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Indonésie 2022 : incroyable combat avec les pandanus

le Perang pandan (lit. bataille de pandan) est une tradition balinaise de combat rituel avec des massues en pandan ( Pandanus amaryllifolius ). Il est connu dans la langue balinaise sous le nom de mageret pandan ou makare-kare .

Le perang pandan est pratiqué par la population Bali Aga du village de Tenganan dans la régence de Karangasem , en Indonésie . Les habitants de Tenganan sont des dévots de la divinité Indra . Pour honorer Indra en tant que dieu guerrier, de nombreuses grandes fêtes religieuses à Tenganan impliquent une bataille rituelle.

Les Bali Aga , Baliaga ou Bali Mula sont le peuple indigène de Bali , principalement situé dans la partie orientale de l’île, à Karangasem . Ils peuvent également être trouvés dans les régions du nord-ouest et du centre. Les Bali Aga, appelés Bali Pergunungan (montagne balinaise), sont ceux qui se trouvent dans le village de Trunyan . Pour le peuple Trunyan Bali Aga, le terme Bali Aga (balinais des montagnes) est considéré comme une insulte avec une signification supplémentaire de «les montagnards qui sont des imbéciles»; par conséquent, ils préfèrent le terme Bali Mula ( allumébalinais d’origine) à la place.

Les scènes de lutte prêtent parfois à confusion et ressemblent parfois à des scènes d’effusion !!!

Les premiers habitants de Bali seraient venus du village de Bedulu bien avant la vague d’immigration hindoue-javanaise. La légende veut qu’y ait vécu le dernier roi du Pejeng (un ancien royaume balinais), Sri Aji Asura Bumibanten , qui avait des pouvoirs surnaturels. Il pouvait se couper la tête sans ressentir de douleur et la remettre en place.

Un jour, cependant, sa tête est tombée accidentellement dans une rivière et a été emportée. Un de ses serviteurs pris de panique décida de décapiter rapidement un cochon et de remplacer la tête du roi par la tête de l’animal. Embarrassé, le roi se cacha dans une haute tour, refusant tout visiteur. Un petit enfant a découvert le secret et depuis lors, le roi est devenu connu sous le nom de Dalem Bedulu, ou Celui-qui-a-changé-de-tête. Une autre explication est que le nom vient du nom Badahulu ou « le village en amont ». Après le royaume de Pejeng, l’empire de Majapahit est monté au pouvoir.

Les Bali Aga vivent dans des zones isolées dans les montagnes. Leur isolement relatif par rapport aux balinais des basses terres avait préservé une partie de l’élément austronésien d’origine, apparent dans l’ architecture Bali Aga .

La tradition du mageret pandan proviendrait de la mythologie hindoue sur le roi Maya Denawa et Indra . Le roi Maya Denawa s’est affirmé comme un dieu supérieur à tout le panthéon hindou. Il a interdit au peuple d’accomplir leurs cérémonies religieuses, ce qui a provoqué la colère des dieux. Indra lui-même a combattu et vaincu Maya Denawa pour son blasphème, et leur bataille a été commémorée par le rituel du mageret pandan.

Comme tout le monde frotte le dos de son adversaire avec les cactus …la peau devient très irritée, voire saigne …mais il s’agit d’une offrande pour les dieux !!!

Indra (devanagari: इन्द्र) est le roi des dieux, et Seigneur du Ciel dans la mythologie védique de l’Inde ancienne. Il est originellement issu du dieu indo-européen de la guerre et de l’orage.

Indra apparaît comme l’une des principales divinités dans le Rig-veda. Il est en particulier célébré comme le meurtrier de Vṛtrá et tient une place centrale dans le sacrifice du Soma. Il est qualifié de nombreuses épithètes, notamment vṛṣan le taureau, et Vṛtrahan, meurtrier de Vritra, le rétenteur des eaux célestes. Dans la religion zoroastrienne de l’Iran ancien, Indra est présenté comme faisant partie des « archidémons ».

Au sein du védisme ancien, en tant que dieu guerrier, sa puissance se manifeste dans la fonction guerrière des kshatriyas. Son pouvoir illimité de vainqueur invaincu lui permet d’être un des Ādityas. Un compagnonnage guerrier, les Maruts, comparable à celui qui entoure le dieu nordique Odin, l’accompagne. Divinité guerrière et seigneur de ses hommes, sa puissance est celle d’un général d’armée, d’un taureau géniteur, d’un ami généreux.

L’avènement de l’hindouisme transforme ce dieu tutélaire des Aryas en roi des devas, puis en roitelet supplanté par Vishnou et Shiva. L’iconographie le réduit à un personnage anthropomorphe qui chevauche l’éléphant Airāvata.

