avec l’art le plus admirable, en a surveillé l’exécution de la base au faîte, harmonisant l’infini et la variété des détails avec la grandeur de l’ensemble et qui, non content encore, a semblé partout chercher des difficultés pour avoir la gloire de les surmonter et de confondre l’entendement des générations à venir ! ».

Les meilleures choses ayant une fin …je redescends pour finir mon exploration.

Mouhot, évoque un royaume khmer et le date vers à peu près la même époque que la Rome antique. Dans son récit, « Voyage vers les royaumes de Siam, Cambodge, Laos », Henri Mouhot écrit :« En tous cas, nous croyons que l’on peut sans exagération évaluer à plus de deux mille ans l’âge des plus vieux édifices d’Ongkor la Grande, et à peu près à deux mille celui des plus récents. » Ses rapports ont incité le gouvernement français, déjà présent en Indochine, à étudier les ruines. La véritable histoire d’Angkor Vat a été reconstituée à partir des preuves stylistiques et épigraphiques accumulées lors des travaux de déblaiement et de restauration ultérieurs. Il n’y avait pas d’habitations ou de maisons ordinaires ni d’autres signes de peuplement, notamment des ustensiles de cuisine, des armes ou des vêtements que l’on trouve habituellement sur les sites anciens. Une commission d’exploration a commencé à dresser une liste des principaux monuments. Les missions suivantes ont copié les inscriptions gravées sur les stèles du Cambodge et les bâtiments d’Angkor afin que les chercheurs puissent les traduire et construire l’histoire d’Angkor.

Le splendide héritage artistique d’Angkor Vat et des autres monuments khmers de la région d’Angkor a conduit directement à l’adoption du Cambodge comme protectorat par la France le 11 août 1863 et à l’invasion du Siam pour prendre le contrôle des ruines. Cela a rapidement conduit le Cambodge à récupérer des terres dans le nord-ouest du pays qui étaient sous contrôle siamois (thaïlandais) depuis 1351, ou selon certains témoignages depuis 1431.

En fait, l’absence d’écrits et de transmission orale avait encouragé, parmi la population locale, l’émergence du mythe de la création du temple par les dieux. Il faudra attendre les travaux archéologiques du début du xxe siècle sur le site d’Angor pour déterminer l’origine khmère des lieux.

Angkor Vat a nécessité alors de considérables efforts de restauration, principalement par l’enlèvement de la terre accumulée et de la végétation. Le travail a été interrompu par la guerre civile lorsque les Khmers rouges prirent le contrôle de la région pendant les années 1970 et 1980. Relativement peu de dégâts ont eu lieu au cours de cette période, autres que le vol et la destruction de la plupart des statues datant des époques post-angkoriennes. Cependant, faute d’entretien et d’exploitation touristique jusqu’au début des années 1990, le site est de nouveau envahi par la végétation, ce qui disloque des statues et des colonnes. Comme ailleurs dans le pays, des mines antipersonnel y sont installées afin de décourager les intrusions.

Depuis 1992, tout le site d’Angkor fut classé sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et même jugé « en péril » jusqu’en 2004. En 2008, c’était le seul site cambodgien distingué de la sorte par l’UNESCO.

Sur les bas reliefs de la3ème galerie on voit en premier la Bataille de Kuruksetra est représentée galerie ouest, aile sud. Le panneau de ce bas-relief se déroule sur une longueur de 48 m. Sa composition procède de deux grands mouvements convergents, qui viennent se mêler au centre du panneau pour en constituer le motif principal. Il s’agit ici de raconter en images la bataille de Kuruksetra qui est un des épisodes de la lutte du clan des Kaurava contre celui des Pandava. Cet affrontement fait partie de la grande épopée indienne du Mahabharata.

Puis à angle droit la Galerie du Défilé Historique est représentée galerie sud, aile ouest. Long de près de 90 m, ce bas-relief est entièrement consacré au roi Suryavarman II, constructeur d’Angkor Vat. Sur le côté gauche, au début du panneau présenté sur deux registres, on assiste, sur celui du bas, à un défilé de gens de cour, tandis que, sur celui du haut, une troupe armée, accroupie, en position d’attente, protège le roi qui, au faîte d’une montagne, est assis sur un trône, entouré de savants et de hauts dignitaires. Puis, la troupe descend du sommet pour former avec les personnages du défilé, un nouveau cortège où se mêlent fantassins, cavaliers et éléphants de guerre, montés par les chefs de cohorte.

Ensuite vient la Galerie des Cieux et des Enfers est représentée galerie sud, aile est. Ce panneau, long de 63 m, débute par trois registres et se termine sur deux. Il représente l’attribution, à la mort, des récompenses ou des châtiments, en fonction des actes, bons ou mauvais, effectués au cours de la vie.

L’enfer est au niveau le plus bas comme figuré dans notre culture également !!!

Ensuite on termine par la célèbre fresque du barattage de la mer de lait

Le Barattage de l’Océan de lait est représenté galerie est, aile sud. Ce bas-relief, long de 47 m, représente la lutte au cours de laquelle s’affrontent les tenants du bien et du mal. De composition symétrique par rapport au motif central qui représente Vishnou dirigeant le barattage de l’Océan, les dieux bienveillants (Deva) placés sur la droite tirent sur le serpent naga en guise de corde, alors que sur la gauche, les mauvais, les dieux déchus (Asura) leur donnent la réplique. Au bas du panneau, les poissons et les animaux étranges qui peuplent les eaux sont entraînés par le tourbillon provoqué par le baraton. De ce brassage sort la liqueur d’immortalité (amrita), d’où vont jaillir de nombreux êtres, parmi lesquels les Apsara, danseuses célestes.

