JAPON 2026 : A la rencontre des Jomons et des techniques de tissages Chijimi
Cette fois ci nous avons prévu de faire le trajet vers Hokkaido en voiture : Donc remontée en voiture vers le nord et traversée de la mer en ferry ce qui permettra à Hiromi de garder son hébergement rustique et économique dans sa petite voiture !!!
Le voyage commence de manière difficile : j’oublie un de mes bagages sur le tapis de l’aéroport …retour en express à l’aéroport et grace à l’obligeance d’un policier japonais …je récupère tout mon matériel !!!
Nous faisons un petit détour pour admirer les objets Ainu présent au musée mais manque de chance …ils ont tout changé : une exposition sur le folklore européen et quelques objets liés à la route de la soie…
Nous partons de Ishikawa la ville de résidence des parents d’Hiromi pour remontrer tout au nord l’ile de Kyushu jusqu’à atteindre Hokkaido par la route et le ferry …Mais compte tenu de notre itinéraire …il n’est pas possible de passer par Nagasaki qui est situé nettement plus au sud.
La période Jōmon ou l’ère Jōmon (縄文時代, Jōmon jidai?) est l’une des quatorze subdivisions traditionnelles de l’histoire du Japon. Elle couvre la période qui va, approximativement, de 13 000 jusqu’à, environ, 400 av. J.-C. Le Japon est alors peuplé par des chasseurs-cueilleurs. Leur culture, de type mésolithique, est l’une des premières au monde à connaître et pratiquer la poterie. La période est d’ailleurs identifiée par la singulière poterie Jōmon.
Cette période est précédée par le Paléolithique du Japon et suivie par la période Yayoi.
Les premières découvertes archéologiques ont mis au jour des poteries « à décor (文, mon?) par impression de cordes (縄, jō?) ». Ce type de décor cordé a servi à identifier toute l’époque : Jōmon (縄文?), sur tout le territoire de l’actuel Japon. Moins unitaire que ce nom semble l’indiquer, comme l’indiquent des découvertes archéologiques faites ensuite, cette très longue durée doit être fragmentée en six époques au cours desquelles des particularités régionales peuvent être distinguées.
Arrivé au Japon en 1877, Edward Sylvester Morse est le pionnier de l’étude de cette période. Sa publication en 1879 de Japanese Homes and Their Surroundings, et la constitution de sa collection de poteries de plus de cinq mille pièces, marque le début de l’étude scientifique de cette culture. Elle se poursuit au xxie siècle (plus de 1 600 archéologues sur le terrain en 2004). De son côté, la Chine de la République populaire multiplie les études sur sa préhistoire .
Les sites Jōmon sont plutôt situés dans le nord, et surtout dans l’est du Japon, une « frontière » est-ouest passant par le centre de Honshū, l’île principale. Mais il est évident, et qui plus est sur une si longue période, que de nombreux groupes régionaux peuvent être distingués, chacun avec un style particulier, et que les formes sociales ont évolué.
Cette période commence avec la fin de la période précéramique paléolithique, approximativement vers 14 000 avant notre ère, avant la fin des dernières glaciations, et avec la poterie, apparue donc un peu auparavant.
La période Jōmon s’achève quand commence la période Yayoi, vers 300 avant notre ère (AEC), où l’agriculture (riz et millet) et l’élevage (porc) sont attestés de façon indéniable. La période Jōmon n’est donc pas de culture néolithique mais une culture singulière du mésolithique, qui a très tôt employé la céramique dans un cadre de vie qui est devenu, au Jōmon moyen, sédentaire ou quasi sédentaire, avec une architecture de grande taille. Masayuki Harada évoque cette culture comme un « Néolithique non agraire ».
Sur la route vers le nord, nous prenons le temps de nous arrêter pour déguster quelques fruits de mer que je pense naïvement fraichement pêchés…
Ce n’est malheureusement pas le cas …je me retrouve avec 2 énormes huîtres version triple zéros cuite à la vapeur et servies sur un lit de glace …le gout est acceptable mais très inférieur à celui des huîtres fraiches accompagnées d’un filet de citron …Les huitres cuites à la vapeur …c’est un gâchis épouvantable !!…
Nous partons dans le magasin d’à coté pour découvrir quelles autres inepties gastronomiques les japonais sont capables d’inventer pour ruiner la consommation de fruits de mer …
Et ce n’est pas glorieux !!!