Les combats font rage que les jeunes filles regardent en souriant …

Chez les Tenganan, le mageret pandan fait partie d’une cérémonie d’un mois appelée  » Usabha Sambah « , un rituel pour honorer les dieux, en particulier Indra, et aussi pour honorer les ancêtres, qui a lieu chaque sasih Kalima – le cinquième mois du calendrier balinais autour de Juin. [ citation nécessaire ] L’arme utilisée est une massue de 15 cm faite en attachant 10 à 15 feuilles de pandan ensemble. Chacune des feuilles est bordée de petites épines acérées. Le bouclier est un bouclier en rotin . Les techniques sont principalement des frappes oscillantes, mais les concurrents ont recours à se gratter lors des combats. Les participants s’affrontent torse nu, vêtus seulement d’un sarong ( kamen ) et d’une coiffe traditionnelle ( udeng). Selon la tradition, le perang pandan est obligatoire pour les hommes Tenganan. Pour les jeunes, il sert de rite de passage à la virilité ; des enfants aussi jeunes que sept ans ont participé.

Le sang versé lors de ce rituel était censé être une offrande pour apaiser les dieux. Les blessures subies par les participants ont été cicatrisées à l’aide d’ onguents traditionnels , fabriqués à partir d’un mélange d’ arak , de curcuma , de galanga et d’autres épices. Un homme vêtu de noir circule entre les combattants et leur applique généreusement une pommade de couleur jaune …

Il y a même des combattants très jeunes qui participent au combat …

Le temps passant, les choses deviennent de plus en plus confuses : plusieurs combats se déroulent simultanément !!!

Le sol est couvert de tronçons de feuilles de pandanus dont les épines ne doivent pas être super agréables pour les pieds !!!

A la fin, mon ami Nyoman qui est le chef du village combat également …l’issue du combat n’est pas très claire mais les 2 combattants se quittent bons amis !!

Toujours au coeur de l’action …le combat comme si vous y étiez

C’est la fin de la cérémonie de cette incroyable journée …Les jeunes filles se prêtent gentiment aux photos

L’année prochaine j’essaierai d’assister au cycle complet des rites de la cérémonie Usaba Sambah car c’est vraiment magnifique !!!

Indonésie 2022 : Danse des garçons avant le combat !!!

Nous sommes le 15 juillet qui est la journée culminante de cette série de cérémonies…

La journée commence par une danse des garçons qui pour cette occasion sont vêtus de tissus gerinsing qui ont des vertus magiques. Ils portent à la main des offrandes tissées en feuilles de palmes pour honorer les dieux et s’attirer leurs bonnes graces…

La danse des garçons …

La danse finie …un moment de calme permet aux astrologues de faire un peu de business et aux prêtres d’organiser une bénédiction supplémentaire…

Mais le moment le plus intéressant est la préparation des filles : maquillées, habillées et surtout coiffées avec cette composition extraordinaire de fleurs naturelles et fleurs en métal doré !!!

Des spécialistes du maquillage embauchées spécialement pour cette occasion, sont à l’oeuvre pour rendre ces jeunes femmes encore plus belles !!!

Sinon par ailleurs tout le monde est occupé : on se restaure, on prépare les massues de pandanus, on prie, on joue à des jeux de hasard….

Les jeunes filles commencent à faire leur apparition pour se faire admirer …les femmes continuent d’apporter des offrandes jusqu’aux temples …

Mais pendant ce temps là… les nouveaux « hommes » se sont rhabillés et ont revêtu leurs costumes très compliqués pour se rendre dans l’autel central de Tenganan.

C’est maintenant au tour de ces splendides jeunes filles de se rendre également dans le temple principal !!!

Hé bien maintenant tout est presque prêt pour le combat…Les jeunes filles sont à l’intérieur du temple …les nouveaux « hommes font 3 fois le tour du temple , suivis par le club des hommes actuels !!!

Une dernière bénédiction avant l’action…celle du terrain, celle des arbitres !!!

Les boucliers en rotin tressé sont disposés sur le terrain…

Quelques « nouveaux hommes » défilent avec une feuille de pandanus complète pour annoncer le début du combat …

Le terrain est nickel et de part et d’autre les combattants piaffent et s’interpellent avant le début du combat !!!

Le combat va commencer …voir le prochain post !!!

Indonésie 2022 : les filles sur la balançoire …

Les filles sont pratiquement prêtes pour la balançoire et franchement je ne les envie pas… Elles portes un bustier fait avec un gerinsing reproduisant un motif de Patola..

Le gerinsing est un tissu magique censé protéger son propriétaire et à mon avis c’est loin d’être inutile …

Les femmes apportent des plateaux d’offrandes impressionnant …les plus chargés sont ceux qui comportent un pied et sont garnis de fruits. Les jolies boites décorées sont plutôt remplies de gateaux très sucrés …

Les jeunes princes sont de retour …en grande tenue !!!

Beaux tatouages chez certains hommes …dommage qu’ils soient un peu enrobés mais ici on se nourrit beaucoup avec du cochon roti (délicieux) et surtout pas avec de la vache qui est sacrée pour les hindous.

On s’arrête pour une n ième bénédiction avant l’utilisation des balançoires mais celle ci n’est peut être pas de trop !!!

Ca y est le moment tant attendu est arrivé !!!

Cette balançoire par sa rotation évoque le cycle de la vie …la rotation des astres : soleil, lune, étoiles…en complète harmonie.