Voilà une visite exhaustive de ce fabuleux monument que je quitterai juste avant l’arrivée de la foule des visiteurs lève tard…

Un dernier regard sur les jolies filles Kmers avant de quitter ce fabuleux temple …

Cambodge : un dimanche à Phnom Penh…

Après le covid …mais est ce terminé ???, beaucoup de choses sont fermées à Phnom Penh …mais c’est quand même un peu plus vivant que la Thaïlande dont l’activité est essentiellement basée sur le tourisme !!!

Bon mais le dimanche, les activités sont encore plus limitées que d’habitude …

Je repère que le Musée National est ouvert …tant mieux et en plus c’est juste à coté de mon hotel…

Bon mais masque obligatoire, pas le droit de faire des photos et vu le faible nombre de visiteurs …on est rapidement repéré …mais comme j’ai pris mon bridge qui est nettement plus silencieux que mon reflex …je tente le coup discrètement !!!

Le Musée national du Cambodge (en khmer : សារមន្ទីរជាតិ), situé au nord du palais royal de Phnom Penh, capitale du pays, est le principal musée historique et archéologique du Cambodge.

Il contient l’une des plus importantes collections d’art khmer, avec des sculptures, des céramiques et divers objets ethnographiques. Le musée comprend 14 000 pièces datant des temps préhistoriques et de l’empire khmer, qui s’étendait de la Thaïlande au Viêt Nam du sud.

Un premier musée voit le jour en 1905 dans un bâtiment du palais royal mis à disposition par le roi Sisowath, mais qui apparaitra rapidement trop exigu, vu l’importance des collections.

En 1914, Albert Sarraut, gouverneur général de l’Indochine, décide, avec l’accord du souverain cambodgien, de confier à George Groslier la réalisation d’un nouveau musée. La construction des bâtiments, inspirés des temples khmers, dure de 1917 à 1924.

En 1918, une partie des bâtiments est ouverte au public et le musée s’appelle alors musée du Cambodge.

Le 13 avril 1920, à l’occasion du nouvel an khmer, il est inauguré dans sa configuration finale par le roi Sisowath et prend le nom de musée Albert-Sarraut.

Lors de l’exposition coloniale internationale de 1931 à Paris, une réplique d’Angkor Vat est créée à la même échelle que l’originale pour accueillir le pavillon de l’Indochine, près du pavillon du Cambodge qui s’inspire pour sa part du musée de Phnom Penh1.

George Groslier en devient le premier conservateur et le restera jusqu’à sa retraite, en 1941. Éveline Porée-Maspéro le remplacera et fera entrer de nombreuses collections ethnographiques. Pierre Dupont la remplacera brièvement en 1945, avant de céder la place à Jacques Lagisquet (1945 – 1947), Solange Thierry (1947 – 1949) puis Jean Boisselier (1950 – 1956). Ce dernier aura la charge, lors de l’indépendance cambodgienne, de transférer aux nouvelles autorités du pays les compétences administratives de ce qui devient, le 9 août 1951, le musée national du Cambodge, l’École française d’Extrême-Orient gardant la maitrise scientifique.

Madeleine Giteau prendra la direction du musée, de 1956 à 1966 et profitera d’une réorganisation des collections pour en établir un catalogue.

Le musée a été rénové en 1968 et après avoir recueilli de nombreuses collections de musées provinciaux à partir de 1970, à cause de la guerre civile, il a subi de graves dévastations à l’époque des Khmers rouges.

A l’extérieur de nouvelles diplômées posent avec leur famille dans les jardins extérieurs du musée.

Après je suis bien embêtée pour m’occuper car le palais royal est fermé à cause du covid. En effet la famille royale habite toujours le musée et il serait dommage qu’ils attrapent le virus à cause des visiteurs. Je me balade le nez au vent histoire d’admirer les beaux bâtiments de l’époque coloniale comme celui de l’Unesco (première photo).

Ensuite je me dirige vers la ballade classique des Cambodgiens le dimanche : parcourir les quais le long du Mékong …

Etalage de graines et de fleurs de Lotus…petits oiseaux à lâcher pour emporter vos prières jusqu’aux cieux …jouets divers made in China …tout y est pour faire un paysage coloré !!!

Et à l’inverse de la Thaïlande …ici tout le monde sourit …vous dit bonjour …vous demande d’où vous venez et essaie de vous dire quelques mots de français …cela me change en bien !!!

Cambodge : escapade humide au Mondolkiri

Un peu tristounet notre séjour au Mondolkiri du fait de la météo absolument désastreuse …

Je refuse de laisser mon passport pour louer une mobylette mais c’est plutôt une bonne idée car nous aurions été trempés …surtout mon appareil photo …qui est celui qui a survécu au bain de mer en Indonésie.

Nous avons loué les services d’un tuk tuk et c’était tant mieux !!!

Les Phnong ont eux aussi de nombreuses dénominations : Pnong, Phnang, Phanong, Phong, Penong, Mnong….

La population Phnong était supérieure à 37 500 individus en 2008.

Traditionnellement les Phnong déplacent leurs villages tous les 7 ans . Le leader spirituel détermine le nouvel emplacement du village conformément à la volonté des esprits.

En général, les Phnong bâtissent des maisons à même le sol. Pour trouver une localisation favorable our une nouvelle maison dans un nouveau village il faut tester plusieurs emplacement. Le chef du foyer doit déjà trouver un endroit ou il n’y a pas de tabous. Il ira à un endroit choisi en tenant dans ses mains une figurine représentant l’esprit de la terre en espérant que l’esprit lui révèlera sa volonté dans un rêve. Si le rêve est favorable à cet endroit on le nettoiera et une plante qui est réputée pour avoir des pouvoirs magiques que l’on appelle « gum » sera prélevée à l’endroit précédent du village et sera replantée au nouvel emplacement. Une corne de buffle sera plantée en respectant la direction est ouest. A nouveau le chef du foyer doit à nouveau dormir sur place dans l’espoir de recevoir des messages encourageants de la part des esprits. Si il rêve de riz, de fruits d’une tombe ou de chasse ce sont des signaux encourageants…Par contre si rêve au sujet d’un buffle, de poisson ou qu’il tue un cerf, ce sont des signes négatifs …Après 3 nuits le chef de famille devra décider si cet endroit est favorable ou non.

