Inde 2026 : festivals dans les tribus primitives d’Odisha …un village Kutia Kondh
Me voilà revenue en Odisha où je suis venue déjà 5 fois…Pour cette sixième fois je me concentre sur les tribus primitives…
On commence par les Kutia Kondh …tribu que l’ai déjà visitée par le passé pour admirer les magnifiques tatouages faciaux des femmes. Ces femmes par le passé étaient obligées de se tatouer pour trouver un mari…c’était également un moyen de se protéger des tribus voisines, des indiens et des anglais…
Pour commencer on visite un petit marché local de poissons séchés …Ces poissons viennent en majorité de la mer qui bordent la frontière de l’Odisha.




Les Kutia Kondh constituent l’une des sections les plus primitives et vulnérables de la tribu Kondh, résidant principalement dans les collines et les vallées du sud-ouest de l’Odisha, en Inde.
Les Kutia Kondh (également orthographié Khutia Kondh, Kuttia Kandha ou Kuvi Kondh) constituent l’une des branches les plus distinctives du groupe tribal Kondh, l’une des plus importantes communautés tribales de l’Inde. Ils habitent principalement les régions montagneuses et forestières de l’État d’Odisha, dans l’est de l’Inde, avec une présence significative dans les Ghâts orientaux
Ils vivent principalement dans les districts de Kandhamal (zone de Belaghara) et Kalahandi (blocs de Lanjigarh et Thuamul Rampur).
Le nom de ce village est Dandi Sahi, Kandhamal district of Odisha..






Organisation sociale : Ils vivent dans des villages organisés en deux rangées de maisons se faisant face sur une place rectangulaire. Le village de Kutia Kandha était traditionnellement uniclan, avec deux rangées de maisons de part et d’autre d’une large rue. Les maisons partagent une véranda commune et un toit à une seule crête. Elles sont décorées par les femmes de motifs géométriques et floraux peints à la terre graphite ou à la terre rouge et à la chaux. Le sanctuaire dédié à la déesse de la terre se trouve au centre de la rue principale.
Traditionnellement semi-nomades, ils pratiquent actuellement l’agriculture itinérante (brûlis) appelée podu chasa, cultivant principalement des millets comme le ragi.
Le mot Kandha dérive du mot télougou Konda qui signifie colline, et cette communauté est à l’origine composée d’habitants des collines. Traditionnellement semi-nomades, ils pratiquent l’agriculture itinérante (brûlis) appelée podu chasa, cultivant principalement des millets comme le ragi.
L’organisation sociale de la famille est généralement nucléaire et patriarcale
La reconnaissance de cette tribu dans la constitution Indienne leur confère des réservations dans l’éducation (sièges réservés dans les établissements ) mais souvent les enfants sont employés comme main d’oeuvre dans les champs et ne profitent pas de cette possibilité…
Des quotas dans dans l’emploi public
Une représentation politique garantie
Des programmes de développement ciblés
Une protection juridique de leurs terres et ressources
Dans les faits rien n’est avéré …








Les femmes Kutia Kondh sont célèbres pour leurs tatouages géométriques complexes sur le visage. Historiquement, ces marques servaient à se reconnaître dans l’au-delà ou à décourager les enlèvements par d’autres clans.
Elles portent souvent de nombreux anneaux dans le nez et les oreilles (parfois jusqu’à 15 perçages par oreille) ainsi que des épingles à cheveux en métal.
Ils parlent le Kui, une langue de la famille dravidienne.
Musique : Le Dhap et le Salap Baja sont leurs instruments de musique
Croyances : Ils vouent un culte profond à la nature et à la Déesse de la Terre (Dharani Penu), à qui ils offraient autrefois des sacrifices humains (Meriah), aujourd’hui remplacés par des sacrifices de buffles lors du rituel…qui est le festival auquel je vais assister.
















Région : Sud du Kandhamal et Kalahandi
Selon les données récentes pour la totalité des Kondhs
- Population estimée : 1,8 à 2 lakh (180 000 à 200 000 individus)
- Densité : Très dispersée dans des zones difficiles d’accès
- Croissance démographique : Relativement faible comparée à la moyenne nationale
- Sex-ratio : Relativement équilibré, avec parfois un léger avantage féminin




















Les Kutia Kandhas pratiquent principalement l’agriculture itinérante sur brûlis, cultivant du ragi, du petit millet et des oléagineux. Ils récoltent également des produits forestiers tels que des champignons, des racines, des tubercules et des fruits comme la mangue et le jacquier pendant la saison sèche. Ils vendent de la laque, du miel, de la gomme et des coupes en feuilles sur les marchés locaux pour compléter leurs revenus. Nombre d’entre eux sont habiles à fabriquer des nattes en bambou, des nasses et des paniers, ainsi que des récipients à tabac décoratifs et des flûtes.





Plus significativement, les Kutia Kondh sont classés parmi les Groupes Tribaux Particulièrement Vulnérables (Particularly Vulnerable Tribal Groups – PVTG), anciennement appelés « Tribus Primitives ». Cette catégorie spéciale, établie en 1975, reconnaît leur situation de vulnérabilité extrême basée sur :
Une technologie pré-agricole
Un faible niveau d’alphabétisation
Une économie de subsistance
Une population en stagnation ou en déclin
Un isolement géographique et social
Statut actuel
Reconnus comme un Groupe Tribal Particulièrement Vulnérable (PVTG), les Kutia Kondh font face à des défis socio-économiques majeurs, notamment l’insécurité alimentaire et un accès limité aux infrastructures modernes. Des efforts gouvernementaux, via l’agence Kutia Kondh Development Agency (KKDA), visent à améliorer leurs conditions de vie tout en préservant leur culture unique.
Les Kutia Kondh utilisent des structures symboliques représentées par des poteaux en bois, des piliers bifurqués et entaillés, des cadres en bambou, des piliers en pierre et des plateformes surélevées ornées de vermillon. Chaque lieu abrite des esprits et des divinités. Dharani Penu est représenté par trois pierres. Le Jani est le spécialiste religieux et magique à temps plein du village.
Le mot Kandha dérive du mot télougou Konda qui signifie colline, et cette communauté est à l’origine composée d’habitants des collines. Traditionnellement semi-nomades, ils pratiquent l’agriculture itinérante (brûlis) appelée podu chasa, cultivant principalement des millets comme le ragi.















Festivals : sacrifice Meriah, Puni Kalu, Dadbinere, Dashera, Kandanga Dakina, Basa Dakina etc.
Le rituel du Meriah constitue l’un des phénomènes les plus complexes et controversés de l’anthropologie tribale indienne. Cette cérémonie, pratiquée historiquement par les Kondh des collines d’Odisha, représente un cas d’étude fascinant sur la transformation religieuse, la résistance culturelle et l’adaptation des pratiques rituelles face aux pressions coloniales et modernes. Pour comprendre véritablement le Meriah, il faut dépasser le sensationnalisme qui a longtemps entouré ce rituel et plonger dans la cosmologie complexe des Kutia Kondh, où la vie, la mort et la fertilité forment un cycle indissociable.
Les racines du Meriah s’enfoncent profondément dans la mémoire collective des Kondh, bien au-delà des premiers témoignages écrits. Selon la tradition orale kutia kondh, ce rituel trouve son origine dans un pacte primordial entre l’humanité et Tari Pennu (ou Dharani Penu), la Déesse de la Terre.
Le mythe fondateur raconte qu’aux temps primordiaux, lorsque les premiers Kondh arrivèrent dans les montagnes, la terre était stérile et hostile. Tari Pennu, déesse à la fois nourricière et dévoratrice, exigea un tribut de vie humaine en échange de sa fertilité. Ce sacrifice devait symboliser la reconnaissance que toute vie provient de la terre et doit y retourner. La victime sacrificielle, appelée « Meriah » ou « Tokke », était considérée non comme une victime mais comme un médiateur sacré, un messager volontaire vers la divinité tellurique.
Les premières mentions écrites du Meriah apparaissent dans les rapports des administrateurs britanniques du début du 19ème siècle, particulièrement après la conquête de l’Odisha en 1803. Les officiers coloniaux, horrifiés par cette pratique, documentèrent méticuleusement le rituel, créant un corpus de sources primaires que les anthropologues continuent d’étudier aujourd’hui.
Caractéristiques du Meriah originel (pré-1850) :
Le rituel traditionnel suivait un protocole élaboré s’étendant sur plusieurs jours, parfois plusieurs semaines. Les victimes, appelées Meriah, provenaient de plusieurs sources :
• Enfants achetés auprès de tribus voisines pauvres
• Descendants de Meriah précédents, élevés spécifiquement pour ce rôle
• Prisonniers de guerre ou criminels condamnés
• Parfois, volontaires cherchant à sauver leur communauté
Ces individus vivaient parmi les Kondh, souvent pendant des années, traités avec respect et considération. Ils étaient marqués physiquement (tatouages, scarifications) les désignant comme appartenant à la déesse. Lors du sacrifice quinquennal ou annuel (selon les villages), la victime était tuée selon des rituels précis, et son corps démembré. Les fragments étaient enterrés dans différents champs, chaque parcelle recevant sa portion de fertilité divine.
L’intervention britannique contre le Meriah représente un chapitre crucial dans l’histoire coloniale et anthropologique indienne.
Contexte de la découverte : Les Britanniques, pénétrant progressivement dans les régions tribales isolées après 1803, découvrirent avec stupéfaction cette pratique entre 1830 et 1835. Le Major Samuel Charters Macpherson, nommé à Ghumsur, devint le principal architecte de la campagne d’abolition.
Les « Meriah Wars » (1836-1862) : Ce qui suivit fut moins une guerre conventionnelle qu’une longue campagne de répression religieuse et culturelle, ponctuée de résistances farouches.
• Phase 1 (1836-1845) : Persuasion et rachats
Macpherson tente d’acheter les victimes désignées
Négociations avec les chefs kondh
« Sauvetage » de plus de 1,500 Meriah potentiels
Résistance passive : les villages reculés continuent en secret
• Phase 2 (1845-1855) : Coercition militaire
Expéditions punitives dans les collines
Destruction de villages récalcitrants
Arrestations de prêtres et chefs
Résistance armée : embuscades, guérilla
Les Kondh considèrent cela comme une guerre religieuse
• Phase 3 (1855-1862) : Suppression finale
Présence militaire permanente
Système d’informateurs
Sanctions sévères pour toute pratique
Derniers sacrifices connus vers 1860-1862
Impact psychologique et culturel : La suppression du Meriah fut vécue par les Kondh comme un traumatisme cosmologique. Selon leur croyance, l’arrêt des sacrifices risquait de provoquer la colère de Tari Pennu, entraînant famines, épidémies et désastres. Les rapports britanniques de l’époque documentent l’anxiété collective, les communautés s’attendant à des calamités divines.
Transformation et adaptation (1862-présent)
Face à l’impossibilité de continuer les sacrifices humains, les Kutia Kondh ont graduellement transformé le rituel, démontrant une remarquable capacité d’adaptation religieuse.
Phase transitoire (1862-1900) :
• Sacrifices secrets sporadiques dans les zones les plus reculées
• Substitution progressive par des animaux (buffles, chèvres)
• Débats théologiques internes : la déesse acceptera-t-elle les substituts?
• Syncrétisme avec des éléments hindous
• Maintien de la structure rituelle mais changement du sacrifice central
Réinterprétation théologique : Les prêtres kondh durent réinterpréter leur cosmologie. Plusieurs justifications émergèrent :
• Tari Pennu, compatissante, accepte désormais des substituts animaux
• Le sang du buffle possède suffisamment de puissance vitale
• L’intention et la piété compensent le changement de victime
• Le cycle cosmique lui-même a changé, nécessitant moins de puissance
Le Meriah contemporain (20ème-21ème siècle) :
Le rituel moderne, tout en conservant le nom « Meriah » (ou « Kedu » dans certaines régions), s’est transformé en un festival agricole complexe centré sur le sacrifice de buffles, parfois complété par des chèvres et des volailles. Cette transformation n’a pas diminué l’intensité émotionnelle ou la signification spirituelle du rituel pour les participants.