Nos « nouveaux hommes » grimpent comme ils peuvent sur les piliers de la balançoire : entre leur traine et leur imposant couvre chef ce n’est vraiment pas facile…

Les jeunes filles s’installent comme elles peuvent sur des sièges qui ne sont en fait que d’étroites barres latérales qui n’ont rien de comfortable…les jeunes hommes font tourner la balançoire jusqu’à ce que toutes les jeunes filles soient installées …et ensuite accélèrent la vitesse de rotation.

Les grincements de la balançoire et les cris de la foule sont éprouvants pour les oreilles !!!

Les filles rient aux éclats …moi je ne voudrais pas être à leur place…

Les hommes qui constituent le service de sécurité du village portent de magnifiques kris.

Un kris est une dague traditionnelle balinaise, parfois de forme ondulée, souvent droite. Aujourd’hui les kris ne sont portés que lors d’une danse ou lors des cérémonies de grande importance. Lorsque les hollandais ont envahis l’Indonésie avec leurs fusils et armes modernes, le kris a démontré son inutilité en tant qu’arme. Mais le kris n’a jamais été considéré comme une simple arme. C’était un objet rempli du pouvoir mystérieux de l’acier et des secrets de sa fabrication.

Tout l’art, la magie, consistait à transformer du fer forgé en acier résistant. Un kris fait de fer forgé n’aurait pas été meilleur qu’une arme de l’Age de Bronze. Fabriquer de l’acier avant l’âge technologique relevait d’une haute habileté qui n’était pas donnée à tout le monde. C’est pourquoi les forgerons capables de fabriquer un kris ont toujours été considérés comme des personnes très importantes.

La société balinaise est hautement influencée par la numérologie et le symbole des nombres. Le kris ne fait pas exception. Les pouvoirs magiques d’un kris résultent de la relation numérique qui existe entre les proportions de la lame et celle de la main de l’utilisateur. Posséder un kris aux mauvaises dimensions peut apporter beaucoup d’ennuis.

Il existe plusieurs façons de mesurer un kris pour déterminer ses caractéristiques. La façon la plus courante est tout simplement le rapport entre la longueur de la lame et sa largeur. Les balinais utilisent généralement un morceau de busung, feuille de jeune noix de coco, pour mesurer la lame et la largeur d’un kris. Le busung est d’abord coupé à la même longueur que la lame, puis plié en deux. Ceci détermine le point central de la longueur de la lame. Le busung est ensuite plié comme un accordéon, chaque pli correspondant à la largeur de la lame à son point central. Cette unité de mesure est appelée lumbang rai. Les caractéristiques d’un kris sont déterminées à partir du nombre de ces lumbang rai. Seuls les kris d’une longueur de 13, 14 ou 15 rai apportent bonheur, paix et chance à leur propriétaire. Les kris plus longs ou plus courts apportent malheur ou peuvent être dangereux pour ceux qui les possèdent, bien que certains peuvent être bénéfiques seulement si ils sont conservés au domicile et jamais utilisés à l’extérieur.

Une autre façon consiste à mesurer le kris avec la largeur du pouce du propriétaire. Celui-ci place son pouce droit en travers de la lame à partir de la poignée. Il place ensuite son pouce gauche à côté, puis à nouveau son pouce droit et son gauche, ainsi de suite jusqu’à arriver au bout de la lame. Le nombre de pouces nécessaires déterminera qui peut porter la lame : un marchand, un soldat, un subordonné du roi…

Les fabricants de kris étaient considérés comme des personnes vraiment importantes, pas seulement parce qu’ils fournissaient des armes de guerre mais aussi parce qu’ils possédaient les savoirs et pouvoirs magiques nécessaires pour produire ces puissants objets. Ainsi ils formaient un clan à part, le clan des pandes. Traditionnellement les pandes n’accepteront jamais de l’eau bénite de la part d’un pedanda, prêtre balinais. Ils ont leurs propres temples, leurs propres prêtres et ils considèrent Brahma, le dieu associé au feu (leur principal outil), comme le dieu supérieur.

Le forgeron pande doit pratiquer une série de rituels élaborés et d’interdictions si il veut fabriquer un kris puissant. Il doit travailler seulement les jours propices. Il doit faire des offrandes au kris tous les jours. Lui ou un autre prêtre doit donner symboliquement vie au kris une fois celui-ci achevé. Le kris doit être traité avec grand respect. Les kris particulièrement puissants sont gardés dans des sanctuaires spéciaux du temple familial et ne sont portés que lors des cérémonies. Certains propriétaires n’accepteront jamais que leur kris soit touché par quelqu’un d’autre. Et il est mal élevé de demander à quelqu’un de voir le kris qu’il porte.

Une offrande spéciale doit être faite au kris chaque année du calendrier balinais, le jour appelé Tumpek Landep. Les visiteurs de passage à Bali verront sans aucun doute automobiles, camions, bus et motos décorés d’offrandes le jour de Tumpek Landep car lors de cette journée une offrande doit être faite à chaque arme faite d’acier et la voiture est considérée ici (avec réalisme) comme une arme.