Maintenant les maisons ont changé …elles ne sont plus couvertes de chaume et construites sur le sol. Elles sont construites en bois mais sur le sol comme étaient les maisons traditionnelles.

En parcourant le village de Po Tang, nous rencontrons une femme charmante qui possède des vêtements traditionnels. Elle avait essayé de monter un groupe de danses dans ce village pour contribuer à conserver la culture Phnong …mais malheureusement d’une part elle avait beaucoup de mal à recruter des garçons d’autre part même les plus motivés ont abandonné au bout d’un moment …

Heureusement …elle a conservé les costumes ce qui me permet de faire des photos sympas. Je retrouve les motifs que j’avais admiré 5 ans auparavant !!!

Dernière image de ce village pour constater que les enfants Phnong sont aussi intoxiqués que les nôtres avec leur portable.

Un peu plus loin nous avons l’occasion de visiter l’intérieur d’une maison traditionnelle Phnong où on fait la connaissance d’une femme qui fume le cigare …

La maison comporte 2 bas flancs qui sont utilisés comme banquette pour le couchage …

Plusieurs autres maisons traditionnelles mais vides car les villageois sont partis travailler aux champs : il ne reste que les cochons.

Dans un deuxième village qui s’appelle Po Roles nous avons l’opportunité de discuter avec des villageois qui nous explique la raison de la modernisation rapide des villages Phnong. Il y a un engouement touristique de la région du Mondolkiri du fait de ses collines et sa nature verdoyante. De ce fait beaucoup de resorts se sont construits sur des terres appartenant auparavant aux Phnong. Le prix de la terre est devenu extrêmement cher ce qui a permis aux Phnong de faire de très bonnes affaires . Ils ont donc rapidement abandonné les maisons traditionnelles qui sont encore utilisés comme stockage et rangement. Juste à coté ils se font construire des maisons modernes.

On continue notre ballade et on a la chance de rencontrer une femme qui a fait partie d’un groupe de danses et chants folkloriques à Siem Reap . Elle y est restée 3 ans et est rentrée dans son village où elle aussi a essayé de monter un groupe de chants et de danses auprès des jeunes de son village. Mais également elle a rencontré le manque de motivation des jeunes et a abandonné la partie.

J’en profite quand même pour la prendre en photo. C’est triste de voir cette culture, être abandonnée par les Phnong …si j’avais l’intention de revenir dans 5 à 10 ans …il n’y aura plus aucune trace de ces magnifiques textiles.

Je quitte sans regrets le Mondolkiri …pour vivre d’autres aventures à Siem Reap !!!

Cambodge : les tisserandes Tampuan au Ratanakiri

Pour terminer mon périple au Ratanakiri, je retourne dans un village Tampuan : Phnom

Ce village a la particularité d’abriter une famille de tisserandes …

Elles utilisent toujours les métiers à tisser traditionnels qui sont tendus grace à une ceinture passée derrière les reins … Elles réalisent encore des sarongs très traditionnels avec du coton filé à la main. Pour les teintures elles utilisent principalement les teintures chimiques mais parfois un mélange de teintures naturelles et de teintures chimiques …

Je repère un sarong très traditionnel et très joli …il est en coton du marché mais les couleurs mixtes naturelles et chimiques sont sympas…je craque histoire d’encourager ces femmes formidables à continuer …les jeunes filles sont également de bonnes tisserandes …tout va bien !!!

Je demande à la jeune fille de la maison de poser avec mon nouveau sarong. Elle a un petit haut qui est assorti mais qui est une nouvelle création …par le passé les femmes ne portaient par un sarong.

Pour terminer notre visite en beauté …nous partons faire un tour au cimetière Tampuan à proximité de Banlung …Les Tampuan ont des tombes très impressionnantes. Les défunts sont enterrés cote à cote dans le cimetière qui se situe dans la forêt à proximité du village. Les effigies ou photos des défunts sont placées sur chaque tombe … Quand une longue période de deuil est terminée les villageois tiennent une très importante célébration et ajoutent 2 formes en bois ..;l’une représentant une femme l’autres un homme sur le site de la tombe … Maintenant les tombes sont modernisées et ont une base en béton et sont entourées par une barrière.

Les tombes de couleur dorée sont réservées aux gents âgés…Les tombes aux couleurs argentées sont réservées aux instituteurs. Les tombes qui sont décorées avec des motifs sont pour les défunts qui ont eu un rôle important dans leur communauté notamment dans le domaine artistique.

Pour chaque tombe on remarque une ficelle qui relie la tombe au toit qui est censée aider l’esprit à rejoindre l’autre monde.

De nombreux objets sont posés sur les tombes : moustiquaires, nourriture, paniers, vins, ustensiles de cuisine et même de l’argent !!!

Les billets de 100 dollars sont malheureusement factices …

C’est la fin de mon séjour au Ratanakiri …province que je quitterai avec regrets !!!

Cambodge : des centenaires chez les Krung !!!

Ce matin nous partons pour le village de Chong Ra qui est habité à la fois par des Krung et des Brao.

Nous arrivons dans le village en pleine chaleur …la plupart des gens se sont réfugiés sous les maisons pour être un peu à l’ombre … En principe nous devons trouver ici une vieille dame que j’ai prise en photo il y a 5 ans …mais là aussi pas de chance : elle est décédée !!!

Nous demandons aux femmes rencontrées si elles connaissent une dame qui possède encore des textiles traditionnels …on nous envoie voir une famille dont une des personne est très âgée : elle a plus de 107 ans …

Je suis un peu embêtée d’ennuyer cette vieille dame, mais on me répond que l’on a absolument besoin que je la prenne en photo pour conserver un souvenir après son décès.