Périodicité
• Annuel dans la plupart des villages (février-mars)
• Parfois bisannuel ou triennal selon les moyens économiques
• Calendrier basé sur les cycles agricoles et lunaires
• Préparations commençant plusieurs semaines à l’avance
Signification contemporaine : Le Meriah moderne sert plusieurs fonctions essentielles :
• Rituelle : renouvellement du pacte avec Tari Pennu
• Agricole : assurance de bonnes récoltes
• Sociale : cohésion communautaire et réaffirmation identitaire
• Politique : démonstration de continuité culturelle face à la marginalisation
• Économique : redistribution et festins collectifs
Cosmologie kondh : la théologie de la terre-mère
Pour comprendre le Meriah, il faut pénétrer dans l’univers conceptuel des Kutia Kondh, où chaque élément de la nature possède une conscience et une agence.
Tari Pennu – La Déesse de la Terre :
Tari Pennu n’est pas une divinité distante mais une présence immanente, palpable dans chaque motte de terre, chaque grain de riz. Elle est simultanément :
Mère nourricière : source de toute subsistance
Divinité dévoratrice : qui réclame la mort pour donner la vie
Juge morale : punissant les transgressions par la stérilité
Protectrice : défendant ses fidèles contre les dangers
La terre, dans la conception kondh, n’est pas une ressource passive mais un organisme vivant possédant des besoins, des désirs et des humeurs. Elle doit être nourrie, apaisée, respectée. Le sacrifice est l’aliment primordial de cette entité tellurique.
Le cycle cosmique de la vie et de la mort :
La cosmologie kondh repose sur un principe de réciprocité universelle : tout ce qui est pris doit être rendu. L’agriculture, acte de violence contre la terre (déforestation, labour), crée une dette cosmique. Cette dette doit être payée en « vie pour vie ».
Le sang versé lors du Meriah n’est pas simple destruction mais transformation alchimique :
• Sang animal → fertilité végétale
• Mort sacrificielle → vie communautaire
• Violence rituelle contrôlée → ordre cosmique
Le buffle comme substitut sacré
La substitution du Meriah humain par le buffle n’est pas arbitraire mais profondément symbolique.
Symbolisme du buffle (Mishi) :
Dans la pensée kondh, le buffle d’eau possède des qualités qui le rendent particulièrement apte au sacrifice :
• Puissance vitale : Le buffle, animal massif et fort, concentre une énergie vitale (jena) exceptionnelle
• Association aquatique : Créature liée à l’eau, élément fertilisant
• Domestication limitée : Plus proche de la nature sauvage que les bovins ordinaires
• Valeur économique : Le sacrifice représente un don substantiel à la déesse
• Couleur : Préférence pour les buffles noirs, associés à la terre sombre
Critères de sélection : Le buffle sacrificiel doit répondre à des critères stricts :
• Mâle entier (non castré), symbolisant la fertilité
• Sans défauts physiques (taches, blessures, maladies)
• Âge optimal (2-4 ans), pleine vigueur
• Idéalement acquis spécifiquement pour le rituel
• Maintenu séparé, partiellement sacralisé avant le sacrifice
Dimensions multiples du sacrifice
Le Meriah opère simultanément sur plusieurs plans symboliques :
Plan cosmologique :
• Restauration de l’équilibre universel
• Renouvellement du temps cyclique
• Réinitialisation du pacte primordial
Plan agricole :
• Fertilisation magique des champs
• Contrôle des pluies et des saisons
• Protection contre les parasites et maladies
Plan social :
• Réaffirmation des liens communautaires
• Dissolution temporaire des tensions internes
• Exhibition de la prospérité collective
Plan psychologique :
• Cathartis collective face aux anxiétés existentielles
• Confrontation rituelle avec la mort
• Sentiment de maîtrise face à l’incertitude agricole
Plan politique :
• Démonstration d’autonomie culturelle
• Résistance symbolique à l’assimilation
• Affirmation de l’identité tribale distincte
Consultation du Jani : Le Jani (prêtre héréditaire du village), dépositaire du savoir rituel, effectue les premières divinations. Assis dans le dharani penu (bosquet sacré), il entre en communication avec Tari Pennu :
• Interprétation des rêves collectifs
• Lecture de signes naturels (vol des oiseaux, comportement des animaux)
• Détermination de la date propice (selon le calendrier lunaire kondh)
• Identification des tabous spécifiques pour cette année
Le Jani annonce ensuite publiquement la date choisie lors d’une assemblée villageoise nocturne. Cette annonce déclenche l’observation collective de restrictions :
• Abstinence sexuelle pour tous les adultes
• Interdiction de consommer certains aliments
• Évitement des zones sacrées sauf pour préparations rituelles
• Arrêt des disputes et querelles (période de paix obligatoire)
Acquisition du buffle sacrificiel :
Un comité (généralement les aînés et le pradhan – chef de village) est chargé d’acquérir le buffle. Cette mission est entourée de rituels :
• Collecte de fonds communautaires
• Expédition au marché aux bestiaux (souvent à 20-30 km)
• Examen méticuleux des animaux disponibles
• Négociation considérée comme dialogue avec la déesse
• Transport sacré du buffle jusqu’au village
Une fois arrivé, le buffle est placé dans un enclos spécial :
• Construit près du dharani penu
• Décoré de feuilles de manguier et guirlandes
• Gardé jour et nuit par des volontaires
• Nourri d’aliments purs (herbe fraîche, grains spéciaux)
• Baigné quotidiennement et maintenu propre
Semaine 3-4 : Préparations intensives
L’atmosphère villageoise change radicalement. Une effervescence sacrée saisit la communauté.
Préparatifs matériels :
• Construction de structures temporaires : plateforme pour le sacrifice, abris pour les invités
• Préparation des instruments rituels : nettoyage et consécration des haches, couteaux, récipients
• Fabrication de l’alcool de riz (salap) : processus de fermentation de plusieurs jours
• Collecte de bois sacré : types spécifiques d’arbres pour les feux rituels
• Confection de nouvelles cordes : en fibres naturelles pour attacher le buffle
Mobilisation communautaire : Chaque famille contribue selon ses moyens :
• Riz, légumineuses, légumes pour les festins
• Volailles pour sacrifices secondaires
• Bois de chauffage
• Fleurs et feuilles pour décorations
• Main-d’œuvre pour constructions
Invitations et visiteurs : Des émissaires sont envoyés aux villages voisins et aux familles alliées :
• Invitations formelles aux villages kutia kondh environnants
• Appel aux parents éloignés, même ceux installés en ville
• Accueil prévu pour 200-500 personnes selon la taille du village
• Préparation de l’hospitalité (hébergement, nourriture
Le premier jour établit la séparation entre le temps profane et le temps sacré.
Aube : Le Jani, accompagné du Dehuri (assistant rituel) et de quelques aînés, procède à la purification du dharani penu. Cette opération dure plusieurs heures :
• Nettoyage méticuleux de toute souillure
• Tracé de motifs sacrés (alpona) avec poudre de riz
• Érection de nouveaux poteaux sacrés (souvent en sal ou karanj)
• Offrandes préliminaires : fleurs, encens, feuilles de bétel
Un feu sacré (agni) est allumé, qui brûlera continuellement jusqu’à la fin du rituel. Ce feu, alimenté par des essences spécifiques (bois de santal, branches de manguier), génère une fumée considérée purificatrice.
Matinée : Début des danses préparatoires. Les jeunes hommes, torse nu, corps peints de motifs géométriques blancs et rouges (argile et ocre), commencent la dhemsa. Cette danse, qui durera par intermittence pendant tout le festival, suit un pattern circulaire autour du dharani penu.
Accompagnement musical :
• Deux ou trois dhum dhum (grands tambours) battus avec intensité
• Nissan (trompettes en laiton) produisant des notes graves prolongées
• Muri (flûtes en bambou) pour les interludes mélodiques
• Chants responsoriaux : un soliste improvise, le chœur répond
Après-midi : Cérémonie de consécration du buffle. C’est un moment d’émotion intense car l’animal est formellement dédié à la déesse.
Le buffle, paré de guirlandes de fleurs jaunes et rouges, de tissus colorés, est amené en procession devant le dharani penu. Le Jani, entrant en état de légère transe, effectue :
• Circumbulations autour de l’animal (généralement sept tours)
• Application de pâte de curcuma et vermillon sur le front du buffle
• Chants incantatoires en kui ancien (incompréhensible pour les non-initiés)
• Offrande d’eau sacrée dans laquelle l’animal doit boire
Un moment critique survient : le buffle doit secouer la tête après avoir bu. Ce signe est interprété comme l’acceptation par Tari Pennu du sacrifice. Si le buffle ne secoue pas la tête, une anxiété palpable s’empare de l’assemblée. Le Jani répète alors les incantations jusqu’à obtenir le signe favorable.
Soir : Premier festin communautaire. Des chèvres sont sacrifiées (de manière simple, sans le cérémonial du buffle), et leur viande distribuée. Les familles cuisinent collectivement dans la zone centrale.
Atmosphère festive croissante :
• Circulation libre de salap (alcool de riz)
• Intensification des danses
• Chants jusqu’à tard dans la nuit
• Conversation et rires, renforcement des liens
Jour 2 : Invocations et offrandes
Toute la journée : Séries répétées de rituels d’invocation. Le Jani procède à des offrandes à différentes divinités et esprits, établissant une hiérarchie cosmique :
• Tari Pennu (divinité principale)
• Burhi Pennu (déesse de la lumière)
• Pitho Pennu (dieu de la guerre/chasse)
• Esprits des ancêtres (soma)
• Esprits locaux des collines, sources, arbres
Chaque invocation suit un protocole :
• Positionnement précis face à la direction associée à l’esprit
• Offrandes spécifiques (types de fleurs, grains, liquides)
• Incantations formulées dans un kui archaïque
• Prostrations et gestes codifiés
Participation des femmes : Les femmes kutia kondh, vêtues de leurs plus beaux saris traditionnels (généralement avec motifs tribaux rouges et noirs), exécutent leurs propres danses :
• Formation en lignes parallèles
• Mouvements gracieux des bras, symbolisant la croissance des cultures
• Chants invoquant la fertilité
Un moment particulièrement émouvant : les femmes enceintes sont bénies spécialement, recevant des fleurs sacrées et de la cendre du feu rituel, promesse de naissances saines.
Jour 3 : Le sacrifice du buffle – point culminant
C’est le jour du grand sacrifice, moment de tension maximale et de ferveur religieuse intense. La communauté entre dans un état émotionnel collectif extraordinaire.
3.3 Le sacrifice du buffle : description détaillée
Aube (4h00-6h00) : Préparations finales
Le village se réveille bien avant l’aurore. Personne n’a vraiment dormi ; l’atmosphère vibre d’anticipation anxieuse et sacrée.
Le Jani a passé la nuit en méditation près du feu sacré. À l’aube, il émerge, yeux rougis, voix rauque, dans un état de réceptivité spirituelle accrue. Son corps, peint de motifs blancs complexes, le marque comme médiateur entre mondes.
Préparation du site sacrificiel : Un espace précis, généralement au centre du dharani penu, a été préparé :
• Sol nettoyé et aplani
• Tracé d’un cercle sacré avec de la poudre de riz
• Installation de quatre poteaux aux points cardinaux
• Creusement d’une petite fosse pour recueillir le sang
• Disposition des instruments : haches consacrées, récipients rituels, cordes
Matinée (6h00-9h00) : Procession et préparation du buffle
Le buffle, dans son enclos depuis des semaines, est maintenant conscient de l’agitation inhabituelle. Les témoignages d’anthropologues décrivent souvent l’animal comme étrangement calme, presque résigné – une observation que les Kondh interprètent comme preuve de l’acceptation divine.
Bain rituel du buffle : L’animal est conduit à une source ou rivière sacrée proche. Là, dans l’eau froide de l’aube, il est baigné méticuleusement par un groupe de jeunes hommes purifiés :
• Frottement avec des herbes aromatiques
• Versement d’eau sacrée sur la tête
• Chants continus accompagnant chaque geste
• L’eau utilisée est ensuite collectée (considérée chargée de puissance)
Décoration finale : De retour au village, le buffle reçoit sa parure ultime :
• Guirlandes de fleurs fraîches (jasmin, roses, fleurs sauvages) enroulées autour du cou et des cornes
• Tissus précieux (souvent rouges et jaunes, couleurs sacrées) drapés sur le dos
• Application généreuse de curcuma et poudre de vermillon
• Petites cloches attachées aux pattes .Le village bascule dans une intensité spirituelle palpable.
L’ornementation finale :
Dès les premières lueurs, un groupe de femmes âgées et d’hommes rituellement purs s’affairent autour du buffle dans une chorégraphie codifiée :
• Les cornes sont enduites de vermillon (sindoor) et de pâte de curcuma, symboles de prospérité et de transformation
• Des clochettes de cuivre sont attachées à ses jambes, dont le tintement chassera les esprits malveillants
• Un collier élaboré composé de sept rangées de fleurs (représentant les sept clans fondateurs) est placé autour de son cou
• Des motifs géométriques blancs (à la chaux) et rouges (sindoor) sont tracés sur son corps, formant des symboles cosmologiques
• Une couronne de fleurs de sal (arbre sacré) est fixée entre ses cornes
Le buffle ainsi paré n’est plus simplement un animal – il devient l’incarnation vivante de la fertilité, du sacrifice volontaire, et du pont entre le monde profane et le sacré.
La procession vers le lieu du sacrifice :
Vers le milieu de la matinée, quand le soleil atteint le premier quart du ciel, la procession commence :
En tête marche le Jani (prêtre principal), portant le pot sacré d’eau de source et les feuilles de mango. Derrière lui, les anciens du conseil (kui muttas) portent les instruments rituels :
• Le couteau sacrificiel (chhuri) enveloppé dans un tissu rouge
• Les bols pour recueillir le sang
• L’encens et le camphre
• Les offrandes de grains et de fleurs
Le buffle suit, guidé par des cordes tenues par douze jeunes hommes purifiés (représentant les douze mois lunaires), six de chaque côté. Ils marchent en cadence, scandant le chant ancestral :
« Tari Pennu, Maha Pennu,
Kiri dhara, mati dhara,
Amara balija swikara… »
(Déesse de la Terre, Grande Déesse,
Accepte notre offrande,
Pour que la terre soit fertile…)
Derrière, l’ensemble de la communauté suit en une colonne ondulante – hommes et femmes séparés mais unis dans le chant, les enfants courant sur les côtés, les tam-tams dhum dhum battant un rythme hypnotique qui semble synchroniser les cœurs de tous les participants.
Le sacrifice : geste central et technique rituelle
Le lieu du sacrifice – un espace sacré aménagé au centre du village ou dans un bosquet sacré – a été méticuleusement préparé depuis la veille :
L’espace sacrificiel :
• Un cercle de deux mètres de diamètre, tracé avec de la poudre de riz blanche
• Au centre, un poteau de bois de sal (environ 1,5 mètre) solidement planté, représentant l’axis mundi, l’axe cosmique
• Autour du cercle, sept pierres plates disposées selon les points cardinaux et inter-cardinaux
• Des feuilles de bananier fraîches tapissent le sol du cercle
• Quatre torches enflammées aux quatre coins cardinaux
Le Jani entre d’abord seul dans le cercle, accomplissant les ablutions préliminaires :
Il asperge le poteau central avec l’eau sacrée, récitant les mantras secrets transmis de génération en génération. Il allume l’encens (composé de résine de sal, de fleurs de mogra séchées et de camphre), créant une fumée épaisse qui monte en spirale vers le ciel – un premier messager vers les divinités.
L’attachement :
Le buffle est alors conduit dans le cercle. À ce moment précis, selon les témoignages recueillis, quelque chose de remarquable se produit souvent : l’animal, auparavant calme, semble entrer dans un état de transe. Certains anthropologues ont documenté ce phénomène sans pouvoir l’expliquer entièrement – le buffle cesse de résister, ses yeux semblent se voiler, et il se laisse attacher au poteau central sans protestation.
Les Kutia Kondh interprètent ceci comme un signe divin : l’animal comprend et accepte son rôle cosmique. Cette « acceptation » est cruciale – un animal qui résisterait violemment serait considéré comme rejeté par la déesse, et le sacrifice annulé.
Le buffle est attaché au poteau par une corde en fibres de jute tressée spécialement pour l’occasion, jamais utilisée auparavant et qui sera brûlée après. Trois nœuds sont faits, symbolisant la trinité divine Kondh : Dharani Penu (Terre), Burhi Penu (Lumière), et Pitho Penu (Guerre).
Les offrandes préliminaires :
Avant l’acte sacrificiel lui-même, une série d’offrandes sont déposées aux pieds du buffle :
• Handia (bière de riz fermentée) : versée en libation autour du cercle
• Grains de riz cru mélangés à du curcuma : symbolisant l’abondance future
• Fleurs rouges et blanches : représentant le sang et le lait, la vie et la pureté
• Noix de coco brisée : dont le lait est versé sur les pieds du buffle
• Morceaux de jaggery (sucre de palme) : pour la douceur de la vie
Le Jani récite alors la prière sacrificielle majeure, un texte en kui ancien que même les jeunes Kondh ne comprennent plus entièrement. Cette prière, qui peut durer quinze à vingt minutes, invoque :
• Les ancêtres fondateurs du clan
• Les esprits des montagnes et des forêts environnantes
• Dharani Penu dans ses multiples manifestations
• Les forces cosmiques de fertilité et de renouveau
L’acte sacrificiel :
Le moment du sacrifice lui-même est précédé d’un silence total imposé. Les tam-tams cessent. Les chants s’interrompent. Même les enfants se taisent, sentant la gravité de l’instant. Ce silence peut durer plusieurs minutes, créant une tension spirituelle intense.
Le Jani fait alors un signal : trois battements sur le petit tambour rituel.
Le sacrificateur principal (souvent le Jani lui-même, mais parfois un homme désigné pour sa force et sa pureté rituelle) s’avance. Il a jeûné depuis la veille et s’est purifié par des bains rituels répétés. Il tient le chhuri (couteau sacrificiel) – une lame courbe d’environ 40 centimètres, aiguisée à la perfection, dont le manche est enveloppé de fil rouge.
Les assistants positionnent le buffle, maintenant sa tête vers l’est (direction du soleil levant, de la renaissance). Deux hommes tiennent fermement les cornes, deux autres les flancs.
Le geste :
Le sacrificateur lève le couteau vers le ciel dans une invocation muette, puis, dans un mouvement rapide et précis entraîné depuis l’adolescence, il tranche la gorge de l’animal en un seul coup puissant, coupant simultanément la carotide et la trachée.
Cette technique, si elle est correctement exécutée, assure que l’animal meurt instantanément ou dans les secondes qui suivent, minimisant la souffrance – un point crucial dans l’éthique rituelle Kondh. Un sacrifice mal exécuté serait considéré comme une offense grave à la déesse.
La collecte du sang :
Au moment où le sang jaillit, un assistant positionne immédiatement des bols en terre cuite pour le recueillir. Ce sang est d’une importance capitale dans la cosmologie du rituel :
• Le premier jet est dirigé vers la terre, aspergeant le cercle sacré – c’est l’offrande directe à Dharani Penu
• Le sang recueilli dans les bols est divisé en plusieurs portions :
• Une partie est versée autour du poteau central
• Une autre est mélangée à du riz et offerte aux pierres sacrées
• Une portion est conservée pour l’application rituelle sur les fronts des participants
• Le reste sera mélangé à la terre des champs après la cérémonie
Pendant que le sang coule, les tam-tams explosent dans un rythme frénétique, et la communauté entière entonne le chant du sang (rakta gita), un chant puissant et gutural qui semble venir des tréfonds de la terre :
« Rakta bahila, dharani trinla,
Mati subha, dhanya subha,
Pennu khushila, jana jibila… »
(Le sang a coulé, la terre a bu,
La terre est heureuse, les grains seront heureux,
La Déesse est satisfaite, le peuple vivra…)
Traitement du corps sacrificiel
Une fois l’animal mort – ce qui prend généralement entre 30 secondes et deux minutes – commence la phase cruciale du traitement du corps, codifiée dans les moindres détails.
La décorporation :
Le buffle est détaché du poteau et positionné sur le dos, les quatre pattes vers le ciel. Cette position n’est pas anodine : elle symbolise la vulnérabilité ultime et l’offrande totale.
Un groupe de quatre hommes rituellement qualifiés procède alors au dépeçage selon une séquence précise :
• Incision ventrale : du sternum au pubis, exposant les organes internes
• Extraction du cœur : Le cœur est le premier organe retiré et immédiatement offert au feu sacré, où il grille entièrement – sa fumée est censée porter les prières les plus intenses vers le ciel
• Le foie : Examiné attentivement par le Jani pour des signes divinatoires
• Un foie lisse et sain présage une année prospère
• Des taches ou anomalies peuvent indiquer des défis à venir
• La couleur et la texture sont interprétées selon des codes ancestraux
• Les autres organes : Estomac, intestins, poumons – chacun est traité avec respect et placé dans des récipients séparés
La distribution :
La viande du buffle sacrifié n’est jamais vendue ni gaspillée. Elle est distribuée selon des règles strictes reflétant la structure sociale et spirituelle de la communauté :
• La tête : Revient au Jani et aux prêtres, symbolisant la sagesse et le leadership spirituel
• Les quartiers avant : Partagés entre les anciens du conseil
• Les flancs : Divisés équitablement entre toutes les familles du village
• Les pattes : Données aux veuves et aux familles sans ressources
• La peau : Utilisée pour fabriquer les tambours rituels pour l’année suivante
• Les os : Certains sont conservés comme amulettes, d’autres enterrés au dharani penu
Cette distribution n’est pas simplement pragmatique – elle est profondément symbolique. En consommant la chair de l’animal sacrifié, chaque membre de la communauté participe au pacte cosmique établi avec Dharani Penu. Le sacrifice devient ainsi véritablement collectif, incorporé littéralement dans le corps de chaque Kutia Kondh.
La purification post-sacrificielle :
Après le dépeçage, le lieu du sacrifice doit être purifié :
• Le sang restant est soigneusement absorbé par de la terre qui sera ensuite dispersée dans les champs
• Le poteau central est extrait et brûlé dans un feu sacré
• Le cercle est effacé par balayage rituel avec des branches de neem
• Les participants se lavent les mains avec un mélange d’eau, de cendres et de feuilles de tulsi
Le sacrifice du buffle trouve son aboutissement social dans le grand festin communautaire qui suit, généralement le soir même ou le lendemain.
Préparation culinaire :
La cuisson de la viande sacrificielle est elle-même un acte rituel, non une simple préparation alimentaire :
• Des foyers communautaires sont allumés à l’aide de bois de sal et de mango (bois sacrés)
• Les femmes, qui ont été tenues à distance pendant le sacrifice lui-même, prennent maintenant le contrôle de la transformation de l’offrande en nourriture
• La viande est cuisinée selon des méthodes traditionnelles :
• Mansa tarkari : curry de viande avec des épices forestières sauvages (curcuma sauvage, piment-oiseau, graines de coriandre)
• Rôti direct : Certains morceaux sont grillés directement sur les braises
• Bouillon sacré : Les os sont bouillis longuement pour créer un bouillon nutritif partagé avec tous
Organisation du festin :
Le festin n’est pas un repas ordinaire mais un symposium rituel structuré :
Les participants sont assis en cercles concentriques autour du dharani penu :
• Cercle intérieur : Jani, anciens, sacrificateur
• Deuxième cercle : Hommes adultes mariés
• Troisième cercle : Femmes et adolescents initiés
• Cercle extérieur : Enfants et visiteurs
Cette disposition spatiale réplique la cosmologie Kondh : du centre sacré vers la périphérie profane.
Des feuilles de sal ou de bananier servent d’assiettes biodégradables. La nourriture est servie dans un ordre précis :
• D’abord le handia (bière de riz), servie dans des bols en bambou
• Ensuite le riz blanc mélangé à du curcuma
• Puis la viande et le curry
• Enfin des fruits sauvages et du jaggery en dessert
Dimension communautaire :
Le festin peut durer toute la nuit. Il n’est pas simplement alimentaire mais englobe :
• Récits ancestraux : Les anciens narrent les mythes fondateurs, l’histoire du clan
• Chants alternés : Hommes et femmes s’engagent dans des joutes verbales chantées
• Danses : La célèbre danse dhemsa commence au crépuscule et peut continuer jusqu’à l’aube
• Renforcement des liens : Résolution de conflits, arrangements de mariages, décisions communautaires
Le handia coule abondamment – non pour l’ivresse gratuite, mais comme lubrifiant social et offrande liquide aux ancêtres (une portion est toujours versée au sol « pour ceux qui sont partis »).
Le Meriah ne se termine pas abruptement mais par une phase de désescalade rituelle qui ramène progressivement la communauté du temps sacré au temps profane.
À l’aube suivant le festin, les participants se réveillent (ou ne se sont jamais couchés) pour les dernières oblations :
• Le Jani collecte les cendres des feux sacrés dans un pot de terre
• Il retourne au lieu du sacrifice avec quelques assistants
• Une dernière prière de remerciement est récitée
• Les cendres sont mélangées à de l’eau et aspergées autour du dharani penu
• Un poulet blanc est sacrifié (petit sacrifice de clôture) pour « fermer » le portail spirituel ouvert
Dans les jours suivants, chaque famille reçoit une portion du mélange sacré composé de :
• Terre imprégnée du sang du sacrifice
• Cendres des feux rituels
• Grains bénis par le Jani
Ce mélange sera dispersé dans les champs avant les semailles, assurant ainsi que la bénédiction divine se propage à toute la terre agricole.
Après le Meriah, une période de trois jours de restrictions s’impose :
• Les participants ne peuvent pas quitter le village
• Abstinence sexuelle pour les couples
• Régime végétarien strict (après la consommation de la viande sacrificielle)
• Pas de travail agricole intensif
Cette période permet une réintégration progressive dans la vie ordinaire, évitant un choc spirituel brusque.
Après ce spectacle certes haut en couleurs …mais fatiguant du à l’exaltation des participants …je commence à avoir sacrément mal à la tête …je me dispense du sacrifice du buffle dont l’horaire n’est pas clair et dont le résultat risque d’être trop sanglant !!!
Indonésie 2026 : Galères à Timor et Flores
Après un voyage extraordinaire en Mongolie Intérieure et au Xingiang …je me doute bien que la suite ne sera pas à la hauteur …
Ayant toujours mes problèmes d’équilibre …je me suis dit qu’un séjour calme en Thailande devrait contribuer à me remettre sur pied avant de nouvelles aventures en Indonésie ….L’idée était bonne sauf que je tombe en pleine haute saison et tout ce que je déteste dans ce pays qui marche à fond pendant la haute saison : foule, bruit, incivillités….plus du fait des touristes que de la part des locaux…
Je pense avoir une super idée en montant à Chiang Mai mais c’est encore pire compte tenu de la concentration de touristes …Proportionnellement il y a nettement plus de locaux à Bangkok !!