Une balançoire pour l’événement de la tradition Usaba Sambah a été préparée 15 jours avant sa tenue. Les femmes qui montent sur des balançoires doivent porter des vêtements Gringsing. Le tissu est un symbole de sécurité. Tandis que Gringsing vient d’un mot qui signifie « pas malade ». Une fois que la balançoire est nettoyée et que chaque citoyen qui suit la procession porte des vêtements de cérémonie traditionnels, la tradition est prête à avoir lieu.

La balançoire effectue six fois la rotation, trois fois vers le nord et vice versa, également 3 fois vers le sud . Il y a 2 balançoires installées à 2 endroits dans le village. Chaque balançoire comporte 8 sièges, y compris en haut, en bas, à l’avant et à l’arrière. Chacune de ces sections dispose de 2 sièges. La balançoire est faite de bois spécial. Cela signifie que les installations utilisées ont été transmises de génération en génération. Le bois utilisé est du bois de cempaka qui a été purifié. Ce qui ne me rassure pas complètement sur leur solidité !!

Une balançoire pour l’événement de la tradition Usaba Sambah a été préparée 15 jours avant sa tenue. Les femmes qui montent sur des balançoires doivent porter des vêtements Geringsing. Le tissu est un symbole de sécurité. Tandis que Geringsing vient d’un mot qui signifie « pas malade ». Une fois que la balançoire est nettoyée et que chaque citoyen qui suit la procession porte des vêtements de cérémonie traditionnels, la tradition est prête à avoir lieu.

Le moyen de purifier la balançoire a également été déterminé, à savoir damar sentir . Le processus de lavage de la balançoire dure environ trente minutes. Les lanternes ou le mastic sont placés sur une balançoire puis tournés. La purification de la balançoire est effectuée la nuit. À la fin de l’événement, il y a une procession de lancer de la nourriture faites de Krama Duluan et Krama Teben.

Des questions symboliques entourent cette procession. Une balançoire à plusieurs places illustre le symbole de la vie. La balançoire tourne comme la roue de la vie. La roue de la vie roule au-delà des positions au-dessus et au-dessous. Parce qu’il passe par une variété d’expériences, le symbole décrit reflète diverses positions dans la vie. Quand c’est en haut, il faut réfléchir quand c’est en bas il faut agir, et vice versa.

Après cette « épreuve » et une nouvelle bénédiction, les jeunes filles sont invitées à nous présenter quelques danses extrêmement gracieuses. Les toutes petites filles essaient de les imiter : la relève est assurée.

Les danses …

Un tatouage particulièrement impressionnant : Ganesh du coté face et une scène du Ramayana du cpté pile …

Quelle journée et à priori demain sera encore plus fort !!!

Indonésie 2022 : Le début des festivités à Tenganan

J’ai la chance d’être invitée par mon ami Nyoman Puri chef du village de Tenganan pour les cérémonies relatives au passage des adolescents à l’âge adulte !!!

Usaba Sambah est un rituel suivi par les jeunes hommes et femmes qui sont entrés dans l’âge adulte. Cette tradition se déroule pendant un mois entier avec une série d’événements.

Pendant la cérémonie Usaba Sambah, la communauté Tenganan Pegringsingan a organisé une guerre avec des feuilles de Pandanus.

Tenganan est un îlot d’authenticité à Bali qui est malheureusement une île beaucoup trop touristique !!

Réputé pour son art du tissage et ses cérémonies traditionnelles , Tenganan est l’un des villages les plus anciens et conservateurs de Bali.

Pour cette occasion, les jeunes hommes sont habillés, décorés et maquillés comme des princes et seront célébrés comme tels par tout le village !!!

Situé dans le district de Karangasem , Tenganan fait partie des rares villages où l’on peut encore rencontrer les Bali Aga. Descendants des premiers habitants de l’île, ils perpétuent encore des traditions ancestrales et sauvées de l’oubli. Ce peuple était là bien avant l’arrivée des habitants du royaume Majapahit de Java.

On mentionne pour la première fois le nom du village en 1926, lorsque l’ administrateur hollandais V. Korn eut pour mission de répertorier l’ensemble des traditions balinaises existantes. Le but restait de convaincre les habitants du bien fondé des lois coloniales néerlandaises , qui selon lui, n’étaient pas en contradiction avec leurs coutumes. Cette entreprise de recherche avait également pour objectif de démontrer aux Balinais que leur culture n’était pas seulement issue d’ influences hindoues ou sanskrites mais qu’elle comportait aussi des traits organisationnels propres aux premiers habitants de l’île.

Les jeunes hommes pour cette occasion sont habillés avec des gerinsing tissus réalisés en double ikat qui ont la propriété d’être magiques et de protéger son possesseur et sa maisonnée…

Ces jeunes « princes » sont appelés terunas et doivent prier avant la suite de la cérémonie.