On va donc chercher la vieille dame et on l’habille avec des vêtements qu’elle emportera dans la tombe …Elle est super gentille même si je ne sais pas si elle réalise ce qui se passe …en tout cas, elle prends la pose même avec des objets traditionnels que ses petits enfants lui confient.

En tout cas elle me fait un sourire fantastique !!!

Puisque je suis mandatée pour faire des photos souvenirs …j’en profite pour faire des photos de toute la famille avec la mamie …

La dernière photo représente les jarres dans lesquelles sont stocké le vin de riz local.

La famille insiste pour que je sois aussi sur la photo …pas de soucis mais notre vieille dame commence à en avoir marre et elle fait la grimace !!!

Mais j’en ai repéré une autre …qui n’a que 102 ans et qui a vraiment un joli visage… elle très contente de poser pour les photos …Ses oreilles sont déformées car elle a du porter d’énormes boucles d’oreilles .

Puisque l’on est dans les centenaires, parlons de l’esprit des défunts dans les croyances Krung … Les esprits des défunts sont appelés Kayak …ils peuvent également provoquer des maladies. Pour éviter que les esprits des défunts viennent troubler les vivants et pour assurer leur passage vers l’au delà des énormes fêtes de funérailles sont célébrées pour satisfaire les esprits des personnes décédées.

Sinon les Krung ont 2 sortes d’autorités spirituelles… Le sorcier ou chaman (gru) ou les mediums (arak). Le chaman du village est consulté comme herboriste car il connait une large quantité de remèdes par les plantes qu’il cueille lui même dans la forêt. Mais il possède également un pouvoir de sorcellerie tel que fabriquer des amulettes qui protège contre les balles ou d’autres occurrences diaboliques. Le sorcier sait également comment faire des sacrifices pour contenter les esprits et maintenir bonheur et harmonie dans la communauté. Ses décisions sont appliquées et respectées par tous les villageois. Il est le maitre de toute une série de rituels annuels souvent accompagnés de sacrifices de poulet ou de porc et parfois même un buffle.

Le medium est toujours une femme qui a la possibilité de contacter les esprits malfaisants dans les rêves ou dans les transes. L’implication des esprits est très important dans les maladies des peuples des montagnes. Si une maladie est due à l’action d’un esprit, le medium devra contacter le monde des esprits pour identifier le responsable et trouver le moyen de le satisfaire par des sacrifices ou des offrandes afin de soigner le patient.

Sur les photos qui suivent une cigale locale : très bruyante et une petite maison certainement destinée à une jeune fille Krung.

Comme ce village est mixte et a quelques villageois Brao…nous partons voir le chaman Brao qui est en mauvaise posture car elle a très mal au dos : elle est tombée quelques jours auparavant …je lui achèterai une crème spéciale dans une pharmacie car visiblement soigner ce genre de problème pour elle n’est pas dans ses possibilités.

Les Brao ne sont au nombre de 9000en 2008. Les Brao vivent également dans le sud Laos vers Attapeu où je les avais rencontrés.

Les Brao sont animistes …ils suivent des croyances religieuses et témoignent du respect à une ribambelle d’esprits …les esprits sont liés au forêts, rivières, montagnes et des terres agricoles qu’ils ont abandonné pendant une centaine d’année.. Outre ces esprits, il existe aussi les esprits des défunts qui habitent le village. Chaque année ils célèbre 6 ou 7 rituels rien que pour le cycle de l’agriculture.

Lorsque la maladie ou le malheur frappe une communauté, le leader spirituel du village qui est capable de communiquer avec les esprits est sollicité pour intervenir. Ce leader spirituel organise une cérémonie avec des sacrifices pour apaiser les esprits. Ces cérémonies sont organisées dans le village ou près des champs …il peut être sacrifié un poulet, un porc ou même un buffle en fonction de la cérémonie.

Par exemple chanter, en versant du vin de riz sur les haches et les couteaux et danser avec une hache dans la main pendant la cérémonie est un moyen d’apaiser les esprits avant de couper les arbres pour réaliser un brulis.

Après la cérémonie les villageois peuvent rester ensemble de nombreuses heures pour faire la fête, chanter, frapper sur des gongs alors que des jarres de vin sont apportés pour boire.

Pour les cérémonies des défunts : le corps du défunt est en premier apporté en dehors de la maison et placé dans un cercueil fabriqué à partir d’un tronc d’arbre. Le cercueil est placé dans une hutte temporaire construite par les villageois. Ceux ci viennent s’incliner devant le cercueil pour montrer leur respect et offrir leurs condoléances à la famille. Pendant ce temps les hommes du village frappent les gongs. 3 jours plus tard le cercueil est enterré dans un cimetière dans la forêt derrière le village. On construit un toit au dessus de la tombe et on apporte des jarres , des gourdes, des paniers et d’autres ustensiles pour assurer le confort du défunt de l’au delà.

Notre chaman porte de nombreux bracelets en laiton qui sont des symboles de son pouvoir ainsi que ses dents noires (réalisés avec des plantes) qui sont également des symboles de beauté et de puissance …Tous les gouts sont dans la nature !!!