Déjà les prix sont prohibitifs alors que la mer est juste à nos pieds …pour exemple une seule huître coute à elle seule 500 yens ou 2,74 euros…








Bon mais tous ces produits sous blister ne m’inspirent pas …rien à voir avec les produits que l’on trouve sur les marchés normands et bretons dont on peut contrôler la fraicheur de visu …face à cet amas de plastique une nostalgie due à mes origines celtes me prend à la gorge …c’est décidé …je me limiterai aux sashimis !!!
Mais revenons à nos Jomons !!!
La hausse brutale des températures qui commence à la fin du Dryas récent, vers 11 700 années avant le présent, a marqué le début de l’interglaciaire Holocène et elle s’est poursuivie jusque vers 4 000 AEC. À cette date il semble que la température, durant l’été, était de deux degrés supérieure aux températures actuelles. Après cet « optimum climatique holocène » les températures n’ont cessé de se rafraîchir, avec des épisodes de changement climatique rapides quoique limités.
Les chercheurs d’Europe du Nord ont identifié plusieurs périodes :
AEC est l’équivalent de Avant Jésus Christ…
-de 9 000 à 7 000 AEC (Pré-Boréal et Boréal) on a un climat tempéré, sec ; des températures en hausse ;
-de 7 000 à 4 000 (Atlantique), c’est un climat chaud et humide ;
-de 4 000 à 500 (Sub-Boréal) chaud et sec ;
-enfin de 500 AEC jusqu’à l’époque actuelle c’est une période douce et humide.
Mais au Japon, entre 2 100 et 950 AEC, durant l’Optimum climatique de l’Holocène, c’est une période chaude mais instable. Elle est suivie au début du ive siècle AEC par un climat froid, qui marque la fin de la période du Jōmon Final et le début de la période du Yayoi Initial au nord de Honshū, c’est-à-dire l’implantation – en raison du changement de climat – de la culture du riz, d’abord sur terrain sec puis en rizière inondée, et d’un certain type de céramique, importée depuis la Corée à la période de la céramique Mumun. En effet, autour de 2200-2100 l’événement climatique de 4200 AP (2200 av. J.-C.), une phase de refroidissement, de sécheresse par endroits et d’hyper-humidité en d’autres, correspond à la fin du Jōmon Moyen à un niveau de la mer plus bas et à une expansion des plaines alluviales offrant de vastes surfaces à la culture du riz en rizière inondée.
La période Jōmon commence avec les premières poteries, les plus anciennes découvertes au Japon, dans la phase initiale de la période Jōmon ou proto-Jōmon. Dans la grotte de Fukui, située dans la préfecture de Nagasaki (au sud de l’île de Kyūshū), où la fouille a commencé en 1960, il s’agit d’une poterie à décor en bandes appliquées.
…Ces poteries sont datées vers 13 850-12 250 avant l’ère commune.
Nous arrivons à Kanazawa et de là on part pour Neto à plus de 300 km de là pour admirer les reste d’un site funéraire qui fait un peu penser à Stonehenge.
Les recherches on du s’arrêter faute de budget et en l’absence de documents écrits ou gravés …toute interprétation est hasardeuse …
























A défaut de plus d’explications, le site est impressionnant !!
Hiroshi Kajiwara and Aleksei V. Kononenko, 1999, pdf. Cette date étant assurée et enseignée au Japon depuis longtemps, elle est reprise, en 2018, d’une part, par Jean-Paul Demoule qui l’arrondi à « vers 13 500 » et par Masayuki Harada, commissaire de l’exposition « Jômon » à la Maison de la Culture du Japon à Paris, et directeur de recherche en archéologie
Mais Masayuki Harada précise, plus loin, que « récemment des datations par spectrométrie de masse par accélérateur se sont développées, et il semblerait que la période Jômon ait commencé plus tôt encore, il y a environ 15 000 ans », sous-entendu BP, avant le présent. Ce qui semble correspondre au site d’Odai Yamamoto).
