Indonésie 2025 : Exploration Ata Dei
Pas de panique …le volcan présent sur cette photo n’est pas dangereux …il s’agit de Ile Bole …En premier lieu, il est sur une autre ile : Adonara et en plus il est éteint depuis très longtemps …
Le nuage qui est accroché à ason sommet n’a absolument rien de grave !!!

C’est la vue superbe dont on profite lorsque l’on va boire un thé sur le port avant d’aller diner …
Avant de nous embarquer, toujours en mobylette … sur la route de montagne en mauvais état qui mène à Ata Dei, on part faire un tour au marché local qui réserve parfois de très bonnes surprises.
Effectivement on trouve un Ata Dei N°2 correct mais cher mais surtout un magnifique Ile Ape N°1 …je résiste à la tentation …d’une part j’en ai déjà un d’autre part le prix est tellement inabordable que cela ne vaut même pas la peine de marchander …







Un petit tour au marché qui est on ne peut pas plus rustique : les marchandises sont présentées par terre !!!
Une des femmes nous montre un beau sarong de Pantar dont le bas est orné de cauris, mais en l’examinant plus attentivement, je constate que le haut est abimé…passons notre chemin !!!




1ère étape avant de nous lancer sur la route de montagne : nous arrêter sur la route à Mingar pour déguster un délicieux poisson grillé ..
Aujourd’hui, Mingar est plus facilement accessible par la route côtière qui va de Lewoleba à Lamalera. Après presque vingt ans de négligence, en 2016 l’état de cette route était devenu terrible. Maintenant, des sections de la route entre Lewoleba et Mingar se sont lentement améliorées, bien que le tronçon de Mingar à Lewopenutung, Topobali et Lamalera reste en très mauvais état. Loang et Idalolong sont également accessibles par des routes de mauvaise qualité reliant « l’autoroute » principale Lewoleba à Lamalera.
La mer est magnifique …mais les vagues paraissent toujours importantes !!!




On est partis en tee shirt et arrivés sur la montagne, on se gèle littéralement …
La région est sauvage, accidentée, fortement boisée et surplombée par le mont d’Ilé Mingar, vestige d’un ancien volcan avec son altitude rapportée comme étant de 969m ou 1020m. Ilé Mingar est situé à seulement 12 km à l’ouest du cratère volcanique dormant d’Ilé Labalekang (1643 m), qui a le village baleinier de Lamalera situé à son pied sud.
La présence néerlandaise sur Lembata a été de courte durée – l’île avait peu à offrir aux autorités coloniales. Avant l’établissement du contrôle direct des Néerlandais, la plupart des districts de Lembata étaient soumis soit au raja catholique de Larantuka, soit au raja musulman d’Adonara, basé à Sagu sur la côte nord de l’île .
Le premier régnait sur les peuples de la montagne des Démons dans l’arrière-pays de Lembata ainsi que sur Lewolein et Lamalera, tandis que le second régnait sur les peuples côtiers Paji à Lewotolo (Ilé Api), Kédang, Labala et Mingar. En 1929 et 1931, les Néerlandais se sont retirés, consolidant tous leurs territoires Lamaholot sous l’autorité des Rajas de Larantuka et d’Adonara.
Ainsi, Mingar et Lewopenutung sont devenus nominalement soumis à la règle du Raja d’Adonara . L’adjoint ou kakang du Raja pour le sud de Lembata était basé à proximité de Lamalera, un poste qui a été occupé jusqu’à la réorganisation indonésienne du gouvernement local en 1962 .
Les villages le long de cette côte participent au festival annuel Guti Nale qui a lieu chaque février en pleine saison des pluies sur la plage de Mingar pendant la pleine lune. Le rituel tourne autour d’un événement naturel annuel lorsque les vers de mer comestibles appartenant à l’espèce Eunicid ou Lycidice, connus localement sous le nom de nale, commencent leur cycle reproductif.
Pendant la nuit, les vers se détachent des rochers sous-marins et libèrent leurs parties sexuelles aux couleurs vives à l’avant de leur corps, qui remontent à la surface pour y déposer leurs œufs et leurs spermatozoïdes, transformant la surface de la mer en une masse ondulante de spaghetti. Le timing de l’essaimage est étroitement lié au cycle lunaire. La quantité de vers est censée indiquer la taille de la récolte de riz suivante ainsi que le bien-être futur des populations locales.
Je suis prête à acheter n’importe quel sarong juste pour pouvoir m’emmitoufler dedans comme la dame de la 3ème photo.
Nous arrivons à un village qui s’appelle Ile Kimok et où quelques femmes sont en train de tisser des sarongs classiques mais en coton du marché.
Je suis plutôt déçue par les couleurs beaucoup trop vives obtenues avec les colorants chimiques …