Cambodge : le monde des esprits chez les Krung

Toujours dans le même village de Nong Lek, nous continuons notre périple…et nous tombons sur une autre maison où on prépare le vin de riz …

On utilise la cosse du riz comme céréale de base à laquelle on ajoute des ferments : la poudre blanche dans le panier …et on obtient le vin de riz auquel je n’ai pas eu le courage de gouter ayant suffisamment de problèmes intestinaux avec la nourriture …

Dans cette maison on fait la connaissance d’une très belle femme qui possède par miracle un sarung traditionnel bien que de facture récente …

Cette dame a 12 enfants et elle est reconnaissante du petit pourboire que nous pouvons lui donner pour nourrir sa nombreuse famille…

Aujourd’hui les Krung vivent dans des familles restreintes… Le père est l’autorité dans la famille … Faire la cour à son partenaire est très libre au niveau des Krung …A la puberté les garçons et les filles sont encouragés à quitter la maison et à fréquenter l’autre sexe même les jeunes filles !!! Mais même si cela parait très libre, les relations sexuelles ne sont pas acceptées avant le marriage …Une grossesse avant le marriage est strictement tabou . Si une fille non mariée est enceinte une fête doit être offerte comme compensation. Une fois la cérémonie terminée, la fille est libre de garder son bébé …les Krung se marient surtout avec quelqu’un qui appartient à la même ethnie

Un intermédiaire négocie avec les parents les conditions du marriage et le prix de la mariée. Après le marriage le mari déménage dans la famille de la mariée où il doit vivre pendant un an. Ensuite ils peuvent s’installer dans le foyer de la famille du mari et créer leur propre foyer.

Les Krung vivent au sein des villages dans une forte communauté . L’autorité traditionnelle dans la société Krung est le chef du village et le conseil des anciens et bien sur le chaman qui préserve les traditions religieuses et les croyances . Traditionnellement le chef du village est nommé par les villageois mais maintenant il est nommé par les autorités locales. Il a le rôle d’administrer le ville qu’il représente au niveau local et parfois au niveau national.

Il discute des projets qui sont conduits pour le bénéfice de la communauté par un travail commun. Pendant la réalisation de tels projets , par exemple la construction d’un chemin pour rejoindre la route principale , le système de distribution de l’eau… tous les adultes sont supposés aider ..

Egalement le gouvernement local peut être amené à demander de l’aide de la part des villageois via le chef du village …pour réaliser un projet d’intérêt général..

Le conseil des anciens est un groupe de villageois âgés qui connaissent les droits et les devoirs … Le chef du village et le conseil des anciens qui se réunissent dans la maison communautaire dont la photo est ci dessous.

Ils sont également responsables de la protection et du contrôle de leurs traditions qui sont un moyen important de réguler leur vie quotidienne et pour gérer les disputes et maintenir la paix et l’harmonie au sein des membres de la communauté.

Juste à la sortie du village, je suis attirée par un enclos contenant des édifices religieux. Les Krung sont animistes et croient dans les esprits qui régissent leur environnement …comme les montagnes, les forêts, les arbres, l’eau et la terre. Ces esprits peuvent en certains cas être responsables d’énormes désastres et doivent être apaisés avec des rituels et des sacrifices afin d’éviter des problèmes pour les villageois et pour le bien de la communauté elle même. Les esprits de la maisons sont moins dangereux que la catégorie précédente mais peuvent également infliger des maladies ou des mésaventures au membres de la famille … La maison doit donc aussi être protégée de ces dangereux esprits.

Les constructions sur les photos suivantes sont des plateformes d’offrandes aux esprits afin de protéger le village !!!

Encore une journée très instructive !!!

Cambodge : De belles retrouvailles chez les Krung au Ratanakiri

Pour cette minorité également de nombreux noms sont utilisés : Kreung, Kreaung, Kroeung, Kroeng …Ils vivent également au Ratanakiri et leur nombre en 2008 est évalué à presque 20 000 individus ..

Ils vivent à proximité des ethnies Tampuan et Broar …

Aujourd’hui nous rendons en mobylette au village de Non Lek où habitait une vieille dame de plus de 100 ans que j’avais prise en photo il y a environ 5 ans …

Le village n’a pas vraiment changé d’aspect depuis 5 ans mais après enquête, notre vieille amie est morte …

Nous reprenons notre quête pour trouver des personnes âgées qui possèdent encore des vêtements traditionnels tissés à la main !!! Ce qui n’est pas aisé : actuellement plus personne de tisse …et les personnes âgées qui en possèdent encore sont enterrées avec par respect !!!

Cependant la montée en puissance du tourisme et la volonté du gouvernement d’offrir des évènements « folkloriques » même si cela est discutable …encourage le port des costumes traditionnels lors de certains évènements touristiques …

Les Krung vivent dans des villages relativement compacts qui peuvent rassembler de 70 à 200 familles …traditionnellement les villages suivaient un plan circulaire ou circulaire avec dans son centre une maison communautaire, appelée rong qui sert aux rassemblements de la communauté et aux cérémonies.

Les maisons Krung étaient construites par le passé avec des matériaux naturels mais maintenant les tôles ondulées sont devenues très populaires dans l’équipement des toits. La communauté est très solidaire et aide pour la construction des maisons : elles sont construites sur pilotis avec une hauteur de 1,5 à 2 mètres au dessus du sol …

Le plancher peut être fait de bambou ou de planches …un escalier voire une échelle permet d’atteindre l’entrée …l’intérieur est une pièce non partitionnée…mais il existe une pièce séparée à l’arrière où est installée la cuisine avec de nombreuses gourdes utilisée pour conserver l’eau potable.

Les Krung possèdent une spécificité par rapport aux autres ethnies des collines …

Cette ethnie a eu une certaine popularité car elle a une certaine originalité dans les relations entre hommes et femmes. Des parents construisent une cabane pour que leurs enfants de 13 à 15 ans découvrent l’amour et la sexualité. Les enfants dès qu’ils ont atteint leur puberté peuvent séjourner dans cette maison jusqu’à la vingtaine avant de choisir la personne de leur cœur. C’est une pratique qui se développe moins de nos jours.. Les garçons occupaient des maisons haut perchées qui étaient traditionnellement construites à l’entrée des villages. Les maisons des filles sont similaires aux maisons classiques mais plus petites. Elles sont situées à proximité des maisons de leurs parents. les garçons visitent les filles et peuvent rester un moment ce qui donnent aux enfants une indépendance vis à vis de leur familles et les préparent au mariage.