Une célèbre légende raconte ainsi de quelle manière les habitants de Tenganan obtinrent leurs terres. Dans le centre de Bali vivait un puissant roi qui adorait les chevaux. Un jour, son cheval préféré réussit à s’échapper et, très affecté par cette perte, le roi envoya des hommes de chaque village pour le retrouver. Ce furent ceux de Tenganan qui finirent par le découvrir. Hélas, le cheval était déjà mort. Toutefois, afin d’exprimer sa reconnaissance, le roi offrit à ces hommes la récompense de leur choix. Le chef du village demanda simplement d’obtenir la surface de terrain imprégnée de l’odeur du cheval mort. Le roi accepta la requête, et ordonna à un messager, doté d’un odorat très fin, de délimiter cette propriété. Ils parcoururent de longues distances, mais où qu’ils aillent, l’odeur semblait les poursuivre. Au final, le messager, ne pouvant aller plus loin, déclara que la terre parcourue était suffisamment vaste pour contenter les habitants de Tenganan. Quand le messager fut parti, le chef sortit un morceau de carcasse du cheval mort de ses vêtements. Voilà de quelle façon ce peuple gagna son village.

C’est un lieu unique en son genre disposant de sa propre tradition architecturale, son propre système de parenté et d’administration, sa propre religion, sa propre danse et sa propre musique. Tenganan est aussi réputé pour son art du tissage, connu sous le nom de geringsing. Selon une croyance locale, le tissus qui résulte de leur technique possède une force magique et protège celle ou celui qui le porte.

Geringsing est un textile Tenun créé par la méthode du double ikat dans le village Bali Aga de Tenganan Pegeringsingan à Bali . Cette technique exigeante n’est pratiquée que dans certaines parties de l’Inde, du Japon et de l’Indonésie. En Indonésie, il est confiné au village de Tenganan.
Selon l’expert textile John Guy, « l’ascendance du geringsing balinais est loin d’être claire, bien que certaines étoffes affichent l’influence indubitable de la patola « , les doubles ikats en soie produits au Gujarat au plus fort du commerce des épices (16-17 s. ).

Beaucoup de ces tissus importés sont devenus l’inspiration pour les textiles fabriqués localement plus tard, mais une théorie veut que les tissus fabriqués à la balinaise ont été exportés vers l’Inde et copiés là-bas pour être produits sur les marchés asiatiques. Beaucoup ont des motifs hindous uniques tels qu’une vue à vol d’oiseau d’un mandala avec un centre sacré à partir duquel tout rayonne. D’autres présentent des dessins clairement inspirés de la patola , par exemple un dessin connu sous le nom de fleur de frangipanier (Jepun ). La palette de geringsing est généralement rouge, neutre et noire. Les geringsing sont considérés comme des tissus sacrés, « aux propriétés surnaturelles attribuées, en particulier pour aider à des formes de guérison, y compris l’exorcisme ». Gering signifie maladie et sing signifie non.

L’après midi comporte l’utilisation de la balançoire traditionnelle que les villageois viennent de finir de monter. Les « nouveaux » hommes devront la manoeuvrer pour « balancer » les jeunes filles …

J’émet quelques réserves sur la sécurité de l’opération … Mon ami Nyoman grimpe prestement en haut de la balançoire pour me prouver que tout fonctionne !!!

Je n’ai qu’à m’incliner …

En début d’après midi les jeunes hommes s’habillent de leur plus belle tenue qui comprend bien sur une partie geringsing, un costume blanc avec une longue traine (ce sont des princes…) mais surtout un couvre chef doré comportant de nombreuses fleurs et ornements sophistiqués.

Quelques portraits des princes …

Tout le monde est réuni dans l’un des principaux temples du village pour une nouvelle bénédiction…avant de partir en procession en compagnie des jeunes filles du village qui vont bénéficier de la balançoire !!!

Le défilé des garçons …come si vous y étiez…pardon pour la qualité pas terrible !!

Les offrandes préparées par les femmes sont impressionnantes …et il faudra les déguster à la maison ce soir en famille …

Mais la journée est encore loin d’être finie …suite dans le prochain post !!!

Indonésie 2022 : Une crémation spectaculaire à Bali

Hier en passant à Sanur pour saluer mon amie Made, j’ai appris qu’une importante crémation aurait lieu le lendemain !!!

À Bali, les funérailles sont des événements importants et coûteux dont la taille et les dépenses dépendent de la caste, de la richesse et du prestige du défunt. Ce sont des occasions festives – qui célèbrent la libération de l’âme à Dieu – avec d’immenses processions de personnes et de chars fleuris. Les funérailles peuvent coûter très cher. Il existe de nombreuses histoires de personnes poursuivies par des agents de recouvrement et qui se sont fait retirer leur moto parce qu’elles ont contracté de gros emprunts pour des funérailles et n’ont pas pu les rembourser.