Comble de malchance je récupère un logement fréquenté par un couple de pigeons avec 2 petits absolument horribles qui piaillent toute la journée !!!
Peu de choses à voir à Chiang Mai car le commerce des textiles ethniques est au point mort du fait du tarissement des sources d’approvisionnement …juste des créations « chichiteuses » dites modernes réalisées en découpant honteusement ces magnifiques textiles ….C’est confirmé les Thais ont vraiment un talent de m…
Bon je me secoue et décide de partir à Timor pour remonter l’ile vers le nord et passer éventuellement à Timor Leste …la seule limite est mon budget car la vie à Timor Leste est nettement plus chère qu’à Timor west…
Je prend un vol pour Jakarta pour ABSOLUMENT EVITER Bali …bon je ne suis pas fan de dormir dans l’aéroport de Jakarta …mais je serais plus vite arrivée à Kupang !!!
Dès mon arrivée à Kupang Ridwan me rejoint et on prend la route en taxi collectif pour Soe. Soe est situé dans la montagne et il y fait plutôt frais …
Soe (parfois orthographié SoE ) est une ville qui fait office de capitale administrative du kabupaten de Timor central-méridional , dans la province de Nusa Tenggara oriental , en Indonésie . Située au sud de l’île de Timor , Soe est bordée par deux autres districts du kabupaten : Mollo Selatan au nord et Amanuban Barat au sud.
Il a été lourdement bombardé en 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale
L’approvisionnement en eau de la région est un problème depuis longtemps, malgré l’aide apportée pour la construction de barrages et d’autres moyens de trouver de l’eau .
La ville comptait 40 190 habitants lors du recensement de 2020, l’estimation officielle à la mi-2024 était de 42 022.
Soe peut servir de point de départ aux touristes pour des excursions vers d’autres localités. Oinlasi, Boti, Niki Niki et Kapan sont accessibles depuis Soe. Cependant les touristes restent peu nombreux et c’est tant mieux !!!
le mont Mutis se trouve sur la route (via Kapan) et est le plus haut sommet du Timor occidental, .
Cette ville est au carrefour de plusieurs districts riches en créativité textile et le marché de Soe est réputé pour la qualité des produits vendus…
Sur la route, nous rencontrons quelques tisserands avec des sarongs anciens absolument magnifiques …Je résiste courageusement …le budget total de l’escapade m’étant toujours inconnu…





Enfin arrivés à Soe nous visitons nos boutiques préférées où nous avons la chance de découvrir quelques trésors…Mais je résiste toujours !!!