Pour nous aider dans notre recherche nous rencontrons un vieil homme de plus de 80 ans mais toujours alerte … Il connait quelques femmes qui peuvent nous intéresser qui travaillent près de l’église à fabriquer des chips de bananes …pas de soucis , on le suit !!!

L’agriculture Krung est assez variée : Riz des montagnes , Cassava, Taro, sucre canne , maïs , patates douces , haricots, poivre, sésame, tabac, ananas, aubergines, citrouilles, concombres, tomates et les fameuses gourdes aux multiples usages !!!

Dans certains villages, le riz à repiquer est planté dans un champ communautaire. Un adulte est supposé 3 paniers de riz et un enfant un panier chacun.

Le riz est stocké dans un grenier communautaire et est restitué selon les besoins des familles et l’organisation de fêtes.

Les Krung produisent également du vin de riz qu’ils stockent dans des jarres en terre.

Ils n’élèvent pas beaucoup d’animaux domestiques ce qui explique l’aspect un peu vide des villages : seulement quelques porcs, peu de poulets et quelques chiens. Mais ils possèdent également quelques vaches et buffles qui sont élevés e dehors du village et sont gardés jour et nuit par des villageois qui sont rémunérés en conséquences.

Effectivement tout le monde est au travail et certaines de manière très studieuse… j’hésite un peu à les déranger pour un motif aussi futile que la photographie de costumes traditionnels …

Mais nos nouvelles amies sont emballées par l’idée d’une petite récréation …et nous trouvons 2 volontaires pour mes photos !!!

On a une deuxième candidate avec un sarong de facture plus récente que le premier …mais avec une dame très souriante …

Nos 2 modèles avec 2 beaux sourires !!!

Notre guide et entremetteur …super sympa !!!

On lui offre une boisson ce qui nous permet de trinquer ensemble avant notre départ de ce sympathique village…

Cambodge : Retour chez les Tampuan au Ratanakiri

Là aussi les Tampoun portent de nombreux noms : Tampuon, Tampuon, Kha Tampuon, Tumpuon, Tumpuan, Tumpoon, Tamphuan, Tum Puon, Campuon, Proon

La population était de 18000 en 1995 et plus de 31000 en 2013.

Mon compagnon de voyage est Tampuan ce qui tombe bien !!!

Les Tampuan, ainsi que les autres groupes mon-khmers des montagnes, sont appelés Khmer Loeu («Haut Khmer») par la majorité khmère . En anglais, montagnards , une désignation donnée à toutes les tribus montagnardes de l’ancienne Indochine française est souvent utilisée. Bien qu’historiquement leur langue n’ait pas de système d’écriture, au cours des dix dernières années, une ONG a supervisé la création d’un système d’écriture, basé sur l’ alphabet cambodgien . Cependant, moins de 80 % des Tampuan sont alphabétisés.

Nous arrivons dans le village de La Ern qui est un village classique Tampuan…

Les maisons sont longues sur pilotis …elles abritent des familles étendues qui par le passé pouvaient atteindre une centaine de membres . Il y a un endroit central qui permet de se rassembler … Chaque foyers possède son propre coin « cuisine » à la fin de la maison. Un escalier avec des marches sculptées mène à un genre de véranda.

Nous arrivons dans ce village à la période de collecte des noix de cajou dont vous voyez un exemple sur la première photo …Sur la deuxième photo il s’agit d’une maison collective dédiée aux femmes pour qu’elles puissent réaliser des travaux de tissage. Cette maison est inoccupée compte tenu de l’importance des travaux des champs.

Le peuple Tampuan est un peuple montagnard , vivant dans des villages communaux qui vont de 100 à 400 habitants. Les villages sont souvent disposés en carré, avec une maison communale (Tampuan : /raoŋ/ ), au centre. Aujourd’hui, de nombreux villages de Tampuan ont également un puits communal, un terrain de volley -ball ou une rizerie au centre. En plus d’une maison de village, la plupart des Tampuan ont une résidence secondaire sur leur ferme.

Nous rencontrons un vieux monsieur de plus de 80 ans …qui est sourd et passe son temps à tailler des petits bâtonnets …dont l’utilité est problématique… Surtout qu’après les avoir terminés …il les fait brûler !!!

Peut être un moyen d’occuper son temps …en tout cas c’est bien triste …

Les maisons sont construites sur des pilotis de 3 à 6 pieds (0,91 à 1,83 m) pour capter les brises fraîches. Les murs, le sol, le toit et les portes sont en bambou tressé fendu. Normalement, les maisons sont de forme rectangulaire, mesurant en moyenne cinq mètres sur trois mètres. Aujourd’hui, de nombreux Tampuan riches construisent des maisons en bois avec des toits en tôle ondulée, une marque de luxe. Dans certaines régions, les Tampuan vivent dans des maisons longues communes pouvant mesurer jusqu’à 200 pieds (61 m) de longueur.

Nous rendons dans une maison où une femme nous présente quelques tissages qu’elle a fait il y a longtemps ;.. Par le passé les femmes Tampuan étaient des tisserandes très actives …mais comme beaucoup de minorités du Nord Cambodge elles ont arrêté de se servir de leur métier à tisser pour produire leur vêtements pour acheter des textiles dans les marchés locaux à des prix très abordables ..

Cependant ces dernières années le gouvernement national et provincial a essayé de promouvoir le tourisme culturel dans la région et certains leaders des communautés se sont joints à ces encouragements. Certaines femmes ont répondu à l’appel et se sont remises à tisser : elles produisent des sarongs et des foulards qui sont vendus à Banlung dans des boutiques qui ont malheureusement fermé du fait de la crise du Covid.

Sur les foulards qui nous sont présentés ..Le rouge est particulièrement intéressant car les motifs sont très figuratifs …

Sur les 3 dernières photos : on voit des graines de concombres et des avions…sur la 2ème et la 3ème photos le motif avec des petites boules représente des bébés araignées !!!!