A un virage de la route on peut avoir une vue plongeante sur le volcan Lewotolok …le volcan n’a guère évolué et reste dans un état éruptif acceptable …

Par contre, au village de Karang Orang, les tisserandes sont nettement plus actives et nous présentent des tissages ikat de meilleure qualité avec la présence de motifs triangulaires figurant des raies manta.








Contrairement à ce que l’on pourrait croire …ces femmes ne sont pas maquillées avec du rouge à lèvres …il s’agit du résultat de leur consommation de noix de bétel qu’elles mâchent toute la journée !!!
La noix d’arec, également improprement appelée noix de bétel, est le fruit de l’aréquier Areca catechu. Elle contient une graine qui est consommée dans de nombreux pays d’Asie, fraîche ou après traitement dans l’eau bouillante ou encore après séchage. Elle sert à fabriquer une « chique de bétel », une préparation à mâcher avec la feuille de bétel.
L’extrait de noix d’arec est connu comme l’un des nombreux cachous tinctoriaux, et la médecine ayurvédique la préconise depuis longtemps pour les affections de la bouche et de la gorge, principalement pour lutter contre les problèmes d’haleine fétide, mais son usage participe à l’apparition de divers cancers dont celui du larynx, cela étant causé par les principes actifs de la noix d’arec. Elle est également utilisée comme vermifuge traditionnel sous forme de comprimés ou d’infusion en Inde et dans plusieurs contrées en Asie.






Les sarongs que nous présente cette charmante dame restent des classiques de qualité moyenne : coton du marché et couleurs criardes d’origine chimique …







Mais notre patience paye …on nous montre un sarong Ata Dei N°1 , 3 panneaux d’une grande qualité…
Le textile le plus précieux qui peut être inclus dans une contre-prestation pour une alliance de mariage est un kewatek nai telon à trois panneaux. Cependant, parce que les tisserands locaux ne produisent que des kewatek nai juah à deux panneaux, tous leurs kewatek nai telon doivent être obtenus dans d’autres régions de Lembata. La source la plus proche de ces sarongs se trouve dans les villages voisins à la pointe sud du promontoire d’Ilé Labalekang – Topobali, Wolowatung, Lamalera et les villages au-dessus de Lamalera ce qui correspond à Ata Déi.







Le kreot nai telon kiwan est remarquable pour trois raisons – il est à trois panneaux, a une disposition totalement différente de celle des kewateks indigènes Mingar et contient des motifs d’un certain nombre de régions différentes de Lembata :
- des diamants bajawa enfermant une croix, parfois trouvés à Ilé Api
- tena des motifs en forme de chevron, dit représenter un bateau mais semblable aux figures de nagas trouvées sur le tenépa de Lamagute (Atawatung), Ilé Api
- des motifs de raie manta semblables aux motifs moko que l’on trouve à Lamalera et Ata Déi
- tona étoiles à huit branches, trouvées occasionnellement à Ata Déi et dans d’autres parties de la région de Lamaholot.
Il est magnifique mais coute un bras…je résiste d’autant plus facilement que j’en ai déjà 2 à la maison.


Dernier regard sur le paysage magnifique de Ile Bole à Adonara …on en profite car demain on rentre en bateau à Larentuka !!!
Publié le 7 avril 2026, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.










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