Pour le moment, vu l’état de mon budget je n’achète rien mais fais mettre de coté car on repassera par là à notre retour ..
On continue notre ballade au milieu des étalages de bétel et les boutiques sympathiques…
Les gens de Timor sont vraiment souriants et adorables …rien à voir avec Bali !!!….et je sais de quoi je parle car j’y suis restée bloquée pendant 15 mois du fait du Covid 19…


Nous reprenons une route complètement défoncée pour atteindre la région d’Ayotupas et le village de Nasi. Dans ce village nous avons un ami qui a fait un AVC…comme moi mais nettement plus grave ! …nous n’avons pas pu prendre de nouvelles la dernière fois car la route était effondrée et compte tenu de meilleures conditions de conduite nous allons essayer de rejoindre Nasi…
Mais comme toujours en Indonésie les routes nous réservent toujours de mauvaises surprises et c’est après de nombreuses heures de conduite difficile que nous atteignons enfin Nasi.
A Nasi nous rencontrons Christian qui nous semble nettement plus en forme …sa femme qui est la chef du groupe de tisserandes local realise des ouvrages magnifiques …Celui qu’elle porte est de style Toianas et est réalisé avec une technique Buna c’est à dire avec des fils supplémentaires qui permettent de réaliser des motifs de différentes couleurs.
C’est absolument magnifique et nécessite de nombreuses heures de travail…d’où le prix mais vraiment mérité !!!



Nous avons le plaisir de voir que Christian se remet doucement …mais les médicaments disponibles dans ce lieu perdu n’ont pas l’efficacité de ceux que l’on trouve en ville …du coup je lui donne la moitié de mes médicaments car je suis bien décidé à arrêter ce traitement qui me donnent tous ces effets secondaires désagréables …
Nous rejoignons la route principale et nous dirigeons vers Atambua ville frontière avec Timor Leste. L’économie de Timor west étant nettement supérieure à celle de Timor Leste. On trouve ici beaucoup de tissages qui viennent de l’est donc pas forcément besoin de traverser la frontière …
Un des tissages qui m’intéresse est fabriqué à Oeccussi mais le tissage qui y était réalisé auparavant a été abandonné au profit d’un motif beaucoup plus simple et surtout plus rapide à réaliser…donc d’une meilleure rentabilité mais qui ne me plait pas …On décide d’abandonner le projet Timor Leste pour repartir vers Kupang.










On repart vers Kefamenanu où il existe une boutique sympathique bien achalandée bien qu’un peu chère …A Kefa on a notre hotel préféré …très simple mais loin de la route donc une bonne nuit assurée…




Il est mignon ce petit cochon mais il sera mangé quand même car les villageois sont ici en majorité chrétien et n’ont pas d’interdit concernant la consommation de porc.
Celui le plus à gauche me plaisait bien mais il est inabordable car peu de femmes à Besikama prennent encore le temps de réaliser ce genre d’ouvrage …
Je me rabats celui qui vient de Insana qui est kapas donc de très bonne qualité et qui est paradoxalement plus abordable …



nnnn






Dernier arrêt à Kupang pour visiter des boutiques où on me présente des ikats que j’ai déjà en « x » exemplaires …comme le temps se gâte et qu’il pleut tous les après midi …on décide d’aller à Flores le pays de Ridwan.
A Flores île nettement plus touristique que Timor en résidentiel …Kelimutu, dragons de Komodo…on se dirige vers Larentuka …mais la météo est très décevante !!!
Près de Larentuka on se ballade sous la pluie et dans le brouillard. La mobylette de Ridwan est en très mauvais état : on se limite donc à un village à proximité …une vieille dame nous présente des tissages de bonne qualité qu’elle vend à des prix prohibitifs …sans moi !!!









Ci dessous une panne avec la mob de Ridwan dont on peut constater de visu l’état de dégradation catastrophique …surtout si on est coincés sous la pluie …
Encore une fois on décide d’abréger le voyage et de rentrer à Maumere pour que je puisse prendre un avion pour Kupang …
Pour changer on décide de prendre la route qui passe à coté du volcan Lewotobi pour constater les dégâts causés par la dernière éruption qui avait été très violente …pour aujourd’hui tout parait très calme …le volcan est surmonté par un gros nuage qui n’est pas de la fumée due à l’éruption…
Le gouvernement local a déménager tous les villageois dans un autre emplacement moins dangereux mais loin des champs des villageois ce qui provoque de nombreuses difficultés. Beaucoup ont choisi de rester sur place ce qui n’est pas évident compte tenu de l’état de leurs habitations.







Voilà la fin du périple indonésien …je pars à Bali contrainte et forcée pour trouver un vol direct pour Delhi où j’enchaine sur plusieurs projets en espérant avoir plus de chance avec la météo !!!
Chine 2025 2026 : Les momies du Tarim …
Avant de foncer à Urumqi qui est la destination finale de notre voyage, nous nous arrêtons à Kuerle pour admirer les collections présentées dans le musée local.
Le point le plus stupéfiant est l’état de conservation presque parfait des momies locales surtout lorsque l’on pense que certaines ont plus de 300 ans !!!
Les momies du Tarim sont une série de momies découvertes dans le bassin du Tarim, dans l’actuel Xinjiang , en Chine. Elles datent de 1800 avant notre ère jusqu’aux premiers siècles avant notre ère , avec un nouveau groupe d’individus récemment datés entre 2100 et 1700 avant notre ère environ . La population du Tarim à laquelle appartenaient les momies les plus anciennes était agropastorale et vivait vers 2000 avant notre ère dans ce qui était autrefois un environnement d’eau douce, aujourd’hui désertifié. Le bassin renferme plusieurs cimetières intacts de l’âge du bronze appartenant à une population fondatrice connue sous le nom de culture agropastorale de Xiaohe, qui s’est formée vers 2100 av. J.-C. dans ce qui était alors un environnement d’ eau douce (l’âge du bronze s’étend d’environ 3000 à 1000 av. J.-C.). .
Zhang et al. (2021) ont découvert que ces momies anciennes (datant de 2135 à 1623 av. J.-C.) présentaient un fort taux d’ ascendance nord-eurasienne ancienne (ANE, environ 72 %), avec un faible métissage d’ origine nord-est asiatique ancienne (ANA, environ 28 %), mais aucune ascendance détectable liée aux steppes occidentales .
Elles formaient une population locale génétiquement isolée qui « a adopté les pratiques pastorales et agricoles des populations voisines, ce qui lui a permis de s’installer et de prospérer le long des oasis fluviales mouvantes du désert du Taklamakan ».
On a longtemps soupçonné que ces individus momifiés étaient des « pasteurs de langue proto-tokharienne », apparentés aux cultures d’ Afanasievo ou de BMAC , mais « les premières cultures du bassin du Tarim semblent provenir d’une population locale génétiquement isolée ». Zhang et al. En 2025, une étude a porté sur un site de la fin de l’âge du bronze situé à l’extrême ouest du bassin du Tarim, daté de 1600 à 1400 av. J.-C. Ses habitants descendaient en grande majorité des populations de Sintashta et d’Andronovo , avec un apport supplémentaire de BMAC (10 %) et de Tarim_EMBA (12 %). Presque tous les sujets appartenaient à l’haplogroupe Y-ADN R-M17.









Les momies du Tarim plus récentes, datant de l’âge du fer (Ier millénaire av. J.-C.), comme celles de la culture Subeshi , présentent des caractéristiques très proches de celles de la culture saka ( scythe ) de Pazyryk des monts Altaï , notamment en ce qui concerne l’armement, le harnachement et les vêtements. Elles sont considérées comme les prédécesseurs des Tokhariens à l’âge du fer . Les momies les plus orientales, relativement récentes, découvertes à Qumul ( culture de Yanbulaq , 1100-500 av. J.-C.), constituent les plus anciennes momies d’ apparence « mongoloïde » trouvées dans le bassin du Tarim, ainsi que d’autres présentant des caractéristiques « europoïdes » .
Au début du XXe siècle, des explorateurs européens tels que Sven Hedin , Albert von Le Coq et Sir Aurel Stein ont tous relaté leurs découvertes de corps desséchés lors de leurs recherches d’ antiquités en Asie centrale . Depuis lors, de nombreuses autres momies ont été découvertes et analysées, dont beaucoup sont aujourd’hui exposées dans les musées du Xinjiang. La plupart de ces momies ont été trouvées à l’extrémité orientale du bassin du Tarim (aux alentours de Lopnur , Subeshi près de Turpan , Loulan , Kumul ) ou le long de la bordure sud du bassin du Tarim ( Khotan , Niya et Cherchen ou Qiemo ).
Selon Mallory et Mair (2000) , les plus anciennes momies du Tarim, découvertes à Qäwrighul (Gumugou) et datées de 2135 à 1939 avant notre ère, ont été classées, par analyse craniométrique, comme appartenant à un type « proto-europoïde », plus proche des populations de l’ âge du bronze du sud de la Sibérie , du Kazakhstan , d’Asie centrale et du cours inférieur de la Volga .
Une analyse craniométrique révisée, menée par Hemphill et Mallory (2003) sur ces mêmes momies (Qäwrighul), n’a pas permis de démontrer d’affinités phénotypiques étroites avec les populations « europoïdes », mais a plutôt révélé qu’elles formaient un groupe distinct, différent des pasteurs des steppes d’ Andronovo et d’Afanasievo , apparentés aux Européens, ou des habitants de la culture BMAC d’Asie occidentale . Les momies plus récentes du Tarim ont montré des affinités variables avec des populations de type Andronovo, BMAC ou Han, suggérant différentes vagues de migration dans le bassin du Tarim.
les momies adultes ont été conservées les genoux pliés sauf en ce qui concerne les bébés…






Parmi les momies remarquables figurent l’ homme de Chärchän photo ci dessus , un homme roux de grande taille également connu sous le nom d’« Ur-David » (1000 av. J.-C.) Photos ci dessus ; son fils (1000 av. J.-C.), un bébé d’un an aux cheveux bruns dépassant d’une coiffe de feutre rouge et bleu, avec deux pierres sur les yeux ; la momie de Hami (vers 1400-800 av. J.-C.), une « beauté rousse » découverte à Qizilchoqa ; et les sorcières de Subeshi (IVe ou IIIe siècle av. J.-C.), qui portaient des chapeaux coniques en feutre noir de 61 cm de haut, à bords plats.
À Subeshi, on a également trouvé un homme portant des traces d’une intervention chirurgicale à l’abdomen ; l’incision est suturée avec des fils de crin de cheval.
De nombreuses momies ont été découvertes en excellent état, grâce à la sécheresse du désert et à la dessiccation qu’elle a engendrée. Elles présentent de nombreux traits physiques typiquement caucasiens, et beaucoup d’entre elles ont des cheveux intacts, de couleur blonde, rousse ou châtain foncé, généralement longs, bouclés et tressés. Leurs costumes, et notamment leurs textiles , pourraient indiquer une origine commune avec les techniques vestimentaires néolithiques indo-européennes ou une technologie textile rudimentaire commune.
L’homme de Chärchän portait une tunique en sergé rouge et des jambières en tartan . L’experte textile Elizabeth Wayland Barber , qui a examiné le tissu de style tartan, évoque des similitudes entre celui-ci et des fragments provenant de mines de sel associées à la culture de Hallstatt . Grâce aux conditions arides et à l’exceptionnelle conservation, des tatouages ont été identifiés sur des momies provenant de plusieurs sites du bassin du Tarim, notamment Qäwrighul, Yanghai , Shengjindian , Shanpula (Sampul), Zaghunluq et Qizilchoqa.
Il a été avancé que les textiles trouvés avec les momies appartiennent à un type textile européen ancien, en raison de fortes similitudes avec des fragments de textiles découverts dans des mines de sel autrichiennes et datant du deuxième millénaire avant notre ère. L’anthropologue Irene Good, spécialiste des textiles eurasiens anciens, a noté que le motif en sergé diagonal tissé indiquait l’utilisation d’un métier à tisser relativement sophistiqué et a déclaré que ce textile est « l’exemple connu le plus oriental de ce type de technique de tissage ».