Il y a une qualité mystique dans la façon dont la mort est perçue à Bali. Les frères Blair se sont liés d’amitié avec un artiste balinais de 116 ans nommé Gusti Nyoman Lempad. Il est mort le jour où le soleil s’est levé le plus près du volcan Gunung Agung. « Il a appelé sa grande famille autour de lui, et quand ils ont été patiemment réunis, il s’est assis, a dit quelques mots, a souri et est mort. » [Source : « Ring of Fire » de Lawrence et Lorne Blair, Bantam Books, New York]

Le Ngaben – crémation funéraire balinaise – vise à purifier l’âme du défunt afin qu’elle soit unifiée avec Dieu. Ngaben est une cérémonie très importante, préparée pendant un mois. À Bali, chaque crémation amène tous les membres du village à travailler ensemble pour aider la famille à administrer l’ensemble des processus de la cérémonie, et donc une telle cérémonie se transforme souvent en un très grand événement. Le corps est placé dans un grand coffre et transporté par 15 à 50 hommes en bonne santé de la maison jusqu’au cimetière. Les coffres prennent plusieurs formes comme Lembu (bœuf balinais), Gajah Mina (un gros poisson à tête d’éléphant), ou Singa Mangaraja (un lion à deux ailes). Ces animaux imités sont considérés comme les animaux saints de Dieu. Au cimetière, le cadavre et le coffre sont incendiés. Ce processus symbolise le retour des âmes à l’état saint auprès du Dieu. La procession de Ngaben se termine par les cendres du cadavre jetées dans les eaux de mer voisines.

Les balinais croient que le corps humain n’est qu’une coquille temporaire, qui est impure et n’a aucune signification. Ce n’est qu’un vaisseau ou un contenant de l’âme constitué des cinq éléments de la cosmologie : la terre, l’air, le feu, l’eau et l’espace. Après la mort du corps, l’âme trouvera un nouveau foyer sous une autre forme (basée sur les principes du Samsara – la réincarnation). Pourtant, avant cela, l’âme doit passer par quelques phases supplémentaires qui sont déterminées par leur karma lorsqu’elles ont été vécues. Ils peuvent aller en enfer « Neraka » , au paradis « Suarga » ou même devenir un avec Dieu « Moksa » . Il y a de nombreuses étapes qu’une âme doit franchir pour atteindre Moksa, et les rites de crémation en font partie.

La personne décédée est une femme prêtre donc de la caste des brahmanes ce qui explique l’importance de la cérémonie …

Contrairement au rituel de la mort dans de nombreux pays et cultures, les Balinais célèbrent le jour de la crémation avec fierté et joie car ils croient que leur famille ou leur ami est enfin capable de retourner à Dieu.

Les rites de mort et les rites de crémation sont deux choses différentes à Bali. Une cérémonie de décès peut se faire très simplement avec des offrandes plus simples et sans trop de tracas et de préparation. Certaines familles devront enterrer temporairement leur membre décédé dans un cimetière jusqu’à ce qu’elles aient la possibilité d’incinérer le corps du défunt.

La cérémonie de crémation est considérée comme l’un des rites les plus chers de Bali ; même la cérémonie moyenne-grande nécessitera une centaine de millions de roupies et des mois de préparation avant le grand jour. Cependant, il est assez courant à Bali que lorsqu’une personne décède d’une famille moyenne / à faible revenu, elle demande à la famille la plus riche qui a un calendrier pour une crémation d’être incluse ou de se joindre à la cérémonie.

Et lorsqu’un membre de la famille royale, d’une caste élevée ou d’une personne sainte décède, la crémation sera une célébration qui attirera de nombreuses personnes à se joindre au rite, ainsi que des milliers d’autres personnes de toute l’île. Ce qui est le cas pour la cérémonie d’aujourd’hui !!!

Maintenant les crémations ne se font plus au bois mais au gaz …plus rapide et plus propre …

Lorsque le bon jour pour faire la crémation a été soigneusement choisi par le chef spirituel ou le conseiller (tous les jours ne conviennent pas à la crémation), toute la série des préparatifs est fixée. Ce qui est surprenant, c’est qu’il n’y a pas de liste de tâches exacte, qui indique qui doit faire les choses ou qui est chargé de faire un travail spécifique. Tout se fera dans un style coopératif balinais, même si ce sera un événement massif avec des milliers de personnes qui viendront y participer. La cérémonie commencera par la construction d’un abri temporaire pour que tous les invités fassent tout le travail. Les hommes sont chargés de faire de gros travaux pendant que les femmes font des offrandes.

Un cercueil unique (connu sous le nom de « Lembu » ) aux formes animales comme le taureau, la vache, les lions, les cerfs ou les éléphants doit être fabriqué à partir de zéro, à partir d’un tronc d’arbre solide. La figure animale choisie pour le cercueil doit être à quatre pattes car elle symbolise les quatre frères et sœurs spirituels connus sous le nom de « Kanda Empat » . Un cercueil de taureau est utilisé pour les hommes et une vache pour les femmes. Le taureau est connu comme le véhicule du dieu Shiva (le dieu de la mort et de la destruction), il est donc considéré comme très prestigieux. Un autre instrument qui doit être construit est une tour de crémation (connue sous le nom de « Wadah » ou « Bade »). Cette tour comporte de nombreuses pièces qui s’y rattachent et qui symbolisaient l’univers balinais. La tortue et le dragon à la base de la tour représentent le monde souterrain ; au-dessus, il y a un monde d’hommes représenté par une forêt feuillue et une peinture de montagnes. Tout en haut, il y a une structure semblable à une pagode appelée Meru , qui signifie paradis. Cette tour peut être très haute ; plus la personne décédée est importante ou riche, plus la tour sera haute. Il peut atteindre entre 10 et 20 mètres de haut.