Depuis ces découvertes, aujourd’hui anciennes, de nouvelles découvertes précisent régulièrement la date initiale approximative de l’époque Jōmon qui se situe, en 2018, « vers 13 500 » avant l’ère commune.
En 2011, celle-ci était d’environ 15 000 avant le présent, avec la découverte du site d’Odai Yamamoto daté après calibration à 16 520 avant le présent. On rencontre sur le site d’Odai Yamamoto des fragments de poterie et des pointes de flèche que l’on ne trouvait pas à la période précédente.
La date finale annonce la période Yayoi, c’est-à-dire environ 400/300 avant l’ère commune, où l’agriculture et l’élevage sont bien attestés. Mais une période de transition qui s’appuie sur l’arrivée de marqueurs de la culture coréenne Mumun remonte jusqu’en 1000/900 AEC. Et cette transition devrait être comprise comme la phase initiale de la période Yayoi. Cette date est donc aussi l’objet de débats, en 2020 les dates ultimes sont 800 et 600 AEC.
Pour changer nous décidons d’aller visiter un petit musée Chijimi.











Les textiles Ojiya Chijimi (appelés Ojiya chijimi en japonais) sont un artisanat produit à partir de ramie dans la région d’Ojiya, dans la préfecture de Niigata. La ramie est une grande plante de la famille des orties utilisée depuis des siècles pour la fabrication de tissus.
Le tissu de ramie est sensible à l’air sec ; un taux d’humidité précis doit donc être maintenu durant sa production. Les fils de ramie se cassent facilement par temps sec ; c’est pourquoi cette région, entourée de neige et bénéficiant d’une humidité optimale, est idéale pour sa fabrication. La particularité la plus remarquable de l’Ojiya Chijimi réside dans le procédé d’exposition du tissu à la neige, qui exploite l’effet blanchissant de l’ozone produit par l’évaporation de la neige au soleil.
Le tissu est réputé pour sa texture shibo , ou granuleuse, obtenue en défaisant des fils très torsadés. La ramie favorise l’évaporation de la transpiration et sèche rapidement, conférant ainsi aux kimonos confectionnés dans ce tissu une agréable sensation de fraîcheur. Grâce à leurs plis naturels, les kimonos Ojiya chijimi possèdent une texture rafraîchissante, idéale pendant la forte humidité des étés japonais, ce qui explique leur popularité dans tout le pays.
Parmi tous les tissus confectionnés à partir de matières traditionnelles comme la soie, le lin, le chanvre ou le ramie, le lin Echigo jofu est depuis longtemps très apprécié des populations de la préfecture de Niigata. On dit que le textile Ojiya Chijimi est une version améliorée du lin Echigo jofu, existant depuis plus de mille ans. L’histoire du lin Echigo jofu est si ancienne que le Shosoin* conserve des manuscrits qui en font mention. Depuis l’Antiquité, le lin Echigo jofu était un produit de luxe, souvent offert en cadeau au shogun et à la cour impériale.
*Le Shosoin est un bâtiment situé à Nara, ancienne capitale du Japon, qui existe depuis le VIIIe siècle. Il abrite non seulement une collection de trésors datant de la Route de la Soie, mais il conserve également plus de 10 000 documents manuscrits datant tous de l’époque de Nara (710-784). Aujourd’hui, le Shosoin est géré par l’Agence de la Maison impériale.
La production d’Ojiya Chijimi a débuté vers 1670, durant l’époque d’Edo (1603-1868), lorsqu’un haut fonctionnaire féodal du clan Akashi, Masatoshi Horijirou, a lancé cette production en s’appuyant sur la tradition du lin Echigo jofu et les techniques de fabrication de l’Akashi chijimi. La production de ramie s’est rapidement répandue dans la région voisine d’Uonuma et a atteint son apogée durant l’époque d’Edo, avec une production annuelle d’environ 200 000 rouleaux.