La présence possible de locuteurs de langues indo-européennes dans le bassin du Tarim vers 2000 av. J.-C. pourrait, si elle était confirmée, être interprétée comme la preuve d’échanges culturels très anciens entre les populations indo-européennes et chinoises. Il a été suggéré que des techniques telles que la guerre de chars et la fabrication du bronze auraient pu être transmises vers l’est par ces nomades indo-européens. Mallory et Mair notent également que : « Avant 2000 av . J.-C. environ, les découvertes d’objets métalliques en Chine sont extrêmement rares, simples et, de façon surprenante, déjà fabriqués en alliage de cuivre (et donc sujettes à caution). »
Tout en soulignant que le débat sur l’origine de la technologie du bronze (de Chine vers l’Occident ou stimulée par les contacts avec les cultures des steppes occidentales) est loin d’être clos dans les milieux scientifiques, les auteurs suggèrent que les preuves actuelles penchent pour la seconde hypothèse.
Cependant, la culture et la technologie du nord-ouest du bassin du Tarim étaient moins avancées que celles de la Chine orientale, notamment la culture d’ Erlitou (vers 2070-1600 av. J.-C.) et celle de Majiayao (vers 3100-2600 av. J.-C.), les premières cultures chinoises à avoir utilisé le bronze.
Cela implique que le nord-ouest n’a pas utilisé le cuivre ni aucun autre métal avant l’introduction de la technologie du bronze par la dynastie Shang vers 1600 av. J.-C. Les plus anciens objets en bronze de Chine ont été découverts sur le site de Majiayao (entre 3100 et 2700 av. J.-C.), et c’est à partir de ce lieu et de cette période que l’âge du bronze chinois s’est diffusé. La métallurgie du bronze en Chine a vu le jour dans ce que l’on appelle la période d’ Erlitou ( Wade-Giles : Erh-li-t’ou ), ce qui, selon certains historiens, la situe dans la période contrôlée par la dynastie Shang.
D’autres estiment que les sites d’Erlitou appartiennent à la dynastie Xia ( Wade-Giles : Hsia ) précédente. La National Gallery of Art des États-Unis définit l’âge du bronze chinois comme la « période comprise entre environ 2000 av. J.-C. et 771 av. J.-C. », qui débute avec la culture d’Erlitou et s’achève brutalement avec la chute de la dynastie Zhou occidentale .
Bien que cette définition fournisse un cadre de référence concis, elle néglige l’importance continue du bronze dans la métallurgie et la culture chinoises. Étant donné que cette période est nettement postérieure à la découverte du bronze en Mésopotamie, la technologie du bronze a pu être importée plutôt que d’être découverte indépendamment en Chine. Cependant, il y a lieu de croire que le travail du bronze s’est développé en Chine, indépendamment de toute influence extérieure.
Le fonctionnaire chinois Zhang Qian , qui visita la Bactriane et la Sogdiane en 126 av. J.-C., rédigea le premier rapport chinois connu sur de nombreuses régions situées à l’ouest de la Chine. Il pensait avoir décelé des influences grecques dans certains de ces royaumes. Il nomma la Parthie « Ānxī » (chinois : 安息), une transcription d’« Arshak » ( Arsace ), le nom du fondateur de la dynastie parthe . Zhang Qian décrivit clairement la Parthie comme une civilisation urbaine avancée qui cultivait des céréales et de la vigne et fabriquait des pièces d’argent et des articles en cuir. Zhang Qian compara le niveau de développement de la Parthie aux cultures de Dayuan en Ferghana et de Daxia en Bactriane.
L’approvisionnement de la Chine en jade du bassin du Tarim depuis l’Antiquité est un fait avéré, comme l’indique Liu (2001) : « Il est bien connu que les anciens souverains chinois vouaient une grande affection au jade. Plus de 750 objets en jade, exhumés du tombeau de Fuhao ( dynastie Shang) par Zheng Zhenxiang , provenaient de Khotan, dans l’actuel Xinjiang . Dès le milieu du premier millénaire avant notre ère, les Yuezhi se livraient au commerce du jade, dont les principaux consommateurs étaient les souverains de la Chine agricole. »






Nous arrivons dans la partie du musée consacré à l’ethnie Torhout …en principe demain, dans la région de Heijing nous devrions en savoir plus sur cette ethnie et leur magnifiques costumes.
Bon mais rien ne se passe comme nous l’avions prévu …arrivés à notre hotel qui était réservé on se fait jeter dehors avec l’aide de la police…on comprend à demi mots que nous sommes très près d’une base militaire très stratégique de missiles …
Bien sur ce n’était pas marqué sur la carte …ce qui aurait été ballot. Les policiers nous emmènent préalablement manger un bon petit déjeuner avant de rejoindre la gare où nous poireautons pendant 4 heures….





Notre prochaine étape est Jinghe où nous rencontrons une charmante dame Torhout qui nous reçoit très gentiment Elle nous conseille de rencontrer son mentor …qui a 92 ans !!!
Elle commence par nous fixer un Rdv à 14H30 après le petit déjeuner …Ici il fait tellement froid que rien n’ouvre avant 12H…
Bon on en profite pour aller manger un morceau …
on revient chez notre amie qui nous offre de ravissants petit chaussons …
La vieille dame téléphone pour dire que le RDV est reporté à demain …Demain nous serons à Urumqi donc c’est non !!!
Lee s’embrouille tellement dans ses déclarations diplomatiques que cette vieille appelle pour nous dire qu’elle nous attend ..cas typique Alzheimer …c’est triste de vieillir…








Pendant ce temps là pour s’occuper …j’essaie plusieurs costumes dont une robe Torhout qui est dans une boutique tenue par une mongole Chahar…
A ce moment la petite dame Torhout du début revient en courant…elle a trouvé où les vêtements de fête Torhout étaient stockés !!!










Nous remercions tout le monde et fonçons à l’adresse indiquée car il commence à faire sombre pour les photos …
Ce sont ses 2 costumes de mariages …c’est pour cela qu’ils sont aussi beaux !!!






Nous voilà à Urumqi …je commence à m’intéresser aux costumes Ouïghours qui sont malheureusement beaucoup moins beaux que ceux des autres ethnies …
Les nans n’ont rien à voir avec ceux que l’on trouve en Inde …ils sont rtrès secs et sans goût …un véritable étouffe chrétien…
Je m’achète quand même un petit chapeau Ouïghour …Histoire d’avoir fait le tour des ethnies






On se fait une immersion dans la foule… histoire d’avoir une opinion plus complète sur les danses Ouïghours…
Pour moi c’est une épreuve compte tenu de ma taille et des malaises persistants dus à mon AVC…on se réfugient dans un centre commercial à proximité où j’espère découvrir des costumes Ouïghours.





En fait rien de transcendant …je préfère nettement les vêtements somptueux des Kazakhs …Un dernier passage dans une boutique de mariage Kazakh a achevé de me convaincre …
Ci dessous des vêtement de mariage Ouïghours …Bof




Chine 2025 2026 : belle rencontres avec les mongols Chahar !!
Nous arrivons en voiture au village de Han family Shirengzi township près de Balikun …Le monsieur est un grand bonhomme très énergique mais qui est aux petits soins pour sa femme handicapée (1ère photo)
Celle ci est restée toute sa vie, dans la yourte …sans chauffage pour effectuer des travaux d’aiguilles , ce qui lui a provoqué des crises d’arthrite sévère …








Les Chahars ( Khalkha mongol : Цахар, Tsahar; chinois simplifié :察哈尔部; chinois traditionnel :察哈爾部) sont un sous-groupe de Mongols qui parlent le mongol chakhar et vivent principalement dans le sud-est de la Mongolie intérieure , en Chine.
Les Chahars étaient à l’origine l’un des domaines de Kublai Khan, situé aux alentours de Jingzhao (aujourd’hui Xi’an ). Ils se déplacèrent du Shaanxi vers le sud-est de la Chine, dans une région contrôlée par la dynastie Yuan du Nord, établie sur le plateau mongol au XVe siècle. Sous l’autorité de Dayan Khan, les Chahars devinrent un tumen de six tumen mongols , puis furent dirigés par ses successeurs, devenant ainsi l’apanage personnel des monarques Yuan du Nord .










Opprimés par Altan Khan , les Chahars, menés par Daraisung Guden Khan , migrèrent vers l’est, jusqu’au fleuve Liao , au milieu du XVIe siècle. Au début du XVIIe siècle, Ligdan Khan entreprit une expédition vers l’ouest sous la pression des Mandchous (anciennement appelés Jurchens ). À sa mort au Gansu , alors qu’il se rendait au Tibet , son fils, Ejei , se soumit à la dynastie mandchoue des Jin postérieurs en 1635 et reçut le titre de prince ( chinois :親王). La noblesse de Mongolie-Intérieure se lia alors étroitement à la famille royale Qing et contracta de nombreuses alliances matrimoniales avec elle. Ejei Khan mourut en 1641 et son frère Abunai lui succéda .
La famille royale Chahar a entretenu des relations favorables avec la famille impériale Qing jusqu’à la mort de Makata Gege, fille de Hong Taiji et épouse du prince mongol Chahar, en 1663. Après avoir manifesté son mécontentement envers le pouvoir mandchou Qing, Abunai fut assigné à résidence à Shenyang en 1669 et l’empereur Kangxi confia son titre à son fils Borni. Abunai patienta alors, puis, en 1675, lors de la Révolte des Trois Feudataires , il se révolta avec son frère Lubuzung contre les Qing , ralliant à sa cause 3 000 Mongols Chahar.








La révolte fut réprimée en deux mois ; les Qing écrasèrent ensuite les rebelles lors d’une bataille le 20 avril 1675, tuant Abunai et tous ses partisans. Leur titre fut aboli, tous les hommes de la famille royale mongole Chahar furent exécutés, même s’ils étaient nés de princesses mandchoues Qing, et toutes les femmes de la famille royale mongole Chahar furent réduites en esclavage, à l’exception des princesses mandchoues Qing.
Suite à la rébellion, les Mongols Chahar furent réorganisés en bannières et déplacés aux alentours de Zhangjiakou . Ils n’appartenaient pas à une ligue , mais étaient directement contrôlés par l’empereur. Après la chute du khanat dzoungar vers 1758, les autorités Qing relogèrent une partie de leur population des faubourgs de Hohhot et Dolon Nor vers le fleuve Ili. Ces populations se mêlèrent en grande partie aux Dzoungars et aux Torghut de la région.











Lorsque la Mongolie-Extérieure déclara son indépendance de la dynastie Qing en 1911, une centaine de familles, sous l’autorité de l’ancien vice-gouverneur Sumya, fuirent le Xinjiang en passant par la frontière russe pour se réfugier en Mongolie. Elles furent réinstallées par les Khalkhas à l’ouest de Kyakhta . Sumya et ses tsahars participèrent à la révolution de 1921. Ils sont connus sous le nom de tsahars de Selenge, car ils s’étaient établis à Selenge .
De nombreux soldats chinois lors de l’ occupation de la Mongolie en 1919 étaient des Mongols Chahar, ce qui a été une cause majeure d’animosité entre les Khalkhas et les Mongols intérieurs.














Le gouvernement chinois invoque fréquemment le changement climatique afin de justifier la relocalisation forcée des Mongols hors de leurs terres ancestrales. Sous la « migration écologique » politique, le gouvernement chinois a déplacé des milliers de Mongols dans les zones urbaines/urbaines loin de leurs prairies d’origine au motif que le mode de vie nomade mongol détruit les prairies et provoque des symptômes du changement climatique comme la désertification et les tempêtes de sable.
Le gouvernement chinois justifie également le mouvement des Mongols, l’appelant « soulagement de la pauvreté », car des centaines de milliers de Mongols vivent dans une extrême pauvreté, cependant beaucoup de Mongols déplacés tombent en réalité plus profondément dans la pauvreté, tout en se sentant aussi hors de leur élément et se sentant comme des parias dans leurs nouvelles maisons. La raison pour laquelle les Mongols se déplacent en invoquant la protection du climat et de l’environnement est infondée, car il a été constaté que les modes de vie nomades, comme ceux des Mongols vivant dans les prairies, nuisent beaucoup moins à l’environnement que les modes de vie permanents.





Chine 2025 2026: Focus sur les Kazakhs
Pour changer, nous avons décidé de nous intéresser aux Kazakhs …
1er contact avec les Kazakhs pas terrible…ils sont particulièrement impolis car ils s’installent sans vergogne à des places qui ne leur sont pas réservées dans le bus surtout celles situées à l’avant …
Nous nous dirigeons vers Xian Auntonomos Kazakh de Barcol
Lee a un contact dans un centre commercial particulièrement délabré…aucun escalator ne marche et on monte jusqu’au dernier étage et ce que l’on découvre ne fait pas rêver ( 2 premières photos )… Les couleurs et la matière …horribles !!!
On fait le tour de toutes les boutiques et on trouve rien de mieux…
Soudain une idée ..on demande à voir une boutique spécialisée dans les costumes de marriages …et là c’est la révélation surtout en ce qui concerne les chapeaux incroyables.
Cette boutique de marriage est un ilot de beauté isolé dans un océan de mocheté…Toutes ces splendeurs ne sont pas achetées mais louées pour l’occasion …
On choisit un costume pas trop simple mais pas trop compliqué …le responsable de la boutique, nous aide à trouver un modèle et nous prête son studio photo …tout est parfait !!!










Les Kazakhs de Chine ( chinois :中国哈萨克族; kazakh : جۇڭگو قازاقتارى ) forment la plus grande communauté de Kazakhs en dehors du Kazakhstan . Ils font partie des 56 groupes ethniques officiellement reconnus par la République populaire de Chine . Il existe une préfecture autonome kazakhe – Ili au Xinjiang – et trois comtés autonomes kazakhs – Aksay au Gansu , et Barkol et Mori au Xinjiang.
Lors de la chute du khanat dzoungar au milieu du XVIIIe siècle, les Mandchous de la dynastie Qing massacrèrent les Dzoungars autochtones de Dzoungarie lors du génocide dzoungar , puis colonisèrent la région dépeuplée avec des immigrants venus de diverses parties de leur empire. Parmi les peuples qui migrèrent vers la Dzoungarie dépeuplée figuraient les Kazakhs originaires des khanats kazakhs .
Au XIXe siècle, l’avancée des troupes de l’ Empire russe a poussé les Kazakhs vers les pays voisins. Les colons russes installés sur les terres traditionnelles kazakhes ont contraint nombre d’entre eux à franchir la frontière vers la Chine, ce qui a entraîné une augmentation de leur population en Chine.
Durant la Révolution russe , lorsque les musulmans furent soumis à la conscription , le Xinjiang redevint un refuge pour les Kazakhs fuyant la Russie. Dans les années 1920, des centaines de milliers de nomades kazakhs quittèrent le Kazakhstan soviétique pour le Xinjiang afin d’échapper aux persécutions soviétiques, à la famine, aux violences et à la sédentarisation forcée . Les Kazakhs qui s’installèrent en Chine combattirent aux côtés de la Seconde République ouïghoure du Turkestan oriental, soutenue par les communistes soviétiques, lors de la rébellion d’Ili (1944-1949).
On estimait qu’en 1941, le Xinjiang comptait 326 000 Kazakhs, 65 000 Kirghizes, 92 000 Hui, 187 000 Han et 2 984 000 Ouïghours (soit un total de 3 730 000 personnes). On estimait qu’en 1949, le Xinjiang comptait 4 334 000 personnes.
En 1936, après que Sheng Shicai ait expulsé 30 000 Kazakhs du Xinjiang vers le Qinghai, les Chinois Hui dirigés par le général Ma Bufang ont massacré des Kazakhs, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que 135.





