Les Tampuans ont un système de mariage matrilinéaire , le nom de famille et l’héritage passant par le côté maternel de la famille. Normalement, les Tampuan se marient entre quatorze et dix-huit ans. Conformément à la tradition, le jeune couple vit et sert la famille de la mariée pendant trois ans, puis déménage pour servir la famille du marié pendant trois ans supplémentaires. À ce stade, le jeune couple est considéré comme majeur, capable de démarrer sa propre ferme. La bigamie est tolérée mais pas courante.

La femme Tampuan mariée moyenne porte six à huit enfants au cours de sa vie, mais en raison des taux élevés de mortalité infantile et de soins médicaux médiocres, moins de six survivent généralement jusqu’à l’âge adulte.

Cette dame Tampuan possède un beau sarong et est d’accord pour poser pour les photos.

Ce sarong a environ une vingtaine d’année !!!

Le régime Tampuan se compose presque entièrement de riz, complété par du poisson ou des légumes cuits. Bien que les Tampuan puissent élever des poulets, des cochons, des chiens, des vaches et des buffles d’eau pour se nourrir, la viande est rarement consommée en dehors d’un sacrifice religieux animiste. Les Tampuan utilisent également des arbalètes ou des fusils pour chasser les sangliers, les faisans, les cerfs et les petits rongeurs. Les insectes et les fourmis sont souvent consommés comme collations. Les Tampuan considèrent qu’un certain nombre d’aliments sont tabous, selon le clan dans lequel on est né.

Presque tous les habitants Tampuan sont des agriculteurs de subsistance , pratiquant une forme d’ agriculture sur brûlis en rotation . Les terres entourant le village appartiennent à la communauté, chaque membre du village plantant sur sa section désignée. Lorsque les éléments nutritifs d’une parcelle particulière sont épuisés, généralement après deux ou trois ans, une nouvelle parcelle est défrichée, brûlée et préparée pour la plantation. La parcelle précédente est laissée en jachère pendant plusieurs années. La grande majorité des Tampuan plantent du riz de terre sèche.

Notre charmante modèle pose avec un sarong qui a presque 100 ans …d’où un petit trou à l’arrière …merci les souris !!!

Les Tampuan sont des animistes , croyant que les esprits habitent toutes choses. Les esprits, et surtout les mauvais esprits, doivent être apaisés par des sacrifices d’animaux. Violer les commandements de l’esprit maléfique provoque la maladie. Les médiums et les sorciers sont courants et sont payés pour dire la volonté des esprits.

Nous retrouvons notre vieux monsieur …je lui achète une boisson sucrée et a priori il apprécie …un petit moment de bonheur dans une existence des plus tristounette !!!

Les Tampuan sont un peuple très musical. Ils apprennent dès leur plus jeune âge à jouer du violon, du banjo à cordes, de la batterie , des flûtes et des gongs. Les gongs sont leurs instruments les plus importants. Les gongs sont en bronze martelé et se composent d’un ensemble de cinq pour le rythme et d’un autre ensemble de huit pour la mélodie. Jouer des gongs est une affaire communautaire ; treize hommes jouent des gongs et deux jouent des percussions. Souvent, les gongs sont accompagnés de danses. Traditionnellement, les hommes jouent des instruments et les femmes chantent.

Et d’ailleurs Khieng mon guide est à ses heures compositeur et chanteur de charme …en langue Tampuan bien sûr !!!

https://web.facebook.com/watch/?v=662214084800697&extid=NS-UNK-UNK-UNK-AN_GK0T-GK1C&ref=sharing&_rdc=1&_rdr

Cambodge : rencontre avec le peuple Kacho au Ratanakiri !!!

C’est mon premier jour au Ratanakiri !!! Et je suis vraiment heureuse d’avoir quitté Phnom Penh où j’ai passé quelques jours chez une amie …

Les Kacho comme beaucoup d’autres ethnies portent de nombreux noms : Kaco, Kachok, Kachoq, Kachac, Kachak, Krachak, Kachah, Laman, Loemoun, Lamoun

Mon ami Khieng qui appartient à l’ethnie Tampoun les appelle Kajork …

Bref rien n’est simple lorsqu’il n’existe pas de langue écrite !!!

Les Kacho vivent dans des villages reculés où ils vivent en communauté dans une complète harmonie et solidarité…

Ils se rassemblent pour les fêtes traditionnelles où ils organisent des fêtes ..;

En 1995 leur nombre était estimé 2200 …en 2003 : 3377.

Ils habitent des maisons en bois sur pilotis. Les plus pauvres ont des maisons en bambou à 1 mètre au dessus du sol avec des toits de chaumes mais cela devient de plus en plus rare. En général les maisons sont construites en bois à 2,5 mètres du sol avec des toits en tôle ondulée.

Le sous sol peut ainsi être utilisé comme stockage ou zone de travail ou de repos.

Une particularité des maisons Kacho est qu’elles abritent la totalité de la famille … Lorsqu’un enfant se marie on construit une aile supplémentaire à la maison existante ce qui conduit à des habitations d’une taille conséquente …

Nous arrivons en mobylette à un premier village qui s’appelle Bar Kham et qui est situé à plus de 60 kilomètres de Ban Lung.

Première impression : personne même les personnes âgées ne portent pas le costume traditionnel mais un vague sarong de tissu imprimé …mais les gens sont super sympas et souriants …aucun problème pour faire des photos : tout le monde est ravi et souriant …

Je visite l’intérieur de la maison du copain de Khieng …l’intérieur est très simple mais très propre : je suis impressionnée par le super rangement de la cuisine !!!

On fait le tour du village pour trouver une vieille dame qui possède encore un vêtement traditionnel tissé à la main. Mais ici plus personne ne sait tisser donc la quête est difficile !!!

