Thailande 2025 : Retour à Mae Hong SON

Me voilà de retour à Bangkok !!

J’ai un mal fou à dormir car un chat à proximité miaule à pierre fendre toute la nuit… Les touristes ne sont pas très respectueux du sommeil des autres non plus…surtout les américains qu’on entend avant de les voir !!! Les Indiens ont affaire à une forte concurrence !!!

Mais avec un président pareil, on ne peut attendre rien de bon outre atlantique !!!

Après mûre réflexion, je decide de retourner à Mae Hong Son ; une petite ville charmante de culture birmane …avec la proximité de villages tribaux …souvent le résultat des vagues de réfugiés successives dues à la tyrannie de la junte militaire au pouvoir !!

Du fait de multiples nuits blanches et des suites de mon AVC je ne me sens plus trop en forme donc je passe une après midi à rechercher les coordonnées de M.Dam qui est Shan et maitrise plusieurs langues tribales ce qui en fait un accompagnateur qualifié pour m’accompagner.

Il vient me chercher à l’arrêt de Bus ce qui m’évite la galère d’une recherche de taxi.

La dernière fois que nous avions voyagé ensemble remonte à plus de 5 ans…A cette époque on avait plutôt ciblé les jeunes filles pour avoir de belles photos …ce qui n’avait pas été couronné de succès car la jeune fille Lisu qui avait peu d’expérience…avait carrément mis à l’envers et plus inquiétant, les prents qui étaient présent n’avaient pas réagi face à cette erreur

Pour éviter ce genre de problèmes en sachant que malheureusement ces magnifiques costumes sont en voie de disparition nous allons nous concentrer sur les vieilles dames.

Pour commencer nous rendons dans une école où chaque vendredi, les étudiants sont fiers de porter leurs costumes tribaux.

Cette école s’appelle Suksa Song Krow.

Dam a vieilli comme nous tous et es devenu complètement sourd d’une oreille …celle qui est vers moi quand il conduit …nos dialogues sont épiques …heureusement j’ai l’habitude car mon amie japonaise Hiromi a le même handicap !!!

Nous partons dans la direction de Sopong et traversons des paysages magnifiques pour arriver dans un petit village : Yapanae qui est habité par une communauté de Red Lahu.

Ces Red Lahu sont animistes et sur la place d’entrée du village, nous sommes accueillis par des mats et des drapeaux blancs.

La religion traditionnelle des Lahu est polythéiste . Le bouddhisme a été introduit à la fin du XVIIe siècle et s’est largement répandu. De nombreux Lahu en Chine sont bouddhistes. Le christianisme s’est implanté en Birmanie au XIXe siècle et n’a cessé de se propager depuis.

Les Lahu du nord-est de la Thaïlande ont eu des rencontres avec des moines bouddhistes theravada de la forêt (moines tudong) vers 1930-1940. Le chef d’un tel groupe de moines, Mun Bhuridatta , a passé quelque temps en territoire lahu. Ces Lahu lui ont demandé un « gatha qui les protégerait des fantômes et des démons ».

A Yapanae, nous trouvons rapidement une vieille dame charmante qui a un costume magnifique et en plus, un sourire chaleureux !

La langue lahu fait partie de la branche lolo du sous-groupe lolo-birman de la famille tibéto-birmane (elle-même membre de la famille sino-tibétaine ). Comme la plupart des langues apparentées, c’est une langue fortement isolante , avec un ordre des mots sujet-objet-verbe et un système de classificateurs numériques .

Elle possède sept tons et les consonnes ne peuvent pas terminer les syllabes. La langue parlée par les Lahu Shi est nettement différente de celle parlée par les autres groupes. En Thaïlande, le lahu na sert souvent de langue véhiculaire entre les différentes tribus montagnardes.

Le lahu écrit utilise l’ alphabet latin . Dans les villages chrétiens, la langue s’est enrichie d’emprunts à l’anglais, au latin et au grec par le biais de la traduction de la Bible, ainsi que de néologismes dans les domaines de l’hygiène, de la musique et de l’éducation.

J’ai beaucoup de chance car je découvre un deuxième couple de red Lahu, candidat pour les photos … ils sont superbes car encore très amoureux.

La femme a des dents noires…symbole de maturité et de beauté !!!

Le noircissement des dents chez les tribus thaïlandaises comme les Lahu était une pratique traditionnelle de beauté, maturité et civilisation, réalisée avec une pâte à base de misi, symbolisant l’amour et différenciant les humains des animaux, souvent associé à la puberté, bien que cette tradition ait largement disparu avec l’influence occidentale

Origines et Symbolisme :
Beauté et Maturité : Des dents noires, comparées à l’ébène, étaient un signe de beauté et de maturité, indiquant le passage à l’âge adulte, souvent réalisé à la puberté.
Différenciation Humaine : Cette pratique distinguait les humains des animaux, une croyance répandue dans certaines cultures.
Préservation dentaire : Contrairement à la mastication de bétel qui tache, le noircissement protégeait les dents des caries, agissant comme un scellement préventif.
La Pratique chez les Lahu :
Les Lahu, comme d’autres groupes ethniques en Asie du Sud-Est, pratiquaient cette coutume séculaire.
Ils utilisaient une pâte appelée misi, fabriquée à partir de plantes, pour teindre leurs dents.
C’était une marque d’identité culturelle et un rituel social important.
Déclin de la Tradition :
L’introduction des normes de beauté occidentales, notamment à l’époque coloniale, a progressivement fait disparaître cette coutume.
Aujourd’hui, elle est presque abandonnée dans la plupart des groupes ethniques, y compris chez les Lahu, bien que certains groupes isolés puissent encore la conserver.