L’arrivée de la République populaire de Chine à la fin de la guerre civile a entraîné des changements importants au Xinjiang. Les Kazakhs et les autres groupes ethniques de la région se sont d’abord vu accorder une autonomie en matière de gouvernance, de langue et de religion, mais l’objectif final était l’intégration des Kazakhs au sein du nouvel État chinois.
Dans un premier temps, cela s’est traduit par des investissements importants dans les infrastructures et l’éducation, visant respectivement à stimuler la production agricole et l’alphabétisation. L’avènement de la Révolution culturelle a marqué la fin de la permissivité et le début d’une politique plus répressive : les cadres du parti kazakh ont été purgés, la pratique de l’islam restreinte et les troupeaux pastoraux collectivisés. La fin du pastoralisme a été particulièrement préjudiciable, car le lien à la terre et le mode de vie nomade demeurent une composante essentielle de l’identité kazakhe.
Sur des plans plus extérieurs, le Xinjiang commença également à se transformer. Le Corps de production et de construction du Xinjiang lança une série de projets visant à urbaniser la région. Ceci, combiné à l’arrivée de colons Han, entraîna un bouleversement démographique, les zones kazakhes n’étant plus majoritairement kazakhes. Cette période fut également marquée par des inquiétudes liées au séparatisme, la détérioration des relations sino-soviétiques voyant l’URSS attiser les sentiments nationalistes.
La fin de la Révolution culturelle et l’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping ont entraîné un assouplissement des restrictions. La représentation des Kazakhs s’est améliorée, notamment grâce au retour des dirigeants politiques purgés et des Kazakhs ayant fui le pays. Les politiques de collectivisation ont également été abandonnées, mais les tensions ethniques entre Kazakhs et Hans persistent.
Cependant, l’assouplissement des restrictions présentait des limites. Les années 1990 ont été marquées par une vague de contestation populaire et d’attentats terroristes qui ont conduit le gouvernement chinois à lancer la campagne « Frappe dure », visant à réprimer le séparatisme et à rétablir la sécurité. Ce contexte, conjugué au climat politique qui a suivi le 11 septembre, a entraîné un changement de politique, passant de l’assimilation culturelle à la sécurisation, l’État chinois intensifiant sa répression contre les séparatistes et les terroristes islamistes.











La population kazakhe de Chine possède une culture distincte, principalement fondée sur des registres généalogiques qui, outre la définition de la lignée, perpétuent les modes de vie traditionnels. Certains Kazakhs sont des éleveurs nomades qui élèvent des moutons, des chèvres, des bovins et des chevaux. Ces nomades pratiquent des transhumances saisonnières à la recherche de pâturages pour leurs animaux. Durant l’été, ils vivent dans des yourtes , tandis qu’en hiver, ils s’installent dans des maisons modestes en pisé ou en parpaings. D’autres vivent en milieu urbain et sont généralement instruits et influents au sein de leurs communautés. L’islam pratiqué par les Kazakhs de Chine intègre de nombreux éléments de chamanisme, de culte des ancêtres et d’autres croyances et pratiques traditionnelles.
Le kazakh est encore parlé au sein de la communauté, bien que, contrairement à d’autres variétés kazakhes, il subisse des influences du mandarin et s’écrive en alphabet arabe. Les Kazakhs chinois parlent presque toujours l’ouïghour ou le mandarin, deux langues utilisées pour la communication interethnique. Ainsi, le kazakh demeure important, mais est rarement parlé en dehors du foyer, à l’exception des régions à majorité kazakhe. De nombreux Kazakhs se sentent ethniquement distincts des autres groupes du Xinjiang et liés aux Kazakhs vivant de l’autre côté de la frontière, au Kazakhstan. Cependant, le recul de l’enseignement en kazakh et la russification des Kazakhs post-soviétiques de l’autre côté de la frontière font que ce sentiment n’est pas universel.
Ayant terminé les photos…je me promène à nouveau dans le magasin…c’est tellement beau que je ne m’en lasse pas…Je me commanderai volontiers cette splendide veste rouge brodée à la main …mais le voyage n’est pas fini !!!




Chine 2025 2026 : Pas de succès avec le « black Lama »…
Lee nous fait une fixette sur le lieu où a été élevée notre copine Khalkha…qui est aussi le lieu où a sévit le Black Lama …un aventurier particulièrement sanguinaire …
Nous prenons donc un van collectif pour atteindre Mazong Shan une petite localité perdue …heureusement l’unique hotel est petit mais sympa et il existe juste en face un restaurant de dumplings délicieux…
A part cela pas grand chose …Il existe seulement 2 boutiques de vêtement traditionnels dont une est tenue par un dragon …une cousine du black lama sans doute …
La deuxième boutique a une propriétaire nettement plus aimable nous envoie chez une de ses amies qui parait il, possède de fabuleux costumes de Koshut mongols.
Une des femmes est carrément hystérique car le costume est un peu compliqué à enfiler …cela s’annonce mal !!!






Je me dépêche de prendre quelques photos car l’affaire me semble mal engagée…
Je pense que le costume vert est un costume de femme mariée alors que l’autre plus coloré soit appartenir à une femme célibataire …
Lee s’apprête à négocier le prix pour prendre des photos d’extérieur …lorsque les choses se gâtent carrément …Cette femme particulièrement stupide est persuadée que que je suis une richissime américaine et une chose est sure c’est que les chinois n’aime pas perdre la face …





Le ton monte et elle envisage d’appeler la police …
Bref on renonce à prendre à prendre des photos à l’extérieur et moi je serais favorable à partir immédiatement sans rien payer mais Lee est tellement paniqué …que j’accepte de payer le minimum syndical …





Dans la nuit qui suit le jeune homme qui nous a amenés et qui est le fils de la dame en rose à qui les costumes appartiennent …veut absolument nous rembourser. Mais ce serait avec son argent pas celui de la sorcière…En plus il est plutôt pauvre car il n’a que 20 chameaux …





En plus difficile d’identifier à quel groupe ethnique appartiennent ces costumes …Je trouve sur Wikipedia une photo qui ressemble à ce que l’on a vu mais rien de concluant …

On se console en allant visiter le petit musée racontant l’histoire chaotique de Ja Lama dit « black Lama »…
Ja Lama ( en mongol : Жа Лама , également connu sous les noms de Dambiijantsan , Дамбийжанцан ou Dambiijaa , Дамбийжаа ; 1862-1922) était un aventurier et chef de guerre d’origine et de naissance inconnues , qui mena des campagnes successives contre la dynastie Qing en Mongolie occidentale entre 1890 et 1922.
Il prétendait être un lama bouddhiste , bien qu’il ne soit pas certain qu’il l’ait été réellement, ainsi qu’un petit-fils et, plus tard, la réincarnation d’ Amursana , prince khoïde – oïrat qui mena le dernier grand soulèvement mongol contre les Qing en 1757. Il fut l’un des commandants des forces mongoles qui libérèrent la ville de Khovd du contrôle des Qing en 1912.





Bien que Ja Lama ait revendiqué à de nombreuses reprises la citoyenneté russe et une origine kalmouke , sa véritable identité reste inconnue, mais il est largement admis que son vrai nom était Dambiijantsan et qu’il est né vers 1862 dans un ulus (tribu ou subdivision tribale) Baga Dörbet quelque part dans la région d’Astrakhan .
Ja Lama a été décrit comme « fanatiquement anti-russe tsariste, anti-russe soviétique et anti-chinois ».
On pense que Ja Lama arriva en Mongolie vers 1890. Durant l’été de cette année-là, il fut arrêté par les autorités Qing pour avoir mené campagne contre le régime. Cependant, il échappa à l’emprisonnement grâce au consul russe à Ikh Khüree (l’actuelle Oulan-Bator ), qui l’identifia comme « Amur Sanaev », un citoyen russe d’origine kalmouke, originaire de la province d’Astrakhan, et obtint sa libération et son expulsion vers la Russie.
À l’automne 1891, Ja Lama était de retour en Mongolie où il diffusait une propagande anti- mandchoue , ce qui lui valut d’être arrêté à deux reprises. Après chaque arrestation, il fut déporté en Russie. On ignore où il se trouvait après sa seconde arrestation, mais en 1910, il réapparut parmi les Oïrats Torghuts du Xinjiang .




La révolution mongole de 1911 opposa les Mongols Khalkhas à la Chine Qing. Cependant, l’ouest de la Mongolie demeura sous contrôle mandchou. Au printemps 1912, Ja Lama retourna en Mongolie et se rendit à Khovd, dans le nord-ouest du pays, dernier bastion Qing de la région, où un amban mandchou et des soldats étaient stationnés dans une forteresse.
Tous les fonctionnaires Qing furent expulsés de Mongolie par le gouvernement mongol indépendant du Bogd Khan. L’Amban d’Uliastai choisit d’évacuer sous protection russe ; cependant, l’Amban de Khovd choisit de rester et de combattre les rebelles mongols avec ses troupes.L’envoyé mongol chargé de transmettre le message à Khovd fut exécuté par l’Amban, puis les Mongols se préparèrent à attaquer Khovd, avec 2 000 soldats fournis par Ja Lama aux forces mongoles. En 1912, à Khovd, Ja Lama contribua à la défaite des Mandchous et au pillage de leur fort.
Ja Lama fit savoir partout qu’il allait libérer les Mongols du joug de la dynastie Qing. Les Mongols remarquèrent que Ja Lama portait un bonnet orné d’un vajra d’or de Kalacakran , au lieu d’un bouton comme c’était l’usage chez les Mongols. Il mobilisa rapidement ses troupes et rejoignit les 5 000 Mongols de la province de Khovd . Cette force combinée était commandée par Ja Lama, les généraux Khatanbaatar Magsarjav et Manlaibaatar Damdinsüren , et le jalkhanz Khutagt Sodnomyn Damdinbazar . Ensemble, les combattants mongols libérèrent les villes d’ Uliastai et d’ Ulaangom en mai, puis Khovd en août, proclamant leur union avec le nouvel État mongol. Khovd fut la dernière ville sous contrôle mandchou-chinois (Qing) à tomber aux mains des Mongols.
Les soldats mandchous tentèrent de fuir vers l’ouest et d’évacuer Khovd, mais ils furent massacrés par les Mongols après avoir été capturés.
L’orientaliste Owen Lattimore décrivait le Mongol Sandagdorjiyn Magsarjav (1877-1927) comme « une figure étrange, romantique et parfois sauvage ». Magsarjav avait servi sous les ordres du général russe anticommuniste Roman von Ungern-Sternberg , surnommé le « Baron sanglant » pour sa brutalité envers ses ennemis. À Uriankhai , Magsarjav arrachait le cœur des bandits kazakhs capturés et les sacrifiait. La rumeur prétendait qu’il arrachait le cœur des prisonniers de sa main gauche et le plaçait dans des crânes , avec des morceaux de cerveau et d’entrailles, en offrande à des divinités bouddhistes courroucées . Il aurait ensuite accroché les peaux écorchées de ses ennemis kazakhs aux murs de sa yourte.
Pour son rôle dans plusieurs victoires militaires remarquables, Ja Lama reçut du huitième Jebtsundamba Khutukhtu les titres religieux et nobiliaires élevés de Nom-un Khan Khutukhtu et de prince khoshuu Tüshe Gün . Ces victoires consolidèrent sa réputation de chef de guerre et de moine bouddhiste militant. Il s’installa comme gouverneur militaire de la Mongolie occidentale et instaura un règne de terreur et de violence sur un vaste territoire.
Ja-Lama était en train de bâtir un État séparatiste oïrat autour de Kobdo. Ja-Lama et d’autres Oïrats de l’Altaï souhaitaient imiter l’ empire oïrat originel et fonder une nouvelle grande nation oïrat unie à partir des nomades de l’ouest de la Chine et de la Mongolie. Des prophéties circulaient concernant le retour d’Amursana et la renaissance des Oïrats dans la région de l’Altaï.
En février 1914, Ja Lama fut arrêté par des cosaques sibériens sur ordre des autorités consulaires russes à Khovd. Le consulat avait reçu de nombreuses plaintes de nobles de la région de Khovd qui désapprouvaient le comportement autocratique et les pratiques despotiques de Ja Lama. Ce dernier fut emprisonné à Tomsk pendant environ un an, puis transféré à Irkoutsk . En 1916, Ja Lama retourna dans sa région natale du Bas- Volga , puis revint en Mongolie durant l’été 1918. Refusant de reconnaître l’autorité du Bogd Khan , il fit l’objet d’un mandat d’arrêt. Ja Lama parvint cependant à échapper aux autorités mongoles et se réfugia dans le Gobi Noir , à la frontière entre la Mongolie et les provinces chinoises du Xinjiang et du Gansu . De là, il recruta des partisans et extorqua ou pilla les caravanes de passage. Ja Lama a obtenu une somme lucrative d’or et d’argent après avoir pillé une caravane tibétaine de cinquante marchands.
Dans l’ aïmag de Zasagt Khan, l’opium était cultivé par des travailleurs chinois employés par Ja Lama en 1918.
Ja-lama assassina tous les membres d’une délégation envoyée par le baron Roman von Ungern-Sternberg à Lhassa en 1920. Ja-lama fut apparemment une déception pour Ungern, qui avait été un admirateur, et qui ne fit que l’insulter après être entré en Mongolie.
La mort
Après le rétablissement de l’indépendance de la Mongolie en 1921, Ja Lama continua d’opérer de manière indépendante depuis sa cachette. Le nouveau gouvernement communiste, déterminé à réprimer les insurrections, prit Ja Lama et ses hommes pour cible. Début 1922, le chef militaire mongol Damdin Sükhbaatar ordonna l’arrestation de Ja Lama. Baldandorj, chef de la police de Niislel Khüree, fut dépêché sur place. Se faisant passer pour un émissaire du Bogd Khan , Baldandorj parvint à infiltrer son camp, l’abattit d’une balle puis le décapita. Les troupes de Ja Lama se dispersèrent et sa tête fut exposée d’abord à Ouliastaï, puis à Niislel Khüree. Plus tard, elle fut transportée à Saint-Pétersbourg et exposée à la Kunstkammer de l’ Ermitage , sous l’étiquette « N° 3394, tête d’un Mongol ».
Pour terminer sur une note plus romantique …un poème écrit par Ja Lama
Je suis un moine mendiant du royaume du tsar russe, mais je suis né des grands Mongols. Mes troupeaux paissent sur la Volga, ma source d’eau est l’Irtych. De nombreux guerriers héroïques m’accompagnent. Je possède d’immenses richesses. Je suis venu à votre rencontre, vous, mendiants, vous, derniers Oïrats, à l’heure où la guerre pour le pouvoir commence. Soutiendrez-vous l’ennemi ? Ma terre natale est l’Altaï, l’Irtych, le Khobuk-sari, l’Emil, le Bortala, l’Ili et l’Alataï. C’est la patrie des Oïrats. Par ma descendance, je suis l’arrière-petit-fils d’Amursana, la réincarnation de Mahakala, propriétaire du cheval Maralbashi. Je suis celui qu’on appelle le héros Dambijantsan. Je suis venu ramener mes pâturages sur mes terres, rassembler mes familles et mes serviteurs, accorder ma faveur et circuler librement.
Ensuite il fait tellement froid que je rentre à l’hotel …Lee s’aventure dans les ruines de la forteresse de Ja Lama …dont il ne reste pas grand chose…il repère pas mal de traces de loups et rentre également ce qui est plus prudent …
Chine 2025 2026 : Le superbe musée Gaotai…
Le musée Gaotai situé à Zhangye Gansu Province en Chine est un musée local qui est centré sur la préservation de l’histoire et la culture du Comté de Gaotai. Il offre un site instructif pour les visiteurs afin afin d’explorer les richesses et l’heritage de la région de Zhangye.
Les tombes de Gaotai (également connues sous le nom de cimetière de Gaotai) sont un site archéologique important situé dans le comté de Jiangling, Jingzhou, province du Hubei, en Chine. Ils fournissent des informations cruciales sur les coutumes funéraires et la santé de la population de la dynastie Han.