Les villages sont administrés par un chef de village et le conseil des anciens …

Du fait de leur proximité …il y a beaucoup de marriages mixtes avec les villages voisins habités par une population Lao. Les Kacho sont des agriculteurs qui cultivent le riz des montagnes qui assure leur subsistance. Ils font également pousser du maïs et des légumes. Les villages étant implantés près de la rivière Se San, ils intègrent à leur menu des poissons et autres animaux aquatiques …

On trouve enfin une vieille dame qui possède un costume tissé main. Le problème est que lorsque ces vieilles dames viennent à décéder …on les enterre avec leurs plus beaux vêtement et ces costumes anciens disparaissent dans les cercueils. Il est clair que dans moins de 10 ans il ne restera rien de ces textiles …

Le costume ressemble un peu au costume Jaraï cambodgien …c’est à dire que la veste qui est un élément récent du costume …comporte une magnifique fermeture éclair devant …ce qui n’a rien de tribal !!!

Avant les femmes ne portaient qu’un sarong sans se couvrir la poitrine …mais la pudibonderie des colonisateurs les a obligés à modifier leur habillement.

Le copain de Khieng nous invite à déjeuner ce qui n’était pas prévu car nous devions rejoindre un repas d’anniversaire de funérailles (très arrosé) dans un autre village.

Mais ce monsieur est vraiment très gentil et parle un peu l’anglais grace aux cours dispensés par Khieng auprès des minorités : il a déjà formé plus de 350 jeunes avec les moyens dont il dispose !!!

En attendant que le repas soit prêt, nous allons nous balader au bord de la rivière et c’est vraiment paradisiaque !!!

On croise un gros cochon sur le chemin du retour. Les Kacho ne possèdent pas de buffles ou de vaches car ces animaux seraient difficiles à nourrir pendant la saison sèche. Par contre ils possèdent pas mal de porcs, volaille, canards et chiens …ces derniers faisant également partie de leur consommation.

Le repas est prêt…mais quelqu’un de la famille nous apporte de superbes vêtements traditionnels .

Séance photo obligatoire à la fin du repas !!!

Je remarque ce curieux empiècement qui est cousu sur le sarong et porté à l’arrière du corps.

Les motifs représente des fleurs mais également un insecte venimeux dont il faut se méfier mais qui peut être considéré comme une protection pour celui qui porte ce motif.

Sur les bandes de couleur plus étroites …il existe un autre motif qui représente des araignées d’eau. Ce symbole est un symbole de puissance car ces insectes qui évoluent à la surface sont plus forts que l’eau car ils ne coulent pas !!!

Il y a 2 jeux de costumes et pour chacun la veste comporte la fameuse fermeture éclair …dommage !!!

Repas de poissons pêchés dans la rivière et de légumes cueillis dans la forêt ….

Pour moi ce repas convivial vaut tous les repas dans des restaurants hors de prix !!!

On passe à la phase photo avec la maman de notre amie qui se prête gentiment au rôle de modèle !!!

On continue notre tour du village …du coup on fait une croix sur sur l’anniversaire des funérailles mais ce n’est pas grave car on ne rencontre que des gens sympas et souriants.

On part quand même dans le 2ème village qui n’est pas très loin du premier…

Pendant la guerre civile …ils ont peu rencontré de Kmers rouges, leurs villages étant trop reculés pour les intéresser.

On retrouve dans ce deuxième village …exactement le même type de textiles que dans le premier Village.

Présence d’enfants souriants qui sont ravis d’être pris en photos. J’enverrai tous mes clichés à Khiend qui se chargera de faire quelques tirages pour leur faire plaisir !!!

En repartant 2 piquets qui servent à attacher les buffles pour le sacrifice nécessaire à la construction d’une nouvelle maison….buffles qui sont achetés auprès d’autres ethnies !!!

Je découvre dans une maison des gourdes pyrogravées qui représentent des motifs traditionnels, entre autres des hommes buvant du vin dans une même jarre mais avec plusieurs pailles en bambou.

Malgré toutes mes bonnes résolutions, je ne résiste pas et repars avec une gourde qui tiendra compagnie à mes gourdes Turkana et Massaï dans ma cuisine !!!

Notre dernier regard dans ce village sera pour le cimetierre très figuratif avec des figures d’hélicoptères, de bateaux (ils sont près de la rivière et c’est un moyen de locomotion) . IL y a également sur la tombe d’un des notables une statue de l’homme et la femme avec des yeux en agates …très impressionnants !!! Les Kacho mettent également un certain nombre d’ustensiles de cuisine sur la tombe, ainsi que des gourdes et les cranes et mâchoires des animaux sacrifiés pour les funérailles !!!

Les Kacho sont animistes …ils considèrent les esprits de la forêt comme extrêmement puissants et c’est pour cela que les places qui ont une signification spirituelle puissante sont implantées dans la forêt.

Si quelqu’un du village se rend à cet endroit et offense les esprits, une des personnes de la famille peut tomber malade …douleurs, saignement du nez ou de la bouche. A ce moment une cérémonie doit être organisée pour apaiser les esprits.

Certains endroits de la forêt peuvent être tabou pour les femmes ou les enfants. Ddans autres endroits il est interdit de chasser ou de piéger les animaux. L’abattage des grands arbres est interdit car ils peuvent abriter des esprits qui peuvent causer la maladie ou la mort …

Avant d’entrer dans la forêt, le villageois doit faire des offrandes pour demander la permission de collecter des plantes sauvages ou de chasser des animaux.

Si dans la forêt un accident arrive à quelqu’un …il faudra refaire des offrandes en retournant dans le village. Dans certaines occasions, certains animaux peuvent être tués dans la forêt mais ne peuvent pas être ramenés dans le village sinon l’esprit suivra et chassera le villageois. Celui qui ignore cette règle peut être taxé d’un cochon ou d’une jarre de vin par les anciens !!!