J’ai eu de la chance de rencontrer ce couple charmant …protecteurs de leur tradition !!!

Sur ce dernier regard sur cette femme charmante aux dents noires et nous partons toujours dans le village de Nong Tong habité par les Lisu.

Outre le fait que l’arrive au moment de la récolte des haricots rouges qui font la joie surtout des enfants …le village est en train d’organiser une fête pour célébrer le « nouveau riz ».

Toutes les femmes sont mises à contribution pour préparer un repas pour cette occasion.

Le peuple Lisu (ou lissou) est un groupe ethnique qui réside en Chine, au Myanmar (Birmanie), en Thaïlande, et dans l’état indien de l’Arunachal Pradesh. Leur origine est probablement la partie orientale du Tibet.

Les Lisu sont un des 56 groupes ethniques officiellement reconnus par la république populaire de Chine. En Chine ils sont recensés au nombre de 634 912 et la plupart d’entre eux vivent dans les districts de Lijiang, Fugong, Gongshan et Liushui dans la préfecture autonome lisu de Nujiang au nord-ouest de la province du Yunnan. Les autres sont dispersés dans les préfectures de Lijiang, Baoshan, Deqing, Dehong, Dali, Chuxiong au Yunnan ainsi que dans les districts de Xichang et de Yanbian dans la province du Sichuan, vivant en petites communautés au milieu des ethnies Han, Bai, Yi et Naxi.

On compte 30 000 Lisus en Thaïlande, où ils font partie des « tribus des collines », et 250 000 dans l’État de Kachin, en Birmanie.

Selon les témoignages et des légendes les ancêtres du peuple Lisu vivaient le long des rives de la rivière Jinsha et furent soumis aux deux puissantes tribus « Wuden » et aux « Lianglin ». Après le xiie siècle, le peuple Lisu passa sous l’administration préfectorale de Lijiang de la dynastie Yuan, puis de la dynastie Ming.

Durant les années 1820, le gouvernement Qing envoya des émissaires à Lijiang, Yongsheng et Huaping, où Les Lisus vivaient en communautés importantes, pour remplacer les chefs héréditaires Naxi et Bai. Cela transforma le système seigneurial féodal et permit un meilleur contrôle de la cour des Qing sur les Lisu et les autres minorités ethniques.

Pendant longtemps les Lisus furent opprimés et eurent des conditions de vie misérables, ce qui les conduisit à mener de nombreuses luttes contre leurs oppresseurs.

Les Lisus commencèrent à émigrer hors de Chine au xxe siècle.

Dans toute cette agitation, je suis un peu inquiète pour trouver une femme ayant le costume complet et âgée de surcroit …

Mais nous trouvons la perle rare !!! Dam est obligé de lui donner un coup de main pour s’habiller mais cela la fait rire …Costume impeccable dame souriante …je vérifie quand même la position du chapeau …absolument parfait !!!

Les villages Lisu sont en général établis près des rivières, l’eau ayant des pouvoirs particuliers. Ils possèdent deux types de maisons : Certaines avec une structure en bois, les quatre côtés étant formés de pièces de bois de 12 pieds de long, le toit étant fait de planches, ressemblent à des boîtes ; d’autres ont une structure de bambou, supportée par 20 ou 30 pieux avec un toit en chaume ou en bois. Au centre de la maison il y a l’âtre.

Traditionnellement les Lisus vivent de l’agriculture, cultivant du riz, des fruits et des légumes. En dehors de Chine ils ont aussi cultivé le pavot pour produire de l’opium, bien que cette pratique tende à disparaître en raison des pressions internationales. Malgré cela une petite proportion de Lisu est droguée à l’opium.

L’esclavage a existé dans la région de la rivière Nujiang entre le xvie siècle et le xxe siècle. Les esclaves étaient considérés comme membres de la famille ou «enfants adoptés». Ils vivaient, mangeaient et travaillaient avec leurs maîtres et pouvaient racheter leur liberté. Les maîtres pouvaient acheter ou vendre des esclaves mais n’avaient pas le droit de vie ou de mort sur eux.

En général les femmes portent des tuniques colorées qui leur tombent aux genoux avec une ceinture noire, et des pantalons bleus, noirs ou verts. Les manches et les poignets sont brodés de bandes étroites bleues, vertes et jaunes. Les hommes portent des pantalons amples, souvent en couleurs voyantes, et des chemises plutôt occidentales.

Publié le 12 juillet 2026, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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