Contexte historique
Période de temps : Les tombes datent principalement de la dynastie des Han occidentaux (206 AEC – 9 CE). Certaines sépultures dans la région plus large de Jiangling englobent également la transition depuis la période des États combattants.
Signification : Le site fait partie d’une dense concentration de cimetières anciens autour de l’ancienne capitale du Chu, Jinan. Il a livré des milliers d’artefacts qui illustrent la hiérarchie sociale et la vie quotidienne de l’époque Han.











Découvertes archéologiques clés
Documents funéraires : L’une des découvertes les plus notables provient de la tombe 18, où un document en bois détaillant une femme nommée Yan a été trouvé. Ces types de « listes d’inventaire des tombes » ou de « documents de déménagement funéraire » étaient courants dans la région, servant de dossiers administratifs pour l’au-delà.



















Découvertes archéologiques clés
Documents funéraires : L’une des découvertes les plus notables provient de la tombe 18, où un document en bois détaillant une femme nommée Yan a été trouvé. Ces types de « listes d’inventaire des tombes » ou de « documents de déménagement funéraire » étaient courants dans la région, servant de dossiers administratifs pour l’au-delà.











Recherche médicale et biologique : Une analyse scientifique récente d’échantillons de sol du cimetière de Gaotai a identifié la présence d’œufs de parasites intestinaux, en particulier de douves du foie chinoises (Clonorchis sinensis). Cela fournit des preuves des habitudes alimentaires et des maladies prévalentes au Hubei pendant la dynastie Han.
Structure funéraire : Comme de nombreuses tombes de l’époque Han dans le Hubei, celles de Gaotai se composent généralement de fosses en terre rectangulaires avec des chambres en bois et des cercueils.
Artefacts : Les fouilles ont mis au jour une variété de biens funéraires, y compris :
Bois laqué : Une caractéristique de l’archéologie du Hubei en raison des eaux souterraines élevées de la région qui préservent le bois, le bronze et le bambou.
Slips de bambou : Enregistrements écrits sur le bambou ou le bois qui fournissent des données historiques et légales.
Objets rituels : Poteries, miroirs en bronze et ornements en jade destinés à accompagner le défunt dans la « maison des enfers ».
















Emplacement et visite
Les tombes sont situées à proximité d’autres sites archéologiques majeurs de Jingzhou, tels que le musée de Jingzhou, qui abrite de nombreuses reliques récupérées. Notez que « Gaotai » est un toponyme courant en Chine ; ce site du Hubei est distinct des anciennes maisons de Gaotai au Xinjiang ou des tombes de la ville de Luotuo au Gansu.




Les murs de briques de Gaotai durant la période des dynasties Wei-Jin et des 16 royaumes …ont duré des milliers d’années et sont encore aussi vives que si elles étaient neuves…Ces briques sont d’importants témoins du développement de la région de Hexi, créant l’histoire et la conquête de la nature des anciennes populations.
Ceci ne reflète pas uniquement la vie sociale à cette période mais aussi leur talent et leur monde spirituel ..
Protéger les reliques culturelles et l’héritage des traditions sont les fondations et le point de départ de la dissémination de de la civilisation et de la marche vers le futur.
Chine 2025 2026 : Sympathique rencontre avec une femme Yugur vivant à la campagne
Les Yugur constituent la huitième minorité ethnique de Chine (sur 55). En 2010, leur nombre s’élevait à 14 378, soit 0,0011 % de la population totale du pays, selon le recensement chinois de 2010. Leur nombre a évolué au fil du temps : 13 747 en 2000 (recensement chinois de 2000), 12 297 en 1990 (recensement chinois de 1990), 3 861 en 1953, 5 717 en 1964 et 7 670 en 1982. [Sources : Recensements de la République populaire de Chine]
Dans les années 1990, 90 % des Yugurs vivaient dans le comté autonome Yugur de Sunan, dans la province du Gansu. Ce comté est situé au pied des monts Qilian, au nord, au cœur du corridor du Hexi. Les pâturages y sont vastes. Les Yugurs vivent de l’élevage depuis des temps immémoriaux. Les monts Qilian bordent le plateau Qinghai-Tibet, qui bénéficie d’un climat alpin semi-aride. Le corridor du Hexi, axe majeur de la Route de la Soie, jouit d’un climatcontinental de mousson.
Les Yugurs vivant dans l’ouest du comté autonome yugur de Sunan parlent le yohur, une langue turque apparentée à l’ouïghour et au salar ; ceux vivant dans l’est de ce même comté parlent l’enger, une langue mongole apparentée au bonan, au tu et au mongol.






Les Yugur étaient autrefois des Ouïghours. Après une attaque des Kirghizes au IXe siècle, ils se réfugièrent dans la région du Gansu, et non au Xinjiang comme la plupart des Ouïghours. Au Gansu, ils furent influencés par les Tibétains qui leur firent découvrir leur version du bouddhisme.
L’origine du groupe ethnique Yugur est longue et complexe, remontant aux anciens Huns avant Jésus-Christ et aux Ouïghours aux VIIe et VIIIe siècles. La minorité ethnique Yugur est issue de la combinaison d’une tribu de l’ancienne minorité ethnique ouïghoure et d’une tribu de l’ancienne minorité ethnique mongole. Elle trouve son origine dans le groupe ethnique nomade ouïghour du bassin du fleuve Orkhon sous la dynastie Tang (618-907 ap. J.-C.). Au milieu du IXe siècle, une de ses tribus s’installa dans la région du corridor du Hexi, dans la province du Gansu, et prit le nom d’« Ouïghours du Hexi ». Au début de la dynastie Ming (1368-1644 ap. J.-C.), ils migrèrent successivement vers la région des monts Qilian, et le groupe ethnique Yugur se forma progressivement. En 1953, l’ensemble du groupe fut renommé minorité ethnique Yugur. Le 20 février 1954, le comté autonome Yugur du Sud fut créé dans la province du Gansu. [Source : Chinatravel.com =/]
Les Yugur font remonter leurs origines aux anciens Ouïghours nomades de la vallée de l’Erhun, sous la dynastie Tang (618-907). Au milieu du IXe siècle, confrontés à des tempêtes de neige, des luttes intestines au sein du groupe dirigeant et des attaques des Kirghizes turcophones, les anciens Ouïghours durent migrer vers l’ouest en plusieurs groupes.
L’un d’eux émigra à Guazhou (aujourd’hui Dunhuang), Ganzhou (aujourd’hui Zhangye) et Liangzhou (aujourd’hui Wuwei), dans le corridor du Hexi – la région la plus fertile du centre-ouest de la province du Gansu – et passa sous la domination de Tubo, un royaume tibétain. Ils furent alors appelés les Ouïghours du Hexi. Plus tard, ils s’emparèrent de la ville de Ganzhou et y établirent un khanat – d’où leur autre nom : les Ouïghours de Ganzhou. [Source : China.org ]
Les Ouigurs du Hexi avaient toujours entretenu des liens très étroits avec l’empire central et considéraient ces liens comme des relations de « neveu à oncle ». Sous la dynastie Song du Nord (960-1126), le khan des Ouigurs de Ganzhou envoyait souvent des émissaires spéciaux à la capitale impériale pour présenter un tribut à l’empereur, et, en retour, la cour Song offrait au « neveu Ouigur Khan de Ganzhou » des produits spéciaux provenant de Chine centrale. Les émissaires du khan se rendirent à plusieurs reprises dans la capitale de la dynastie Song pour offrir des chameaux, des chevaux, du corail et de l’ambre en guise de tribut à la cour impériale, la cinquième année (980) du règne de l’empereur Taizong et la troisième année (1010) du règne de l’empereur Zhenzong .




Selon l’« Encyclopédie des cultures du monde » : « Les Yugur sont essentiellement un peuple qui s’est séparé des Ouïghours et a développé sa propre identité. Après l’arrivée des Kirghizes du nord au IXe siècle, les Ouïghours ont fui la Mongolie. Ceux qui se sont installés dans les actuelles villes de Dunhuang, Zhangye et Wuwei sont passés sous domination tibétaine et ont été connus sous le nom d’Ouïghours du Hexi (plus tard, Yugur).
Ils ont tour à tour été libres et soumis à la domination de puissances extérieures, notamment le royaume tibétain (Tufan), l’État tangoute de Xixia, l’Empire mongol et les cours Ming et Qing. C’est entre le milieu du XIe et le XVIe siècle qu’une culture et une identité Yugur distinctes ont émergé. Durant cette période, ils ont migré plus à l’ouest, au-delà de la Grande Muraille, où ils pratiquaient la chasse, l’élevage et interagissaient avec de nombreux peuples différents. » Au XVIe siècle, les Turfan étaient devenus si agressifs que les Yugur se réfugièrent derrière la Grande Muraille, à Sunan et Huangnibao. Ceux qui s’installèrent à Huangnibao devinrent agriculteurs, tandis que ceux de Sunan sont restés des éleveurs nomades vivant sous des tentes.
Au milieu du XIe siècle, le royaume des Xia occidentaux conquit Ganzhou et renversa le régime des Ouigurs. Les Ouigurs du Hexi devinrent alors dépendants de ce dernier et se déplacèrent vers des zones pastorales situées hors du col de Jiayu. Cependant, leurs liens avec la cour Song furent maintenus. Des émissaires ouigurs se rendirent à nouveau dans la capitale Song avec un tribut durant la première année du règne de l’empereur Shenzong (1068) et demandèrent une copie d’un texte bouddhiste. Selon un émissaire en 1073, on comptait alors plus de 300 000 Ouigurs.
En 1227, les Mongols conquirent le royaume des Xia occidentaux et placèrent les Ouigurs du Hexi sous leur domination directe .
Une partie des Ouigurs du Hexi furent assimilés aux groupes ethniques voisins au cours d’une longue période de coexistence, du milieu du XIe siècle au XVIe siècle, et formèrent une communauté : les Yugurs actuels. Ils vivaient autour de Dunhuang, dans l’ouest du Gansu, et de Hami, dans l’est du Xinjiang.
Les souverains Ming (1368-1644) déplacèrent de nombreux Yugurs plus à l’est, la frontière étant devenue instable. Après leur migration vers l’est, les Yugurs connurent des changements dans leurs modes de production économique. Ceux de la région de Huangnibao, profitant des échanges avec les Hans, apprirent l’agriculture et la substituèrent progressivement à l’élevage, tandis que ceux de la région de Sunan continuaient à pratiquer l’élevage et la chasse .
Le gouvernement Qing (1644-1911), cherchant à renforcer son pouvoir, divisa les Yugurs en « sept tribus » et nomma un chef pour chacune d’elles, ainsi qu’un puissant chef suprême – le « Huangfan, surintendant des Sept Tribus » – qui les supervisait toutes. Le gouvernement Qing imposa aux tribus Yugurs d’offrir 113 chevaux chaque année en échange de thé. Au début, elles en reçurent un peu, mais par la suite, pratiquement plus rien. Les chevaux ainsi offerts constituaient un tribut pur et simple. Le tribut exigé par le gouvernement central comprenait également des bois de cerf, du musc et des fourrures. Les Yugurs de Suzhou devaient quant à eux livrer du grain ou de l’argent .