Les femmes sont principalement chargées de la fabrication des Ojiya Chijimi et des Echigo jofu, et les techniques se sont transmises de génération en génération, de mère en fille ou de belle-mère en épouse.
Cependant, avec l’introduction de machines modernes après l’ère Meiji (1868-1912), la production artisanale a commencé à décliner. Heureusement, les techniques traditionnelles ont été préservées et des textiles en ramie de haute qualité sont encore produits aujourd’hui.
- Conception de motifs d’éclaboussures
L’Ojiya Chijimi exige d’abord une planification et des calculs très précis. Il faut commencer par dessiner une ébauche des motifs de teinture, déterminer leur emplacement sur du papier millimétré et créer un dessin d’ensemble. De minuscules découpes permettent de tracer les motifs et de diviser le dessin en plusieurs sections. Pour marquer les parties de fil à teindre, les motifs sont recopiés à l’aide d’une règle représentant la trame. Après avoir répété ce processus, on crée de nombreuses règles pour représenter l’ensemble du dessin. - Fabrication de fils
Le tissu utilisé pour l’Ojiya Chijimi est en ramie cultivée dans le village de Showa, dans la préfecture de Fukushima. Autrefois cultivée dans la préfecture de Niigata, la ramie a vu sa culture se déplacer vers la région d’Aizu, toujours dans la préfecture de Fukushima, suite à un changement de seigneur féodal. Après la récolte, la ramie est trempée dans l’eau avant que ses longues fibres d’écorce ne soient prélevées et mises à sécher. Les fils de chaîne, parallèles au tissu, sont torsadés plus fortement, tandis que les fils de trame, perpendiculaires au tissu, sont torsadés plus lâchement, ce qui favorise la formation de plis. - Étirement manuel des fils de chaîne et de trame
Les fils de chaîne sont étalés sur une table, ajustés en longueur et comptés selon le motif. Un nombre précis de fils de trame est prélevé d’une bobine et aligné sur la table. Les fils pour le tissage sont ainsi préparés. Le textile Ojiya Chijimi est également connu sous le nom de yokosougasuri , désignant des motifs composés de chaînes unies et de trames à motifs. - Marquage à l’encre, Kubiri (tie-dye)
On utilise de l’encre noire pour marquer les zones de création des motifs à l’aide de règles ou de feuilles de papier. Les parties marquées des fils sont ensuite nouées fermement avec de la ficelle afin d’empêcher la teinture de pénétrer et de créer les motifs d’éclaboussures sur la trame. - Teinture
Après le marquage à l’encre, les colorants sont frottés sur les fils à l’aide d’une spatule, puis les fils sont froissés à plusieurs reprises pour assurer une bonne imprégnation. Ils sont ensuite cuits à la vapeur à 100 °C (212 °F) pour fixer les couleurs. - Tissage
Après la teinture, les fils sont disposés sur un métier à tisser, la chaîne et la trame étant agencées selon le motif. Les fils de chaîne sont d’abord noués individuellement aux lisses, puis les fils de trame sont enroulés autour d’une bobine filée à la main, avant d’être placés sur une planche et enroulés sur un tube. L’étape suivante est le tissage, un processus important qui exige une vérification constante du motif. - Touches finales
La dernière étape, le yumomi (lavage à l’eau tiède), est propre à l’Ojiya Chijimi. Après un lavage à la main visant à créer une surface irrégulière et à faire ressortir la texture froissée, le tissu est foulé aux pieds pour l’assouplir et éliminer toute trace de colle ou de tache. Enfin, il est étendu sur la neige pour sécher au soleil, ce qui a un effet blanchissant naturel et révèle toute la beauté des couleurs et des motifs
Par contre pas question de photographier le processus en détail…ce type de production étant quasiment classé secret défense …
Publié le 25 octobre 2026, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.










Poster un commentaire
Comments 0