Le grand jour, toutes les foules se rassembleront autour du village au petit matin. Un groupe d’orchestres traditionnels commencera à interpréter et à jouer de belles symphonies en utilisant du gamelan , du xylophone en bambou et d’autres instruments. Les danseurs se préparent également à exécuter une danse sacrée. Chacun est vêtu d’un costume traditionnel selon sa règle. De nombreux photographes et touristes du monde entier sont également invités à se joindre au rite. En l’occurence il n’y avait pas trop de touristes présents pour cette cérémonie …

La cérémonie commencera en portant le corps dans la tour (wadah) qui a été enveloppé dans un tissu blanc scellé avec des mantras sacrés. Un autre groupe de personnes portera le cercueil spécial vide sous forme animale (lembu) au cimetière comme lieu d’incinération du corps. Une fois le cercueil arrivé, une file de femmes avec des offrandes sur la tête suivra la foule avec d’autres familles ou parents en deuil.

La prochaine procession sera l’étirement d’un long tissu blanc connu sous le nom de « Lancingan » d’une extrémité de la tour à travers la mer de personnes jusqu’au cercueil portant le corps. Une fois le cercueil déposé sur le pavillon spécial sous un toit de tôle blanche, un membre de la famille l’ouvrira par la partie arrière à l’aide d’un poignard sacré spécial. Les corps ou les os décédés seront placés à l’intérieur du lembu (coffret neuf) ainsi que quelques vêtements, offrandes et accessoires. La famille regardera de plus près une dernière fois, et quand tout sera prêt, le feu sera allumé dirigé par le grand prêtre à l’aide d’une torche qui a été bénie. Une fois le feu éteint, la famille ramasse les cendres et les os. Ceux-ci restants seront enveloppés dans un tissu blanc ou un récipient fait d’une noix de coco jaune. Pendant ce temps, le prêtre commencera à chanter un mantra sacré et à sonner la cloche pour aider à libérer l’âme au ciel.

Après que le prêtre ait terminé sa dernière prière, la famille portera les cendres sur sa tête pour l’envoyer à la mer . Mais si la mer est trop loin, une rivière à proximité peut être une alternative. En soumettant les cendres à la mer/rivière, il croit que le corps est retourné dans l’univers. Tout ce processus peut prendre une journée complète, du matin au soir.

Les crémations balinaises ne sont pas un événement triste, elles sont plutôt un souvenir des amis et de la famille qui ne sont plus là, et affichent même la joie que les êtres chers soient dans un meilleur endroit. Des heures plus tard, alors que les ombres s’allongent et s’assombrissent, les villageois commencent lentement à disparaître, laissant quelques personnes regarder les cendres rougeoyantes, ce qui reste du taureau et du corps…

En règle générale, les personnes en deuil essaient de ne pas pleurer lors de ces cérémonies de peur d’arrêter le défunt dans son voyage vers l’au-delà. Mais certaines communautés pensent que le fait de verser une larme vers la fin du rituel peut signifier que l’esprit a terminé son voyage. Lorsque le feu s’est éteint, les cendres des os sont séparées du reste des résidus et placées dans un tissu blanc et jaune avec des fleurs. Une fois les cendres recueillies, la « purification initiale » est terminée et l’âme est prête pour la troisième étape du rituel, connue sous le nom de « purification finale ». Au cours de cette cérémonie, qui a généralement lieu 12 jours après la crémation, les cendres recueillies sont emportées à la mer ou dans une rivière voisine.

Voilà une cérémonie très émouvante et positive sur l’avenir du défunt …La mort n’est pas tabou à Bali …elle n’est qu’une étape vers un futur meilleur…

Indonésie 2022 : Un festival de folie à Tololela !!!

Nous sommes de retour dans la région de Bajawa mais avec une météo nettement plus favorable …

Nous voilà repartis pour les villages traditionnels, en particulier Tololela pour la cérémonie d’inauguration de la maison cérémonielle …

L’unité administrative appelée Ngada Regency, dans la partie orientale de l’ouest de Flores (à l’est de Manggarai), couvre ces jours-ci deux zones culturellement et historiquement distinctes, Ngada propre et Nage-Keo .

À l’époque coloniale, ces deux régions étaient gouvernées par des rajas séparés, avec leurs sièges respectifs à Bajawa et Boawae. La région abrite deux grands volcans, Ebulobo et Inerie, qui dominent le paysage et façonnent le climat. La zone est marquée par de grandes différences d’altitude : les tassements vont du niveau de la mer à près de 2000m , avec des différences concomitantes de température et de végétation. Il est également marqué par une extrême diversité ethnique, causée par des invasions à petite échelle dans les temps préhistoriques des gens venant de loin, et par le « jungly, » terrain montagneux qui, dans le passé, le de fait couvrir plus de quelques milles, une entreprise pénible et dangereux.