Le bouddhisme tibétain s’est implanté dans la région de Yugur sous les dynasties Ming et Qing. Chaque tribu possédait son propre monastère. Les lamas collaboraient étroitement avec les chefs sur les questions tribales importantes ; certaines tribus pratiquaient l’intégration de la religion et de la politique.
Selon le gouvernement de Pékin : « Les monastères lamaïstes disposaient de leur propre système féodal d’oppression et d’exploitation : tribunaux, prisons et instruments de torture. Ils pouvaient imposer des dons obligatoires et des travaux forcés gratuits, et contraindre les enfants à rejoindre le clergé. Certains lamas extorquaient d’importantes sommes d’argent et des biens au peuple par le biais de la divination et des exorcismes. Les dons à des fins religieuses représentaient environ 30 % du revenu annuel d’une famille de la classe moyenne. »
Diverses difficultés ont réduit la population Yugur. Au milieu du XXe siècle, il en restait moins de 3 000. En février et avril 1954, le comté autonome Yugur de Sunan et le canton autonome Yugur de Jiuquan Huangnibao ont été créés .
Les Yugur ont conservé leur organisation tribale et clanique pendant longtemps. Chaque tribu est composée de plusieurs clans. Lors de la fondation de la Chine communiste en 1949, on comptait 10 tribus et 29 clans. Le nom de chaque clan incluait un nom de famille. Les Yugur possédaient donc 29 noms de famille traditionnels. Les noms de famille Han actuels, composés d’un seul caractère, sont tous des traductions de ces 29 noms, parmi lesquels Anzhang devient An, Suogale devient Suo et Tuo’eshi devient Tuo. « An » est le nom de famille le plus fréquent. Autrefois, tous les principaux chefs tribaux portaient le nom de famille « An », d’où l’expression : « Le nom de famille de tous les chefs est An ».
Concernant l’origine du nom de famille « An », une légende intéressante existe : il y a très longtemps, les Yugur migrèrent vers une nouvelle contrée. Un prince rassembla tout le peuple et demanda un volontaire pour se rendre à la capitale et rencontrer le roi afin d’obtenir une faveur. La plupart des gens étaient trop timides et n’osèrent pas y aller. Au bout d’un certain temps, un jeune homme courageux, cavalier habile, se porta volontaire, ajoutant : « Je vais trouver le roi. S’il me tue, oubliez-moi ; si je réussis, faites de moi un chef. » Le prince accepta sa requête. Le jeune homme partit alors et régla la question avec le roi. Impressionné par le talent du garçon, le roi, au moment de son départ, l’interrogea sur son nom de famille. Le jeune homme, ne l’écoutant pas, tapota sa selle, fouetta son cheval et s’en alla. Le roi, croyant à tort que son nom de famille était « An » (qui signifie « selle » en chinois), le nomma chef de la tribu « An ». Le jeune homme retourna dans sa tribu. Le prince tint sa promesse et lui accorda, ainsi qu’à ses frères, le titre de chef. Le jeune homme avait sept frères, qui devinrent chefs de sept tribus, appelées les sept clans. Par la suite, les noms de famille de tous les membres des sept clans furent changés en « An ».
Le nom de famille « An » trouve son origine chez le peuple Huihu, sous les Cinq Dynasties et la dynastie Song du Nord. An Yanshang, An Tieshan, An Jin et An Dianmin étaient des fonctionnaires Huihu de la préfecture de Gan, nommés conformément aux décrets impériaux des Cinq Dynasties et de la dynastie Song du Nord.








Les Yugur parlent trois langues : le yohur (yugur occidental), l’enger (yugur oriental) et le chinois. Le yugur occidental appartient au groupe turcophone de la famille des langues altaïennes et est étroitement apparenté au ouïghour, au kazakh et au kirghize. Le yugur oriental appartient au groupe mongol de la famille des langues altaïennes et est étroitement apparenté au mongol, au dongxiang, au baoan et au tu.
Le chinois est la langue principale des Yugur du Huangnibao et sert également de langue de communication courante entre eux.
Les Yugurs vivant dans l’ouest du comté autonome yugur de Sunan parlent le yugur, une langue turque de la famille altaïque, proche de l’ouïghour et du salar. Ceux vivant dans l’est de ce même comté parlent l’enger, une langue mongole de la famille altaïque, apparentée au bonan, au tu et au mongol. D’autres Yugurs parlent uniquement le han, qui sert également de langue véhiculaire entre les différents groupes yugurs. Il n’existe pas de système d’écriture pour le yugur ni pour l’enger ; le han est utilisé pour la communication écrite. Quelques Yugurs parlent également le tibétain.





Les Yugur pratiquent le bouddhisme tibétain et la plupart de leurs fêtes traditionnelles sont liées à cette croyance. La plupart des Yugur sont adeptes de l’école Gelugpa du bouddhisme tibétain (lamaïsme). Avant le milieu du VIIIe siècle, les Ouïghours étaient chamaniques. Ils vénéraient les esprits, les ancêtres et le dieu du tonnerre, et croyaient que les sorciers et les sorcières pouvaient prédire l’avenir et contrôler les forces de la nature. Par la suite, les ancêtres de la minorité ethnique Yugur se sont successivement convertis au manichéisme, une secte chrétienne gnostique qui s’est répandue en Asie centrale et en Chine aux VIIIe et IXe siècles, puis au bouddhisme.
Lors de leur installation au Gansu, ils passèrent sous domination et influence tibétaines et se convertirent au lamaïsme. À la fin de la dynastie Ming et au début de la dynastie Qing (1644-1911), l’école Gelugpa du lamaïsme s’étendit progressivement jusqu’à la région de Saliweiwu’er. Un temple Gelugpa, nommé temple Huang Zang (ou temple Gu Fo, signifiant « Temple du Bouddha ancien »), y fut construit. Dès lors, le bouddhisme tibétain devint peu à peu la religion principale du peuple Yugur.
Chaque tribu possédait son propre monastère lamaïste, et tous les foyers devaient contribuer à son entretien. Les Yugur, plus pauvres, pratiquaient l’animisme et le chamanisme. Certains croyaient au culte de l’Empereur Céleste, Han Tengri, religion des Mongols de Gengis Khan.
Chasser les démons par le feu est une tradition ancestrale de l’ethnie Yugur, célébrée la veille du Nouvel An chinois. Autrefois, on pensait que la période entre la veille du Nouvel An chinois et le cinquième jour de l’an était celle où les démons étaient les plus actifs. À l’approche du Nouvel An chinois, chaque famille Yugur nettoie sa yourte ou sa maison et allume deux feux de joie en plein air. Ensuite, ils tirent des feux d’artifice et font passer leur bétail entre les deux feux.
La Fête de Juin est une fête religieuse traditionnelle du peuple Yugur, qui vit dans le comté de Sunan, province du Gansu. Sa date varie d’un temple à l’autre, entre le premier et le quinzième jour du sixième mois lunaire. Durant cette fête, les Yugur des régions montagneuses accompagnent un lama qui récite des textes sacrés pour la paix et offre un sacrifice à Ebo, dieu de la montagne. Ils se rendent à un endroit précis où se trouve le mât d’Ebo et répandent du thé vert sur la montagne en offrande au dieu.



Congratulations avant le départ …je suis invitée par cette charmante dame Yugur dès mon prochain retour !!!
Chine 2025 2026 : c’est encore plus chouette avec un chameau !!!
Nos amis repartent pour aller chercher un jeune chameau récemment acquis et pas complètement dressé pour la monte …
Il fait partie du contingent de jeunes chameaux acheté par le Yugur bleu lors du festival des chameaux Alxia left banner




Le dressage des chameaux de Bactriane en Asie centrale, pilier de la Route de la Soie, repose sur des techniques ancestrales visant à utiliser l’animal comme bête de somme, de monte ou pour la traction (noria). Il implique le perçage de la cloison nasale pour le contrôle, l’utilisation de licous et un entraînement rapide à la selle, souvent en quelques jours.





Voici les aspects clés du dressage :
- Contrôle et Guidage : La méthode traditionnelle implique souvent la pose d’un anneau ou d’une pièce de bois dans le nez, permettant de lier les animaux en caravane, bien que cette technique soit parfois critiquée pour son inconfort. Des licous similaires à ceux des chevaux sont également utilisés.
En tout cas ce jeune chameau a l’air très calme ce qui est un atout pour le monter alors qu’il est à peine dressé…









Habituation à la Selle : Le chameau est éduqué à porter des charges ou un cavalier. Quelques jours suffisent généralement pour qu’un chameau dressé s’habitue à la selle.
Ce qui est apparemment le plus compliqué est de s’agenouiller pour que le cavalier puisse le monter …mais ce jeune chameau est très conciliant car il ne fait pas trop de difficultés.





Dressage à la Noria : Pour l’utilisation dans des norias (moulins), les chameaux sont habitués à marcher en rond pendant plusieurs heures, souvent en utilisant des œillères pendant 2 ou 3 jours pour les habituer au mouvement.
Formation des Caravanes : Traditionnellement, les chameaux sont dressés pour suivre un guide, formant des caravanes hiérarchisées.
Entraînement des Jeunes : Le dressage commence jeune pour habituer l’animal à la manipulation, à la charge et aux contraintes du désert.









Utilisation Festive et Compétitions : En Mongolie, le dressage est célébré lors de festivals (comme à Ömnögovi) où se tiennent des courses et des concours de beauté, mettant en scène des chameaux bien harnachés.







Ces techniques, bien que traumatisantes dans certains cas (anneau nasal), sont cruciales pour la gestion de ce camélidé robuste dans les conditions extrêmes de l’Asie centrale, notamment dans le désert de Gobi.
Le dressage des chameaux de Bactriane (Camelus bactrianus) en Asie centrale (Kazakhstan, Mongolie, Turkménistan) est une tradition ancestrale transmise de génération en génération au sein des communautés nomades.
Étapes clés du dressage
Le processus repose sur l’établissement d’une relation de confiance et commence très tôt :
Imprégnation précoce : Le dressage débute dès les premiers mois de la vie du chamelon pour l’habituer au contact humain et à la longe.
Acceptation de la charge : Vers l’âge de 2 ou 3 ans, l’animal apprend progressivement à s’agenouiller sur commande et à supporter des charges légères, puis des bâts complets ou une selle.
Guidage : Le contrôle s’effectue généralement via une rêne fixée à une cheville en bois (le tarant) insérée dans la narine ou par un licol. Des pressions du pied sur le cou ou des tractions légères sur la rêne servent à indiquer la direction.
Dès la fin de la démonstration …on retourne manger avant que le boeuf bouilli soit complètement froid …








J’ai l’impression de manger pour une semaine …je recommande les petits pains à droite qui peuvent être appelés « Christian…killers » à tremper dans le lait de chamelle impérativement avant consommation…
En Asie centrale, le chameau dressé remplit plusieurs rôles essentiels :
Transport et caravanes : Utilisé historiquement sur la Route de la Soie, il peut porter des charges lourdes sur de longues distances, notamment lors de la transhumance des yourtes.
Traction : Il est employé pour les travaux agricoles, comme le labour ou l’extraction d’eau des puits.
Hybridation : Au Kazakhstan, le dressage inclut la gestion de chameaux hybrides (croisement entre Bactriane et dromadaire), recherchés pour leur robustesse accrue et leur meilleure productivité laitière.
Aptitudes naturelles facilitant le dressage
Intelligence : Les chameaux sont perçus comme des animaux intelligents, capables de réagir rapidement aux émotions de leur dresseur.
Adaptabilité : Leur morphologie (pieds larges pour le sable, réserves de graisse dans les bosses) et leur résistance aux températures extrêmes (-40°C à +40°C) en font des partenaires de travail fiables dans les steppes et déserts.
Voilà une expérience que je ne suis pas prête à oublier !!!
Chine 2025 2026 : Belle rencontre avec de vrais nomades Yugurs
Ma première rencontre avec les Yugurs s’est déroulée pendant le splendide festival des chameaux à Alxia left banner en Inner Mongolia ..
Nous étions en train de prendre notre petit déjeuner avec nos nouveaux amis du Parti Communiste Chinois lorsqu’ils sont entrés dans le restaurant : grands souriants et avec de superbes costumes …Nous avons pris leurs coordonnées pour être surs de les retrouver !!!





Nous leur avons fixé RDV à nos amis dans un petit village qui comporte un seul hotel qui n’a rien de formidable …mais cela fait également partie de l’aventure !!!
Le rdv est rocambolesque car le moins que l’on puisse dire est que les Yugurs sont un peu fâchés avec le respect de l’horaire
On commande un « hot pot » délicieux à gauche …
Le lendemain avec 3 heures de retard nous partons pour Dianguanzhan…le petit village où est installé la ferme de nos amis !!!
Un repas « nomade »dans la ferme de nos amis… boeuf bouilli et l’inévitable soupe au lait de chamelle avec du fromage et des dattes..le tout dans la soupière …Changement de décor total !!!
En fait les nomades couchent de moins en moins sous la yourte Le gouvernement leur donne des facilités pour acheter des appartements en ville où ils laissent femme et enfants


De leur coté ils vivent dans une petite ferme très précaire mais avec le chauffage qu ils n’avaient pas dans la yourte …
Nous avons droit ensuite à une séance d’habillage …visiblement il n’est pas simple d’enfiler un costume Yugur lorsque l’on est tout seul
Heureusement ils sont 3 et peuvent s’entraider …ce qui simplifie les choses !!!













Tout le monde est prêt ..on peut donc réaliser des photos de groupes de nos amis à l’intérieur de la fermette ou à l’extérieur dans la neige !!!






Notre ami barbu a apporté une pipe traditionnelle mais le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’est pas facile à allumer.








Heureusement son ami lui donne un coup de main avec un briquet classique …








Relax nous profitons du soleil et de la neige …lorsque le Yugur en bleu propose » Et si allait chercher un chameau !!!
Hé bien oui allons chercher un chameau !!!
Cet homme possède déjà plus de 400 chameaux et il en a racheté une cinquantaine de jeunes pour les entraîner pour les courses !!!