En conséquence, il y a tellement de petites entités ethniques, marquées par des coutumes, des dialectes et des produits culturels distincts, qu’elles n’ont même pas été entièrement cartographiées. Le fait que voyager sur Flores peut encore être un défi aide cette situation à persister.
Les caractéristiques du terrain ont également conduit à un isolement assez prononcé de la région, et l’a laissée économiquement en arrière.

La production de tissus à Ngada a été favorisée par le fait que dans les zones basses le coton peut être cultivé, alors que l’indigo pousse bien dans les zones tempérées à des altitudes moyennes. Apparemment le Morinda citrifolia, la source commune de colorant rouge dans l’archipel, ne pousse pas bien ici. Il est certainement rarement utilisé. Dans le temps, l’usage quotidien dans la région du Ngada était un sarong indigo simple et austère – que très peu de gens considèrent comme collectable. Cependant, la région abrite également un type de tissu ikat qui est décoré.

Les textiles ikats traditionnels de la région du Ngada, souvent appelés Bajawa d’après sa capitale, sont connus pour – et recherchés pour – leur apparence étonnamment ‘primitive’. Les décorations sont faites exclusivement avec indigo, les motifs apparaissant en blanc où des liens ont été appliqués à la chaîne. Les motifs les plus typiques et les plus attrayants sont les chevaux, signe de noblesse. Ce qui est remarquable est qu’ils sont exécutés comme des figures de bâton, contrairement à certains dessins de caverne préhistorique.

Les lignes blanches des figures ont tendance à être d’un bleu très pâle, en raison de la pratique Ngada de tremper le tissu dans l’indigo à plusieurs reprises, et pendant si longtemps que certains pigments saignent dans le fil au-delà des liens. Cette teinture concentrée produit un bleu très intense, vu nulle part ailleurs dans l’archipel. L’effet global peut être envoûtant.

La plupart des villages producteurs d’ikat sont situés dans les zones tempérées d’altitude moyenne où la culture indigo est possible. Les plus connus sont Jerebuu et Langa, situés dans une vallée sous le flanc est du volcan Inerie, et Lopijo et Toni, cachés derrière le bord des montagnes qui entourent Bajawa. Ces derniers sont encore très isolés et conservateurs, utilisant toujours le coton indigène et l’indigo uniquement. Les toiles de ces localités sont admirées dans toute la région du Ngada – et de nos jours à New York et à Singapour aussi. Une tradition intéressante dans la région du Ngada veut que dans la jeunesse, on se limite à des tissus simples ou presque, et à mesure que l’on avance en âge, après divers niveaux d’initiation accompagnés de grandes fêtes, on peut commencer à porter des tissus plus complexes et plus prestigieux. Comme l’affirme Roy Hamilton dans Gift of the Cotton Maiden : « Les fêtes les plus coûteuses [comme celles qui exigent l’abattage de buffles] n’étaient accessibles qu’aux couches supérieures de la société, de sorte que les vêtements associés à ces événements étaient essentiellement des marqueurs du statut aristocratique. Aujourd’hui, les informateurs sont réticents à parler de telles distinctions de classes, qui n’ont plus le poids du droit traditionnel, mais il y a toujours un sentiment dans certaines communautés, que les vêtements les plus prestigieux ne conviennent qu’aux personnes de haut rang social. » Après avoir fait un festin impliquant l’abattage de buffless, un homme était en droit de porter des toiles décorées avec des bandes étroites de jara, motifs de chevaux,

La route est effectivement très mauvaise mais lorsque nous arrivons de nombreux villageois sont déjà là avec de multiples paquets en cadeaux…

On nous demande de rester sur la terrasse d’une maison …a priori l’accès au plateau central où a lieu la cérémonie nous est interdit.

Je prend quelques photos et vidéos au téléobjectif mais je piaffe d’impatience de ne pas être au coeur de l’action…

La cérémonie d’ouverture …mais prise au téléobjectif avec mon petit Sony donc une stabilité un peu difficile …désolée

La famille avec qui je partage la terrasse est super sympa …

Un copain Ngada qui sait que j’aime bien être au coeur de l’action vient me trouver et m’explique que le chef du village est d’accord pour que j’aille sur le plateau cérémoniel à condition que je porte les vêtements traditionnels …pas de problèmes !!!

Et en plus mes nouvelles amies sont ravies de m’habiller avec leurs vêtements …

Maintenant que me voilà presque Ngada …on me demande de poser avec les chefs de villages pour la photo officielle …je me croirais au quai d’Orsay …je suis sur un petit nuage !!!

Mais en regardant mieux, je m’aperçois que la femme du chef qui est juste derrière moi porte un Lawo Butu …je suis aux anges !!!

Pour ceux qui ne comprennent pas mon enthousiasme …je dois préciser que le Lawo Butu est le Graal du sarong. Il est sacré et ne peut être porté qu’en certaines circonstances rituelles après souvent un sacrifice d’animaux et une cérémonie spécifique !!!

Portées par les femmes lors des cérémonies les plus sacrées, les jupes richement perlées appelées Lawo Butu du peuple Bajawa de Flores sont des héritages précieux du clan. Une aînée portera un Lawo Butu lors d’une cérémonie pour la construction de maisons de clan traditionnelles ou la construction d’un sanctuaire ancestral .